Author: tecnavia

  • Grand Avignon : des réserves sur le retour du train sur la rive droite du Rhône

    Grand Avignon : des réserves sur le retour du train sur la rive droite du Rhône

    Ce mardi 24 février à 23h59, la consultation publique portant sur le projet de réouverture d’une ligne entre Nîmes (Gard) et Le Teil (Ardèche), avec des arrêts aux gares de Villeneuve-lès-Avignon et Roquemaure, s’est terminée. L’heure est donc à la synthèse et à la rédaction du rapport. Cela intervient quelques semaines après la publication de l’avis de l’Autorité environnementale, qui juge l’étude d’impact « de qualité », tout en émettant plusieurs réserves sur le projet.

    Ce document estime que le bilan socio-économique, qui « vise à quantifier et monétiser les coûts et bénéfices sociaux », est « fortement négatif ». Et que les émissions de gaz à effet de serre seraient « en légère hausse ». Des bilans qui « ne sont pas satisfaisants pour une opération de développement de l’offre de transports en commun et témoignent d’une fréquentation attendue trop faible et d’incitations insuffisantes au report modal ».

    Un sujet abordé lors de la réunion de clôture de la consultation, jeudi 12 février, à Roquemaure. Charles Soulet, assistant en maîtrise d’ouvrage environnementale, indique qu’à terme, si la gare est davantage fréquentée, « on aura un bien meilleur niveau d’émissions de gaz à effet de serre dans le cadre du projet ». Et, comme l’Autorité environnementale le recommande, « faire du report modal, puisque moins on utilisera la voiture et plus on remplira les trains, et moins les émissions de gaz à effet de serre seront importantes par personne ». L’intégration de cette réouverture dans le projet de création du service express régional métropolitain d’Avignon est aussi citée. Il revient à l’État de prendre une décision. La mise en circulation, synonyme de réouverture des gares, est envisagée d’ici 2028. Trains de marchandises et TER passent déjà devant le quai vide, mais sans s’arrêter.

    Impact local

    Pour les deux communes du Grand Avignon concernées, on se réjouit du projet. Parmi les contributions déposées sur le site, on retrouve Pascale Bories, maire (LR) de Villeneuve-lès-Avignon, qui émet « un avis favorable de principe sur la demande d’autorisation environnementale ». Elle considère que cette réouverture aurait un « impact positif en termes de report modal de la route vers le rail, contribuant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle globale de l’exploitation et à l’amélioration de la qualité de l’air », ainsi qu’à « l’amélioration des conditions de mobilité pour les habitants et l’attractivité du territoire ».

    Lors de la dernière réunion publique à Roquemaure, le 12 février, la maire Nathalie Nury confiait que ce projet est « une chance pour la vitalité économique ». Citant l’hôtel et les gîtes de sa commune, elle estime que les touristes « seront très contents de pouvoir rallier, que ce soit du côté nord ou du côté sud, leur destination en train, et ne plus avoir à se soucier de prendre un véhicule léger ».

  • Un nombre de passages limités dans les déchetteries du Grand Avignon

    Un nombre de passages limités dans les déchetteries du Grand Avignon

    La dernière version du règlement des déchetteries remontait à 10 ans. En ce début d’année, le Grand Avignon a revu le fonctionnement de ses dix déchetteries communautaires, qui inclut désormais les sites de Caumont et Sauveterre. « Les principales modifications proposées visent à améliorer l’accueil, la fluidité et l’équité d’accès aux équipements », liste l’Agglo dans la délibération votée en février, lors d’une séance du bureau.

    Pour les particuliers, qui doivent être titulaires d’une carte gratuite *, les principaux changements viennent dans l’instauration d’un nombre de passages annuels maximum, fixés à 18. En contrepartie, « le volume autorisé par jour a été augmenté à 3 m³, contre 2 m³ auparavant, offrant ainsi aux usagers la possibilité de déposer plus de déchets », précise le Grand Avignon à La Marseillaise. « Le seuil fixé à 18 passages annuels a été déterminé comme largement suffisant pour couvrir les besoins ordinaires d’un foyer, tout en encourageant une meilleure organisation des apports et une limitation des déplacements inutiles », peut-on lire dans la délibération. Le Grand Avignon voit aussi dans cette limitation « un moyen efficace de lutter contre les dépôts abusifs ou d’origine professionnelle réalisés sous couvert d’apports ménagers, garantissant ainsi une utilisation conforme du service public ».

    Autre avancée, la possibilité de venir déposer ses déchets avec son utilitaire, véhicule habituel des professionnels pas soumis aux mêmes règles : « Le règlement autorise désormais l’accès aux utilitaires ne dépassant pas 2 tonnes, tels que Renault Kangoo, Ford Transit, Peugeot Partner, Volkswagen Caddy [y compris en configuration deux places, Ndlr.], représentant un véritable assouplissement par rapport aux règles précédentes, qui avaient été prises pour se prémunir d’éventuels dépôts abusifs par les professionnels, pour lesquels la collecte en déchetteries est payante ». Enfin, autre nouveauté, « une dérogation a également été formalisée pour les situations exceptionnelles, comme les décès ou les sinistres, afin de répondre à des besoins ponctuels spécifiques et générateurs de gros volumes à écouler en déchetteries pour les particuliers ».

  • Avec la Neo Santa Maria à La Ciotat, redécouvrir l’Amérique

    Avec la Neo Santa Maria à La Ciotat, redécouvrir l’Amérique

    Un navire de 200 tonnes, de plus de 28 mètres de long, de près de 8 de large. Comme l’original, la réplique de la Nao Santa Maria arbore trois mâts : le grand mât, l’artimon de la grand-voile et un beaupré, la hauteur du grand mât atteignant près de 25 mètres de la ligne de flottaison au point le plus haut. 5 voiles, d’une surface de 303 mètres carrés, permettent au navire de voguer. Même si, aujourd’hui, besoins modernes de la navigation oblige, la Nao Santa Maria est équipée de moteurs, d’une radio, d’un radar… Construite dans les chantiers navals Varaderos Palmás à Punta Umbría (Huelva, Espagne), la réplique de la Nao Santa Maria a navigué pour la première fois le 16 mars 2018. Du mercredi 25 février au dimanche 1er mars, elle fait escale sur le quai d’accueil de La Ciotat.

    Cinq jours à quai

    À bord, l’équipage, d’une vingtaine d’hommes, est prêt à accueillir le public, de 10h à 19h, pour la visite. Les visiteurs pourront découvrir les 4 ponts de la caravelle, être renseignés sur son histoire, s’immerger dans des décors fidèles à l’époque, et échanger avec les marins.

    Le 3 août 1492, la Nao Santa Maria est partie du port de Palos de la Frontera (Huelva) avec les caravelles Pinta et Niña, en tant que navire de tête de la flotte de Christophe Colomb. Après avoir fait escale sur l’île de La Gomera (îles Canaries) et après trente-trois jours de navigation, le 12 octobre 1492, la Santa María, dirigée par 40 hommes sous les ordres de Christophe Colomb, atteint l’Amérique. Hélas, le jour de Noël 1492, alors qu’il se trouvait près de l’île de La Española, le navire s’est échoué à cause d’un oubli du garçon de cabine qui était à la barre, et il a coulé…

  • L’office de tourisme d’Aubagne se veut « facilitateur »

    L’office de tourisme d’Aubagne se veut « facilitateur »

    En dépit d’une morosité économique ambiante, a rappelé, mardi, Gérard Canavese, président de l’OTI, seul dans le département à regrouper 12 communes, celles du Pays d’Aubagne et de l’Etoile, « 2025 est notre année de référence », lui a emboîté le pas Pascal Coudurier, le directeur. La fréquentation y a été « exceptionnelle », a-t-il souligné. Devant une quinzaine d’acteurs de l’économie touristique du territoire, directeurs d’hôtels, responsables de chambres d’hôte, de brasseries, de camping, ou d’un bar médiéval, Pascal Coudurier a présenté les nouveautés pour l’année.

    Parmi elles, la visite guidée « Aubagne au féminin* », qui sera lancée le dimanche 8 mars. Artistes, résistantes, commerçantes, figures oubliées ou personnalités reconnues, « Aubagne au féminin » invite à redécouvrir la ville au travers de femmes charismatiques qui ont marqué l’histoire locale et contribué à forger l’identité aubagnaise. En avril, une balade à la Font de mai sur le thème « Marcel Pagnol entre nature et mémoire », prendra place parmi les nouveautés.

    Une refonte du site web

    Après avoir précisé que l’OTI disposait d’un budget de 1,9 million d’euros, dont 1,5 alloués par la Métropole (à partir notamment du produit de la taxe de séjour), Pascal Coudurier a lancé aux participants : « Nous sommes à votre disposition ! L’OTI est alimenté par de l’argent public, n’hésitez pas à vous faire accompagner. » Mais aussi : « L’OTI a pour force de réunir 12 communes, mais notre territoire se situe à côté de grands pôles touristiques tels que Marseille, Cassis, La Ciotat… Notre message : nous sommes plus forts quand on est ensemble ! » En effet, pour un petit pécule, l’office de tourisme accueille sur son site des prestations d’activités. Bientôt par exemple, pour le printemps, on pourra réserver pour l’expérience qui décoiffe d’un saut à parapente depuis le Garlaban ! Le directeur de l’Office de tourisme a dévoilé la tête d’affiche du grand concert de l’été à Aubagne, le 21 août : ce sera Julien Lieb, finaliste de la Star’Ac. Parmi les « gros chantiers » qui arrivent à leur terme, la refonte du site web de l’Office de tourisme. Livré en avril, « il vise à être plus efficace pour répondre aux demandes des visiteurs, et plus visible par référencement Google. Il aura pour but de présenter Aubagne comme un pôle depuis lequel visiter le territoire », a expliqué Jade, de l’OTI. En septembre, le site sera traduit en anglais et en allemand, les deux langues les plus parlées par les touristes sur le territoire.

    * Infos OTI : 04.42.03.49.98.

  • Des travaux pour reconnecter l’étang de Bolmon à l’étang de Berre

    Des travaux pour reconnecter l’étang de Bolmon à l’étang de Berre

    Depuis le parc des cygnes, à l’Ouest de Marignane, l’étang de Berre n’est pas visible. On le devine seulement, derrière le cordon sableux du Jaï qui le sépare de l’étang de Bolmon. C’est pour améliorer l’état écologique de cette petite lagune que le Gipreb (Syndicat mixte en charge de la réhabilitation de l’étang) mène des travaux sur trois bourdigues et deux fenêtres hydrauliques.

    Actuellement, « l’eau ne circule pas du tout » entre les deux étendues d’eau, affirme le directeur du Gipreb, Raphaël Grisel. D’un côté, un bouchon de sable et de coquilles empêche la circulation, de l’autre, sur le linéaire terrestre, c’est un fossé rempli de boue. Résultat : l’étang de Bolmon présente un état écologique « fortement dégradé ». En cause : une hyper-eutrophisation, avec « des développements de phytoplancton permanent, des eaux très turbides et colorées, la quasi-absence de macrophytes ».

    C’est pour répondre à cette situation que le syndicat mixte dirige ce chantier de quatre semaines en partenariat avec la Métropole, gestionnaire de l’espace, et le Conservatoire du littoral, propriétaire, avec le soutien financier de l’Agence de l’eau, de CDC Biodiversité et de la Région, pour un coût de 180 000 euros. Mais, avant de finaliser la reconnexion, un ouvrage doit impérativement être réalisé : un clapet anti-retour. « L’enjeu est aussi que les eaux de Bolmon ne se déversent pas dans l’étang de Berre pour des raisons de qualité assez évidentes, développe Raphaël Grisel. Pour l’instant, à Bolmon, toutes les activités nautiques et de pêche sont interdites, tandis que sur l’étang de Berre, on a la pêche des palourdes, le kitesurf, la baignade… »

    C’est la publication du rapport parlementaire sur l’étang de Berre qui a relancé ce projet, qui était pourtant dans les tuyaux « depuis des années ». « Le Gipreb s’est positionné en mettant en avant sa compétence pour faire ça, puisque ça fait partie de la restauration du complexe lagunaire de l’étang de Berre », note Raphaël Grisel.

    Prochaine étape : la remise en circulation de l’eau de mer dans le tunnel du Rove, qui vient d’entrer en phase opérationnelle d’obtention des autorisations réglementaires et dont les travaux devraient débuter en 2029, « dans un calendrier optimiste ».

  • La peur de l’oubli des Ukrainiens après 4 ans de guerre

    La peur de l’oubli des Ukrainiens après 4 ans de guerre

    « Près de 1 500 jours de guerre n’ont pas ébranlé la résistance ukrainienne. L’Ukraine continue à se battre et à vivre. Aujourd’hui, nous devons le dire avec lucidité : la fatigue gagne nos sociétés. Nous le constatons avec le peu de mobilisation ce soir », déplore David Sanchez, président de l’association Fraternité franco-ukrainienne Provence.

    Alors que la guerre en Ukraine entame sa cinquième année, le rassemblement en soutien à cette nation, mercredi, n’est pas comparable aux milliers de personnes réunies au lendemain du 24 février 2022. Quatre ans plus tard, la mobilisation plus modeste, sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Marseille, marque la peur de l’oubli du peuple ukrainien et de leur quotidien durant cette guerre.

    Avant la minute de silence en hommage aux morts, la voix du peuple ukrainien s’est d’abord levée sur l’hymne du pays. Une prière récitée par le père Nicolas a suivi, face à une assemblée émue. Certains la tête haute, d’autres en pleurs.

    « La nation résiste »

    Sous le slogan « Heroiam slava ( « Gloire aux héros ») scandé par la foule en réponse au « Slava Ukraini » (« Gloire à l’Ukraine »), les associations franco-ukrainiennes ont exprimé leurs pensées aux Ukrainiens, à « ces héros ordinaires », véhiculant ainsi un message de persévérance, de force et de solidarité. Ces organisations, qui aident au quotidien les victimes et civils ukrainiens, ont pointé l’importance de parler de cette guerre. Par exemple à travers la culture, comme l’explique le président de l’association SOS-Ouman, Denis Hiault : « Je vous invite à aller voir l’exposition “Ukraine : Images d’une enfance voléeà la Cômerie. Cette collection de dessins d’enfants ukrainiens témoigne de façon très vrai, très touchante, de la réalité de ce qu’ils vivent. J’invite tous les enfants marseillais à la voir. »

    Nathalie, originaire de Kiev, a pris la parole : « Malgré les attaques, malgré les batailles acharnées sur le front, l’Ukraine résiste encore et toujours. » Elle ajoute, évoquant les spectacles en Ukraine : « Aujourd’hui sous les bombes russes, parfois sans électricité, chaque représentation au théâtre commence par l’hymne ukrainien. Artistes, musiciens, publics… Le peuple ukrainien chante l’hymne national : “Nos ennemies périront comme la rosée au soleil levant”. La nation est debout. La nation résiste. »

  • Une commémoration aux flambeaux pour « les victimes du fascisme »

    Une commémoration aux flambeaux pour « les victimes du fascisme »

    « Marseille reste et restera antifasciste ». C’est le message unanime porté par les plusieurs centaines de personnes qui ont répondu à l’appel d’organisations telles que Riposte Antifasciste, Quartiers antifascistes 13 ou encore Ciao Facho, ce mardi soir, pour un rassemblement aux flambeaux.

    À grands coups de « Siamo tutti antifascisti », l’objectif était de « commémorer toutes les victimes du fascisme ». Comme une réponse à la mort de Quentin Deranque, militant d’extrême droite à Lyon, le 14 février dernier, après une rixe et un lynchage avec des militants antifa’. « On veut éradiquer les idées fascistes, pas forcément les personnes. Mais le corps de ce militant n’était même pas encore froid que l’extrême droite avait son récit de fait. Le soir même, ils se félicitaient que ce drame offrait une justification à leurs violences », explique au micro Nina, représentante de l’Union étudiante à Aix-Marseille. Dans la même lignée, un membre de Riposte Antifasciste dénonce : « S’il y a un antifascisme de rue, c’est car l’État ne nous protège pas. Solidaires et la CGT Rhône ont subi des attaques, des menaces de morts… ».

    Les participants ont d’ailleurs largement énuméré toutes les morts et drames en lien avec des actions de l’extrême droite et ses groupuscules. Le député insoumis Sébastien Delogu a également pris la parole, en rappelant la mort d’Ibrahim Ali, tué en 1995 par des colleurs d’affiches du FN à Marseille. Une intervention régulièrement coupée par des slogans lancés par les manifestants et quelques interpellations salées : « Va faire ta campagne ailleurs. »

    En tout cas, la « poursuite du combat » a été lancée avec la date du 14 mars prochain à l’appel de la Marche des solidarités cette-fois.

  • Un accueil de jour public pour les sans-abri à Marseille

    Un accueil de jour public pour les sans-abri à Marseille

    Installé dans les locaux des anciens ateliers Lieutaud, l’espace convivial au numéro 41 du cours éponyme, est déjà une adresse qui compte. À peine ouverte, mardi 24 février dans la matinée, que déjà un homme passait la porte pour se poser devant un café, « informé par les maraudes du Samu social » de l’existence de ce nouveau lieu.

    Franchi le seuil de ces quelque 100 m² rénovés, on oublie presque qu’on est sur une des artères les plus bruyantes du centre. Les doubles vitrages font le job et le hall donne sur un grand salon dont les lumières tamisées réchauffent les ocres des murs. Un grand écran, un coin ordinateur, deux canapés et des petites tables complètent le décor pour une ambiance cosy. L’ADJ propose également 24 casiers équipés de prise électrique, de toilettes, d’une douche PMR, d’un lave-linge, d’un sèche-linge, d’une tisanerie et deux pièces réservées à la permanence en soins infirmiers et aux entretiens sociaux pour la confidentialité. « On a prévu une jauge de 25 personnes pour que cela reste confortable, mais on s’adaptera aux besoins », annonce Lauriane Staphorst, directrice de l’innovation sociale et de la coopération.

    Une équipe de six agents visiblement très motivée est chargée d’animer l’ADJ de 9h à 16h30 du lundi au vendredi. « Des postes ouverts et pilotés par la fonction publique ? J’ai immédiatement postulé », confie un travailleur social venu du secteur associatif. Les personnes en grande précarité trouveront une aide à leurs démarches administratives. « Quand une personne sur deux à la rue ne dispose d’aucune ressource, le fil rouge des politiques sociales de la Ville, c’est l’accès aux droits », rappelle Audrey Garino, adjointe au maire déléguée à la Solidarité.

    La dernière Nuit de la solidarité avait encore renforcé le constat d’une carence nationale : au-delà des places défaillantes dédiées à l’hébergement d’urgence, les grandes villes et leur hypercentre manquent de lieux de répit. Une demande forte des personnes sans domicile à laquelle la Ville de Marseille a souhaité répondre en investissant 300 000 euros dans l’ouverture de ce centre pour « la mise aux normes d’hygiène et de sécurité et accueillir ce public dans un lieu propice à l’amélioration de leur condition de vie », explique l’élue communiste.

    « Il fallait avancer »

    L’État qui avait un peu fait dégringoler le nombre de places d’hébergement d’urgence restructure sa lutte contre le sans-abrisme. Les services de la préfecture ont lancé ce vendredi 20 février un appel à marché public dédié aux nuitées hôtelières. L’objectif est de mobiliser un parc de chambres d’hôtel sur l’ensemble de la région Paca pour assurer la mise à l’abri des personnes sans domicile, tout en offrant des garanties sécurisées aux professionnels. Une solution pourtant décriée par les associatifs qui déplorent un système exploité par des hôteliers peu scrupuleux.

    Marseille fait le choix d’accueillir et de bien accueillir. Déjà onze équipements dédiés au public sans-abri, dont les bains douches municipaux et la nouvelle UHU, ont été ouverts depuis le début du mandat. C’est le premier en gestion municipale. Une politique volontariste « qui n’en est qu’à ses débuts, précise Audrey Garino. L’errance appelle des réponses, le défaut de prise en charge dans la journée en est un. Mais le temps des services publics étant plus long que celui des associations. Il fallait avancer ».

    Entre la Porte d’Aix et la gare Saint-Charles, un nouveau projet social cofinancé avec l’État prend forme sur l’îlot Coco Velten, racheté par Marseille Habitat, le bailleur social de la Ville. D’ici quelques mois, 14 logements sociaux, 80 logements d’hébergement et d’insertion, un accueil de jour dédié aux femmes et une cantine solidaire y ouvriront leurs portes.

  • Le quartier ultra sécurisé de Luynes est sur les rails

    Le quartier ultra sécurisé de Luynes est sur les rails

    Annoncée par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, dans le cadre de la loi de juin 2025 « visant à sortir la France du piège du narcotrafic », la création du Quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO), au sein de la maison d’arrêt de Luynes 2, va entrer dans l’opérationnel à partir de mi-avril pour une ouverture programmée au troisième trimestre 2026.

    La consultation des entreprises est lancée depuis lundi et se poursuivra jusqu’à la mi-mars, pour aménager le 3e QLCO de France après celui de Vendin-le Vieil (Pas-de-Calais) avec 100 places ouvert en juillet et celui de Condé-sur-Sarthe (Orne) avec 40 places ouvert en octobre. à terme, c’est un maillage national de six quartiers ultra sécurisés qui est prévu avec Valence (Drôme), Réau (Seine et Marne) et Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane).

    La durée prévisionnelle du marché est estimée à 14 semaines, dont 4 semaines de préparation. Les travaux, de plusieurs millions d’euros, programmés d’avril à août, visent à adapter le bâti existant, le centre national d’évaluation qui est déplacé, la maison d’arrêt n°2, les parloirs, l’unité de consultation et de soins ambulatoires (UCSA), ainsi que les espaces extérieurs à des conditions de détention complètement étanches.

    Le QLCO de Luynes 2 comptera 30 places d’encellulement individuel, en régime de quasi-isolement sensoriel. Le bâtiment dédié comprendra 15 cellules au rez-de-chaussée et 15 au premier étage, ainsi que 2 en quartier disciplinaire. Il s’agit de déplacer 170 détenus en détention classique pour adapter le bâtiment en transformant les cellules existantes en « 30 cellules durcies » pour y recevoir « un public plus violent », à savoir des figures du narcobanditisme, des chefs de réseau qui ne devront jamais pouvoir communiquer entre eux, ni avec l’extérieur, hormis le parloir avocat, derrière un hygiaphone.

    Les entreprises candidates sont prévenues que « le dossier est suivi par notre administration centrale et par le cabinet du garde des Sceaux », avec une exigence de respect du planning. Les travaux, qui se dérouleront en site occupé, visent à créer un bâtiment totalement étanche, dont l’accès est équipé d’un portique à ondes millimétriques (scanner corporel) et d’un portique de détection classique. Même le chantier doit être étanche. Les oliviers des deux cours de promenade seront retirés et transplantés ailleurs dans l’établissement afin de dégager l’espace pour la surveillance. Des dalles de béton seront coulées dans ses cours. Filins anti-drones, grilles et bardages de protection doivent empêcher tout contact visuel et toute projection depuis l’extérieur.

    Il faudra aussi desceller les fenêtres existantes et les remplacer par des fenêtres à double grillage avec vitrage anti-effraction. Des portes à crémaillère de 90 kg, indégondables, seront posées, équipées d’un œilleton sécurisé et d’une trappe « passe-menotte ». Pour la sécurité des surveillants, un système permet de moduler l’ouverture et la fermeture de la porte suivant quatre crans « pour repousser le détenu en cellule ». Le mobilier est fixé (lit métallique, tablette, tabouret, étagère) et indémontable. Les vis sont inviolables et indéboulonnables.

    Ces quartiers d’exception sont qualifiés de « tombeaux » par l’Observatoire international des prisons. La vingtaine d’agents pénitentiaires aguerris choisis pour y exercer exigent une anonymisation renforcée vis-à-vis des détenus pour empêcher toute pression extérieure. Avant d’ouvrir, le QLCO de Luynes subira une phase de « marche à blanc », sans détenus, pour tester les dispositifs sécuritaires, notamment de brouillage d’ondes, dans cette cocotte-minute carcérale.

    L’ambiance pénitentiaire à Aix-Luynes reste marquée, en ce début d’année, par la grave agression de trois surveillants commise le 9 janvier par un détenu de 23 ans, avec un ciseau.

  • Pour la CGT, en congrès, l’alimentation est « un bien public »

    Pour la CGT, en congrès, l’alimentation est « un bien public »

    Depuis ce lundi, environ 400 cégétistes de l’agroalimentaire de toute la France se réunissent dans les Bouches-du-Rhône pour participer au 13e congrès de la Fédération nationale agroalimentaire et forestière (Fnaf) de la CGT. Après s’être rassemblés ce mardi dans une salle de Roquevaire, c’est dans l’usine de thé Scop-TI, symbole d’une victoire des mobilisations syndicales et ouvrières, qu’ils se retrouvent, ce mercredi. à l’ordre du jour pour cette 3e journée : « défense de notre potentiel national, luttes et perceptives ».

    Ce congrès se tient alors que le Salon international de l’agriculture (SIA) vient tout juste d’ouvrir ses portes à Paris et que les négociations entre la grande distribution et les entreprises de l’agroalimentaire se poursuivent. Des discussions plus tendues que jamais, chacun accusant l’autre de défendre ses intérêts.

    Nationaliser les groupes alimentaires

    Encadrées par la loi Galland de 1996, ces négociations ont lieu tous les ans à partir du 1er décembre, et jusqu’au 1er mars. Alors que la grande distribution réclame une baisse des prix, pour s’aligner avec l’inflation plus basse, de l’autre, le secteur de l’agroalimentaire dénonce une baisse qui menacerait les emplois.

    Ces négociations patronales seront bien évidemment évoquées lors de cette semaine de congrès pour définir les directions du syndicat, mais pour Julien Huck, secrétaire général de la Fnaf CGT, l’enjeu principal sera plutôt de « réfléchir quelle société nous voulons défendre ».

    Dans un communiqué, daté du 31 décembre 2025, la Fnaf CGT dénonce ainsi la recherche de rentabilité financière à court terme de ces entreprises qui entraîne licenciements, restructurations et fermetures. Le syndicat exige donc, dans son communiqué : « L’alimentation, élément vital, doit être déclarée bien public et, à ce titre, les groupes alimentaires doivent être nationalisés démocratiquement et les revendications des salariés satisfaites. »