Author: tecnavia

  • Marseille reste en première ligne face à l’urgence sociale de la crise du logement

    Marseille reste en première ligne face à l’urgence sociale de la crise du logement

    Huit ans après le drame de la rue d’Aubagne, la question du logement reste brûlante dans une ville touchée comme le reste du pays par la crise de la construction. Avec ici un gros enjeu : répondre à l’urgence sociale. Si la Métropole détient la compétence logement, la municipalité de gauche, l’origine des États généraux du logement en 2022, a activé plusieurs leviers depuis 2020.

    Objectif de 4 500 logements par an

    En matière de lutte contre l’habitat indigne, elle agit d’abord avec le pouvoir de police du maire. Plus de 3 300 signalements de logements potentiellement dangereux ont été traités par la Ville en 2024 pour un total 254 arrêtés de mise en sécurité, 220 arrêtés de mainlevée, 45 arrêtés d’insalubrité et 900 mises en demeure pour non-respect du règlement sanitaire, conduisant à la mise en conformité de 700 logements.

    Pour garantir la sécurité des habitants, Marseille recourt aussi aux travaux d’office lorsque les propriétaires défaillants n’agissent pas. En 2024, 102 procédures ont été engagées, pour un investissement de 3,9 millions d’euros. Depuis 2025, la baisse de ces procédures témoigne, selon la Ville, d’un effet dissuasif auprès des copropriétaires et bailleurs concernés.

    La lutte contre les marchands de sommeil constitue un autre pilier de l’action municipale. 194 propriétaires ont été signalés au procureur de la République et la Ville s’est constituée partie civile dans 14 affaires. Depuis 2020, 29 marchands de sommeil ont été condamnés.

    La transformation de l’habitat passe aussi par une rénovation urbaine de grande ampleur. À Marseille le programme est doté de 2,5 milliards d’euros, dont 650 millions de subventions Anru. Il concerne 14 quartiers NPNRU et 41 quartiers prioritaires, avec 3 450 logements à réhabiliter, 3 600 logements reconstruits pour compenser 3 000 démolitions. Parallèlement, plus de 32 millions d’euros de travaux urgents ont été engagés depuis 2023 sur des copropriétés dégradées. Fin 2025, les décrets déclarant d’intérêt national des opérations de requalification des copropriétés du Mail, des Rosiers, de la Maurelette et de Consolat, ont enfin été signés. Ils étaient attendus depuis 2022.

    Sur le volet de la production, la Ville s’est engagée à atteindre 4 500 logements par an. En 2024, 3 340 logements ont été autorisés, et 1 315 logements sociaux ont été agréés.

    Enfin, afin de contenir la tension locative, la Ville a renforcé la régulation des meublés touristiques. En 2024, 80% des 800 demandes de changement d’usage ont été refusées et 130 boîtes à clés illégales, retirées de l’espace public. En février, deux propriétaires à plus de 255 000 euros d’amendes pour des locations illégales. En parallèle, l’encadrement des loyers, en attente de validation ministérielle, constitue l’un des leviers majeurs envisagés pour préserver l’accès au logement des Marseillais.

  • Nina Perret comme à la maison à Plan-de-Cuques

    Nina Perret comme à la maison à Plan-de-Cuques

    Une recrue ambitieuse, qui arrangeait toutes les parties concernées. Il y a un an jour pour jour, le HBPC et Dijon annonçaient le prêt de la jeune arrière gauche Nina Perret. Une saison dans les Bouches-du-Rhône était prévue pour l’espoir française. Mais récemment, les deux clubs se sont mis d’accord pour que la joueuse née en 2004 poursuive sa carrière à Plan-de-Cuques.

    Une décision en adéquation avec les ambitions du HBPC et parce que l’arrière formée à la JDA Dijon est épanouie au club. « J’ai été super bien accueillie au club, on était beaucoup de filles à arriver cette année dans l’équipe, donc c’est vrai que ça m’a permis de prendre mes marques petit à petit dans le groupe. C’est la première fois que je changeais de club, mais ça s’est bien passé. »

    Surtout que Nina Perret a rapidement eu des responsabilités en match, la confiance de l’entraîneur Angélique Spincer étant rapidement arrivée. Une confiance qui lui a permis de poursuivre son développement. « J’ai de plus en plus de temps de jeu dans l’équipe et même individuellement, on travaille aussi, avec Angélique et Christophe [Medjber, coach adjoint] à l’entraînement et ça me permet vraiment de progresser techniquement », appuie l’arrière gauche.

    Une expérience internationale

    Du haut de ses 21 ans, la Bourguignonne a pourtant une certaine expérience du haut niveau. En club, bien sûr, où elle a eu l’opportunité de jouer la Coupe d’Europe avec Dijon, mais aussi en sélection nationale. Passée par les équipes de France jeunes, elle a même été championne du monde U20 en 2024 avec les sœurs jumelles Borg ou encore d’autres Dijonnaises comme Lilou Pintat et Nina Dury. « J’ai eu la chance de faire les équipes de France jeunes et c’est vrai que c’est un autre contexte que le club, on peut se regrouper avec d’autres filles, d’autres entraîneurs et dans un cadre international, donc ça aussi ça m’avait permis d’avoir de l’expérience et de connaître un peu autre chose », dit-elle simplement.

    Sur le terrain, son apport est non négligeable, avec un contre un explosif et sa relation privilégiée avec Nele Antonissen, buteuse hors pair. Ses qualités pourront apporter à son équipe, dans ce choc du vendredi soir contre Nice. Un match important pour la suite d’une saison déjà prometteuse. « Mine de rien, Nice est devant nous au classement et c’est l’occasion de prendre des points. On est encore dans l’objectif de faire mieux que la saison dernière où on avait fini 7e. »

    21e journée de Ligue Butagaz Energie

    Gymnase des Ambrosis (20h)

    Plan-de-Cuques : Novellan, Schüpbach – Martel, Loquay, Berrais, Kromoska, Naal, Antonissen, L.Dembélé, A.Dembélé, Perret, Mathon

    Nice : Colic, Errin – Abdelmalek, Ahlen, Benezeth, Dupuis, Fall, Le Blevec, Pontoppidan, Rouly, Sajka, Sy, Semedo Monteiro

  • Viol, barbarie, proxénétisme : un procès de l’horreur à Digne

    Viol, barbarie, proxénétisme : un procès de l’horreur à Digne

    « Chantage à la rupture », « domination », prostitution forcée… Le procureur de la République de Digne-les-Bains, Antoine Pesme, a détaillé, jeudi, les raisons pour lesquelles l’ex-conjoint de Laëtita a été mis en examen. Il sera jugé en mai pour torture, acte de barbarie, viol, proxénétisme « au préjudice d’une personne particulièrement vulnérable » et détention d’arme.

    Le responsable d’une agence bancaire manosquine est soupçonné d’avoir violé, torturé et livré sa compagne Laëtitia à des dizaines d’inconnus, de 2015 à 2022, à Manosque, La Seyne-sur-Mer et Grasse. Au cours de l’enquête, Laëtitia « a décrit des viols et des violences extrêmes commis depuis 2015 dans le cadre d’une relation de couple marquée par des pratiques sadomasochistes au départ consenties », relate le procureur. « À plusieurs reprises, depuis 2015, lorsqu’elle lui avait demandé d’arrêter en raison de la douleur ressentie, il avait, selon elle, poursuivi ses gestes, commettant des violences lorsqu’elle s’opposait à ses demandes », indique le magistrat.

    « Leurs jeux sexuels avaient rapidement dépassé les limites qu’elle pouvait accepter, le mis en examen se livrant alors à un chantage à la rupture et exerçant une domination sur elle. Elle a indiqué qu’il lui avait ordonné d’avoir des relations sexuelles avec d’autres hommes, pendant lesquelles il écoutait via son téléphone portable », décrit Antoine Pesme.

    Forcée à se prostituer

    En plus des violences conjugales multiples, il est reproché à l’accusé d’avoir forcé son ex-compagne à se prostituer et d’avoir récupéré les fonds récoltés de par cette activité illicite. « Elle avait dû se prostituer à la demande du mis en examen, lequel décidait des pratiques et des tarifs et récupérait la moitié puis la totalité des gains », avance le procureur de Digne-les-Bains. Le responsable d’agence bancaire reconnaît l’existence de relations sadomasochistes avec sa compagne, « mais a affirmé que celles-ci étaient consenties, décrivant la prostitution, l’échangisme ou les pratiques zoophiles comme des jeux ».

    « L’intensité et la répétition des violences décrites par la partie civile, mises en relation avec les conclusions de l’expertise médicale et l’exploitation d’enregistrements sonores et vidéos, a conduit le magistrat instructeur à renvoyer le mis en examen devant la cour d’assises », conclut Antoine Pesme.

    L’accusé sera défendu par les avocats Me Charlotte Barriol et Me Arnaud Lucien, du barreau de Toulon, tandis que son ex-compagne sera assistée par Me Philippe-Henry Honeger, avocat au barreau de Paris.

    La mère de famille de 42 ans avait décrit le calvaire qu’elle a vécu à France Info : « C’étaient des coups de poing, des entailles dans le dos au cutter ou avec un couteau. Il me frappait avec une planche à découper. J’étais souvent à sang. Il me brûlait aussi avec sa cigarette. »

    Procès du 18 au 22 mai, devant la cour d’assises de Digne-les-Bains.

  • Provence Rugby pour une 3e victoire consécutive

    Provence Rugby pour une 3e victoire consécutive

    Il s’en est passé des choses depuis la première confrontation cette saison entre Soyaux et Provence Rugby. 29 août, première journée de Pro D2, les Aixois s’étaient inclinés 25-28 en Charente. Trois défaites sur les quatre premières rencontres, la saison ne débutait pas idéalement, mais le club allait ensuite élever son niveau pour retrouver le sommet du classement.

    Cette fois, c’est Soyaux-Angoulême qui débarque en Provence pour cette 28e journée du championnat. Les Violets n’ont plus rien à jouer sur cette fin d’exercice puisque les barrages sont trop loin pour eux. Ce qui ne les a pas empêchés de battre Vannes, intouchable leader, la semaine dernière (28-25). Un adversaire à ne pas prendre à la légère donc, alors que les Provençaux se battent toujours pour rester dans le top 4 et accueillir en quarts de finale.

    Du renfort pour la fin

    de saison

    Quelques bonnes nouvelles sont arrivées du côté de Maurice-David cette semaine. Quatre joueurs ont retrouvé les terrains et ont dépeuplé l’infirmerie, au meilleur des moments. Le capitaine Teimana Harrison, Charly Gambini, Yannick Youyoutte et Inga Finau sont de retour avec le groupe pour les derniers moments du championnat. Avec ces renforts, battre Angoulême serait une belle idée avant d’affronter Vannes et Valence pour clore la saison régulière.

    28e journée de Pro D2

    Stade Maurice-David (19h30)

    Provence : Vareiro – Lapegue, Bituniyata, Finau, Tui – Muntz, Coville – Jalagonia, Okuya, Zinzen – Tuisue, Van Eerten – Francis, Piefeleti, Nostadt

    Angoulême : Brosset – Farissier, Tilsley, Niusalelekitoga, Gratien – Botica, Levron – Nollet, Sentubery, Grimart – Lemardelet, Morand – Boutemmani, Meité, Balakrev

  • La préfecture de nouveau épinglée pour des lenteurs sur les titres de séjour

    La préfecture de nouveau épinglée pour des lenteurs sur les titres de séjour

    Cinq cents euros d’indemnités par jour de retard. C’est la sanction exemplaire prononcée par le tribunal administratif de Marseille à l’encontre de la préfecture des Bouches-du-Rhône, pour son retard de délivrance d’un récépissé de demande de titre de séjour de Monsieur A., vendredi 17 avril. Une sanction efficace, car dès le lundi, l’intéressé a reçu son nouveau justificatif d’instruction en cours.

    « C’est très fréquent que l’on soit obligé de saisir l’administration ou le juge pour la demande d’une attestation de prolongation d’instruction. Normalement, ça devrait se faire automatiquement par la préfecture », se désole l’avocat de Monsieur A., Me Raphael Koffivi-Ifouale Gnaledome.

    Arrivé en France légalement début 2024 dans le cadre de ses études, Monsieur A., ressortissant togolais, a fait une demande de titre de séjour de travail, en octobre 2025. Le Togolais avait par ailleurs effectué une action auprès du juge des référés, magistrat du tribunal administratif, pour obtenir un récépissé justifiant de sa demande de titre de séjour. L’attestation lui avait été fournie. Mais fin mars, alors que son justificatif était expiré depuis deux semaines, Monsieur A. retourne devant le tribunal administratif, qui exige de la préfecture de lui délivrer une nouvelle attestation, avec 50 euros d’indemnité par jour de retard. En l’absence de nouveau retour de la préfecture, il sollicite à nouveau le tribunal administratif, le 17 avril, pour augmenter l’indemnité à 500 euros par jour. Une action judiciaire qui porte ses fruits, puisque trois jours plus tard, il reçoit un nouveau récépissé de trois mois. « Cette situation rend la vie de mon client difficile. Il a par exemple dû quitter son logement et doit être hébergé car avec ce titre précaire, il ne peut pas trouver de location », explique son avocat.

    500 embauches pour faire face aux délais

    Des délais que la Cimade, une association d’accompagnement et de défense des personnes exilées, dénonçait déjà, en février dernier, dans les Bouches-du-Rhône. Des blocages remarqués depuis septembre, qui poussent certaines personnes dans la précarité, n’ayant plus de papiers et ne pouvant donc plus travailler légalement.

    Des lenteurs que la préfecture des Bouches-du-Rhône reconnaît. En février, elle assurait déjà être « confrontée à une forte augmentation des demandes de renouvellement des titres de séjour conduisant à un allongement des délais d’instruction », et assurait avoir mis en place « une mobilisation renforcée des services ».

    Face à ses difficultés, qui ne se limitent aux Bouches-du-Rhône, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a annoncé au début du mois d’avril dans Ouest France, l’embauche de 500 vacataires à temps plein pour renforcer les effectifs des services séjour de certaines préfectures. Contactée, la préfecture des Bouches-du-Rhône n’a pas pu répondre avant notre bouclage.

  • Des rames du tramway vont partir en révision à Albi

    Des rames du tramway vont partir en révision à Albi

    Une première est partie par camion la semaine dernière de son entrepôt, direction Albi… Selon un planning bien défini pour ne pas impacter le service, les 32 rames Bombardier « Flexity » du tramway marseillais vont être révisées de fond en comble pour une opération de révision à « mi vie » indique la RTM. Une maintenance prévue dans le cadre réglementaire de leur cycle de circulation mais qui « va bien au-delà » précise la régie.

    Ce contrôle poussé doit intervenir tous les 900 000 kilomètres parcourus. La première rame jouera « un rôle de prototype » explique-t-on, avec une durée d’immobilisation estimée à 9,7 mois et un retour attendu en début d’année prochaine. De quoi réduire les délais progressivement pour les rames suivantes « avec 5,6 mois pour la deuxième, 4 mois pour la troisième, puis 3 mois pour la quatrième ». Une fois le processus industrialisé, « le rythme se stabilisera autour de 2,5 mois par rame ».

    Le but : offrir aux usagers « un réseau plus fiable, plus confortable et plus moderne », avec « moins de pannes et plus de régularité » et harmoniser avec les rames du constructeur espagnol CAF qui circulent depuis janvier sur la ligne T3 étendue jusqu’à La Gaye.

    Un design et une technologie harmonisés

    Concrètement, le système d’aide à l’exploitation sera aligné. Le système ECB (Équipement concentrateur bus), qui permet au tramway de communiquer avec le centre de contrôle et de garantir le bon fonctionnement des équipements embarqués, la supervision et la sécurité du service, sera remplacé par un modèle de génération plus récente. Les systèmes d’information voyageurs, la sonorisation et les « girouettes », entendre les panneaux qui affichent la destination de la rame à l’extérieur, seront aussi modernisés.

    À l’intérieur des rames, le design et les équipements vont être repris avec le remplacement des revêtements de sol et l’adaptation des mains courantes. Un éclairage LED « plus agréable » sera installé.

    Le chantier va être finalisé pour les 26 rames de première génération, mises en service en 2007, d’ici décembre 2028. L’ensemble des 32 rames devrait être traité à l’horizon juillet 2029, prenant en compte les 6 rames de deuxième génération, mises en service en 2011. Le marché d’un montant de 25 millions d’euros sur une durée de six ans, a été remporté en décembre 2025 par ACC-M, entreprise clermontoise spécialisée dans la restauration ferroviaire, qui a ouvert un site de plus de 2 000 mètres carrés à Albi l’an dernier.

    Côté projet, une deuxième phase d’extension de la ligne T3 est prévue pour la prolonger au nord vers Saint-Louis et le lycée Saint-Exupéry, une ligne de la rue de Rome à la place du 4-Septembre évoquée avant les élections municipales de mars. Mais avec les difficultés financières de la métropole Aix-Marseille-Provence, autorité organisatrice des transports, la donne pourrait changer. Le président de la collectivité alertait ce mercredi 15 avril sur un budget non finançable et appelait le gouvernement à débloquer le taux du versement mobilité.

  • Une troisième vague de rénovation urbaine

    Une troisième vague de rénovation urbaine

    Dans le salon de la Paix de la préfecture de région à Marseille, le Premier ministre Sébastien Lecornu n’a pas attendu, comme il était prévu, la fin du second comité de pilotage national du logement pour faire sa principale annonce. « Nous allons avoir une troisième édition de l’Anru [les opérations de renouvellement urbain, Ndlr.] », lâchait-il tout de go face aux acteurs nationaux du logement social, de l’immobilier, du bâtiment réunis là. Une nouvelle vague de rénovations qu’il a souhaité lancer en urgence avant la présidentielle, « pour nous adapter aux rythmes des mandats municipaux ». De quoi accompagner les mesures qui figureront dans le projet de loi présenté en première lecture, avant l’été, pour faciliter la production de logements et atteindre un objectif de 2 millions d’ici l’horizon 2030.

    150 quartiers concernés

    « Jean-Pierre Raffarin avait décidé d’un premier Anru, avec le parti pris de venir traiter l’ensemble des logements d’après-guerre, Manuel Valls avait décidé d’un deuxième Anru tourné vers la mixité sociale. Il nous appartient de lancer cette troisième génération, qui permettra de traiter la période 2030-2040 », décrit le Premier ministre, face à la presse. La feuille de route esquissée lors du comité national prévoit cette fois d’intégrer aussi bien les enjeux de sécurité que de changement climatique, d’électrification des logements pour ne plus exposer leurs locataires aux flambées du prix du gaz, d’accès aux soins et aux différents services. « Jusqu’ici, l’Anru se basait uniquement sur un diagnostic bâtimentaire, explicitait le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun. Si on y met un critère fort de sécurité, un bâtiment qui crée de l’impasse, favorise le narcotrafic, on peut se dire que ça vaut le coup de le démolir. »

    Au total, quelque 150 quartiers à l’échelle nationale pourraient être concernés par cette nouvelle vague de renouvellement urbain, avec une ambition de pouvoir adapter les périmètres pour toucher les petites villes de moins de 25 000 habitants. Parmi les dossiers qui doivent être déposés avant l’automne, le Premier ministre évoque « 3, 4 ou 5 quartiers dans une ville comme Marseille ».

    C’est que son maire (DVG), Benoît Payan, a profité de ce comité de pilotage pour rappeler que « pendant des années, les acteurs locaux ont eu du mal à présenter des dossiers, avec des dossiers parfois inconsistants ». Et des centaines de millions d’euros de perdus derrière. Alors il accueille avec un large sourire cette nouvelle vague. « On sait qu’à Marseille, il y a des milliers et des milliers de logements indignes, qu’il y a des bailleurs sociaux qui ne font pas le travail, qu’il y a des copropriétés qui sont lourdement dégradées et notamment sous l’impulsion malsaine et malfaisante des marchands de sommeil », insiste-t-il face à la presse. Après la validation, en décembre, de quatre opérations d’intérêt national pour la requalification des copropriétés dégradées (Orcod-IN) à Marseille, il a profité de ce comité de pilotage pour défendre un renforcement de l’arsenal législatif. S’il est trop tôt pour indiquer où se porteront cette fois les chantiers du renouvellement urbain, il n’en souligne pas moins : « Il y a la question du centre-ville qui est très dégradé, et c’est vrai aussi pour le 3e arrondissement, mais il y a aussi des poches de pauvreté très fortes dans le 9e arrondissement. »

    Derrière l’annonce de la rénovation urbaine, le Premier ministre compte aussi, à travers son projet de loi, redonner la main aux intercommunalités sur les aides à la pierre et à la rénovation, donner le pouvoir aux communes de peser davantage sur les critères d’attributions de logements sociaux, y compris avec un veto sur celles-ci « qui puisse absolument être justifié par un trouble à l’ordre public ». C’est aussi la promesse de pouvoir créer des opérations d’intérêt local pour accélérer drastiquement les procédures administratives et restreindre les recours en justice en les unissant, l’allègement des critères d’aides pour la rénovation. Et le recul pour trois ans de l’interdiction des passoires thermiques, pourvu que les propriétaires promettent d’y faire des travaux. « Des propriétaires devraient dire à plus de 2 millions de personnes de sortir de leur logement, ce sera dramatique », justifie Vincent Jeanbrun. Dans une ville qui ne connaît que trop bien l’indécence de ces logements.

  • Un avenir à bâtir

    Un avenir à bâtir

    Sébastien Lecornu a dévoilé un projet de loi destiné à atteindre l’objectif de construction de 2 millions de logements d’ici 2030, soit « 100 000 de plus par an que ce qui est construit aujourd’hui », en additionnant des incitations et des simplifications de procédure. Le Premier ministre a annoncé également une troisième vague de rénovation urbaine jusqu’en 2040.

    C’est une bonne nouvelle et pour tout dire une décision qui s’impose au regard de l’état du secteur du logement dans tout le pays.

    Que l’hôte de Matignon choisisse Marseille pour faire ces annonces n’est pas anodin. Ici, la crise du logement – ou plutôt ceux qui en profitent – a des morts sur la conscience.

    Paradoxe

    On ne le répétera jamais assez. Non, ce n’est pas la pluie qui a tué rue d’Aubagne. C’est la rapacité des uns et la complicité des autres.

    Oui, il y a besoin de construire, de rénover, d’isoler les logements massivement ici et dans toute la France.

    C’est un paradoxe : cette ambition est très difficilement compatible avec la politique d’austérité que le Premier ministre mène.

    Elle pourrait même être à la source d’un changement de politique profond en constituant le cœur d’un plan de relance fondé sur la réponse aux besoins humains et la transition écologique.

    Même contradiction sur l’avenir de la Métropole Aix-Marseille Provence : le développement impératif des transports exige des moyens que l’État rechigne à aligner.

    Et pourtant, l’argent existe à condition de vouloir le trouver lorsqu’on a un avenir à bâtir. La France est championne d’Europe du versement des dividendes.

  • Nîmes Métropole : la majorité ferme la porte au RN

    Nîmes Métropole : la majorité ferme la porte au RN

    Ce devait être un conseil communautaire « technique ». Il a surtout été politique. Réunis le 21 avril, une semaine après l’élection de Vincent Bouget à la présidence, les 105 élus de Nîmes Métropole ont poursuivi l’installation de la mandature : 72 délibérations, des délégations attribuées au bureau, et surtout une rafale de désignations dans les satellites de l’agglomération (syndicats, sociétés publiques, commissions). Autant de postes où se jouent, loin des projecteurs, des décisions très concrètes : marchés publics, aménagement, déchets, répartition du foncier.

    En ouverture, Vincent Bouget a affiché la méthode qu’il veut imposer. Dans un territoire marqué par une abstention record, « le cœur des habitants bat encore moins pour leur agglomération », a-t-il lancé, appelant à des rendez-vous sur le terrain : « Pendant ces réunions, je vous propose que nous nous mettions en retrait pour laisser la place à la parole des habitants. Nous entendrons sûrement des choses avec lesquelles nous ne serons pas complètement d’accord. Mais je vous assure que cela nous fera du bien, collectivement. Cela donnera du sens à notre action commune. Et surtout, de la force à cette action. »

    L’extrême droite isolée

    Derrière ce discours, un exécutif se met en ordre de marche : 15 vice-présidents, un bureau où siègent les maires des 39 communes de l’agglo, et des délégations confiées pour fluidifier le fonctionnement. C’est précisément sur ce point que le RN, fort de ses 11 élus, a choisi d’ouvrir les hostilités. « Délégations abusives » et « sectarisme », a dénoncé Sylvie Josserand, contestant le périmètre financier confié au bureau. Bouget a répliqué en défendant la « qualité du débat » entre maires. Et Franck Proust, ancien président, est venu rappeler depuis l’opposition que le conseil garde la main : les décisions du bureau remontent à chaque séance, « l’avantage étant de réserver l’hémicycle aux débats primordiaux ».

    Mais c’est sur les représentations extérieures que la photographie politique s’est figée. À main levée, pour la SAT, la SPL Agate, le Scot Sud Gard, le PETR Garrigues et Costières, le RN n’a obtenu que ses seules voix : onze. Un contraste avec le vote d’installation, à bulletin secret, où la candidature de Julien Sanchez avait récolté 21 voix. Même lors d’un scrutin à bulletin secret réclamé par le RN pour le Sitom Sud Gard, l’extrême droite est restée cantonnée à ses 11 suffrages.

    La passe d’armes a eu sa phrase-clé. « Vous avez constitué une majorité avec des élus qui ne sont pas du même bord que vous. Mais manifestement, votre ouverture s’arrête aux frontières du RN », a accusé Stéphane Guillemin. Réponse sèche du président : « Oui, aux frontières du RN. » Une ligne rouge assumée, au nom d’une majorité ouverte dans sa composition mais décidée à ne pas banaliser l’extrême droite. Le RN a tout de même arraché deux sièges via les rares scrutins à la proportionnelle. Pour le reste, l’agglo a tranché : l’installation se fera sans le RN dans ses instances stratégiques. Et ainsi, le « technique » aura, déjà, dessiné l’axe du mandat.

  • [TRIBUNE] Urgence solidarité avec Cuba

    [TRIBUNE] Urgence solidarité avec Cuba

    Depuis plus de deux mois, Cuba et son peuple font face à une crise économique sans précédent. L’interruption des livraisons de pétrole en provenance du Venezuela, principal fournisseur de La Havane, suivie des menaces du président Donald Trump de sanctionner tout pays qui enverrait du pétrole à Cuba concourt à une volonté d’asphyxie de ses 9 millions d’habitant.es, sous embargo étasunien depuis 1962. L’arme des sanctions, montée à son cran maximal, devrait selon Donald Trump lui permettre d’économiser une intervention militarisée et attiser le mécontentement de la population. Les conséquences sont dramatiques. Les coupures d’électricité sont quotidiennes et de plus en plus longues. Écoles, universités, hôpitaux fonctionnent au ralenti. Les pénuries alimentaires, de médicaments et d’autres produits de première nécessité qui en découlent attisent la frustration des Cubains. Les secteurs clés que sont le tourisme, l’extraction du nickel, l’agriculture et la production de tabac sont frappés de plein fouet par les restrictions énergétiques. Par ailleurs, le président Trump a fait pression avec un certain succès sur les pays ayant recruté des médecins cubains. Comme au Venezuela, en Palestine ou en Iran, ce n’est nullement la démocratie pour les peuples de ces pays qui est visée. Ce qui est en jeu, c’est la volonté d’élargir un impérialisme prédateur des ressources naturelles, de consolider un système néocolonial et de poursuivre l’avancée idéologique de l’extrême droite sur le plan mondial. Alors que 80% de l’économie de l’île reposait encore il y a peu sur un système planifié et centralisé de production par des entreprises d’État, la crise a poussé le gouvernement à s’ouvrir davantage au secteur privé et à adopter un décret établissant un cadre juridique pour créer des entreprises mixtes entre entités étatiques et acteurs privés, une première sur l’île.

    Cuba doit aussi faire face à une dégradation de ses soutiens diplomatiques. L’île est lâchée par certains pays latino-américains comme le Costa-Rica, dont le ministre des Affaires étrangères a annoncé, le 18 mars dernier, la fermeture de son ambassade à Cuba à l’image d’un autre allié de l’administration Trump dans la région, l’Équateur, qui a expulsé début mars l’ambassadeur de Cuba à Quito, ainsi que l’ensemble de la mission diplomatique. Deux pays qui font partie d’une alliance de pays latino-américains en soutien au président étasunien. Le robinet des carburants coupé, Cuba est en voie de paralysie. Si les déclarations de soutien aux autorités sont nombreuses, brésilienne, chinoise, espagnole, mexicaine, russe, vietnamienne, aucune n’est assortie de livraisons pétrolières. Seule parvient à Cuba une aide humanitaire mexicaine, européenne, russe, espagnole comme la Flottille « Nuestra America ». La France n’est pas en reste où la solidarité s’organise fortement, mobilisant organisations politiques, syndicales et associatives telle que le Secours Populaire Français.

    Cette situation qui prend tout un peuple en otage est intolérable ! La France et l’Union Européenne doivent agir contre l’asphyxie du peuple de Cuba ! La France qui soutient depuis 1992, aux Nations Unies, la résolution présentée par Cuba demandant la levée de l’embargo étasunien qui affecte la situation économique et sociale du pays, ne peut rester indifférente à cette nouvelle situation. Elle a su aider en janvier 2025 au refinancement de sa dette avec le Club de Paris et envoyer vingt-sept tonnes de matériel après le passage de l’ouragan Melissa en octobre dernier. Elle a fait appel à des médecins cubains pour ses territoires en Caraïbe, lors de la crise du Covid. Elle doit donc renouer avec une telle collaboration notamment, par l’envoi d’une aide humanitaire conséquente, des accords de coopération bilatéraux plus nombreux et la sécurisation de possibles investissements d’entreprises françaises. Elle doit le faire en y associant l’Union européenne qui doit œuvrer à la recherche de solutions diplomatiques aux guerres et conflits qui se multiplient dans le monde depuis ces dernières années. Seul le respect du Droit international, la Paix et la Souveraineté des peuples peuvent redonner espoir en l’avenir. Nous invitons les Françaises et les Français, le mouvement social et syndical, les partis politiques, les collectivités territoriales, à exprimer concrètement leur solidarité avec le peuple cubain, et à appuyer comme relayer cet appel, en s’organisant partout en France dans ce sens.

    Les premiers signataires

    Fabien Cohen, secrétaire général de France Amérique Latine, membre du secrétariat du Conseil International du Forum Social Mondial (FSM) André Chassaigne, membre honoraire du Parlement, ancien président du groupe d’Amitié France-Cuba de l’Assemblée nationale Ernest Pignon-Ernest, artiste plasticien Boris Plazzi, Secrétaire confédéral en charge de l’international de la CGT Jérôme Bonnard, Secrétariat National de l’Union syndicale Solidaires Fanny Metrat, porte-parole de la Confédération paysanne Caroline Chevé, secrétaire générale de la FSU Jean-Victor Castor, député de la Guyane, président du groupe d’Amitié France-Cuba de l’Assemblée nationale Denis Merklen, sociologue, directeur de l’Institut des hautes études de l’Amérique latine Olivier Compagnon, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Sorbonne Nouvelle (IHEAL), membre de l’Institut universitaire de France Federica Matta, artiste plasticienne Eric Toussaint, Président du CADTM Sophie Thonon, avocate, Présidente-déléguée de France Amérique Latine Franck Gaudichaud, Professeur des Universités Toulouse, Co-Président de France Amérique Latine Hector Vasquez, président et le CA de l’association d’ex prisonniers politiques chiliens France Céline Meresse, Présidente du CRID Emeline K/Bidi, députée de la Réunion, coprésidente du groupe GDR Stéphane Peu, Député de la Seine-Saint-Denis, président du groupe GDR à l’Assemblée nationale Fabien Roussel, secrétaire national, PCF Annie Lahmer, Coresponsable de la commission transnationale des Écologistes Éric Coquerel, Député de la Seine-Saint-Denis, président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale Rodrigo Arenas, député de Paris, LFI Elsa Faucillon, députée des Hauts-de-Seine, PCF Marcellin Nadeau, député de la Martinique, LFI Jean-Paul Lecoq, député de la Seine-Maritime, secrétaire de la commission des Affaires étrangéres à l’Assemblée nationale, PCF Yannick Monnet, député de l’Allier, PCF Frederic Maillot, député de la Réunion, Pour la Réunion Soumya Bourouaha, députée de la Seine-Saint-Denis, PCF Julien Brugerolles, député du Puy-de-Dôme, PCF Edouard Benard, député de la Seine-Maritime, PCF Cécile Cukierman, Présidente du groupe CRCE-K au Sénat, Sénatrice de la Loire Laurence Cohen, sénatrice honoraire, ancienne présidente du groupe des amitiés parlementaires France-Brésil Akli Mellouli, sénateur du Val-de-Marne, EELV Fabien Gay, sénateur de la Seine-Saint-Denis, directeur de l’Humanité Cathy Apourceau-Poly, sénatrice du Pas-de-Calais, PCF Pascal Salvodelli, sénateur du Val-de-Marne, PCF Marianne Margaté, sénatrice de seine et Marne, PCF Jérémy Bacchi, Sénateur des Bouches-du-Rhône, Secrétaire départemental du PCF 13 Marie-Claude Varaillas, Sénatrice de la Dordogne, PCF Céline Brulin, Sénatrice de Seine-Maritime PCF Michelle Gréaume, Sénatrice du Nord, PCF Charly Bouhana (Cuba-Si France) Fabrice Leclerc (France-Cuba) Manuel Pascual (Cuba Coopération) André Ciccodicola conseiller éditorial François-Michel Lambert, ancien député, président Cercle Severiano de Heredia Plateforme Française de solidarité avec Haïti, Fabien Archambault, historien, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne Charlotte Balavoine, coordinatrice de la campagne de solidarité avec Cuba Patricia Pol, membre pour ATTAC du secrétariat du Conseil international du FSM Laura Arguelles, présidente de l’ACAF (Argentine) Zelmar Michelini, président de Donde Estan (Uruguay) Françoise Escarpit, journaliste honoraire et ancienne correspondante de l’Humanité à La Havane Red Internacional de Apoyo a los Presos Políticos en Chile RIAPPECH, Collectif DDHH au Chili (France) Le Collectif de solidarité avec le peuple du Nicaragua (CSPN) Olivier Buirette, IHEAL – Institut des Hautes Études de l’Amérique Latine Sylvie Bouffartigue, Professeure des Universités, UVSQ James Cohen, Professeur émérite, Sorbonne Nouvelle Juliette Dumont, enseignante-chercheuse en histoire, IHEAL-CREDA, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3 Ravier Monique et Lucie (Paris) Helmuth Rudloff, Groupe d’Aide Genève (GAG) Christian Carzo (Nice) Luis Gálvez, Observateur DD HH-Suède.