Category: culture

  • Le cinéma, refuge post-Noël dans les Bouches-du-Rhône

    Le cinéma, refuge post-Noël dans les Bouches-du-Rhône

    En ces samedi 26 ou dimanche 27 décembre, les estomacs et les sangs sont peut-être saturés de gras et de sucre. Les cœurs, eux, peuvent être lourds d’avoir entrevu le temps d’un repas de Noël des proches qu’ils ne reverront pas de sitôt. Face à pareilles crises de foie et de blues, pourquoi ne pas aller s’ouvrir l’imaginaire et se faire une toile ce week-end dans certaines salles des Bouches-du-Rhône ? À Marseille, le cinéma le Gyptis, dans le quartier de la Belle de Mai, ne lésine par exemple pas sur les films à destination de la jeunesse. Y est programmé samedi et dimanche un film pour les tout-petits comme La petite fanfare de Noël, qui propage la petite musique de l’hiver venue d’une forêt « fredonnant tout bas la joyeuse cacophonie des petits yétis et la grande fanfare des ours et renards ». Accessible dès 3 ans. Autre film d’animation, cette fois-ci dédié aux 8 ans et plus, Arco suit quant à lui les aventures d’une fillette dénommée Iris qui va devoir aider « un mystérieux garçon tombé du ciel », provenant d’un « futur lointain où voyager dans le temps est possible », à rentrer chez lui. Autant de films aussi programmés au cinéma Les Variétés qui proposera également un sacré cadeau d’après fêtes pour les adultes avec la projection en avant-première, dimanche 28 décembre à 16h, du dernier film de Jim Jarmusch, Father mother sister brother. Couronné du Lion d’or lors de la dernière Mostra de Venise, un triptyque autour des relations intrafamiliales et de leurs turpitudes avec un sacré casting : Tom Waits, Adam Driver, Mayim Bialik, Charlotte Rampling ou encore Cate Blanchett.

    Pour petits et grands

    Du côté de La Ciotat, l’Eden Théâtre ne sera pas non plus en reste. Outre des films d’animation comme Panique à Noël, qui conte la drôle de guerre entre une famille d’humains et de souris pendant les fêtes, ou bien plus sérieux et effrayant, tel que le thriller extraterrestre sur fond de complotisme, Bugonia, le cinéma ciotaden proposera samedi 27 décembre à 18h30 un « ciné-concert burlesque » autour de courts-métrages façon Buster Keaton et Harold Lloyd. Au cinéma La Cascade de Martigues, si des traditionnels films pour enfants seront programmés, l’affiche sera aussi nourrie par des classiques comiques comme Les bronzés font du ski ou encore le petit bijou réalisé par Faih Akin, Une enfance allemande, qui évoque le crépuscule du régime nazi et les jours d’après, dans les yeux d’un jeune Allemand de 12 ans habitant sur l’île septentrionale d’Amrum.

  • Les musées marseillais accueillent les tout-petits

    Les musées marseillais accueillent les tout-petits

    Le Muséum d’histoire naturelle de Marseille a proposé une animation gratuite de fabrication de photophores mercredi 24 décembre pour les enfants âgés de 3 à 6 ans. L’atelier « La fabrique de dame nature » affiche complet, les enfants accompagnés de leurs parents et grands-parents ont été accueillis par Yzabela, chargée d’animation petite enfance. Elle introduit l’atelier : « Vous allez faire un vœu pour dire aux animaux de faire attention. »

    Les enfants s’attroupent autour d’une table, disposée derrière un épais rideau noir au sous-sol du musée. Yzabela, reine des lucioles installe ses invités, des tabliers sont alors distribués, confectionnés à l’aide de morceaux de récupération de fond de vitrine. « Allez ! On y va et j’y vais aussi », lance Yzabela. Ici, tout est permis, les doigts deviennent des outils à la manière des pinceaux.

    Le musée est bien équipé : petits pots en verre, peinture à base de plantes et pompons « magique » en guise de pinceaux. « Les matériaux proviennent à la fois de bons de commande et de récupération, c’est une contribution collective » indique Joëlle Ballester, cheffe de projet au Muséum.

    Une initiative collective

    Yzabela conclut l’atelier par « le serment des gardiens de la nature : je promets de protéger la nature du feu », dit-elle, les enfants lèvent la main droite, puis le répètent. Les petites lucioles sont invitées à adresser un mot ou un dessin pour exprimer leur ressenti, une étape importante pour Yzabela : « Ces mots seront mis dans le cahier d’or et transmis au conseil municipal, notre rôle, c’est de protéger et transmettre. »

    La plateforme en ligne POEM (plateforme des offres éducatives de Marseille) lancé en 2024 propose une sélection d’offres en matière de médiation à destination des enseignants, des éducateurs et animateurs. Ces ateliers tendent à se pérenniser, la Ville de Marseille souhaite développer l’offre culturelle en direction du jeune public, « c’est aussi une demande des visiteurs d’avoir des temps d’accueil dédiés au moins de 6 ans », indique Joëlle Ballester.

    La Ville de Marseille propose deux autres activités avant la fin de l’année, le mardi 30 décembre au Musée des beaux-arts et les 30 et 31 décembre aux Archives municipales.

  • Coup de jeune pour la Mosquée Missiri

    Coup de jeune pour la Mosquée Missiri

    Elle détonne dans une commune aux mains du RN depuis 2014. Construite par les tirailleurs sénégalais – dans le but de vaincre le mal du pays – entre 1928 et 1930 au camp militaire de Caïs, qui accueillait des troupes coloniales africaines, en périphérie de Fréjus, la Mosquée Missiri est une réplique de la Grande Mosquée de Djenné, au Mali. Elle est l’une des premières construites sur le sol français par les soldats africains venus libérer la France des nazis lors de la Seconde Guerre mondiale, demeurant non seulement un témoignage de la participation décisive de ces derniers, mais aussi une preuve de fraternité entre les peuples et du respect de la pratique de la foi. « La Missiri n’était pas à proprement parler un lieu de prière, mais un lieu de vie, pensé pour accompagner ces soldats dans une période de transition. C’est un lieu singulier, à la croisée des cultures et des mémoires. Sa valeur tient autant à son architecture qu’au récit humain qu’elle porte », souligne ainsi Pierre Excoffon, directeur de l’archéologie et du patrimoine de la ville.

    Classée monument historique en 1987

    Basé sur un niveau, de plan carré, l’édifice de 22 000 m² est recouvert d’ocre rouge. Les tours d’angle sont ornées de pointes en béton armé – pour résister au climat européen –, rappels des poutres en bois renforçant la construction, en terre, du modèle africain. Le toit est garni d’une terrasse, et l’intérieur de peintures murales inachevées.

    Inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1987, elle a été cédée par le ministère de la Défense à la ville de Fréjus en 2019. Elle connaît actuellement une cure de jouvence, alors qu’elle était fermée au public depuis 2020. Une première phase de travaux a débuté en novembre. Elle porte sur la stabilisation de l’édifice : reprise des fondations, restauration des façades, traitement du plancher haut et gestion des eaux pluviales. Aux abords, les premières interventions concernent les cases, totems, termitières et le square sacré. Une seconde phase, prévue fin 2026, portera sur la restitution des décors et l’aménagement des abords en vue d’une ouverture au public en 2027. L’ensemble comprendra aussi un parcours paysager et des dispositifs didactiques. Au total, les travaux auront coûté 1,8 million d’euros, financés par la Ville, la Région et le ministère de la Culture.

  • Une ténébreuse affaire

    Une ténébreuse affaire

    C’est, pour pasticher le titre d’un célèbre roman de Balzac, celle que nous narre aujourd’hui Hervé Jubert. Outre aux thrillers sanguinolents, la mode revient aujourd’hui aux romans historiques. Si la plupart des auteurs montrent quelque compétence dans la recherche documentaire, il leur manque trop souvent l’essentiel, sa digestion et on a l’impression d’ingurgiter des pavés démonstratifs bourrés d’invraisemblances psychologiques et d’anachronismes de style. Aussi convient-il de saluer cette Affaire Balzac et son auteur, auquel on n’adressera qu’un reproche, ne pas avoir fourni une bibliographie en fin de volume.

    Tout commence en 1818 par la rencontre inopinée entre un jeune Balzac encore inconnu et un narrateur anonyme qui ne va pas tarder à devenir son serviteur. Et, aussitôt, à se laisser entraîner dans une enquête surprenante qui va réserver des mésaventures qui ne le seront pas moins. Car les deux hommes, à pied, en diligence ou à dos de mule, vont traverser la France pour gagner la région d’Albi où se prépare l’exécution de Louis Balssa, dit Le Prince, qui n’est autre qu’un oncle du futur écrivain. C’est à partir de ces données authentiques, d’un travail de recherche important et du postulat de l’innocence de l’oncle que Jubert a donné une reconstitution possible des faits.

    Balzac mène l’enquête

    La grande habileté de l’auteur c’est de rendre vraisemblable la possibilité d’une telle aventure. Après tout, on sait que Balzac a bien connu Vidocq, que la troisième partie de Splendeurs et Misères des courtisanes est une authentique enquête et que ses débuts se plaçaient sous l’influence du roman noir gothique anglo-saxon. Néanmoins, le principal mérite de Jubert est d’avoir parfaitement saisi les conditions historiques de l’époque, la psychologie d’une région et de ses habitants, qu’il décrit avec infiniment de poésie et d’humour. Son Balzac avant Balzac, ses saillies, ses foucades, son caractère tantôt grave et angoissé tantôt léger et primesautier, raconté par un narrateur pittoresque qui est bien plus qu’un faire-valoir, tout au long d’une quête à rebondissements, est aussi un véritable régal tant le style, les tournures, le vocabulaire, ne versant jamais dans l’anachronisme, font mouche. Un roman original et passionnant dont on se délectera.

    L’Affaire Balzac La Manufacture de livres
    225 p. 19€90

  • Logocratie, l’ère de la post-vérité

    Logocratie, l’ère de la post-vérité

    Le politologue, docteur en sciences politiques Clément Viktorovitch connu des plateaux de France 5 pour la pertinence et la clarté de ses propos décide de réfléchir face à ces vérités alternatives qui font les punchlines des discours politiques. Et le politologue n’y va pas par quatre chemins. Il accuse le Président d’être le plus grand responsable de l’avènement de la post-vérité sous les latitudes de la République.

    Que se passe-t-il quand les discours du pouvoir cèdent à la déloyauté ? Quand les gouvernants ne cessent de mentir, sans jamais avoir à en payer le prix ? Quand la communication se permet de dire ce qui est faux, taire ce qui est vrai, et ne pas faire ce qui est dit ? Toutes les dérives deviennent possibles.

    Ce livre démontre combien, loin d’avoir protégé la République française contre le déferlement mondial de la post-vérité incarnée par le Trumpisme, la présidence d’Emmanuel Macron l’y a au contraire précipitée. Il révèle comment la corruption du langage nous a plongés dans un exercice dévoyé de l’autorité, où les mots ne visent plus à éclairer le débat public, mais à l’empêcher.

    Lorsque la parole officielle s’affranchit du réel, c’est la démocratie elle-même qui chancelle. Insidieusement, elle se pervertit en logocratie.

    La logocratie c’est ce point de bascule terrible où la parole l’emporte face aux actes.

    LOGOCRATIE

    par Clément Viktorovitch

    Éditions du Seuil

    304p, 20,90 €

  • [Vidéo] La toile de Pierre Ambrogiani, un trésor de « La Marseillaise » restauré

    [Vidéo] La toile de Pierre Ambrogiani, un trésor de « La Marseillaise » restauré

    C’est l’histoire d’une œuvre qui retrouve, 80 ans après, le lieu qui a inspiré son auteur.

    La toile monumentale offerte par le peintre Pierre Ambrogiani à notre journal en 1945 a suivi, avec quelques mois de décalage, le déménagement des services de La Marseillaise dans l’aile rénovée de notre siège historique. L’œuvre qui représente les ouvriers du livre de notre titre afférés autour des rotatives, a été exposée durant des décennies dans le bureau des directeurs qui se sont succédé à la tête de La Marseillaise, brièvement reconverti en salle du service des sports pendant les travaux.

    Comme une mise en abîme, la voilà désormais présentée en majesté entre deux colonnes, sous les arcades peintes par l’artiste sur le haut de sa toile.

    Mais avant cela, il a fallu lui redonner de l’éclat et la transporter. Une mission confiée à Tiphaine Vialle et Savana Tardy de l’atelier Lazulum à Marseille. Les deux restauratrices de tableaux se sont glissées au numéro 15 de la place du journal La Marseillaise vidée de ses occupants, mi-novembre, pour prendre soin de l’œuvre.

    « La première étape consiste à décrocher le tableau et de consolider la couche picturale », explique Tiphaine Vialle. « L’œuvre présente des soulèvements plutôt inquiétants, c’est-à-dire des endroits où la couche picturale s’est désolidarisée de la toile donc nous allons tout consolider pour éviter une perte de matière lors de son déplacement », complète-t-elle.

    Colle d’esturgeon et petit fer à repasser

    La toile couchée au sol, face vers le haut, est soigneusement réparée, écaille de peinture par écaille de peinture, avec une colle d’esturgeon spécialement adaptée pour la peinture à l’huile. Les deux restauratrices travaillent à genoux et consolident ainsi toutes les parties du tableau « à portée de bras ». Puis le tableau est relevé pour finir le travail dans les zones centrales.

    « Tout ce qui correspond à des craquelures d’âge, on laisse, simplement on les stabilise », commente Tiphaine Vialle en passant ses outils sur le visage d’un des ouvriers du livre peint en train de contrôler la qualité de l’impression du journal.

    « Notre déontologie veut que l’on applique d’abord les produits les plus naturels et les plus doux et si ça ne marche pas, alors on passe à des produits plus forts », précise-t-elle. En désignant du doigt une plaque de peinture orangée qui se détache de l’une des maisons représentées par l’artiste pour figurer Marseille à l’horizon, Tiphaine Vialle insiste : « Typiquement, il faut sécuriser cette partie car si on roule la toile en la laissant dans cet état, cela va faire craquer la peinture et on risque d’avoir une grosse lacune de couleur. »

    Une fois la colle protéique appliquée, les restauratrices passent un genre de petit fer à repasser séparé de la couche picturale par un film transparent afin de fixer chaque partie réparée.

    Délicatement roulée dans un cylindre argenté

    Au bout d’une journée de travail éprouvante la toile est enfin prête à sortir de la pièce qui l’abritait depuis 80 ans. Elle est délicatement roulée dans un cylindre argenté protecteur, direction l’aile rénovée de notre siège historique.

    Pour l’occasion les bureaux des secrétaires de rédaction sont déplacés. Objectif : dégager un espace suffisamment grand pour étendre une grande feuille de plastique au sol et dérouler la toile, face vers le bas.

    C’est maintenant l’heure de remonter l’immense châssis. « Nous avons numéroté chaque partie », rappelle Tiphaine Vialle. Ça y est, porté à bout de bras, le tableau qui a retrouvé toute sa jeunesse est accroché au mur de la nouvelle salle de rédaction qu’il illumine de ses couleurs vives.

    De quoi donner le sourire à Serge Baroni, le président des Amis de La Marseillaise qui ont financé l’opération. « C’est magnifique, il est vraiment à sa place ici. Nous avons bien fait de nous battre si fort pour conserver ce siège gagné par les armes par les résistants fondateurs du journal », souligne-t-il non sans émotion.

    Anne-Marie Thomazeau, fille de Marcel Thomazeau, dirigeant historique de La Marseillaise en témoigne aussi : « C’est incroyable, dans ce lieu qui a vraiment du sens, le tableau qui était dans le bureau de papa prend une dimension supplémentaire.»

  • Arles : le Musée Réattu se « réinvente » dans une nouvelle exposition

    Arles : le Musée Réattu se « réinvente » dans une nouvelle exposition

    Réattu réinventé. Comme l’indique le titre de sa nouvelle exposition, visible jusqu’au 29 mars, c’est ni plus ni moins la mission que s’est fixée le musée arlésien. « Le musée se réinvente aujourd’hui sous la forme d’un accrochage spécial qui vient réaffirmer en près de 100 artistes et 300 œuvres son héritage patrimonial tout en restant ouvert à toutes les formes de création artistique », résument ses équipes. Finie la traditionnelle lecture chronologique. Désormais, les époques se connectent en cinq thématiques : allégories imprégnées de figures historiques et récits mythologiques, évolution des portraits du XVIIe à nos jours, du grand portraitiste Simon Vouet au maestro de l’argentique en noir et blanc Yousuf Karsh, représentations du corps, des paysages. Et images en tous genres, le musée Réattu étant, le premier d’art « en France à avoir créé un département photographie en 1965, grâce à des dons concédés par les plus grands photographes », souligne l’institution.

    Narcisse de retour

    Pour sa « nouvelle approche », le musée Réattu propose également au peintre Jean-Pierre Formica de déployer une installation dans une « vaste salle ouvrant sur le Rhône ». L’artiste et photographe Katerina Jebb montre pour sa part ses œuvres dans la Galerie gothique. Clou du spectacle, un tableau de Réattu, Narcisse se mirant dans les eaux de la fontaine Liriope (1826), est à nouveau présenté, suite à une « restauration fondamentale en 2025 ».

  • Pierre Ambrogiani, le peintre et le journal « La Marseillaise »

    Pierre Ambrogiani, le peintre et le journal « La Marseillaise »

    Né à Ajaccio dans une famille modeste en 1907, Pierre Ambrogiani a marqué le monde de la création dans notre région. Employé des postes à Marseille dès l’âge de 13 ans. Il devient artiste autodidacte et participe en 1936, dans l’élan du Front populaire à la création à Marseille, de la première Maison de la culture de province, avec l’aide d’André Malraux et de Louis Aragon.

    Après guerre, il se lie à notre journal dont il partageait les idées. C’est pour Marcel Guizard, alors directeur de La Marseillaise qu’il peint cette toile monumentale. Ami de Jean Giono et de Marcel Pagnol, son atelier, cours Honoré d’Estienne d’Orves rassemble régulièrement des personnalités du monde de la culture. Habitué du Péano, il y côtoie régulièrement la direction et les journalistes de La Marseillaise pour qui il réalise des Unes et d’autres œuvres, de plus petit format, intégrant des collages du journal lui-même.

    Dialogue avec des artistes d’aujourd’hui

    À l’occasion des 40 ans de son décès, le 23 octobre La Marseillaise et Campus art Méditerranée ont annoncé qu’ils s’associaient pour que ces œuvres trouvent un écho artistique dans le monde d’aujourd’hui. « Il s’agit notamment d’accueillir les membres des ateliers publics des beaux-arts, ateliers de pratiques amateurs, pour interagir avec l’œuvre d’Ambrogiani, plus particulièrement celle qui est hébergée au siège du journal, et qui fera l’objet d’une nouvelle restauration », indiquait alors Raphaël Imbert, directeur de l’établissement.

    Les créations produites à cette occasion pourraient ensuite être exposées Aux rotatives de La Marseillaise… Évidemment !

  • Une riche année culturelle en vue dans le département du Var

    Une riche année culturelle en vue dans le département du Var

    Avec 400 000 visiteurs sur les événements proposés dans les lieux culturels départementaux et les actions menées en régie en 2025, le bilan est positif pour le département du Var en matière d’action culturelle. Doté d’un budget de 11 millions d’euros, il aura – et c’est une bonne nouvelle au vu des sommes dédiées à la culture en France – les moyens de ses ambitions.

    Présentées jeudi dernier, elles se déclinent en sept axes. Le premier, « s’émerveiller », est consacré au spectacle vivant, avec, entre autres, la tournée Var Opéra et la scène ouverte départementale. Le deuxième, « s’ancrer », invite à (re)découvrir le patrimoine, à travers l’Écomusée départemental des 4 frères, notamment, qui proposera deux expositions, « Cuisine provençale » et « Pierre sèche », sur les bâtisseurs provençaux. Dans cette lignée, « Découvrir » nous replonge dans la mémoire de notre civilisation, avec des conférences et expositions proposées aux archives départementales.

    La quatrième thématique, « respirer », se matérialise à travers les nombreux événements organisés en des lieux extérieurs, dont l’Ecoferme de la Barre et la Maison de la Nature du Plan. Vous pourrez aussi « admirer » les œuvres d’arts plastiques présentes à l’Abbaye de la Celle et dans le Musée virtuel du Var, nouvel outil virtuel permettant d’accéder à l’ensemble de la collection départementale.

    Enfin, les deux dernières, « imaginer » et « apprendre », invitent à la lecture, avec la traditionnelle Fête du Livre, à la formation artistique à travers le Schéma départemental d’enseignement artistique (SDEA), et à l’inclusion des personnes en situation de handicap, à travers le Mois des Possibles.

  • « Les sermons de Marcel Pagnol », évocation des sociétés villageoises

    « Les sermons de Marcel Pagnol », évocation des sociétés villageoises

    C’est un titre surprenant ces sermons. On n’a pas le souvenir de vous avoir vu un jour porter la soutane. Pourquoi cette abondance ? », alpague en 1969, peu après la sortie des Sermons de Marcel Pagnol, un présentateur de l’émission télévisée Panorama, en direction du célèbre écrivain. Qui lui répond : « J’ai tourné plusieurs films qui se déroulent dans des villages. Dans la dramaturgie villageoise, le curé est un personnage très important, tout comme l’instituteur et le maire. Et lorsque l’on veut montrer tout le village réuni, on le trouve à la messe. » Ces Sermons de Marcel Pagnol, réédités fin novembre chez Fayard, sont à l’origine une idée de son ami lui ayant prodigué l’extrême-onction au crépuscule de sa vie, l’abée général des Prémontrés, Norbert Calmels. Parus en 1968, un « sermonnaire » de Pagnol qui pourrait paraître étonnant pour « un fils d’instituteur laïque, du nom de Joseph, bouffeur de curés et hussard noir de la République », mais dont la mère l’a baptisé en secret sur le Vieux-Port, relatait au micro d’Europe 1 le petit-fils de Marcel, Nicolas Pagnol, à la tête de la gestion des droits de l’œuvre de son illustre aïeul depuis 18 ans. Fayard, Europe 1… la galaxie du magnat Bolloré fait main basse sur tout ce qu’elle peut instrumentaliser.

    Le sens caché

    Il faut dire que par son aspect de Janus, l’œuvre de Pagnol, qui fut moitié bigot moitié laïque, ou encore bien complaisant, puis irrité pendant la période de l’Occupation, offre un terrain favorable à de pareilles récupérations. Malgré sa maestria, rien d’étonnant à ce que ne figure par exemple, un sermon du Curé de Cucugnan, adaptation cinématographique de Pagnol de la nouvelle éponyme d’Alphonse Daudet, cet écrivain antidreyfusard nîmois et parmi les mécènes de Drumont et de son pamphlet antisémite La France juive (1886).

    Mais le sermon, souvent empreint d’une drôle d’acuité sur la société, est aussi un biais efficace dans les trames narratives de Pagnol, comme c’est entre autres le cas dans Manon des sources. Comme le rappelait la comédienne Ariane Ascaride, qui a porté quelques-uns de ces sermons sur scène, dans ce film sorti en 1952, « le sermon soutient la dramaturgie du texte. Il permet au curé de dire aux habitants qu’ils n’ont pas une très bonne mentalité, mais aussi de faire un panégyrique de l’endroit où l’on est né ».

    Les Sermons de Marcel Pagnol, Fayard. 24,90 euros