Category: culture

  • [C’est l’été] L’écho des mots à Saint-Jean-Saint-Nicolas

    [C’est l’été] L’écho des mots à Saint-Jean-Saint-Nicolas

    Théâtre, clown, balades contées… vous attendent dès ce lundi 10 août et jusqu’au 13 août.

    Entre 5 et 10 euros.

  • [C’est l’été] Pop en poupe à la Villa Carmignac de Porquerolles

    [C’est l’été] Pop en poupe à la Villa Carmignac de Porquerolles

    L’euphorie commence d’emblée par une série de Sunsets. Andy Warhol, l’artiste qu’on associe le plus au Pop Art nous livre un motif à répétition sérigraphiée autour du coucher de soleil. Un champ de couleurs aux contours brumeux avec des formes en suspension se fondant dans un ciel pastel et qui rappelle la virtuosité d’un Mark Rothko et agit comme une anesthésie visuelle.

    Puis, tout s’embrase avec une autre star-rock de la Pop Art, Roy Lichtenstein et son étonnant vitrail de lampes fluorescentes. Un éveil au spectacle de la nature, loin des néons aux slogans publicitaires. Du même artiste, une porcelaine émaillée sur acier représentant une jolie blonde américaine en pleurs, Crying Girl. Faisant référence aux romans de gare, le cliché, ludique, est jugé antiféministe aujourd’hui. L’héroïne envahit le cadre dans un style froid et plat, intensifiant les émotions fortes d’une femme soumise, hystérique ou fatale. Tout sentiment amoureux constitue pour elle une menace.

    Le processus créatif

    du Pop Art

    L’artiste à la technique des points de trame a multiplié les techniques, tournant le dos à l’art prétendu « noble ». Pour Lichtenstein, l’art est aussi puissant que la vie à l’instar de Landscape 5, un collage sérigraphié sur Rowlux aux propriétés réfléchissantes tel le miroitement de la lumière sur l’eau.

    Autre célébrité, à mi-chemin entre l’apologie et la parodie du rêve américain aussi consternant que merveilleux, Jeff Koons manie avec humour le gadget et le kitsch. L’apparence hilarante de son homard énorme gonflable a la force sculpturale dans un monde friand en monuments. Le goût grotesque d’un art gonflé par la spéculation.

    Le Pop englobe la musique

    Ancré dans le domaine de l’évasion, du divertissement et de la détente, le parcours de près de 80 œuvres est rythmé par une bande-son. Des tubes allant des Beach Boys, des Beatles à Otis Redding, intensifient l’expérience et la participation sensorielle et émotive du spectateur.

    Le genre est universel

    La volonté de corriger l’oubli des femmes artistes mises sous la touche dans le mouvement Pop Art est évidente. À l’époque, la déferlante capitaliste de « The American Way of Life » débarque dans l’Europe d’après-guerre. L’économie américaine est en pleine expansion avec pour modèle le suprématisme blanc, la consommation à outrance et la femme au foyer, objet sexuel et produit attirant. Un mouvement avant-gardiste se forme avec des œuvres radicales d’artistes tels que Judy Chicago (You don’t own me). La révolution sexuelle permet alors un nouveau type de femme libre, à l’allure déterminée (Rainy de Kiki Kogelnik), sportive (Divers de Joan Brown) et indépendante (Bien sûr le petit bateau de Martial Raysse). Une contre-culture affirmée que l’on retrouve aussi dans La belle endormie d’Evelyne Axell au corps alangui, marquant un érotisme défiant le refoulement du désir féminin. Fini les positions serviles. L’aura est une « pin-up » qui déguste une sucette glacée (Ice Cream). Lèvres ouvertes, langue évidente, dents brillantes, elle affirme sans embarras ses désirs, ridiculisant le voyeur qui y voit une zone érogène. Autre expression faciale, la bouche gigantesque de Welcome de Marjorie Strider qui se délecte à faire de son corps une arme plutôt qu’un obstacle.

    La trahison du rêve américain

    L’appel (E. Axell) est celui de l’aventure version Jack Kerouac. Il exprime ce désir de liberté par opposition au nationalisme américain et l’illusion de la belle vie consumériste. L’énergie sauvage d’un Tarzan révèle aussi que le voyeurisme n’est pas seulement affaire d’homme. Quant à Derrick Adams (Floater), il affiche une mer d’un bleu artificiel avec l’emploi de couleurs vives pour les distractions d’été. Une peinture stéréotypée faisant référence à The American Dream et la farniente, illustre à la fois un espoir et la trahison de ce rêve inatteignable.

    Entre rêve et réalité,

    un retour…sur terre

    Bel exemple d’éphémère, la gigantesque sculpture de Théo Mercier se dessine dans le sable sous un plafond d’eau et rappelle le court terme de la société de consommation, les excès de l’industrie des loisirs, le vite oublié du consommable qui modifie nos plages. Une œuvre vouée à être détruite, faute d’emballage…

    Exposition : « Sea, pop and sun » à la Villa Carmignac sur l’île de Porquerolles. Jusqu’au 1er novembre 2026.
    Juillet et août
     : De 10 à 19 h. Nocturne les jeudis jusqu’à 22 h. Septembre, octobre et novembre : De 10 à 18h.

  • [C’est l’été] Les pyramides à Orgon

    [C’est l’été] Les pyramides à Orgon

    Ils étudieront en détail leurs modes de constructions, leurs fonctions, leurs décors et leurs renommées mondiales.

    À partir de 10h. 3 euros par enfant.

    Inscription au 04.90.73.09.54.

  • Amélie Lavin : comment traverser le passé et le présent de Marseille ?

    Amélie Lavin : comment traverser le passé et le présent de Marseille ?

    Pour tenter d’éclairer son parcours personnel, Amélie Lavin explique qu’une préoccupation simple et forte l’habite depuis toujours : parmi les flux d’une époque qui recycle, efface et transforme constamment nos représentations du monde, « comment relier ici et maintenant, les textes et les images ? ». Un peu tardivement, la trentaine venue, après être passée par des études d’histoire et de sémiologie, pendant qu’elle entamait un recadrage transdisciplinaire à propos d’un grand primitif de la photographie, Hippolyte Bayard, son directeur de recherche Michel Poivert ainsi qu’Alexia Fabre, rencontrée au Mac Val, l’avaient convaincue : sans être une vocation, le métier de conservatrice de musée pouvait devenir une réponse à ses interrogations.

    Sans contradictions avec sa personnalité foncièrement frondeuse et indépendante, une autre de ses convictions, son souci des exigences du service public lui permet d’appréhender les privilèges et les contraintes d’une institution dont elle fut avec honnêteté et franc-parler, pour le personnel du Mucem, une impeccable représentante syndicale. Sa mère, Marie Lavin est une historienne passionnée par l’histoire de l’art, l’appartement de son enfance en région parisienne était bourré de livres. Pendant ses vacances, ses parents l’emmenaient visiter la Provence et l’Italie. Universitaire à Paris, son frère cadet, Mathieu Lavin est l’auteur de monographies à propos des cinéastes Ozu et Manuel de Oliviera.

    Des fragments de récits et les témoignages de proches amis achèveront ce rapide portrait. Loin des assignations et de l’entre-soi parisiens, dix années libres et inventives à la tête d’un musée de sous-préfecture (en Franche-Comté, Dole compte 27 000 habitants) lui auront permis d’élaborer sa méthode de travail, ses règles de conduite. Elle se souvient avoir rencontré Henri Cueco, atteint par Elzheimer, communiquant avec elle, avec des dessins qu’il griffonnait sur une petite toile. Au téléphone, le peintre-photographe Jean-Marc Cerino qu’elle avait exposé en 2014 et dont elle aime les multiples « entrées en résistance » parle d’elle comme si elle « n’était pas du sérail » : chaque fois qu’il la rencontre de nouveau, il affectionne son allant et son intégrité qu’il trouve proches de la « petite espérance » que Walter Benjamin préconisait farouchement. Sincèrement élogieux, Vincent Giovannoni qui fut pendant presque trois ans son voisin de bureau au Mucem tandis qu’elle orchestrait le succès public de « Paradis naturistes », une exposition souhaitée par Jean-François Chougnet, estime que sa maturité émotionnelle et son respect vis-à-vis des personnes avec qui elle travaille, lui ont souvent rappelé la vision lucide de Jean Genet qui affirmait qu’« on n’est pas artiste sans qu’un grand malheur s’en soit mêlé ».

    Cantini, un « matrimoine »

    qu’il faut réinventer

    Elle avait quitté Dole en 2022 pour venir travailler à Marseille, entre autres raisons parce qu’elle pensait que les deux adolescents qui sont ses enfants avaient besoin d’une grande ville. La donne de Marseille, les vives complicités et les remises en question qu’elle perçoit quotidiennement en compagnie de l’autre conservatrice de Cantini, Louise Madinier ou bien avec Stéphanie Airaud qui pilote le Mac ainsi qu’avec le directeur des musées de Marseille Nicolas Misery, son écoute d’un territoire complexe où les amnésies et les renaissances sont multiples, lui donnent la joie et les stimulations d’un travail collectif. Titré « Une langue échappée », coréalisé avec Louise Madinier, le récent accrochage des collections du musée qui fait la part belle à des artistes provisoirement marginalisés, souvent des femmes qui œuvrèrent sur la scène méditerranéenne ainsi que son projet d’exposition « Juste au-dessus du silence », donnent une idée de l’inflexion qu’elle veut donner à son musée. À partir de la donation et de la restauration d’un « grand tableau antifasciste et collectif » initié par Jean-Jacques Lebel, il s’agira de réévaluer le rôle des femmes et des artistes algériennes engagées depuis les années 1950 contre les violences, les censures et les tortures.

    En face de l’audace de ce projet on comprendra que sa programmation se situe dans le droit fil de la meilleure tradition de Cantini dont les responsables furent presque exclusivement des femmes : entre autres, Marielle Latour qui réalisa à Marseille en 1982 avec la première rétrospective consacrée à Baya et Danièle Giraudy qui exposa Jean de Maisonseul à Antibes, autrice de l’autre côté de la Méditerranée, en 1987, d’un hommage à Picasso et aux Femmes d’Alger.

  • L’intrigante création d’un maçon du XVIIIe siècle

    L’intrigante création d’un maçon du XVIIIe siècle

    C’est probablement l’une des curiosités les plus connues du Champsaur. La chapelle des Pétètes, terme qui signifie « poupées » en langue populaire locale, a été édifiée sur les hauteurs de Saint-Bonnet-en-Champsaur, entre 1740 et 1743. D’après les services du patrimoine de la Communauté de communes Champsaur-Valgaudemar, il s’agit de la création de Jacques Pascal, un maçon et menuisier local. Créée par un artisan et non à la commande de l’Église, la chapelle a cette allure particulière des créations populaires, nées du rêve visionnaire et de la volonté acharnée d’un individu. Aussi, sur la façade, on trouve des niches abritant des statues aux traits peu vraisemblables avec un regard pénétrant, sévère et hagard à la fois. Parmi ces fameuses « pétètes » qui ont donné son nom à l’édifice, on retrouve la Sainte famille (Jésus, Marie, Joseph) mais aussi des saints comme Saint-Grégoire, patron de la chapelle, ou Saint-Antoine.

    Parmi les inscriptions latines, on retrouve des maximes en français, fait rare pour l’époque où le français n’était pas la langue locale. Sur certaines statues, on peut encore discerner des traces de peinture, laissant penser qu’elles n’ont pas toujours été de leur actuelle couleur d’albâtre. L’une d’elles dénote, celle de la Vierge Marie, au dessin légèrement détaillé, plus ronde. Il s’agit en fait d’une copie, destinée à remplacer l’originale, volée. Une des niches est étrangement vide, et sur une autre, là où toutes ont le nom du saint ou du personnage qu’elle représente, l’écriture semble avoir disparu ou avoir été effacée. Enfin, les bénitiers, petits bassins qui contiennent l’eau bénite, ne se trouvent pas à l’intérieur comme d’ordinaire mais à l’extérieur, sur le mur de la façade. De même, deux trous dans l’épaisse porte d’entrée en bois ouvragée, laissent à penser que les confessions se faisaient peut-être sur le parvis de la chapelle, la porte séparant le fidèle et le confesseur.

    L’intérieur aussi réserve des surprises. On est d’abord frappés par la richesse du retable, qui étonne pour une petite chapelle isolée de montagne. L’autel, de grande taille, est recouvert de plusieurs ouvrages de cuir de Cordoue, à savoir du cuir recouvert d’une légère feuille d’argent. Les motifs, floraux et orientalisants, rappellent que cette technique, importée en France par la corporation des Cordobans au XIVe siècle, vient originellement de Syrie. Les différences de style et de couleurs indiquent qu’il s’agit de l’addition de plusieurs morceaux séparés. On pense qu’elles proviennent du Château des Lesdiguières, sur la commune du Glaizil. Reste à savoir si les cuirs de Cordoue auront été dérobés durant les secousses de la Révolution, ou justement sauvés des pillages de ces dernières. La qualité et la délicatesse de l’ouvrage, qui semble fait sur mesure pour les dimensions de la chapelle, suggèrent plutôt la seconde option.

    La chapelle dite « des amoureux »

    Sur les peintures qui accompagnent le retable, on retrouve la sainte famille : la vierge à l’enfant et Saint-Joseph, mais aussi Saint-Grégoire, moine qui a refusé d’être nommé Pape avant de céder sous l’insistance populaire en 590. Sur un autre tableau, on peut voir Saint-Roch, saint pèlerin de Montpellier protecteur des malades, toujours suivi de son fidèle chien.

    Enfin, le principal intérêt et le principal mystère de la Chapelle des Pétètes, réside peut-être dans la raison même de sa construction. S’il est certain qu’elle est l’œuvre du maçon Jacques Pascal, la légende locale veut que ce soit un jeune berger qu’il ait édifié pour sa bien-aimée. Si la chapelle est aussi appréciée des Champsaurins c’est justement parce qu’ils se sont approprié son histoire et sa signification au fil du temps. Que la légende soit vraie ou non, l’édifice reste en tout cas placé sous le signe des amoureux, en témoignent les deux grandes têtes rondes anonymes sculptées et discrètement abritées dans une niche, sous le clocher, tout en haut de la façade, qui échappent au regard peu attentif et rappellent un couple.

  • Hiroshima – Nagasaki : une journée pour se souvenir

    Hiroshima – Nagasaki : une journée pour se souvenir

    Comme chaque été depuis l’an 2000, des personnes de tous les horizons se réunissent autour d’une journée de commémoration. L’objectif ? Se souvenir, tous ensemble, des bombardements qui ont frappé Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août 1945.

    81 ans après, le collectif du Mouvement de la paix accueillera les participants au cœur du camping du Bousquet d’Orb, le 9 août prochain. Ce collectif, né en 1982 lutte contre la course à l’armement et s’engage en faveur du désarmement nucléaire.

    Un combat commun

    Dans une ambiance qui se veut festive, Raymond Cubells, l’un des organisateurs de l’événement, souhaite réunir petits et grands autour d’un combat unique : « Faire la promotion de la paix. » Stands d’associations et divers producteurs locaux présenteront également leurs produits à l’occasion de cet après-midi consacré au souvenir.

    « On ajoute toujours un côté culturel », explique l’organisateur. Dès 10h, le collectif proposera aux curieux une visite du Musée des lumières de la mine, fleuron culturel de la ville. Chaque année, de plus en plus de locaux participent à ce rassemblement itinérant. En 2025, à Joncels, 80 personnes avaient fait le déplacement. « Ça prouve que les gens se mobilisent », conclut Raymond Cubells.

    * Commémoration des bombardements sur Hiroshima et Nagasaki, camping du Bousquet d’Orb, le 9 août,
    à partir de 10h.

  • Les escapades personnelles d’un philosophe espagnol

    Les escapades personnelles d’un philosophe espagnol

    Ne vous attendez pas à ce que nous entrions dans la tête d’un philosophe, qui plus est dans celle de l’un des plus grands penseurs du XXe siècle… nous en serions incapable. Ne vous en faites pas, le préfacier de Tableaux des petites et grandes choses de l’existence (traduit par Valeria Dos Santos) est là pour y entrer à notre place. Normal, lorsqu’on s’appelle Frédéric Schiffter, que l’on dénonce « le blabla et le chichi » de ses confrères philosophes, et que l’on s’intéresse autant à Schopenhauer qu’à Cioran. C’est d’ailleurs sous sa plume que vous saurez que les dix-sept textes d’Ortega Y Gasset vous invitent à voyager avec ce dernier en Espagne, en France, à vous arrêter devant un paysage, à visiter une grotte préhistorique, à contempler rêveusement des toiles orgiaques, à songer au visage émerveillé des femmes, et autres occupations qui vous délasseront le corps et l’esprit.

    Voir, vivre, apprendre

    Un admirable choix du détail. Un surprenant don d’évocation. Comme les tableaux des grands peintres, ces textes n’ont pas pris une ride. Si certains lecteurs le pensent, alors il leur faudra avouer qu’ils ont vieilli magnifiquement. En conclusion, chez Ortega, l’homme qui a vu, vécu, et appris, et l’écrivain qui sait déshabiller ses phrases de tout lyrisme et les saupoudrer parfois d’une pointe d’humour sont d’accord. Si nous devions ne retenir qu’un seul passage, ce serait : « On attendait tout de la raison. Or, aujourd’hui, nous commençons à constater que cela est faux, que dans un sens concret et rigoureux, les choses cérébrales ont leurs racines dans le cœur. »… À vous de choisir le vôtre. Il y a de quoi établir un répertoire de citations. Après avoir lu ce livre, il est fort à parier que vous ouvrirez la porte d’une librairie pour acheter ses œuvres. Si c’est le cas, nous vous conseillons : Méditations sur Don Quichotte, et La révolte des masses.

    Séguier,
    21,50 euros

  • Du piano à gogo dans l’écrin du parc de l’orangerie

    Du piano à gogo dans l’écrin du parc de l’orangerie

    Pour glisser en douceur vers septembre « Un piano sous les arbres » revient, comme chaque année, adoucir la fin de l’été en musique dans le cadre fabuleux du parc de l’Orangerie, transformé pour l’occasion en scène à ciel ouvert.

    Ce festival municipal porté par la commune de Lunel-Viel fête cette année ses 18 ans, la majorité, tout en restant fidèle à son esprit de départ : « proposer une programmation à la fois exigeante et populaire », résume le directeur de la manifestation, Fabrice Fenoy. Quatre jours de spectacles et de concerts en plein air, gratuits pour beaucoup, où le piano, dénominateur commun, visite tous les styles : classique, jazz, rock, musique tzigane, électro… « On peut faire un tour du monde avec tout ce qu’il est possible de jouer au piano ! » assure Fabrice Fenoy. « En cassant les barrières entre les styles de musique, on casse aussi les barrières entre les gens », estime-t-il.

    Comme chaque année, des concerts de classique (Max Walsh, Alessio Massi et un concert à 4 mains des deux musiciens) seront proposés dans l’Orangerie. À la rubrique jazz, un coup de cœur du programmateur (2 août, 21h30) : l’étonnant hommage d’Édouard Ferlet au Köln concert de Keith Jarrett, « l’album de piano-jazz le plus vendu dans le monde. Ce qu’il y a de très original, c’est qu’il fait ça avec le concours d’un deuxième piano, piloté par IA, auquel il a appris à répondre à ses traits d’improvisation. Je l’ai vu à Marseille l’année dernière et j’ai pris une claque monumentale. Le résultat est esthétiquement bluffant ! », assure Fabrice Fenoy.

    Tankus, Magyd Cherfi, Charlie Winston…

    Autre temps fort de cette édition, qui promet une ambiance explosive : le groupe anglais Tankus (21 août, 21h30). « Des artistes qui jouent du piano, et du très bon, il y en a plein. Par contre trouver du piano énergique, c’est plus dur. Très souvent le piano va être classique, jazz, ou accompagner de la chanson, mais c’est rarement très pêchu. Là au contraire on est dans le registre bêtes de scène. C’est rock, avec une base New Orleans au départ et beaucoup de soul, parce qu’il y a des cuivres. C’est très festif : en live c’est vraiment fabuleux », promet le directeur du festival.

    Autre coup de cœur 2026, plutôt musique du monde cette fois : la chanteuse d’origine iranienne Ariana Vafadari proposera un récital qui mêle chant lyrique et musique persane, joués au oud et au piano (concert gratuit, 23 août, 16h30). « J’ai trouvé qu’il y avait quelque chose d’unique », confie Fabrice Fenoy.

    Deux têtes d’affiche sont également invitées cette année. Magyd Cherfi (23 août, 14h30, gratuit), le chanteur de Zebda également écrivain, proposera une lecture musicale d’extraits de ses textes (Ma part de Gaulois, La vie de ma mère !) et Charlie Winston, l’auteur du hit “Like a hobo”, clôturera quant à lui ces 4 jours de vagabondage musical (23 août, 21h30). « J’avais plutôt l’image du guitariste chanteur de folk, mais en fait c’est un très bon pianiste. Ce qu’il fait est très délicat, très mélodique », décrit le programmateur.

    À ne pas manquer non plus, parmi les nombreuses propositions, la sieste musicale sous les arbres offerte par Bojan Z (22 août, 16h, gratuit), « un des pianistes de jazz les plus pointus du moment. » On citera également les concerts sous les étoiles, à 23h (gratuit) qui permettront de découvrir Stéphanie Elbaz et ses reprises des morceaux des Beatles au piano (21 août) ainsi le crooner anglais Charlie Wood (22 août).

    Comme chaque année, les pianistes amateurs seront encouragés à s’exprimer eux aussi, avec une scène ouverte le 22 août à midi et un piano crochet le 23 août à 18h30 à la buvette. Les enfants quant à eux, pourront profiter de nombreuses activités (grimpe aux arbres, manège “à propulsion parentale”, concert jeune public le 23 août à 15h…) Enfin, des stands de restauration seront proposés en continu, pour nourrir les papilles autant que les oreilles !

    * Toute la programmation sur : www.unpianosouslesarbres.com

  • Le punch intact de Yuris Ventura à Gordes

    Le punch intact de Yuris Ventura à Gordes

    Jeudi 6 Août 2026, le festival de Gordes accueillait : Yuri Buenaventura et sa formation musicale pour une soirée exceptionnelle de rythmes et bonne humeur. Entouré de six musiciens : saxos, pianiste, percussions, batterie, basse et contrebasse, ce fut un moment musical d’une rare beauté. Quant à Yuri il a donné toute la dimension de son talent. Il dansait, et « vivait ses chansons à fond ». C’était sa deuxième prestation au festival de Gordes. Le public n’en a pas raté une miette allant même jusqu’à danser la salsa. Un véritable moment de bonheur.

    Il a débuté son tour de chant par « Amame » et poursuit avec « Mi Rico Son » puis les titres se sont enchaînés. Il y a eu aussi plusieurs solos musicaux, un pianiste qui a été remarquable, avec les belles sonorités de son instrument, puis de la contrebasse, et de batterie ; Rappelons qu’en 2001 il a composé la bande originale du film Ma femme s’appelle Maurice de Jean-Marie Poiré. Yuri s’est senti bien sur la scène de Gordes, il a salué Bénabar président du festival, il a remercié le public de son accueil et de sa bienveillance. Il faut rappeler aussi que Yuri vient de la ville portuaire où il est né, sur la côte pacifique de Colombie. Il est notamment connu pour son interprétation de Ne me quitte pas chantée par Jacques Brel et écrite par le pianiste de celui-ci, Gérard Jouqnnest. D’ailleurs il la chantera à la fin du spectacle. À un moment du spectacle il lancera aux spectateurs : « Nous avons des combats à mener. » Une soirée qui restera dans le souvenir des participants n’en doutons pas. Il terminera en rappel par la chanson « salsa » la bien nommée, qui emballa le public déjà tout acquis.

  • [C’est l’été] Lecture : «La France à la carte», de Jean-Claude Raspiengeas

    [C’est l’été] Lecture : «La France à la carte», de Jean-Claude Raspiengeas

    Heureux celui qui a tendu le doigt « vers le tracé coloré, calculant les distances entre les points rouges et bleus ! » Heureuse l’ânesse de Stevenson qui n’aurait jamais eu le bonheur de se perdre durant sa traversée des Cévennes si son voyageur avait eu le malheur
    de pouvoir se géolocaliser
    avec un GPS !

    Éditions Équateur, 22 euros.