Author: tecnavia

  • [Rue de la République] Audrey Garino : « Le fil rouge, c’est le droit au logement »

    [Rue de la République] Audrey Garino : « Le fil rouge, c’est le droit au logement »

    La Marseillaise : Comment travailler la question du coût du logement ?

    Audrey Garino : Ce problème est la conséquence de problématiques qu’on doit travailler avec de la production évidemment de logements sociaux mais aussi sur son coût propre et donc l’encadrement des loyers. La ville le demande depuis longtemps et on sera proactif pour que le gouvernement l’accorde à Marseille. C’est un des premiers combats politiques que nous porterons. Cela s’inscrit aussi dans la question de la transparence et des critères d’attribution de logements sociaux, et la régulation des meublés de tourisme.

    Et en matière d’habitat indigne ?

    A.G. : Dans la continuité de ce qui a été engagé sur la réhabilitation du parc ancien, sur la lutte contre l’habitat indigne et les marchands de sommeil, on souhaite faire avancer certaines mesures comme l’extension du permis de louer. Il y a aussi pour les copropriétés dégradées le suivi des Orcod-IN. Comme l’encadrement des loyers elles ont été demandées par la ville, pas par dogmatisme mais parce qu’on a besoin de ces outils pour permettre aux Marseillais de mieux se loger. Puis on parle souvent du parc privé mais il y a aussi le parc social qui est dégradé. C’est une préoccupation et une réflexion globale pour accompagner ces locataires et rétablir le rôle de gendarme de la Ville sur tous les lieux de vie.

    Votre délégation comporte aussi la question de l’hébergement ?

    A.G. : Elle intègre les sujets d’hébergement d’urgence. Cela pose la question de l’adaptation du logement et ouvre la réflexion sur un véritable parcours dans le logement aux différentes étapes de la vie. Tout ça fait partie d’un plan d’action vaste avec une vraie réflexion sur un parcours de la rue jusqu’au logement. On a, à Marseille une réalité de sans-abrisme extrêmement forte, il faut adapter la réponse politique. Il ne faut pas simplement créer des places d’hébergement d’urgence, et on le fera parce que ça fait partie de nos engagements, mais aussi voir évoluer certains dispositifs comme Logement d’abord. Tout ça fait partie d’un plan d’action d’ensemble. Le fil rouge, c’est le droit au logement. Le logement est un droit dans la loi mais malheureusement pas un droit dans les faits. L’ensemble de nos réflexions doivent concourir à ce qu’il le devienne.

  • « 435.1 m’a tué » : une loi ciblée, des morts et l’art pour dénoncer

    « 435.1 m’a tué » : une loi ciblée, des morts et l’art pour dénoncer

    « Au fur et à mesure, c’est la vérité qui se dilue », déplorait, en juin 2025 devant l’Assemblée nationale, Issam El Khalfaoui, le père de Souheil, dont la vie s’est arrêtée à 19 ans, le 4 août 2021 à 18h, à la Belle de mai, dans le 3e arrondissement. La balle d’un policier l’a atteint au thorax, lors d’un contrôle routier au croisement des rues Bonnardel et Fortuné-Jourdan.

    Souheil, Rayanna, Olivio, Luis… Quatre portraits de jeunes victimes de violences policières, des noms, des dates. En tout, sept panneaux grand format affichés en pleine rue pour une chronologie « de l’impunité ». À Paris, le 18 avril, à Saint-Denis le 19, à Marseille le 26, puis à Rennes et Lilles en juin, « 435.1 m’a tué.e » tourne dans l’espace public. C’est le premier projet de sensibilisation de Save pour faire bouger le droit. L’exposition collective rend visible les vies brisées que les familles estiment liées à l’article L.435-1 du Code de la Sécurité intérieure (CSI). Elle met en relief des enquêtes qu’elles jugent « biaisées dès le départ » ou qui, après des années, « aboutissent à des non-lieux ».

    Une exposition sur le fil

    En 2017, l’article L.435-1 élargit les conditions d’usage des armes à feu par la police. « Dans les mois qui suivent, les tirs augmentent de 50% », souligne l’association, qui tire le fil rouge politique des engrenages qui amènent à l’impunité, l’injustice. Les familles de ces victimes refusent de se résoudre à voir la vie de leur proche tomber dans les oubliettes, elles exigent que la vérité soit mise à jour car, à leur douleur, s’ajoute « l’impossibilité de faire le deuil ».

    Le 4 août 2021, après la mort de Souheil, commence un marathon judiciaire. Une vidéo perdue par l’IGPN, une procédure qui s’éternise, neufs scellés qui avaient pourtant été versés au dossier disparus, puis retrouvés après la menace d’une inspection (une enquête a été ouverte et dépaysée au tribunal d’Aix). Rien n’est encore clos, puisqu’une « information judiciaire a été ouverte pour homicide volontaire, le 8 octobre 2022, contre le policier auteur du tir mortel et l’instruction est toujours en cours », rappelle le parquet de Marseille.

    Pour la famille, ce qu’elle traverse n’a rien d’un cas isolé : ailleurs, les mêmes violences, le même déni, la même impunité. « 435-1 m’a tué.e » est un projet militant qui utilise l’art pour mettre en question une loi, dénoncer ses conséquences. L’exigence des familles réunies au sein de Save et qui travaillent avec d’autres collectifs, comme Flagrant Déni, et des avocats, est d’obtenir « l’abrogation de l’article L.435-1 du CSI. Pour que ça n’arrive plus ». « Parler, créer, lutter, c’est le fil rouge d’une même résistance », défend Save. Déjà, en 1994, Maurice Rajfus, auteur de nombreuses œuvres portant sur la police et les atteintes aux libertés, avait fondé l’Observatoire des libertés publiques.

  • À l’Hôpital européen, l’opéra comme une parenthèse de douceur

    À l’Hôpital européen, l’opéra comme une parenthèse de douceur

    Lundi 27 avril, de 15h à 16h, quatre solistes et un pianiste de l’Opéra interpréteront gratuitement une dizaine d’extraits d’opérette pour les patients, usagers et professionnels de l’hôpital. L’Hôpital européen s’attache à favoriser l’accès à la culture pour ses usagers et professionnels. L’objectif étant de rendre la culture accessible à tous, mais aussi de lui reconnaître une dimension thérapeutique : non pas dans la guérison, mais dans la création d’un espace de relation humaine, d’écoute et d’accompagnement.

  • Les Alpes-de-Haute-Provence s’engagent à simplifier les finances

    Les Alpes-de-Haute-Provence s’engagent à simplifier les finances

    Améliorer l’efficacité des procédures, sécuriser et « simplifier la chaîne de la dépense », moderniser les moyens d’encaissement… Tels sont les objectifs de la convention signée jeudi entre le Département des Alpes-de-Haute-Provence et les Finances publiques. La DGFIP (Direction générale des finances publiques) « va engager un plan de réduction drastique du chèque. Le chèque est coûteux pour vous, pour nous. Le traitement d’un chèque, c’est minimum 2 euros. Il est chronophage, sans effet instantané sur la trésorerie, et source de pertes, voire même de fraudes », a annoncé le directeur départemental des Finances publiques, Stéphane Durand.

    Il a insisté sur l’importance du conseiller aux décideurs locaux, « interlocuteur incontournable des présidents, des maires, de leurs équipes ». Il a annoncé la suppression de « tous les contrôles a priori du comptable sur les mandats de marché émis par le conseil départemental pour se recentrer sur les contrôles a posteriori de façon très ciblée afin de s’assurer que la qualité de la chaîne de travail côté conseil départemental est bien pérenne ».

    Au département, « on a amélioré tous les ans notre niveau de performance », a affirmé Eliane Barreille. « Nous sommes passés d’un délai de mandatement de 27 jours à 19 jours », s’est-elle félicitée. Une amélioration qui vient selon d’elle de « la réorganisation mise en place il y a trois ans ». « L’union fait la force, et on voit bien que les choses avancent parce que nous travaillons en partenariat », a insisté la présidente du département. « Dans les Bouches-du-Rhône, quand je vois les déficits qui sont annoncés, je me dis que nous sommes pas trop mal », a-t-elle lancé. La présidente a tout de même admis que « dans deux ou trois ans, on aura un déficit ».

  • Des magistrats pédalent pour préserver l’État de droit

    Des magistrats pédalent pour préserver l’État de droit

    Ils ont fait étape à Avignon mardi. Ils arriveront à Aix-en-Provence ce vendredi 24 avril, sur les marches de la cour d’appel. Voilà près de vingt jours qu’une dizaine de magistrats ont enfourché leur vélo pour traverser la France. Partis de Strasbourg à l’initiative du Syndicat de la magistrature et de la revue Délibérée, avec le soutien du Medel (Magistrats européens pour la démocratie et les libertés), ils achèveront leur périple à Vintimille, le 1er mai.

    Cette tournée, avant tout militante, répond à deux objectifs. Le premier est d’exiger la libération de leur confrère turc, le juge Murat Arslan, lauréat du prix des droits de l’homme Václav-Havel du Conseil de l’Europe, emprisonné depuis dix ans. Une détention que les magistrats entendent « dénoncer » à travers cette mobilisation. Sur les marches du palais Verdun, ils liront notamment une longue déclaration appelant à la libération de leur confrère.

    Second objectif de ce trajet à vélo – inspiré d’une initiative similaire menée par des magistrats allemands : « Sensibiliser aux atteintes à l’État de droit », indique le Syndicat de la magistrature. « Les magistrats, dont la mission est de protéger les droits et les libertés, demeurent un rempart contre l’exercice arbitraire du pouvoir. »

    Tout au long du parcours, les magistrats ont été rejoints par plusieurs associations solidaires du mouvement, dont la Ligue des droits de l’homme, la CGT et le Syndicat des avocats de France (SAF), mais aussi par des proches et des citoyens. Lors de plusieurs haltes, des conférences ouvertes au public sont organisées, comme celle prévue à Nice, à la Maison des associations Garibaldi. Le périple s’achèvera à Vintimille le 1er mai.

  • « Nos têtes sont plus dures que les murs des prisons »

    « Nos têtes sont plus dures que les murs des prisons »

    « Nos têtes sont plus dures que les murs des prisons. » C’est par cette formule que l’illustre avocat Thierry Levy a intitulé un petit essai dans lequel il critiquait la centralité de la prison en écrivant : « Lorsqu’elle échoue dans l’objectif de réinsertion qu’elle proclame, elle réussit à étancher la passion vengeresse et à infliger une cruauté qu’elle camoufle. » Avec 86 229 personnes détenues au 1er décembre 2025, soit un taux d’occupation globale de 136% la passion vengeresse qu’évoque l’auteur paraît assouvie. Face à cette situation critique du système carcéral français, l’actuel ministre de la justice cherche des solutions sans renier son paradigme sécuritaire. Après avoir pensé à louer des places de prisons à des voisins européens, il s’est inspiré de l’Allemagne pour proposer la construction de 3 000 nouvelles places de prison dites modulaires c’est-à-dire sous la forme de préfabriqués. Plus vite et moins cher serait la devise du ministère. Il y a pourtant 5 ans et demi, lorsque la France sortait du confinement, la population carcérale passait sous la barre des 100% d’occupation sans construire de nouvelles cellules. Comment ? Dans une France confinée, la ministre Nicole Belloubet a d’abord envisagé la suppression des parloirs famille pour les personnes détenues. Mais, face à la crainte de mutinerie, cette dernière s’est résolue à envisager des mécanismes de régulation carcérale. Les juges de l’application des peines ont été incités à employer de manière anticipée les mécanismes d’aménagement de peine pour les personnes condamnées à de courtes peines. Résultat : en 2021, la population carcérale baisse de 70 730 à 62 673 détenus ce qui fait revenir le taux d’occupation juste au-dessous des 100%. Malgré le succès de ces mécanismes, et en dépit de leur caractère peu coûteux, aucun enseignement n’en a été tiré et seulement cinq ans et demi plus tard, la France a battu son record de personne écrouées.

    En effet, le personnel politique n’entend pas porter ce type de mesure en raison du coût électoral réel ou supposé. La CGPL raconte : « Je rencontre beaucoup de députés qui me disent qu’ils sont d’accord avec moi, mais qu’ils n’ont pas l’opinion avec eux. » Autrement dit une telle mesure n’est pas à l’ordre du jour faute de courage politique… Ainsi, la politique ministérielle de constructions de prisons modulaires permet au ministre d’espérer concilier une volonté répressive, supposée provenir de l’opinion publique, et un système carcéral au bord de l’explosion. Pourtant l’échec de la politique capacitaire est largement documenté car plus il y a de places disponibles plus on a recours à l’incarcération, notamment en détention provisoire. Nul doute que la tête du ministre est plus dure que les murs des prisons.

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  • Le Toulon Defense Event pour aligner la Défense et le marché du travail

    Le Toulon Defense Event pour aligner la Défense et le marché du travail

    Le Palais des Sports accueillait jeudi la 3e édition du Toulon defense event, un événement porté par France Travail et le Centre d’information et de recrutement des forces armées (Cirfa). Objectif : présenter les métiers de la défense à plusieurs milliers de visiteurs. « C’est une initiative qui remonte à quelques années et correspond aux besoins du Var sur les métiers de la défense », explique Pascal Blain, directeur régional de France Travail et référent national Défense. Parmi les plus de 5 000 offres d’emploi à pourvoir, des domaines variés, du civil au militaire. Certains « particulièrement importants pour nous, comme la cybersécurité, mais aussi d’autres auxquels on pense moins comme la restauration-hôtellerie-loisir », précise le général Pierre-Olivier Marchand pour illustrer « les centaines de métiers possibles dans les armées ».

    Un outil de souveraineté

    Comme prévu, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a fait le déplacement. Après un bain de foule pour visiter les différents stands, l’ancien patron de la SNCF a à nouveau annoncé le chiffre de 10 000 créations d’emplois dans le domaine de la défense, d’ici trois ans, dans un contexte où « les enjeux militaires sont entrés dans le quotidien. Les métiers militaires, civils, d’industrie, de sécurité intérieure sont essentiels et ce salon est là pour dire qu’ils recrutent ». Un message particulièrement adressé « aux jeunes, parfois un peu perdus. Voilà des métiers passionnants et très divers ».

    Encore faut-il, pour les attirer, créer « des ponts entre le monde de la défense et le marché du travail ». C’est pourquoi le ministre du Travail a nommé la générale Dominique Vitte pour diriger le nouveau pôle de recrutement de France Travail dédié à l’industrie de défense. Une organisation qu’il souhaite reproduire dans le domaine des énergies, dans une optique de souveraineté, dont « l’exemple de la guerre en Iran » démontre la nécessité. C’est sur cette notion que Jean-Pierre Farandou a conclu son discours, appelant à « résister » face à « deux superpuissances qui nous compriment, ne nous veulent pas du bien, les États-Unis et la Chine. Si on les laisse faire, ils vont détruire nos entreprises, nos emplois et saccager notre modèle social ».

  • Les affiches de Toulouse-Lautrec s’invitent à l’Hôtel de Caumont

    Les affiches de Toulouse-Lautrec s’invitent à l’Hôtel de Caumont

    Plonger dans l’univers bohème du Paris de la Belle Époque : telle est l’immersion proposée par la nouvelle exposition du centre d’art de Caumont, en place jusqu’au 4 octobre et consacrée à Henri de Toulouse-Lautrec, « grand maître de l’avant garde parisienne ». Imaginée par Fanny Girard, directrice du musée Toulouse-Lautrec, et Gilles Genty, historien de l’art spécialiste du postimpressionnisme, l’exposition adopte un angle précis : celui d’un « créateur d’icônes », capable de « sublimer ses contemporains » grâce à « des images très fortes qui ont traversé les siècles ».

    Car Henri de Toulouse-Lautrec, né à Albi en 1864 avant de partir étudier la peinture à Paris, affiche la particularité de représenter des figures immédiatement reconnaissables, là où nombre d’artistes de son époque privilégient des incarnations anonymes. Surnommé « l’âme de Montmartre », il laisse derrière lui (il meurt en 1901), à travers ses affiches et ses peintures, un témoignage saisissant des visages qui ont animé le Paris de la fin du XIXe siècle.

    à chaque univers

    ses visages

    Habitué des cafés‑concerts, cabarets et théâtres emblématiques de son temps, Toulouse-Lautrec en devient l’un des observateurs privilégiés et représente nombre de leurs protagonistes. Parmi elles – car ce sont souvent des femmes – : La Goulue, Jane Avril ou Loïe Fuller, stars des affiches de l’artiste Albigeois.

    Mais le « faiseur d’icônes » fige aussi d’autres visages : ceux qui incarnent des productions commandées par les publicitaires, ceux de son entourage, fréquemment peints, mais aussi ceux qu’il croise au hasard de ses déambulations. Autant d’univers auxquels l’exposition entend rendre hommage, avant de clore le parcours sur les représentations des « marges de la société » auquel « il rend une certaine dignité », d’après Fanny Girard.

  • Paris entre en piste pour le hockey en cas d’impasse à Nice

    Paris entre en piste pour le hockey en cas d’impasse à Nice

    Paris Entertainment Company, exploitant de l’Accor Arena et de l’Adidas Arena, société majoritairement détenue par la Ville de Paris, met en avant son expérience des grands événements sportifs et son implication dans Paris 2024. Cette initiative intervient dans un contexte d’incertitude autour du pôle de glace de Nice, fragilisé par l’arrivée du nouveau maire (UDR), Éric Ciotti, et son refus de certains aménagements prévus. Et trois semaines après la proposition du maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, d’accueillir des compétitions de glace au cas où Nice serait écartée des sites olympiques.

    Mais dans un communiqué jeudi soir, la Région Paca a indiqué que « les études menées démontrent la faisabilité technique du projet » dit « des Arboras », du nom du stade privilégié par Eric Ciotti pour accueillir le hockey masculin. « Il convient désormais de poursuivre le travail sur sa faisabilité calendaire et financière » avec une nouvelle réunion prévue lundi, poursuit la Région.

  • Le prêt à Kiev débloqué, les Européens rejoignent Zelensky

    Le prêt à Kiev débloqué, les Européens rejoignent Zelensky

    Les Européens ont également approuvé un vingtième paquet de sanctions contre la Russie, visant le secteur bancaire et ajoutant de nouvelles restrictions aux exportations de pétrole russe. « Nous arrivons à Chypre avec de bonnes nouvelles », a lancé la présidente de la Commission Ursula von der Leyen. « Alors que la Russie redouble d’agressivité », l’Europe accentue son soutien à l’Ukraine et sa « pression sur l’économie de guerre russe ».

    Volodymyr Zelensky, qui retrouve les chefs d’État et de gouvernement de l’UE à l’Ayia Napa Marina, un site touristique huppé au bord de la mer, a salué le prêt européen qui « renforcera » l’armée et « rendra l’Ukraine plus résiliente ». Il espère un premier versement « d’ici fin mai – début juin ». Mais le dirigeant ukrainien a aussitôt mis la pression sur l’Europe, estimant que son pays mérite « une pleine adhésion à l’UE » et pas de simples « avantages symboliques ».

    Le déblocage du prêt montre en tout cas que la défaite électorale de Viktor Orban en Hongrie n’aura pas tardé à se traduire au niveau européen. C’est la reprise de la livraison de pétrole russe à Budapest via un oléoduc traversant l’Ukraine qui a poussé le gouvernement hongrois à lever son veto.

    Les responsables de l’UE peuvent donc souffler, alors qu’ils avaient fustigé l’attitude de Viktor Orban lors du précédent sommet de mars à Bruxelles. Cette fois, le sommet de Chypre, qui occupe la présidence tournante de l’UE, se tiendra sans Orban. Battu par son rival Peter Magyar aux législatives, il s’apprête à passer la main et a boudé son dernier grand rendez-vous européen, après seize années au pouvoir.

    Informelle, la réunion des dirigeants de l’UE n’appelle pas de décisions majeures, jeudi et vendredi à Chypre, cette île coupée en deux depuis 1974 et l’invasion de la partie nord par l’armée turque.

    Soulagés pour le prêt à l’Ukraine, les chefs d’État et de gouvernement européens devraient surtout se concentrer sur la guerre au Moyen-Orient. Ce vendredi, ils attendent pour un déjeuner de travail plusieurs dirigeants de la région : le président du Liban Joseph Aoun, celui d’Égypte Abdel Fattah al-Sissi, le Syrien Ahmed al-Chareh et le prince héritier de Jordanie Hussein ben Abdallah.

    Malgré leurs leviers limités, les Européens vantent un « dialogue intensif » avec les États de la région et souhaitent évoquer « la situation au Liban et les pourparlers entre Israël et le Liban », selon un responsable. Se réunir à Chypre revêt une dimension symbolique puisque des bases de l’Otan y avaient été ciblées par des drones de fabrication iranienne au début du conflit.

    Avec le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, le conflit a de lourdes conséquences sur l’économie européenne, dont la facture pour s’approvisionner en pétrole et en gaz a bondi de 24 milliards d’euros en sept semaines. Dans tous les pays d’Europe, les mesures dispendieuses se multiplient afin de soutenir les secteurs les plus exposés comme l’industrie lourde, l’agriculture et la pêche. Et l’Union européenne surveille comme le lait sur le feu une potentielle pénurie de kérosène. Face à la crise énergétique, Bruxelles a multiplié les recommandations aux États membres et appelé à accélérer l’électrification du continent. Mais l’UE n’a pas fait d’annonces majeures ni sorti le carnet de chèques. Et pour cause, les finances de l’UE comme des États membres – de la France surtout – ne sont pas au mieux.

    Sur ce volet financier, les pays européens doivent aborder pendant le sommet de Chypre les discussions toujours sensibles sur les quelque 2 000 milliards d’euros du futur budget européen de 2028 à 2034. Les négociations s’annoncent comme souvent difficiles entre Paris, partisan de davantage d’investissements européens, et Berlin, prudent budgétairement. Sans le claironner, les responsables de l’UE rêvent d’un accord sur le futur budget dès la fin de l’année.