Category: culture

  • [Lecture] Louis Aragon, vers l’infini et au-delà

    [Lecture] Louis Aragon, vers l’infini et au-delà

    C’est l’histoire d’un ouvrage mythique et inachevé de Louis Aragon : La Défense de l’infini. Des centaines de pages écrites presque en secret à partir de mai 1923, déchirées et brûlées à la fin de 1927 dont il subsiste malgré tout une vingtaine de chapitres.

    C’est ce texte que Valéry Molet a fait le choix d’explorer dans son essai Perpétuité pour les défenseurs de l’infini. Pas pour ces pages en elles-mêmes mais pour ce qu’elles disent de l’œuvre d’un des plus grands poètes français.

    À travers une analyse érudite et sensible, l’auteur éclaire les enjeux poétiques et philosophiques d’un texte qui rêvait de capturer l’infini. Cet ouvrage, à la croisée de la critique littéraire et de la réflexion intime, offre une immersion unique dans l’univers d’Aragon.

    Valéry Molet n’en est pas à son coup d’essai. Né le 18 février 1968, il est énarque et historien de formation. Écrivain, il a publié une vingtaine d’ouvrages : romans, nouvelles, essais et poésies. Il a créé et préside les éditions Sans escale depuis 2017.

    Perpétuité pour défenseurs de l’infini, essai sur Louis Aragon

    Valéry Molet

    Douro Éditions, 97 p., 18€.

  • [Le coin BD] François Ruffin, député et toujours reporter au chevet du pays

    [Le coin BD] François Ruffin, député et toujours reporter au chevet du pays

    Angry black woman » contre « white savior » … C’est à partir de ces concepts américains qu’ils ne se donnent même pas la peine de traduire en français que, sur les réseaux sociaux et dans les médias, d’anciens amis politiques de François Ruffin, des insoumis, l’attaquent allant jusqu’à le qualifier de raciste. Ces militants anticoloniaux ou décoloniaux ne se rendent même pas compte que leur imaginaire et leur conception politique sont eux-mêmes totalement colonisés par une pensée venue des USA et de l’idéologie libérale de ses campus, issue d’une société héritière de la ségrégation raciale alors que la France a, elle, été une puissance coloniale, avec d’autres tares et crimes à dénoncer. Oubliant l’approche de classes marxiste, tout aussi obsédés par la couleur de peau des gens que l’extrême droite qu’ils prétendent combattre, les auteurs de ces attaques en meute ne se donnent même pas la peine de regarder ce que dit cette BD et confondent les constats que dresse François Ruffin dans cette suite d’histoire prise sur le vif et les propres opinions de celui qui s’annonce aujourd’hui comme un futur candidat à l’élection présidentielle. Venu du journalisme indépendants, élu et réélu député de la Somme face à un Rassemblement National qui l’emporte partout autour, défenseur des travailleurs sous-payés du soin et du service, François Ruffin donne sans juger la parole à de nombreuses personnes dans cette BD et affiche son objectif : réparer une France atomisée afin que tous puissent vivre ensemble. Face aux attaques qui déchirent une gauche qui n’en a pas besoin, cette BD sous-titrée « Les aventures de François Ruffin député-reporter » est à lire pour faire sa propre opinion, positive ou négative, lui-même reconnaissant quelques erreurs.

  • A Nîmes, les Vers du ter-ter font pousser l’écologie populaire

    A Nîmes, les Vers du ter-ter font pousser l’écologie populaire

    Sous le béton, la terre. Sous les fins de mois, des colères. Et dans les quartiers, des graines d’avenir. Du 9 au 14 juin, Les Vers du ter-ter reviennent à Nîmes pour une 3e édition sous le signe d’une écologie populaire, joyeuse et politique. Son mot d’ordre, « Fauchons le blé, parlons oseille », dit tout : cette année, le festival met les pieds dans le plat de l’argent, de sa place écrasante dans nos vies et de son partage inégal.

    Porté par un collectif bénévole et indépendant, l’événement continue de tisser des liens entre Gambetta, Richelieu, Pissevin, Valdegour, la route d’Arles, la Placette ou Jean-Jaurès. « On entend souvent dire que l’écologie, c’est un truc de riches. On pense le contraire », défend le collectif, rappelant que les plus précaires sont aussi les premiers exposés aux problèmes environnementaux.

    L’oseille en débat

    Pendant une semaine, l’écologie quittera donc les discours hors-sol pour se frotter aux repas partagés, aux ateliers de débrouille et aux paroles d’habitants. Au programme : cuisine végétarienne avec Côté Jardins solidaires, encres végétales à La Virgule, spectacle autour de l’ancienne monnaie locale Krôcô, discussion sur « l’injuste prix » de l’alimentation ou débat autour de Taxer les riches avec Attac.

    À Valdegour, le film La Guerre des centimes ouvrira la discussion sur le quotidien des livreurs à vélo. À Pissevin, des ateliers radio feront entendre les voix des jeunes. À la Placette, saynètes et karaoké refermeront la fête. Ici, le lien social vaut monnaie forte.

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] À l’Alcazar, le bureau et les tableautins de Louis Brauquier

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] À l’Alcazar, le bureau et les tableautins de Louis Brauquier

    On lui préférera, tranquillement solaire, le miracle de la toile peinte au même endroit qui figure sur la lucarne de cette chronique. Ce qui se donne derrière les deux fenêtres, c’est presque un jeu d’enfant, un miséricordieux moment de passé-présent. Le dehors et le dedans ne s’interrompent pas. On retrouve immédiatement en deux miniatures, sans gel, sans mélancolie ni froidure, les petits pans de mur et les architectures du paysage de l’ancienne rive.

    Sur les notices de cette vue du second étage du 17, du quai Rive-Neuve, on apprend que ce tableau fut peint entre juin et octobre 1956 : commencé à Marseille depuis l’immeuble qui abrite aujourd’hui le Théâtre Badaboum, achevé pendant l’automne depuis Alexandrie. Dans cette occurrence, Brauquier dont le style exotique et minutieux avoue d’ordinaire son étroite connivence avec Gauguin ou bien avec le Douanier Rousseau, s’empare de références à la fois intimes et avant-gardistes. Les couleurs du carrelage et la géométrie de son tapis, la savoureuse sobriété du mobilier et du décor, le repos de son épouse Geotte qui lit un livre peuvent être rapprochés des bonheurs d’expression d’Henri Matisse, par exemple pendant sa période de l’Intérieur aux aubergines vécue à Collioure en 1911.

    Louis Brauquier (1900 – 1976) avait coutume de dire qu’il devint très tard « un jeune peintre ». Un courrier adressé à Gabriel Audisio date d’avril 1953 sa décision. Cet autodidacte, ce peintre du dimanche ne fit pas de grands progrès. Il ne s’acharna pas vraiment. Il comprit très vite que « c’était passionnant et difficile ».

    Au troisième étage de la Bibliothèque de l’Alcazar, on peut découvrir cette toile dans le vrac d’un petit sanctuaire aménagé selon les directives de sa sœur Eugénie Brauquier, décédée en octobre 2003, la reconstitution à la fois dérisoire et attachante du bureau-atelier de son dernier appartement, situable au 367, avenue du Prado. Louis Brauquier parlait de cet espace comme s’il s’agissait d’un grand musée d’Espagne.

  • [Grand entretien] Gari Grèu : « Il faut militer mais continuer de dialoguer »

    [Grand entretien] Gari Grèu : « Il faut militer mais continuer de dialoguer »

    La Marseillaise : ORP nomme
    son premier album, sorti fin mai,
    «
     Le Village ». De quoi s’agit-il ?

    Gari Grèu : Le village, c’est une des idées de Toko [Blaze]. Pour lui, c’était un sanctuaire, un havre de paix et de bienveillance. Il pense, bien sûr, à Vitrolles, car c’est là qu’il a grandi. C’est ce qu’il dit dans son premier couplet. Il parle à des potes à lui, avec qui il a partagé son enfance et son adolescence, mais que la vie a fait dévier au niveau des idées. Des gars avec qui il s’est construit et qui sont devenus racistes. Donc, sa première idée c’est : passe nous voir au village pour qu’on se reconnecte, qu’on se fasse du bien.

    Peu à peu, cette idée de village est devenue une forme d’enclos de bienveillance et de solidarité sans adresse. Quand on fait des concerts dans l’espace public, comme je peux le faire avec les sardinades le 1er mai, mètre carré par mètre carré, on le construit, ce village. Au regard des difficultés qu’on a à faire société, c’est quand je joue dans l’espace public, là où je trouve des gens qui ne pensent pas comme moi, que je prends la mesure de la vraie utilité qu’on a en tant que musicien : faire danser tout le monde au diapason à un moment donné. Le village c’est ce truc qu’on arrive, tant bien que mal, à recréer quand on prend le micro. Et ce village peut exister partout. Dans un local des MTP [Marseille trop puissant – groupe de supporters de l’Olympique de Marseille, Ndlr], où tu croises tous les milieux et toutes les générations, par exemple. Ou dans n’importe quel endroit où les gens se mélangent.

    Dans votre titre « Citrons », vous dites : « L’autre a dit que l’autre a dit que l’autre est un con. L’autre fait peur, l’autre milite en réaction. » Avez-vous la sensation que le dialogue est devenu compliqué ?

    G.G. : Ça, je l’écris au moment de la mort de Quentin Deranque [militant d’extrême droite néofasciste, Quentin Deranque est mort en février à Lyon des suites d’une rixe contre des militants antifascistes, Ndlr]. Évidemment qu’on est militant. Évidemment qu’on veut faire passer nos idées. Mais on ne peut pas se mettre des coups de pied dans la tête et se tuer dans la rue parce que quelqu’un ne pense pas comme nous. Nous, en tant que grands frères, on se doit de les contenir, les petits. J’ai 58 ans et, maintenant, je me sens responsable des jeunes de 20 ans, de les aider à ne pas faire faire n’importe quoi. Évidemment qu’on a besoin de militer, qu’on a besoin que la jeunesse soit concernée, se mêle. Mais on doit arriver à dialoguer. On doit arriver à faire passer les idées avant les coups de couteau et les coups de pied dans la tête.

    Vous parlez beaucoup d’unité. C’est très présent dans l’album, notamment dans votre titre « D’ailleurs »…

    G.G. : C’est Marseille. Les couleurs, les accents, on vient tous d’ailleurs, ici. L’identité marseillaise, c’est le fruit de toutes ces arrivées successives. Moi, je suis un peu Italien, un peu Algérien, un peu Arménien, un peu Comorien, un peu Français, un peu tout ce que tu veux. Parce que je suis Marseillais. Je suis né à la Porte d’Aix. Pour aller à l’école, j’ai traversé l’Algérie, l’Afrique noire, l’Arménie. Avant de prendre l’avion, j’avais fait le tour du monde. C’est ça, être Marseillais. La leçon que Marseille donne au monde entier, c’est qu’on arrive à vivre tous ensemble en gardant nos spécificités et en étant tous Marseillais. Avec cette identité marseillaise qui se conjugue avec nos identités personnelles. C’est ça qui est magnifique à Marseille.

    À propos de Marseille, dans « Têtue », vous dites : « Il y a eu les Allemands maintenant Airbnb. » Que voulez-vous dire ?

    G.G. : Le Panier [2e] a été détruit par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Ça s’est ensuite reconstruit, tant bien que mal, pour qu’aujourd’hui, et depuis 20 ans, ça se transforme en décor de Plus belle la vie. Je veux bien que tu loues ton appart trois semaines par an quand tu pars en vacances. Mais quand il y a un investisseur qui achète dix appartements pour louer toute l’année à des cohortes de touristes, forcément, les commerces de proximité commencent à fermer. Il n’y a plus que des sandwicheries et des magasins de souvenirs.

    Après, ça reste une image. Mais on est obligé de rentrer dans Marseille. On ne regarde pas Marseille avec complaisance. Il faut être hyper exigeant avec la Ville, avec les élus, avec les forces vives, avec les gens qui ont des capacités de faire bouger les choses.

    Après attention, il y a aussi un juste milieu. Dans le troisième arrondissement, boulevard de Strasbourg, chez moi, j’aimerais qu’il y ait un peu de gentrification. Que des artistes, des gens qui ont un peu plus de moyens, viennent à la Belle de Mai, autour de la Friche, pour qu’il y ait plus de mélange.

    Ce week-end vous jouez à La Seyne-sur-Mer, une ville qui vient de basculer à l’extrême droite. L’occasion de prêcher au-delà des convaincus ?

    G.G. : Alors, les Couleurs urbaines est un festival de reggae où nous sommes souvent allés, donc ce n’est pas là qu’on trouvera un public qui ne partage pas nos idées. Même si c’est intéressant que ce genre d’évènement puisse continuer d’exister là-bas. Mais c’est vrai que j’aimerai beaucoup faire des concerts dans des villes qui ont basculé au Rassemblement national. C’est là que ce qu’on fait prendrait vraiment tout son sens. Notre rôle est d’importance, en particulier cette année. Et le rôle de tous ceux qui ont un micro d’ailleurs. Il faut diffuser des messages de rassemblement.

  • Passeurs de livres s’ancrent dans la culture alésienne

    Passeurs de livres s’ancrent dans la culture alésienne

    Cette année, le festival Passeurs de livres a décidé de placer son édition sous le thème de la liberté. Pour cela, le festival a fait appel à l’auteur local Lionnel Astier pour incarner cette liberté en présidant le festival. L’acteur viendra notamment y présenter sa pièce de théâtre Élise, la colère de Dieu, qui est la suite de La Nuit des Camisards. La maison d’édition indépendante nîmoise Alcide qui « explore principalement l’histoire et la photographie », sera aussi mise à l’honneur durant cette édition.

    Liberté à toutes
    les sauces

    Après une première journée jeudi marquée par des rencontres avec les auteurs, une dictée et surtout le banquet républicain, le festival se poursuit ce 5 juin avec de nouveaux dialogues organisés entre auteurs. Car Passeurs de livre n’est pas un simple salon du livre, c’est aussi un espace de débats où les auteurs confrontent leurs opinions sur des sujets choisis. Ainsi, à 14h, Marella Nappi, autrice d’Antigone l’insoumise (Les Belles Lettres-La Vie des Classiques, 2025) échangera sur la liberté avec Diane Richard (Lutter sans se trahir) et Émilie Sartre (L’économie politique du populisme). « L’écriture comme refuge de la liberté », « Souveraines de nos corps : du mythe à la réalité », « La musique : arme de la liberté ou marchandisation », « Liberté religieuse en République » avec Nicolas Cadène et « Libres ou endettés ? Le capitalisme face à nos libertés », seront les autres thèmes abordés vendredi. La journée se clôturera par un dialogue entre Lionnel Astier et le journaliste Jean Lebrun au Cineplanet.

    Le 6 juin, la liberté de mourir dans la dignité, de conscience, artistique, la paix, la guerre (avec Pierre Haski), l’exil, la mythologie de la liberté, la démocratie, ou encore la liberté d’informer (avec Jean-Michel Aphatie) seront au menu de la dernière journée. Pendant les trois jours du festival, un espace est également consacré aux enfants (3-10 ans) avenue Carnot.

  • Le mur de la peste ausculté par les géomètres-experts

    Le mur de la peste ausculté par les géomètres-experts

    Ne touchez pas les pierres à la main. Camus disait que la peste dort et qu’elle se réveille si on les retourne », lâche à moitié sérieuse Danièle Larcena, présidente de l’association Pierre Sèche en Vaucluse et géographe, en s’engageant dans les premiers mètres des 28 kilomètres du mur de la peste ce vendredi 5 juin sur les hauteurs de Lagnes.

    Elle présentait à une cinquantaine de géomètres-experts et des apprentis l’ouvrage historique, construit en 1720, pour empêcher la peste d’atteindre le Comtat Venaissin qui était alors indépendant. La maladie venait de réapparaître à Marseille et la papauté, à qui appartenait ce territoire, voulait mieux contrôler les passages de la Provence à ses terres.

    Cette visite s’est faite dans le cadre de la semaine de réunion de géomètres-experts, qui lors de cette matinée ont effectué des prises de vues par drone, des géoréférencements ou encore des relevés de terrain. Quelques-uns d’entre eux avaient déjà réalisé plusieurs mesures en avril dernier. « L’objectif est de redéfinir avec précision ce lieu sur 8 kilomètres. Ce travail va sans doute être transmis aux Archives départementales. Cela peut aussi avoir une valeur foncière car il délimite aussi plusieurs communes », explique Jean-Baptiste Aubert, membre de l’Union nationale des géomètres-experts (Unge). Une démarche qui était dans le thème de cette semaine, à savoir « préserver le patrimoine » et « mesurer » l’histoire, appréciez le jeu de mots, « en mettant les nouvelles technologies au service de la mémoire et du patrimoine ».

    Querelles de clocher

    Danièle Larcena a, au pied du début de l’édifice, rappelé l’histoire de cette construction qui a duré une centaine de jours seulement. Ce qui n’a pas manqué de créer la discorde au sein des quelques communes du coin. La papauté, qui dirigeait l’enclave, avait demandé à chaque commune d’envoyer leurs meilleurs maçons pour construire l’édifice. Mais ceux-ci étaient déjà employés pour renforcer les fortifications… de ces mêmes communes. « Les différentes communes, toutes assez pauvres, ont envoyé des personnes peu qualifiées ce qui a fait traîner le chantier. Puis, les villages se sont querellés entre eux pour savoir qui devait construire quelle portion du mur », détaille Danièle Larcèna. Mais les 1 000 soldats du Comtat Venaissin chargés de garder la muraille n’y seront postés que 20 jours. « Des cas de peste avaient été signalés à Avignon. En ayant cette information, les autorités françaises ont décidé que ce serait à eux de garder les fortifications. Ce qui avait à nouveau agacé les dirigeants du Comtat », poursuit la responsable associative. Un quart de la population de l’enclave va finalement mourir de la peste en 3 ans…

    À noter que le mur de la peste avait été longtemps oublié. Et ce serait Jean Garcin, résistant pendant la Seconde Guerre mondiale et ensuite président du conseil général de Vaucluse, qui a soufflé l’idée de rappeler son existence. « Il m’a incité à défendre cet endroit car il y a passé son enfance. On s’y est penché en 1985 et c’était complètement recouvert par la végétation », explique la présidente de l’association des pierres sèches. À quelques dizaines de mètres de là, se trouve d’ailleurs le repaire du maquis du Chat où de nombreuses actions contre l’occupant nazi ont été organisées.

    En espérant qu’aucun géomètre n’a osé retourner l’une des roches lors de la randonnée. Une pandémie de peste noire se cache peut-être sous ces pierres blanches.

    « Les villages
    se sont querellés entre eux pour savoir qui devait construire quelle portion »

  • M. Chat prend ses quartiers d’été à Montpellier

    M. Chat prend ses quartiers d’été à Montpellier

    Cet été, il a décidé de faire escale à Montpellier. Après l’Américain JoneOne, figure majeure du street art et de l’abstraction lyrique contemporaine, la galerie éphémère Laurent Rigail, installée au 1 rue Voltaire, en plein cœur de l‘écusson, à quelques pas de l’église Saint-Roch, accueille depuis le 2 juin Thoma Vuille, alias M. Chat.

    C’est à Orléans que l’artiste franco-suisse, né en 1977, s’est formé aux arts plastiques et a fait faire, à la fin des années 1990, ses premiers pas à M. Chat, devenu sa signature. Depuis, le félin jaune rondelet et tout sourire a vu du pays : de Paris à New York en passant par Lisbonne, Tokyo ou Hong Kong, les rues le reconnaissent, les galeries et les institutions l’exposent.

    Si M. Chat est avant tout une présence bienveillante incarnée par son sourire, une réflexion plus profonde se dessine derrière ce dessin d’apparence un peu naïf. « Ce sourire peut aussi être vu comme un sourire crispé par rapport à ce qu’on vit actuellement, à l’état de la société », explique Laurent Rigail, responsable de la galerie parisienne du même nom, organisatrice de l’expo-vente présentée à Montpellier jusqu’au 1er août. « Il y a également une symbolique sur la façon dont le chat se positionne : il y a “le chat accolade”, avec les bras grands ouverts, le chat avec des ailes, qui prend de la hauteur et essaie de voir plus loin, le chat recroquevillé sur lui-même, le dos rond… C’est un personnage plus complexe qu’il n’y paraît », assure le galeriste.

    Pour ceux qui souhaiteraient observer de plus près les nuances de M. Chat – et pourquoi pas acquérir un tableau –, une trentaine d’œuvres, essentiellement sur toile mais aussi sur papier ainsi que quelques sérigraphies, sont à découvrir tout l‘été. Et pour ceux qui voudraient échanger avec l’artiste ou repartir avec une dédicace, Thoma Vuille sera présent à la galerie samedi 6 juin, de 14h30 à 19h. Des ateliers pour les enfants – sur inscription ou non – sont par ailleurs proposés tous les mercredis et samedis (5 sessions par jour entre 11h30 et 17h), en partenariat avec le musée d’art urbain et contemporain Parcelle473.

  • À Port-de-Bouc, les œuvres fleurissent sur les murs

    À Port-de-Bouc, les œuvres fleurissent sur les murs

    En entrée de ville, à deux pas d’un feu tricolore, l’écriture de Christine Sejean annonce la couleur. « Tout commence ici », affirment ses lettres brutes carmin. « Cette phrase a plusieurs significations, explique l’artiste : c’est le premier mur que vous allez apercevoir sur le parcours des fresques, c’est aussi le plus grand mur sur lequel j’ai peint à ce jour, ça fait également écho à l’histoire de Port-de-Bouc, avec ses luttes et cet engagement pour que les habitants puissent vivre dignement. Et puis il y a aussi un pied de nez à Perpignan, dont Dali disait que c’était le centre du monde. Pourquoi pas ici. »

    Comme chaque année depuis sept ans, une dizaine de peintres se sont réunis cette semaine, à l’occasion du festival « Les Nouveaux Ateliers », pour réaliser des fresques monumentales disséminées dans les quartiers de Port-de-Bouc. À la fin de la semaine, la commune de 17 000 habitants en comptera 70. « Le Tassy est le plus dense », affirme Rémy Uno.

    Le directeur artistique de Lartmada, l’agence coorganisatrice de l’événement avec la Ville, explique : « J’ai donné des indications aux artistes sur Port-de-Bouc, son passé ouvrier, le taux de chômage élevé… en leur disant qu’ils et elles étaient parfois les premiers et derniers contacts des habitants avec la peinture. »

    Certains invités ont donc imaginé des œuvres sur-mesure, à l’instar de Spear. Le Belge a peint un buste surmonté d’une fleur en train de faire un nœud marin. « Ça fait écho à la culture portuaire mais aussi aux communautés différentes qui se sont amarrées à Port-de-Bouc, avec un visage universel qui représente l’espoir, la joie. » Tea Kvar, elle, termine une fresque représentant une joute provençale.

  • « Couleurs urbaines », palette musicale à La Seyne

    « Couleurs urbaines », palette musicale à La Seyne

    Construit sur le site des anciens chantiers navals, le Parc de la Navale lève des voiles mélodieuses à partir du 5 juin, à l’occasion de la 18e édition de Couleurs urbaines. Doté d’une « programmation solaire mêlant afro, reggae, dub et électro » assurée par des « artistes internationaux et francophones mais aussi des artistes émergents et Dj’s parmi les plus chauds du moment », résume l’association qui le porte, Culture plus, le festival fera son entrée en matière lors d’une soirée marquée par la venue Ronisia, étoile montante d’un RnB français qu’elle n’hésite pas à griffer de dancehall. Au menu de ce lancement aussi, la chanteuse martiniquaise Shannon, son tube Mal à dit dans la besace.

    Sacré cocktail

    Grosse patate reggae et dub en vue le lendemain, avec pour épicentre un concert de l’un des papes de la musique jamaïcaine, Clinton Fearon, « basse et voix mythique des Gladiators », rappelle Couleurs urbaines. Avec des classiques forcément au programme, mais aussi des titres plus récents comme Jah is love, « enregistré avec la section cuivre de Danakil », groupe français également de la partie. Tout comme Oaï reggae party, formation diablement marseillaise composée de plusieurs générations de toasters et musiciens comme Gari Grèu, Toko Blaze, Rastyron et Leo Achenza. Clap de fin du festival prévu dimanche 7 juin avec de nombreux Dj’s et la bombe shatta et rap martiniquaise Maureen, en tête d’affiche.