Category: culture

  • Visa, la référence en image du cœur du monde

    Visa, la référence en image du cœur du monde

    « Les photographes sont mes yeux sur le monde ». C’est ainsi que Jean-François Leroy aimait définir ses choix, son regard. « Je suis aux côtés des photographes professionnels qui informent et témoignent. […] Certes, c’est un poncif, mais une image vaut réellement mille mots. » Il nous a quittés à 69 ans ce 31 août, quelques jours à peine le début de la 38e édition du Festival. Depuis 1989, il était cofondateur et directeur du festival international de photojournalisme, Visa pour l’Image à Perpignan.

    Chaque année plus de 40 pays sont représentés à travers les expositions et reportage, soit plus de 100 reportages photo, couvrant des sujets du monde entier. C’est aussi plus de 220 000 visites sur l’ensemble du festival dont 22 000 scolaires. Un incontournable.

    Ukraine, Soudan, Syrie, Israël, Afghanistan, Iran, Liban, Cambodge, Thaïlande… 2026 donne à voir les grands bouleversements qui traversent la planète et également leurs terribles conséquences humaines. Les terrains de guerre occupent la plus grande partie de la programmation. Le Visa d’or News la plus haute distinction du festival, a été attribué à Luis Tato, photojournaliste de l’AFP pour son travail sur les soulèvements de la génération Z à Madagascar. Sans oublier que malgré le déferlement de l’IA sur la fiabilité de l’information, son fondateur y voyait là « la plus belle opportunité que le journalisme a de se sauver ».

    Entrée libre, tous les jours de 10h à 20h, du 29 août au 13 septembre .

  • Deux cents ans de photographie de Marseille à l’Algérie

    Deux cents ans de photographie de Marseille à l’Algérie

    C’est en 1826 que Point de vue du Gras devient, la première photographie réussie et existante encore de nos jours. 200 ans plus tard, à l’ère du numérique, c’est grâce à un projet du ministère de la Culture que la France célèbre cet anniversaire, de septembre 2026 à septembre 2027.

    À Marseille, ce sont deux expositions qui ont été labellisées, afin de participer à cette manifestation autour de l’histoire de la photo : Marseille vue par les Detaille – 164 ans de photos au Musée de l’Histoire de Marseille, ainsi que AFRICA au Musée d’Art Contemporain.

    L’exposition Marseille vue par les Detaille – 164 ans de photos, retrace le travail de trois générations de la famille de photographes Detaille à Marseille. À travers les 225 images exposées, c’est toute une œuvre qui met à l’honneur l’histoire de la ville de Marseille. Un récit qui témoigne de l’évolution architecturale, sociale et humaine de la cité phocéenne, de 1860 à nos jours. Cette exposition a vu le jour grâce au don de Hélène et Gérard Detaille d’un fond photographique de plus de 50 000 images et documents, archivés par le musée. Un trésor historique et mémoriel.

    « Une fréquentation historique »

    Programmée initialement du 31 octobre 2025 au 31 octobre 2026, l’exposition a connu un tel succès qu’elle a été prolongée jusqu’au 20 juin 2027. Pour Fabrice Denise, président du Musée d’Histoire de Marseille, c’est une « fréquentation historique », avec plus de 6 000 visiteurs lors des dix premiers jours de l’exposition. La gratuité du musée a attiré les foules tout autant que ces photos, qui créent « un grand album de famille », explique-t-il, qui lie les habitants à leur ville, à travers toutes les générations.

    Le président met aussi en avant l’importance de cette exposition : les musées doivent « permettre de comprendre, d’analyser et de développer l’esprit critique », notamment chez les plus jeunes, dans un monde submergé par les contenus produits par l’intelligence artificielle.

    Au Musée d’Art Contemporain (MAC), AFRICA, l’exposition de Louisa Babari, visible jusqu’au 3 janvier 2027, retrace quant à elle l’histoire antique des civilisations berbères et numides sur le territoire actuel de l’Algérie. Elle s’appuie notamment sur un corpus d’œuvres photographiques, plastiques et sonores, en mêlant arts visuels, histoire et mémoire. Le Musée d’Art Contemporain de Marseille décrit l’exposition comme « une réflexion esthétique et quasi “scientifique” sur une Algérie antique, précoloniale et mythologique, encore largement absente des représentations dominantes ».

    Lauréate du prix AWARE Nouveau Regard en 2023, cette récompense a été un véritable tremplin pour Louisa Babari, même si c’est l’acquisition de plusieurs de ses œuvres par les Musées de Marseille qui a confirmé leur collaboration.

    Dans un entretien avec le Musée d’Art Contemporain, Louisa Babari évoque le contexte particulier dans lequel se place l’exposition : « le projet s’est construit autour de deux axes principaux de ma pratique : d’une part, une réflexion sur la généalogie, les archives familiales, réelles ou frictionnelles ; d’autre part, une exploration historique plus large qui remonte jusqu’à l’Antiquité et interroge l’histoire de l’Algérie et de l’Afrique du Nord ».

    Dans ce même entretien elle revient également sur la place importante qu’occupe la photographie dans son œuvre, et l’évoque comme « un moyen de faire dialoguer passé et présent, de faire apparaître une présence humaine à travers la minéralité de ces objets antiques ».

    Plus d’informations sur musees.marseille.fr

  • Les as mondiaux du trapèze volant ont rendez-vous à La Grand-Combe

    Les as mondiaux du trapèze volant ont rendez-vous à La Grand-Combe

    C’est un spectacle unique, suspendu entre ciel et terre, qui s’apprête à faire vibrer les Cévennes. Du lundi 7 au samedi 12 septembre, l’ancienne cité minière de La Grand-Combe accueille la deuxième édition de la convention internationale de trapèze volant. Une manifestation unique au monde organisée par l’association locale Les Lendemains, qui œuvre depuis plus de 20 ans au développement et à la transmission des arts du volant.

    « Les conventions existent depuis longtemps dans le milieu circassien, en jonglage par exemple, mais ça ne s’était a priori jamais fait dans le trapèze volant. On a donc eu l’idée un peu folle de lancer cette première convention en 2024 et ça a été très bien accueilli par les trapézistes comme par le public », confie Isabelle Challier, chargée de production et de communication de l’association. « L’idée est de se rencontrer entre trapézistes du monde entier, de partager nos techniques, qui diffèrent un peu selon les pays. C’est aussi de pratiquer sur des structures différentes à des hauteurs différentes, avec des formats différents. » L’événement étant lourd à organiser, en termes de logistique comme de budget, les organisateurs ont décidé qu’il aurait lieu une fois tous les deux ans. Le gratin du trapèze volant est donc de retour cette année dans les Cévennes.

    17 nationalités

    Du 7 au 12 septembre, plus d’une centaine de voltigeurs et porteurs de 17 nationalités sont attendus au centre culturel La Berline, dans le hameau de Chamclauson, pour une semaine de haute voltige ouverte au public. Toute la journée, les professionnels s’entraîneront en plein air sur six énormes structures montées pour l’occasion dans cette ancienne friche minière transformée en lieu culturel. « Les Siamangs, qui sont une école de cirque de la Drôme, viennent par exemple avec une structure unique qu’ils ont créée : le carrousel des trapèzes volants, qui comporte 28 trapèzes », illustre Isabelle Challier.

    Tout au long de la semaine, le public pourra découvrir, en immersion, les coulisses de cet art spectaculaire né en France il y a 160 ans. Une occasion rare de pénétrer dans un univers habituellement réservé aux professionnels. « Tous les jours, de 9h30 à 18h, les gens pourront assister gratuitement aux entraînements. On va installer plus de 200 transats sur le site et chacun pourra se poser sous l’une ou l’autre des structures et regarder ce qu’il s’y passe », décrit Isabelle Challier. Des rendez-vous sont par ailleurs organisés chaque soir. Les 7, 9 et 11 septembre, de 18h à 20h, les encadrants prolongeront la journée par des « masters », équivalent d’une battle de hip-hop entre pros du trapèze volant (gratuit). Spectacle de haut vol garanti ! Le 8 septembre, la compagnie Les Siamangs proposera, à 18h, son spectacle Pirate Party (gratuit) avant la projection, à 21h, du film Au fil de l’acrobatie, de Laurent Chevalier et Dominique Mauclair (tarif : 5 euros). Le 10 septembre à 18h, la compagnie suisse Zali présentera sa future création (gratuit) suivie, à 19h30, d’une conférence sur l’inventeur du trapèze volant, le Toulousain Jules Léotard, « avec une de ses descendantes qui viendra parler de l’histoire de son aïeul » (tarif : 5 euros). La convention se clora samedi 12 septembre sur une journée festive (8 euros tarif réduit, 12 euros tarif plein), avec baptêmes de trapèze volant (14h-16h30, à partir de 6 ans), derniers entraînements des artistes (17h), démonstration des jeunes élèves de La Grand-Combe (17h), spectacle The Gogo Home Project, de la compagnie berlinoise Gogo Home (18h) et enfin concert de Chabadass Tryo (21h), « un groupe local de reprises pop, rock, funk, très festif pour terminer en beauté ».

  • Benjamin Biolay en clôture des soirées ICI Live à La Ciotat

    Benjamin Biolay en clôture des soirées ICI Live à La Ciotat

    Après les performances scéniques de Soprano et Jenifer, au tour d’abord de la lauréate 2025 de la Star Ac’, Marine, de dévoiler quelques-unes de ses pépites et notamment son dernier titre « Tricheur », sorti cette semaine et joué pour la première fois en live. Puis Benjamin Biolay a pris la suite, pour un set électrique, tour à tour intimiste, entraînant et plein d’énergie. L’artiste sétois a enchaîné les tubes, en débutant en ouverture par « Los Angeles », issu de son premier album concept Rose Kennedy, jusqu’au bien nommé « Écran total » sorti en mai dernier. Une masterclass. Rendez-vous l’année prochaine !

  • [Entretien] Olivier Marchetti : « La région a tout sur place, elle peut cocher toutes les cases »

    [Entretien] Olivier Marchetti : « La région a tout sur place, elle peut cocher toutes les cases »

    La Marseillaise : Ce Sommet Lumière interroge la souveraineté audiovisuelle française. Quel rôle joue, dans cet écosystème, une infrastructure régionale comme Provence studios ?

    Olivier Marchetti : C’est un des maillons de la chaîne et ils sont tous importants. Aujourd’hui, recevoir un film en décor naturel et en studio, avec des bureaux de préparation, c’est colossal. Et la région Sud a tout sur place, outils, techniciens, paysages, elle peut cocher toutes les cases pour répondre à toutes les offres sans qu’on dise : « Vous n’avez pas ça, je vais ailleurs. » Parce que, la concurrence est mondiale. On négocie des projets internationaux face à des États, des pays de l’Est, d’Afrique, d’Europe et les plateformes de production internationale ont un scoring qui analyse tout de A à Z : compétence des équipes, niveau de sécurisation, crédit d’impôt international…

    Et la France se situe comment ?

    O. M. : Cette année, la France a augmenté l’assiette pour redevenir compétitive face aux autres pays. C’est surtout ça je pense, même si je ne suis pas dans le secret des dieux, que la France veut présenter à ces majors. Par contre et c’est important de le dire, parce que les niches fiscales, ça peut donner des boutons à beaucoup et moi compris, que c’est le crédit d’impôt qui nous laisse en compétition. Une production américaine on lui rend un peu, mais elle dépense beaucoup. Et si elle ne le fait pas ici, elle le fera ailleurs. C’est une petite contrepartie au regard de tout l’écosystème que ça fait travailler dans tous les pans de l’économie. Les États-Unis, par exemple, se sont endormis sur leur compétitivité et, aujourd’hui, il n’y a plus de tournages à Los Angeles. Les productions américaines se portent bien, mais ça tourne ailleurs.

    Tout n’est qu’une question de coûts ? On donne souvent la lumière du Sud et ses paysages comme recette magique.

    O. M. : Bien sûr, mais la faisabilité du film est surtout financière. On peut avoir les meilleurs décors, acteurs et techniciens, le film ne se fera pas s’il n’est pas financé. Et on parle des films étrangers, mais par exemple, La Comtesse de Monte Cristo a été tournée… à Malte. Même nos productions françaises, de temps en temps, partent à l’étranger s’il y a de meilleurs coûts.

    L’intelligence artificielle (IA) est l’un des sujets du sommet. Vous avez un studio extrêmement technologique. Comment vous situez-vous ?

    O.M. : Très clairement, on utilise l’IA comme un outil pour améliorer nos process, faire des dépouillements de scénarios par exemple, mais pas l’IA générative. Nous la maîtrisons, l’IA pour nous n’est pas créative. Tant que les questions juridiques sur la gestion des droits ne seront pas tranchées, on n’utilisera pas l’IA pour créer des films de A à Z.

    Quand on pense IA, on pense moins d’activité humaine sur les plateaux…

    O. M. : Pour l’instant, ce n’est pas le cas. Ça pourra arriver et ça arrive dans d’autres secteurs comme l’animation ou la post-production. Mais pour l’instant, l’IA, on la regarde tous, on la travaille, on s’y intéresse, mais même les plateformes refusent d’utiliser l’IA générative : un scénario à base d’IA n’est pas validé. C’est assez particulier de dire que Netflix, Amazon, n’utilisent pas l’IA, mais c’est pour des raisons de respect des droits. Ils ne veulent pas être pris à défaut, qu’on dise « c’est mon scénario, l’IA m’a volé ».

    Un autre aspect du sommet touche à la « décarbonation » de la filière

    O. M. : On a été élus par nos pairs, il y a quelques années, studio le plus écologique au monde. On a 28 000 m² de panneaux photovoltaïques, de l’économie circulaire, on travaille avec les ressourceries… Aujourd’hui, l’écologie entre dans les critères de choix des producteurs. Depuis peu de temps, un tournage écolo peut avoir une aide financière, donc c’est très motivant, même si certains y croient vraiment.

  • Pour les comédiens, la loi comme rempart face à l’IA

    Pour les comédiens, la loi comme rempart face à l’IA

    Et si l’intelligence artificielle (IA) finissait par remplacer les acteurs ? Alors que les réseaux sociaux pullulent déjà de vidéos générées artificiellement et parfois difficiles à identifier, la perspective d’un nouvel écosystème cinématographique, entièrement produit par des lignes de code, émerge progressivement. De quoi inquiéter les comédiens qui, soucieux de conserver le contrôle de leur image, cherchent à renforcer leur protection juridique.

    « Les entreprises d’IA sont les plus féroces et les plus gourmandes en matière d’images. Le problème, c’est qu’on n’a pas de recours juridique comme on en a eu jusqu’à présent pour se protéger des plagiats, des copies…, s’inquiète Catherine Lecoq, comédienne et déléguée de la CGT spectacle. On se bat donc pour que le pillage des IA génératives n’ait pas la main sur nos vies. C’est dans ce cadre qu’on a porté, avec l’Adami [organisme français qui gère et défend les droits des artistes-interprètes, Ndlr], une loi à l’Assemblée nationale. » Cette proposition de loi, n° 2634, a été adoptée par le Sénat en avril, est examinée par l’Assemblée nationale. Elle doit permettre « l’instauration d’une présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle ». Autrement dit, lorsqu’un indice rend vraisemblable que le fournisseur d’une IA a utilisé une œuvre protégée, cette utilisation est présumée établie jusqu’à preuve du contraire.

    Ressentir l’émotion,
    « d’humain à humain »

    « Ce qui nous rassemble nous, les humains, c’est l’empathie, défend la syndicaliste. Nous n’aurons jamais ça avec l’IA, car elle ne produit pas d’émotion réelle. (…) Or, je pense que les gens ont vraiment besoin de ressentir cette émotion directe qui n’est, en réalité, transmissible que d’humain à humain. » De quoi, selon elle, protéger encore un peu le monde du spectacle vivant.

  • [Bande dessinée] Publié à Aix, « Le Jardin des Fées » revient avec le duo Alwett-Moretti

    [Bande dessinée] Publié à Aix, « Le Jardin des Fées » revient avec le duo Alwett-Moretti

    Des fées qui vivent en ruche, fabriquent un miel capable de soigner les maux et meurent lorsqu’elles exaucent un vœu : bienvenue dans l’étrange et merveilleux univers imaginé par l’autrice et scénariste Audrey Alwett et la dessinatrice Nora Moretti. Le duo s’était déjà fait connaître grâce à un travail commun ayant donné naissance aux quinze tomes de la réadaptation de Princesse Sara. La série avait dépassé les 600 000 exemplaires vendus.

    Ce chapitre étant désormais clos, c’est vers une autre série de bande dessinée que ce « couple » – ainsi se définissent-elles – se tourne. Un autre univers, celui du Jardin des Fées, dont le quatrième tome est paru ce 2 septembre et édité par Drakoo, maison d’édition aixoise, fondée par le scénariste Christophe Arleston. Déjà familières de l’esthétique de la fin du XIXe siècle, c’est précisément dans ce décor que le lecteur est plongé, dès le premier tome paru en juin 2022. L’histoire suit Lucie, une jeune fille envoyée par sa mère maltraitante chez son oncle, dans un château quelque part en Normandie. Seule à percevoir ce qui n’est pas visible à l’œil humain, Lucie rencontre un monde merveilleux et sa population de fées, dont la « ruche » est menacée, en quête d’un « berger », humain pouvant les guider vers un havre de paix. Le jardin devient alors le point de rencontre entre l’univers humain et celui des fées.

    « Les chasseurs de fées sont sur l’avoir et les bergers des fées sont sur l’être, sur le devenir, c’est pour cela qu’ils sont en permanence sur les routes, qu’ils ne possèdent quasiment rien d’ailleurs et qu’ils sont en quête d’un jardin, métaphore de l’intimité, de la construction de soi-même », déroule Alwett. La fée n’est donc pas ici une simple créature fantastique : elle devient une figure de la reconstruction, du cheminement intérieur et de l’émerveillement, au cœur d’une série qui entend faire du merveilleux autre chose qu’un décor.

    Éditée localement

    La scénariste explique s’être directement inspirée de l’affaire des Fées de Cottingley. Post Première Guerre mondiale, la fuite de photographies, rendues publiques, de deux jeunes anglaises posant avec des fées et défendant la véracité du cliché, déclenche un débat mondial sur leur existence. Le romancier Arthur Conan Doyle, convaincu par les clichés, les défend publiquement et contribue à populariser l’affaire. Dans un contexte marqué par le deuil national, l’écrivain venant lui-même de perdre son fils, « c’est le merveilleux qui vient contrecarrer le désespoir », souligne Audrey Alwett. « Réussir à s’émerveiller du quotidien est une lutte de tous les jours que moi je mène (…). Travailler une narration intérieure est quelque chose de très important », poursuit la scénariste. « C’est une manière de filtrer son passé, nos vies en général », conclut Nora Moretti, dont les dessins de ce quatrième tome, qui promet un scénario de désordre au sein de la ruche, continuent de travailler l’imaginaire du XIXe, fantastique, et colorimétrie minutieuse.

    « Le projet m’a beaucoup plu, on retrouve cette ambiance XIXe des bouquins pour enfants anglais, il y a un côté très british que j’aime bien(…). Il y avait pas mal d’éléments qui faisaient qu’il y avait une bonne histoire, avec ce côté polar, ambiance dans un château, avec un mystère caché, j’ai été séduit tout de suite. Le langage des fées, le fait d’avoir de la création dans la manière de les faire parler, c’est quelque chose que je trouvais très sympa, justifie Christophe Arleston. Quand on a l’habitude de la bande dessinée, on sent très vite quand il y a quelque chose à ne pas laisser passer. »

    Le prochain tome du Jardin des Fées est déjà attendu et devrait être un « one shot ».

  • Deux soirées « à la cool » au Silo avec Mac DeMarco

    Deux soirées « à la cool » au Silo avec Mac DeMarco

    C’est le genre de concert qui attire l’oreille des amateurs habitués à filer à Lyon, Montpellier, ou Paris, et à guetter les festivals d’été, pour espérer voir passer cette espèce d’artistes. Devendra Banhart (2010, Dock des Suds), King Krule (2017, Cabaret Aléatoire), Unknown Mortal Orchestra (2018, Cabaret Aléatoire), Ty Segall (2018, Espace Julien)… On pourrait presque les compter sur les doigts d’une main. Cette fois-ci, c’est Mac DeMarco qui fait étape à Marseille dans le cadre d’une tournée européenne qui l’aura vu passer par Nantes et Bordeaux avant de filer à Barcelone, Madrid ou Lisbonne.

    éternel adolescent

    Le crooner lo-fi canadien, figure majeure de l’indie pop internationale depuis le début des années 2010, se produit au Silo les 13 et 14 septembre. Un doublé assez rare pour être souligné. La seconde a été ajoutée au début de l’été, alors que les quelque 2 000 places en prévente pour le 13 avaient toutes trouvé preneur. Pour les retardataires, il n’en reste plus qu’une poignée pour la seconde date.

    Pour les curieux, Mac DeMarco, c’est cette dégaine d’éternel adolescent en casquette usée, cigarette au coin des lèvres et sourire désarmant. Mais derrière ce personnage de glandeur revendiqué se cache l’un des mélodistes les plus inspirés de sa génération. Depuis le raz-de-marée de ses premiers albums 2 (2012), Salad Days (2014) ou This Old dog (2017), « l’homme le plus cool de la planète » a imposé une esthétique immédiatement reconnaissable : guitares cotonneuses, mélancolie douce et refrains addictifs. Des titres comme Chamber of Reflection, My Kind of Woman ou Heart to Heart cumulent des centaines de millions d’écoutes.

    Sur scène, le contraste est toujours saisissant. Entre deux blagues absurdes, des improvisations improbables et une proximité permanente avec le public, Mac DeMarco et ses musiciens plongent leur assistance dans un douillet brouillard dont eux seuls ont le secret. Pour cette tournée, il présente ses morceaux les plus récents tirés d’un dernier album, petit bijou minimaliste folk baptisé Guitar, sorti il y a plus d’un an, sans se priver de balayer sa foisonnante discographie devenue référence.

    C’est la pianiste californienne de formation classique, Vicky Farewell, signée sur son label et récompensée aux Grammy awards pour ses collaborations avec Anderson.Paak, qui assurera l’ouverture.

  • Terres de Résistance, fer de lance de la reconquête politique

    Terres de Résistance, fer de lance de la reconquête politique

    « Nous pouvons encore, ensemble, mener la lutte pour la justice sociale, l’égalité et la dignité humaine » a exhorté Jeanine Incorvaïa, qui succède à Christian Scognamiglio à la présidence de Terres de Résistance. Après la perte de la circonscription les communistes sont prêts à relever le défi de la reconquête avec un festival « stratégique, outil de lutte, de solidarité », qui offre « un souffle contre l’individualisme, l’exploitation, les obscurantismes ».

    Terre de liens, Secours populaire français, Mouvement de la paix, Collectif solidarité Palestine, 1336, JOC, Association sénégalaise de Martigues, France-Chypre, France-Arménie, France-Cuba, Association des Comoriens, France-Vietnam, Les cocos de Lozère, les Amis de La Marseillaise… Autant de structures présentes qui tissent un partenariat fort et sans frontière. Elles ont animé, en plus des concerts et tables rondes, ce week-end de retrouvailles placé sous le signe d’une offensive politique à mener dans tous les rendez-vous de 2027.

    Secrétaire de la section PCF de Martigues, Laetitia Sabatier a rendu hommage aux camarades disparus : Didier Brissot, trésorier de la section ; Jean-Claude Cheinet, militant infatigable de l’écologie populaire ; et Hocine Aouar, figure emblématique du FC Martigues, saluant leur engagement combatif. Le maire (PCF) Gaby Charroux a estimé que « le plus bel hommage qu’on puisse leur faire est de continuer à résister en proposant ». Car la bataille s’annonce ardue. « La dernière campagne municipale a été difficile car en face, nous avions en plus de la droite et de l’extrême droite, une liste citoyenne qui a divisé », a rappelé Laetitia Sabatier.

    L’exigence de paix

    Mais « pour continuer à rénover nos écoles, se prémunir contre les incendies, préserver l’équilibre entre nature et industrie, sauver notre hôpital public », a listé la secrétaire de section, « nous avons la chance d’avoir notre municipalité ». Elle a aussi appelé à soutenir, lors des sénatoriales, « notre candidat d’union de la gauche, Jérémy Bacchi ». Pour la présidentielle, elle a plaidé « le vote pour une candidature communiste car nous sommes le parti le plus démocratique ». Et à propos des législatives : « C’est notre territoire, nous irons le reconquérir. »

    Gaby Charroux a clos le meeting en rappelant que le PCF restait fidèle à ses valeurs : « La Sécu, c’est nous qui l’avons créée, nous continuerons à la défendre de toutes nos forces. » Et persistant en citant le travail des parlementaires : « Commission d’enquête pour ArcelorMittal », « refus de la guerre », « défense des services publics, bouclier et facteur d’émancipation », « opposition aux délocalisations », « Décarbonation pour préserver emplois, nature et santé »… Au regard de l’histoire du Front populaire, « rien n’est impossible », a réaffirmé l’édile.

  • Le breaking est à la fête toute la semaine

    Le breaking est à la fête toute la semaine

    Sept jours de fête autour du breaking et de la culture urbaine avec de nombreux événements au programme dans la région phocéenne. Du 7 au 13 septembre, La Marseillaise enclenche le mode Breaking Cup avec une 5e édition riche en invités, mais pas seulement.

    En point d’orgue se tiendra une compétition de breakdance dans le cadre majestueux de l’opéra de Marseille. La journée de dimanche sera ainsi consacrée à cette discipline qui aura connu un passage éclair dans le monde olympique (inscrite aux JO de Paris 2024, mais pas à ceux de Los Angeles 2028). Des qualifications auront lieu sur le parvis de l’opéra, le matin, avant une entrée sur la scène principale en début d’après-midi. Un jury international sera présent pour déterminer les vainqueurs de la phase finale.

    Les trois disciplines du breaking seront représentées avec le popping, le breakdance et le hip-hop. Trois catégories, pour les hommes et pour les femmes, donc six gagnants récompensés à l’issue de cette compétition. Le sport ne constitue qu’une facette de l’identité de l’événement, qui va bien au-delà. Tout au long de la semaine, des ateliers et initiations prendront place dans divers lieux de la ville, mais aussi en dehors. La Marseillaise Breaking Cup se lancera ce lundi 7 sur la place du Refuge, en plein cœur du quartier du Panier. Une première animation se tiendra autour du breakdance, sous la houlette du collectif 100% marseillais Original Rockerz et de l’ancien b-boy Mohand Zenasni. En fin d’après-midi, la salle des Rotatives de La Marseillaise accueillera la soirée de lancement, un moment convivial destiné à donner le coup d’envoi de cette édition 2026. Une fin de journée en présence des différents partenaires, avec un point presse au programme et même une démonstration de breakdance par l’association French Keyzz.

    L’événement s’invite

    en dehors de Marseille

    Le 14e arrondissement sera the place to be mardi et mercredi. La Busserine et la Paternelle seront les hôtes de nouveaux ateliers autour du breakdance, évidemment, mais aussi du graffiti et de la pratique de la musique électronique. Par ailleurs, un moment d’échanges autour de l’éducation aux médias est organisé par notre journal. Le même programme est prévu jeudi au Plan d’Aou, dans le 15e, avec la collaboration du centre social Grand Saint-Antoine.

    La Breaking Cup s’exporte également hors de Marseille. La Gavotte-Peyret, à Septèmes-les-Vallons, reçoit également quelques animations, vendredi 11 septembre. Samedi, Port-de-Bouc proposera un programme XXL et d’une grande variété. Pêle-mêle : scène rap, ateliers d’écriture, initiation BMX, projections gratuites de films, prévention addictions, promotion de la paix etc. Un large éventail de choix, tout au long de la journée, puisque le top départ est prévu sur les coups de 10h30.

    Un planning riche, sept jours intenses, afin de célébrer comme il se doit cette 5e année d’existence.