Author: tecnavia

  • [Entretien] Joël Bonnafoux : « Les JO sont une opportunité, mais il ne faut pas faire n’importe quoi »

    [Entretien] Joël Bonnafoux : « Les JO sont une opportunité, mais il ne faut pas faire n’importe quoi »

    La Marseillaise : Vous avez été réélu pour la quatrième fois. Qu’avez-vous mis en place pour gagner cette confiance sur le long terme ?

    Joël Bonnafoux : Ça fait deux élections où je n’ai pas d’adversaire. Je suis élu à La Bâtie depuis 1983 ; j’ai d’abord été conseiller, puis adjoint, puis maire. Et ça fait trois mandats que je suis maire, j’attaque le quatrième. On a eu 55% de participation avec une seule liste. Il y a des endroits où, même avec plusieurs listes, ils n’ont pas 50%. On est satisfaits. En sachant que moi, sur La Bâtie, quand j’ai été élu la première fois, on était 800 habitants. À l’heure actuelle, on est 2 900. Pour ce qui est du cadre de vie de nos concitoyens depuis que je suis en place, j’ai obtenu qu’il y ait un collège à La Bâtie et l’agrandissement des écoles. On a fait aussi plusieurs équipements sportifs, la crèche, le centre de loisirs, la médiathèque et, dernièrement, la maison médicale avec la communauté de communes, dont je suis président aussi. Pour ce nouveau mandat, on réfléchit à repenser la mairie, où on est un peu à l’étroit maintenant. On va refaire le stade aussi, parce qu’on a un stade en stabilisé, en gravier ; on va en faire un en synthétique et refaire les deux courts de tennis qu’on avait supprimés aussi. Après, on va être sur la végétalisation dans le village ancien pour respirer un peu plus, végétaliser des places de parking dans le village et faire plus d’espaces verts.

    Plusieurs de vos pairs au département ont exprimé des inquiétudes quant à l’avancement des travaux liés aux JO à venir. Les partagez-vous ?

    J. B. : Du côté du département, il y a un axe majeur : c’est le rond-point qui va être aménagé à Montgardin. On est à la fois sur une nationale et une départementale. Mais c’est le département qui a la maîtrise d’œuvre, pas l’État. C’est un projet qui va être réalisé dans les deux ou trois ans. Pour ceux gérés par l’État, je vois que les mois avancent et qu’on n’a pas trop de décisions qui sont prises. Nous, le département, on agit quand c’est dans nos compétences, mais après, on se doit de tirer un peu l’oreille de l’État sur certains retards. Je pense à l’intervention de Michel Cannat, à la dernière séance du conseil, à propos du pont de Savines-le-Lac, qui ne supporte pas un certain tonnage, ce qui pose quand même problème en vue des chantiers à venir.

    Ces Jeux représentent un bel événement, mais ils suscitent aussi une certaine appréhension chez les élus chargés de les organiser ?

    J. B. : Je pense que les JO, c’est une opportunité, mais il ne faut pas faire n’importe quoi non plus. En sachant qu’il y a quand même bagarre avec les Alpes du Nord. On a obtenu quelque chose dans le Sud pour une fois, et les Alpes du Nord auraient bien voulu tout récupérer. Je ne sais pas du tout où on en est à l’heure actuelle au sujet de certaines décisions, ce qui va être fait par rapport à la patinoire à Nice. J’ai peur que tout soit remis en question et aille finalement sur Lyon. Et puis, à Nice, le changement de la municipalité ajoute de l’incertitude, sans compter les changements à venir à la Région aussi… Tout ça, c’est un peu inquiétant pour les prises de décision à venir, ça peut remettre des choses en question.

    Il y a aussi des craintes que les Jeux laissent d’importantes charges financières aux collectivités locales ?

    J. B. : Ça, il faut l’entendre aussi. Il ne faut pas qu’on fasse n’importe quoi non plus, c’est clair. Ce sont des financements d’État ; il y a une petite participation du Département, d’accord, mais il ne faut pas que ce soit le Département qui en subisse les conséquences, comme ça avait été le cas pour Grenoble après les Jeux de 1968. Après, quand ça amène des aménagements, comme à Montgardin, c’est bien aussi.

    Concernant les Jeux, vous faites partie des élus qui alertent sur le fait que, malgré la modernisation des voies ferrées, certaines communes ne bénéficieront pas du retour du train.

    J. B. : C’est difficile d’être entendu à ce niveau. Le train, on demandait simplement des arrêts, on ne demandait pas l’ouverture de la gare, qui est en piteux état. On voudrait l’acquérir, d’ailleurs, mais la SNCF ne souhaite pas vendre pour l’instant. Moi, j’ai les lycéens qui vont sur Embrun et qui prennent le train à Chorges le matin, donc je ne vois pas où est l’économie. C’est une compétence de la Région. Il y a six ans, on nous avait promis des trains pendulaires entre Embrun et Gap, mais il n’y a toujours rien. Il y a des promesses électorales… Mais celui qui a les données là-dessus, c’est le vice-président de Région chargé des transports.

    En tant qu’élu de longue date sur le territoire, comment avez-vous accueilli l’annonce de la candidature du président de Région, Renaud Muselier, aux élections sénatoriales ?

    J. B : J’ai trouvé cela regrettable, finalement. Parce que, pour moi, c’était quelqu’un de dialogue. Malgré le fait qu’on ne partageait pas toujours les mêmes opinions politiques, c’était quelqu’un qui était à l’écoute, abordable. Il y a le côté humain de la personne et ça, j’apprécie beaucoup. Je n’ai pas forcément les mêmes orientations politiques que lui, mais on pouvait passer outre et discuter.

  • [Entretien] Faf Larage : « Il suffit d’écouter le rap pour prendre la température d’une époque »

    [Entretien] Faf Larage : « Il suffit d’écouter le rap pour prendre la température d’une époque »

    La Marseillaise : Vous n’aviez jamais été en duo sur un titre avec Shurik’n avant 1997. C’est à la suite d’une remarque d’Imhotep (producteur d’IAM et de plusieurs classiques du rap marseillais) que vous vous lancez alors pour « La garde meurt mais ne se rend pas »…

    Faf Larage : Exactement. C’est l’équipe de son label Kif-kif production qui nous a sollicités pour qu’on fasse un maxi [format musical se situant entre le single et l’album, Ndlr] ensemble.

    C’était parti pour un morceau
    et ça a fini trois ans plus tard
    en album avec «
     La garde »…

    Faf Larage : Ça s’est construit au fil du temps. Quand cela a été un peu plus calme pour mon frère avec IAM et de mon côté, on a décidé de faire un album tous les deux pour se faire plaisir.

    Comment a surgi l’idée de cet album, qui est un exercice de style hip-hop où vous réunissez vos univers respectifs d’héroic fantasy et de samouraï ?

    Faf Larage : L’idée est venue assez rapidement. Dès le premier morceau qu’on a fait, on avait déjà cette réflexion en tête. Quand on voit le clip du titre La garde meurt mais ne se rend pas, c’est assez flagrant. De mon côté, ma référence était simple. Avant La garde, le premier maxi solo que j’avais fait chez Kif-Kif s’appelait Stormbringer. C’est une épée d’une saga d’héroïc fantasy [elle apparaît dans Le cycle d’Elric, écrite entre les années 1960 et 80 par l’écrivain anglais Michael Moorcock, Ndlr.]. J’avais déjà ces références très tôt donc, quand on part sur La garde, il y a déjà tout cet univers d’héroïc fantasy qui est présent.

    « La garde meurt mais ne se rend pas » sample un titre écrit par le compositeur italien de musique de films Pino Donaggio (issu du film réalisé en 1980 par Brian de Palma, « Pulsions »)…

    Faf Larage : Pour la petite histoire, cette instru, c’est mon frère qui l’a faite. Un son Shurik’n. On reste dans l’école. J’ai tout de suite validé.

    Dans votre album en commun, vous puisez aussi dans des boucles du trompettiste de jazz Donald Byrd pour « Old man » et celles du maestro soul Roy Ayers pour « Ça m’saoule ». À cette époque, le sample était roi, contrairement à aujourd’hui pour des raisons juridiques et économiques. Pour vous, est-ce que cela a participé à l’appauvrissement de la musicalité du rap ?

    Faf Larage : Bien sûr. C’est logique. Nous-mêmes, on a commencé à le vivre. À l’époque, quand les samples ont commencé à être payants, qu’il y a eu la chasse aux samples – et même si aujourd’hui, avec du recul, je trouve ça complètement normal car on leur prend une musique sans leur demander leur autorisation – on s’est retrouvés avec des producteurs comme Swizz Beatz qui sont arrivés avec les synthétiseurs cordes. Au début des années 2000, on a commencé à voir arriver tout le son Ruff ryders (label où était signé le Mc aboyeur DMX). On se rend alors compte que la musique commence à être plus pauvre qu’au moment des samples. Même pour de gros artistes comme les Jay-Z et autres, ça devient beaucoup plus pauvre en termes de musicalité. Après, on a trouvé notre truc ailleurs, en se situant plus dans l’énergie. Mais la musique en a quand même pris un coup.

    En 2000, dans « La garde », vos paroles comme votre musique donnent un côté cinématographique à l’album. Imhotep disait à « La Marseillaise » il y a plusieurs mois que « le rap a toujours été la bande originale de son époque ». À ce compte, qu’est-ce que le rap actuel dit de notre société selon vous ?

    Faf Larage : Imhotep a raison. Il suffit d’écouter le rap pour replonger dans une époque et en prendre la température. Pourquoi le rap est-il le reflet de ce qu’il se passe dans notre société et d’une certaine jeunesse ? Car c’est la bande originale de notre époque. Les anciens disent souvent que les morceaux d’aujourd’hui ne font que 2 minutes. Bien sûr, mais c’est parce qu’on vit dans un monde de clics. Tout va très vite. Tout ce qu’on fait ne doit pas durer. On n’est pas dans l’idée de prendre le temps. Les morceaux sont à cette image. Même dans les paroles, on n’a plus le temps de s’installer dans un thème. Aujourd’hui, il y a 10 thèmes dans un couplet, encore à l’image de ce qu’il se passe aujourd’hui : dans les infos, le fait de scroller sur les téléphones. Les gens ne s’attardent plus sur un sujet.

    Sur « J’ai pas envie », vous rappiez : « T’as pas envie que des puissants ou des fanatiques déterminent sur des cartes ce qui t’appartient ou pas. » Le rap, c’est la BO d’une époque mais ça peut aussi résonner drôlement à nos oreilles aujourd’hui…

    Faf Larage : Tout à fait. Et malheureusement.

    Dans « Je me dois de représenter », vous attaquiez le morceau en disant : « On va conjurer le sort qu’ils nous réservent (…) on veut entendre si des gens d’en bas réussissent. » 25 ans après, vous vous dites que la mission est réussie ou cela vous laisse plutôt un goût amer en bouche ?

    Faf Larage : Je suis mitigé. Évidemment qu’il y a aujourd’hui des gens qui viennent d’en bas et qui réussissent. Mais on a pris vraiment un modèle américain avec tout le côté de rêve, de se dire qu’on peut partir de quartiers et devenir millionnaires. Et en même temps, il y a toujours ce côté très américain dans le sens où il y a cette possibilité mais ça reste un rêve. C’est le loto. Tout le monde peut jouer et gagner, mais quand on regarde de plus près, on se rend compte que la majorité de ceux qui réussissent ont plus de chances que d’autres et sont avantagés dès le départ. On reste dans une société qui maintient les gens d’en bas toujours en bas. Il y a un plafond de verre. Tu peux grimper, mais uniquement jusqu’à un certain stade. Je parle en termes de masse. On peut s’élever jusqu’à un certain stade, puis c’est fini. Après, ça concerne l’élite et ce n’est plus pour nous.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem

    Rimes phocéennes au Fonky festival de Mars

    Comme le rappelait DJ Djel, son chef d’orchestre, au moment du lancement du Fonky festival de Mars il y a trois ans, l’idée est de « promouvoir les artistes de la ville et des alentours pour leur donner l’occasion de défendre leurs projets sur scène, sachant qu’aucun festival de rap mettant en avant les talents marseillais n’existait ». Un juste combat qui en est désormais à sa 3e édition et se tient vendredi 24 et samedi 25 avril, à la Friche Belle de Mai. Parrainée par Soprano, une mouture où sont annoncés des artistes et groupes comme Missan, Carpe Diem, Dilome, Sako, Kyzi, L’Amir’al, Berreta, Maze, Derk16, Sirrine LV, Zbig, Zicler, Toadzzy, Fokca, Benefils, Dj Rebel, Idazerrr, Creestal, Kayla et L’Ami Caccio.

    Programme et billets sur lafriche.org et shotgun.live/fr/festivals/fonky-festival-de-mars-3

  • À Avignon, Marie-Anne Bertrand conteste toute diffamation

    À Avignon, Marie-Anne Bertrand conteste toute diffamation

    « Ma démarche s’inscrit strictement dans le cadre légal et dans l’exercice normal de mon mandat », écrit dans un communiqué ce mercredi 22 avril Marie-Anne Bertrand, élue d’opposition d’Avignon (L’Après), en réponse à l’annonce d’une plainte de l’adjoint à la propreté Michel Adam à son égard en plein conseil municipal ce lundi 20 avril (notre édition de ce mercredi 22 avril). Ceci fait suite à une question à propos d’une lettre ouverte d’agents municipaux de la propreté qui verraient d’un mauvais œil la présence de celui qui était jusqu’en 2024 directeur du service propreté dans l’équipe municipale.

    À l’issue de la lecture du contenu de la lettre, suivie d’une demande d’éclaircissement de la situation, Marie-Anne Bertrand demandait alors aussi de confirmer que « Michel Adam, qui a rédigé le marché public et qui a contrôlé et traité avec la société ELITE, prestataire de la ville depuis plusieurs années, n’est intervenu à aucun moment et à quelque titre que ce soit dans la gestion de la société ELITE durant son activité au sein du service de la propreté urbaine de la ville d’Avignon, mais aussi après avoir quitté la collectivité entre avril 2024 et mars 2026 ».

    Olivier Galzi a fustigé la lecture de ces propos, d’après lui, « diffamatoires, haineux et mensongers qui ont été tenus sur internet sur un réseau social » et qu’« en les lisant, vous les faites vôtres. Vous transformez une injure en un propos public de la part d’une élue de la République », sans répondre à la question initiale. Contactée par La Marseillaise sur la suite des éventuelles poursuites en justice et sur une éventuelle réaction à la situation, la municipalité n’a pas répondu dans les délais de rédaction de cet article.

    « Une tentative d’intimidation »

    Marie-Anne Bertrand se défend dans son communiqué en citant « l’article L.2121-13 du Code général des collectivités territoriales (CGCT) : tout membre du conseil municipal a le droit d’être informé des affaires de la commune. De même, l’article L.2121-19 du CGCT garantit aux conseillers municipaux le droit d’exposer en séance des questions orales relatives aux affaires de la commune ». Elle estime avoir fait l’objet de « propos que je considère comme menaçants et de nature à porter atteinte à ma dignité d’élue, incluant l’évocation de poursuites judiciaires à mon encontre ». Elle annonce solliciter la protection fonctionnelle si la plainte est bien déposée.

    Son parti exprime également son soutien « devant ce qu’on peut appeler une tentative d’intimidation de son élue ». « L’Après 84 tient à faire savoir que Marie-Anne n’a fait que remplir sa mission d’élue en posant une question sur un sujet que Monsieur le maire a soulevé tout au long de sa campagne, et en se faisant la porte-parole du personnel », est-il ensuite ajouté. Tandis que Marie-Anne Bertrand se « réserve la possibilité de saisir les autorités compétentes afin de faire toute la lumière sur les éléments évoqués, dans le respect du droit et des procédures en vigueur ».

  • À Toulon, mobilisation générale de la CGT contre la militarisation des esprits

    À Toulon, mobilisation générale de la CGT contre la militarisation des esprits

    À quelques centaines de mètres seulement du salon feutré du Palais des Sports, où l’on vend à la jeunesse une fiction fondée sur l’idée d’une guerre propre et des métiers qui s’y rattachent (lire ci-dessous), la CGT proposait, jeudi matin sur la place d’Armes, une solide grille de lecture pour décrypter la réalité.

    Et, pour commencer, mettait en lumière la militarisation des esprits, qui touche toutes les couches de la société. En particulier les élèves et les personnes privées d’emploi : aux premiers, on présente un avenir soi-disant porteur de sens (lequel ?) ; aux secondes, une alternative présentée comme presque incontournable. Des cibles parfaitement assumées par les pouvoirs publics.

    En témoigne la conférence programmée au mois de mars dans un collège de Saint-Maximin, destinée aux élèves de 3e dans le cadre des « classes défense » et animée par David Harari, ingénieur franco-israélien surnommé « le père des drones ». Un choix explosif dans le contexte géopolitique actuel, souligne Richard Roméo-Giberti, secrétaire général de l’Union départementale de la CGT du Var. Il rappelle que « les drones militaires sont au cœur de conflits, notamment à Gaza, où des dizaines de milliers de civils – dont plus de 21 000 enfants – ont été tués depuis le 7 octobre 2023 ». Un problème qui ne semble pas avoir préoccupé l’Académie qui, alertée, a décidé de maintenir la séance.

    Elodie Hernandez, de la CGT Educ’action, a insisté sur le fait que « les élèves de 14 ans ne disposent pas des outils critiques nécessaires pour appréhender le droit international, les frappes à distance, l’automatisation des décisions létales, la responsabilité juridique et les enjeux géopolitiques ». Et que « la mission de l’École est de former des citoyens éclairés, pas d’exposer des adolescents à des discours susceptibles de banaliser des outils de guerre ».

    Le combat pour la paix

    Pour Gérard Ré, membre du bureau confédéral de la CGT, « le contexte est inquiétant, avec les rapports qui soulignent qu’en 2024, 230 000 personnes sont mortes dans le monde par la guerre et qu’une personne sur dix est touchée par des conflits de toute nature ». En parallèle, on est face à « un état de conflictualisation généralisée du monde qui fait l’intérêt des entreprises de l’armement ». Il rappelle qu’« en 5 ans, les profits ont augmenté pour elles de 285% ».

    Un cynisme assumé, selon le responsable syndical, à travers des opportunités d’exportation encouragées par le pouvoir politique français, alors que des vies humaines sont en jeu.

    L’occasion de rappeler que « le 1er-Mai est aussi une journée de lutte pour la paix et la solidarité internationale des travailleurs. ça prend tout son sens dans le contexte actuel. Ce n’est pas pour rien qu’il est attaqué par le gouvernement et par l’extrême droite ».

    Le responsable confédéral rappelle que la CGT a toujours mené cette bataille « parce qu’il ne peut pas y avoir de progrès social s’il n’y a pas de paix ». Puisque les augmentations des budgets de l’armée se font au détriment de ceux, par exemple, de l’éducation et des hôpitaux.

    à ses côtés, Patrice Kantarjian, secrétaire du comité régional CGT Paca, précise : « Pour autant, on n’est pas contre la défense, mais une défense souveraine, avec des entreprises qui reviennent dans le giron de l’État, qui échappent à la spéculation guerrière, parce qu’aujourd’hui, ce ne sont que des entreprises privées qui se font du fric sur la mort des gens. » Il poursuit : « Qu’un pays soit souverain et assure sa défense, ça nous semble logique. Sauf qu’aujourd’hui, on vient expliquer à nos enfants, aux élèves de la région, qu’ils ont des opportunités professionnelles en s’engageant, y compris militairement, pour aller risquer leur vie sur des champs de bataille à l’étranger. » Pas vraiment l’avenir que l’on souhaite pour la jeunesse, insiste-t-il, alors qu’« elle a besoin d’un avenir de fraternité et de coopération ».

    « De la naissance à la mort, ils ont un projet, nous aussi, et vous vous doutez que c’est pas le même », scande à la tribune Richard Roméo-Giberti, qui rappelle les 413 milliards d’euros de la Loi de programmation militaire et les 800 milliards du plan européen pour réarmer l’UE. « Un milliard en billet de 100 euros, c’est une pile de 1 km. Ils ont le trajet Cherbourg-Toulon en billet de 100 euros à se partager. » Une manne qui, souligne-t-il, n’est évidemment pas destinée à être réduite par celles et ceux qui en bénéficient, pas plus qu’elle ne sera redirigée vers le progrès social.

  • À Toulon, 48h pour cultiver une ville plus durable

    À Toulon, 48h pour cultiver une ville plus durable

    Rendre les villes plus vertes, un effort auquel chacun peut participer, des collectivités aux habitants en passant par les associations et les commerçants : c’est l’objectif des 48h de l’agriculture urbaine, qui font étape à Toulon et dans cinq communes du département (La Valette-du-Var, Six-Fours-les-Plages, La Farlède, Le Val, Le Castellet) de vendredi à dimanche.

    Festival organisé depuis 2016 par l’Association française d’agriculture urbaine professionnelle (AFAUP), il se veut « l’événement vitrine de l’agriculture urbaine en France et en Europe ». Il défend trois objectifs : promouvoir l’agriculture urbaine et sa diversité auprès du grand public, encourager la création d’espaces cultivés en milieu urbain, et créer du lien social et favoriser les rencontres pour faire émerger de nouvelles initiatives. L’an dernier, 35 villes françaises y ont participé, avec plus de 1 000 activités participatives gratuites (ateliers, visites, projections-débats, conférences et tables rondes, banquets populaires, concerts…) pour débutants et passionnés.

    Marché des producteurs, atelier séchoir solaire…

    À Toulon, c’est au Collectif varois pour l’agriculture urbaine (CVAU) que l’on doit l’organisation de l’événement, avec un programme qui fait la part belle aux acteurs locaux du domaine. Les réjouissances débuteront vendredi, avec un premier atelier, place Vincent Raspail, qui consistera à fabriquer des jardinières à partir de palettes récupérées auprès des halles de Toulon. Celles-ci seront ensuite remplies à partir de compost, puis disposées sur les terrasses des halles. Une activité préliminaire à la soirée d’ouverture qui se tiendra dès 18h30 au Domaine d’Orves, à La Valette-du-Var, et sera le théâtre d’une conférence dédiée aux jardins nourriciers.

    Les animations se poursuivront samedi et dimanche. Des dizaines de producteurs locaux proposeront un marché de saison samedi, dès 8h, rue Paul Lendrin. Vous pourrez aussi découvrir l’agroécologie au jardin du Chemin ver.s.t, au Castellet, vous essayer à la fabrication d’un séchoir solaire au domaine de la Pierre Blanche, dans la même commune, ou pour les débutants, apprendre les bases du jardinage au jardin partagé de la Florane, à Toulon.

    Programme complet à retrouver sur les48h.com

  • Bernard Thoron, défenseur du bon sens paysan

    Bernard Thoron, défenseur du bon sens paysan

    Clope à la main, béret vissé sur la tête, Bernard Thoron gratte Glue entre les cornes. « Je l’ai appelée comme ça parce que c’est un pot de colle », plaisante-t-il. Sa chèvre du Rove ne lui laisse aucun répit. Une seconde d’inattention et elle frotte sa tête à sa cuisse, soucieuse de ne pas se faire oublier. Dans son troupeau d’une centaine de bêtes, toutes portent un nom. « Il y a une dizaine de familles, explique-t-il. Il y a la lignée des politiques : la fille de Ségolène s’appellera Royal. Il y a les fleurs, les expressions provençales… » Des sobriquets légers, pour un métier qu’il prend très au sérieux.

    Et pour cause : le monde paysan lui colle à la peau depuis tout gamin. « Mes grands-parents avaient une ferme dans la Drôme, raconte-t-il. C’était trop beau, c’était la vie. Et puis j’ai fait pédiatre, parce que ça aussi c’est la vie. » C’est en 2018, alors que la retraite approche, que Bernard Thoron revient à ses premières amours. « Je suis passé éleveur caprin en pro, et je continuais les consultations à mi-temps à côté, détaille-t-il. Je m’y suis totalement consacré en 2021. »

    Produire, transformer

    et vendre localement

    Sur son terrain à Saint-Julien, le Martégal fait quelques travaux. Il construit une étable, pour nourrir et traire ses chèvres, et une « brousserie », pour transformer le lait en fromage. Sa maison devient la fermette de la Croix d’Estrine. « On a un hectare sur lequel on essaye de tirer quelques choses en maraîchage biologique intensif », résume-t-il. Sa devise : « Produire, transformer et vendre localement. »

    De ses poules, ses chèvres et son potager, il obtient yaourts, crèmes aux œufs, viande de chevreau, terrines et rillettes de cabri, confitures, gelées ou encore marmelades. « On valorise tout. Tout le monde devrait faire ça, ce serait une belle évolution de l’agriculture », affirme-t-il.

    « On », c’est lui, son berger Alexis et son deuxième employé Almonzer. « Les petites exploitations nécessitent beaucoup de main-d’œuvre, confie Bernard Thoron. Malheureusement, la PAC (politique agricole commune) distribue principalement les aides à l’hectare et pas au nombre de travailleurs, ce qui est un problème. » Par chance, le Martégal peut compter sur sa retraite, ce qui lui laisse la liberté de se payer seulement lorsqu’il est à l’équilibre.

    Des gardiens

    de l’environnement

    L’éleveur honnit « l’évolution voulue par ceux qui pensent la souveraineté alimentaire », qu’il considère « déconnectée des réalités du terrain ». « Il va falloir changer cette co-gestion avec la FNSEA, qui sont des financiers. On arrive à une impasse », prévient-il.

    Lui plaide pour une agriculture raisonnée, à taille humaine, locale. Son rêve ? Installer une « ceinture périurbaine de micro-fermes avec du maraîchage » à Martigues, mettre en place un circuit court municipal pour alimenter les crèches, les écoles et les foyers seniors en produits du coin, mais aussi « créer un magasin des producteurs » pour valoriser ces pratiques, vertueuses à bien des égards.

    En ce qui concerne l’élevage des chèvres du Rove, qui partent quotidiennement brouter dans la colline, le « pastoralisme entretient et ouvre les espaces naturels », certifie Bernard Thoron. En d’autres termes, il permet de répondre aux obligations légales de débroussaillement.

    « Le problème, c’est que l’Office national des forêts pense que les caprins sont néfastes à la régénération de la forêt méditerranéenne », poursuit-il. Les chèvres sont par principe interdites dans les forêts soumises au régime forestier. Pourtant, selon l’éleveur, « c’est l’inverse : ça évite d’avoir des repousses de pins tellement serrés qu’ils en deviennent des allumettes ». « La Rove fait un parcours, elle ne reste pas au même endroit, donc elle éclaircit et paysage naturellement. Le pastoralisme est un respect de la ressource, car on en a besoin pour
    nos bêtes
     ! »

    À l’avenir, Bernard Thoron continuera de militer pour faire entendre « le bon sens paysan ». Mais il ne s’inquiète pas : « On a une clientèle de plus en plus intéressée, et beaucoup de producteurs veulent s’y mettre. »

  • Les 72 heures de l’écologie de retour pour la 3e édition

    Les 72 heures de l’écologie de retour pour la 3e édition

    Pas moins de dix lieux totems accueilleront les 72 heures de l’écologie à Aubagne et à Marseille, un événement porté par La Cité des Transitions.

    Cette nouvelle édition rassemble de nombreuses associations, avec la participation des villes de Marseille et d’Aubagne, ainsi que d’acteurs de la Métropole Aix-Marseille‑Provence. L’accès est gratuit et ouvert au grand public.

    L’événement se veut engagé

    « C’est un événement important parce que la filière de tous nos acteurs est particulièrement dynamique et c’est l’occasion d’aller à leur rencontre et de connaître leurs actions », explique Marianne Morini, responsable de la Cité des transitions. L’événement permet également de faire redécouvrir des lieux parfois oubliés des Marseillais, comme le stade nautique Florence-Arthaud, ancienne marina olympique habituellement fermée au public.

    Marianne Morini annonce : « C’est aussi l’occasion de faire changer un peu les regards, parce qu’on fait souvent croire que l’écologie et la solidarité sont des façons un peu austères d’aborder le changement qui est nécessaire, et là on montre que c’est tout l’inverse. »

    Ce rendez-vous annuel est proposé par des organisations engagées avec des associations locales, des structures de l’ESS (l’économie sociale et solidaire), des collectifs et des institutions. Des noms comme les Shifters, Enercoop Paca et Banlieue Santé.

    « Notre association est un réseau d’acteurs engagés dans les transitions écologiques et sociales. Ces mêmes acteurs qui organisent les 72 heures de l’écologie », explique-t-elle.

    Une nouveauté permet aussi d’augmenter l’ampleur de l’événement. En effet, la Cité des transitions s’est associée avec le Jour de la Terre, le 22 avril, qui est aussi une journée primordiale pour les acteurs engagés dans l’écologie, notamment à Marseille. « Entre la thématique et les lieux, c’est obligé de trouver un intérêt, en plus c’est gratuit », insiste Marianne Morini.

    Les 72 heures de l’écologie
    à Marseille et Aubagne,
    du vendredi 24 au dimanche 26
     avril. Programme
    sur citedestransitions.org

  • Finances de la Métropole et Smart City au menu des débats

    Finances de la Métropole et Smart City au menu des débats

    Ce jeudi, Sandrine Zunino, élue aux finances, a présenté un bilan financier 2025 qui « démontre que les efforts fournis dès le début de mandat produisent leurs effets ». Pour 2026, le budget présenté, qui s’élève à 84,646 millions d’euros, a été « construit dans un contexte difficile, une habitude pour nous depuis 2020 (…). Nous avons tenu grâce à une gestion rigoureuse », concluait, en fin de conseil, le maire Hervé Granier. Pas d’augmentation d’impôts non plus, et des « efforts nécessaires » pour « amortir l’inflation ». Sur le budget primitif 2026 du budget principal, « il s’équilibre à 35,875 millions d’euros en section d’investissement et à 48,770 millions d’euros en section de fonctionnement ». De quoi faire réagir, notamment à gauche au sein du groupe mené par Jean-Marc La Piana.

    Les inquiétudes ont notamment porté sur les aides attribuées par la Métropole, en déficit de 123 millions d’euros, et sur la menace de plusieurs maires de ne pas voter le prochain budget (nos éditions des 21 et 22 avril). « ça pourrait avoir des conséquences lourdes pour notre commune. Le Département prévoit aussi de réduire d’un tiers son aide aux communes, ce qui aura un impact sur nos capacités d’investissement. Quels seront les impacts concrets sur les projets d’investissement de notre ville ? », interroge Jimmy Bessaih (DVG). « Nous n’avons pas de dispositif de subvention d’investissement de la Métropole, à part le fond concours, qui permet de prolonger les délais et permettait de disposer de subvention d’investissement pour les projets des communes. Il y a une prolongation de dates pour que l’on puisse finaliser et justifier nos opérations, veut rassurer Sandrine Zunino. Pour le Département, les dossiers sont de plus en plus exigeants (…). Jusqu’à présent, on n’a pas été impactés sur nos dossiers. »

    Un autre sujet épineux s’est invité dans les débats : celui de la Smart City. Lancé en 2021, le projet évalué à près de 40 millions d’euros a été abandonné fin 2022. La résiliation du marché a donné lieu à des contentieux. « Les provisions pour risques sont établies à 143 000 euros. On persiste à penser qu’avec les recours contentieux autour de la Ville, notamment celui de la Smart City, cela nous semble assez bas », estime Marion Robert (DVG).

    Provisions

    « Je retourne la question : à combien la fixez-vous ?, lance Arnaud Mazille, troisième adjoint. En ne se fondant pas sur les demandes folkloriques, faramineuses et infondées qui ont bonne voix dans la presse, mais ne sont en rien justifiées et dépassent le montant initial du marché ? » « Il aurait fallu provisionner au moins un quart du budget. L’entreprise demande 40 millions de dommages et intérêts, il est logique de mettre un quart de ces provisions en place. C’est ce que la Cour des comptes (CRC) demande », insiste Bruno Priouré (RN), document de la CRC brandi à l’appui. À noter que le montant spécifiquement provisionné pour ce contentieux s’élève à 10 000 euros. « Il existe beaucoup de voies de recours, mais il y en a une qu’on n’a pas encore invitée, c’est celle contre la bêtise, sinon, vous passeriez du temps dans les prétoires, rétorque Arnaud Mazille. La provision est évaluée au regard des éléments du dossier, que nous avons à jour, de risques qui sont regardés par les services et conseils de la ville. Déjà trois décisions ont été rendues dans l’intérêt de la commune. »

  • Le Premier ministre veut se tenir « aux côtés » de la Métropole

    Le Premier ministre veut se tenir « aux côtés » de la Métropole

    Deux jours après la décision des maires de la Métropole Aix-Marseille de ne pas voter le prochain budget de l’intercommunalité face aux coupes de l’État, le Premier ministre Sébastien Lecornu était attendu de pied ferme, à Marseille. Interrogé sur cette fronde des élus provençaux, le locataire de Matignon a reconnu en conférence de presse une copie « dure pour les intercommunalités ».

    « Il se trouve que la copie pour les collectivités locales du budget, c’est la copie de la majorité sénatoriale », justifiait-il, en précisant que « le choix politique qui a été fait par les sénateurs, c’est plutôt d’épargner les communes rurales, c’est de faire attention aux Départements ». Cela d’autant plus à proximité des élections sénatoriales, le 27 septembre prochain. Mais le Premier ministre regrette aussi les conséquences des orientations qu’il a fait passer par 49.3 pour des territoires confrontés au défi de la réindustrialisation. Alors il s’engage : « Il est certain que les intercommunalités devront faire l’objet d’une méthode complètement différente pour le budget de l’année prochaine, ou alors on viendrait abîmer des territoires où il y a des projets économiques. » Un engagement plus facile à prendre qu’à tenir, au vu de l’absence de majorité à l’Assemblée et des aléas qu’ont connu les précédents projets de loi de finances.

    Rien ne change pour l’instant

    Surtout, cette promesse ne change rien pour le budget qui sera présenté mardi prochain à l’hémicycle métropolitain. « Nous n’allons abandonner personne », avance Sébastien Lecornu. « Il ne faut pas empêcher le début du mandat à la Métropole, et donc, l’État va se tenir aux côtés des élus, mais avec un chemin de vérité sans démagogie, sans posture, sans promesses aussi qu’on ne peut pas tenir », poursuit le Premier ministre. Tandis que patronat comme maires lui demandaient de revenir sur les coupes budgétaires, il se défend : « Pour l’impôt, comme pour ces sommes d’argent qui sont importantes, il faut une loi de finances. » Et face au président de la Métropole, assis derrière les journalistes, le résident de Matignon assène que « les bons gestionnaires font des économies ». En invitant à piocher dans le fonds de roulement de la Métropole, sur lequel il veut « demander de la transparence » alors même que, du côté de l’intercommunalité, on glisse que l’État a reconnu une erreur d’analyse sur le sujet face à des réserves inexistantes.

    « Il soulève un point technique qui ne réglera pas le problème », balaie donc le président (LR) de la Métropole, Nicolas Isnard. Qui pour autant tente de voir le verre à moitié plein dans la réponse faite par l’État et veut y voir « un début de solution ». « Nous avançons, nous pouvons être satisfaits d’avoir un Premier ministre qui comprend les difficultés, partage l’édile salonais. Dans la prochaine loi de finances, il faudra reconnaître le traitement infligé aux intercommunalités parce que dans la situation d’aujourd’hui nous ne pouvons pas porter de projets. »

    « Mais dans l’immédiateté, les problèmes sont toujours sur la table », reconnaît aussi Nicolas Isnard, même s’il comprend que le Premier ministre « n’a pas de baguette magique ». Alors malgré les rencontres et l’attention portée par l’État sur la Métropole, il persiste et signe : l’hémicycle métropolitain ne votera aucun budget, ni aucun taux d’imposition cette année. « J’ai été élu président avec un mandat sacré, protéger les communes et les deux millions d’habitants de ce territoire, insiste-t-il. Si la seule solution qui nous est donnée est d’assommer les contribuables, on ne le fera pas, ce ne sera pas nous. Je protégerai jusqu’au bout mes contribuables et mes communes, on ne touchera pas les attributions de compensations [l’argent reversé par la Métropole aux communes en héritage de la taxe professionnelle, Ndlr.] ni la fiscalité sur les ménages. » Une responsabilité dont il laisse l’État se charger, face aux 123 millions d’euros qui manquent pour boucler le budget. « C’est celui qui est à l’origine de cette déflagration qui assumera les conséquences, on ne peut pas assumer les décisions qui ne sont pas les nôtres », proteste le maire de Salon-de-Provence en insistant sur les 120 millions de coupes budgétaires de l’État en deux ans.

    « Moi en l’état, je ne voterai pas un budget tel qu’il a été construit », abonde le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, qui rappelle qu’il ne l’avait pas non plus voté les années précédentes. Face à une Métropole « fiscalement injuste », il appelle de ses vœux un nouveau pacte financier et fiscal entre les communes. « On vit dans une ligne où on a deux lignes de métro alors qu’on fait deux fois et demi Paris et cinq fois Lyon, ce n’est pas parce qu’on l’a décidé, l’argent y est, mais il sert à faire autre chose », proteste-t-il. Au risque de laisser la chambre régionale des comptes faire table rase pour reconstruire par-dessus.

  • L’élite mondiale retrouve les eaux aixoises avec plaisir

    L’élite mondiale retrouve les eaux aixoises avec plaisir

    Après une étape en Italie, la Coupe du monde de nage avec palmes revient à Aix-en-Provence pour la troisième fois.

    « Les conditions sont excellentes. Le club est dynamique avec des bénévoles actifs et un site fonctionnel. Pour la Fédération et le Comité mondial, c’est primordial », justifie Antoine Fauveau, président de la commission nage avec palmes de la Fédération française d’études et de sports sous-marins (FFESSM).

    Le bassin de la piscine Yves Blanc va accueillir l’élite mondiale de la nage avec palmes, discipline spectaculaire, combinant puissance et technique et permettant aux athlètes d’atteindre des vitesses impressionnantes grâce à leurs palmes.

    Quatre types de compétition sont au programme des 500 nageurs qui ont effectué le déplacement. Monopalme, bipalme, nage en surface ou en immersion, en apnée ou avec bouteilles. « Les catégories débutent avec des épreuves de sprint, sur 50 mètres, jusqu’au demi-fond avec 1 500 mètres », détaille Antoine Fauveau.

    Les nageurs présents à Aix-en-Provence vont représenter 86 clubs et 20 pays. « Il y a des Colombiens, des Africains et une forte délégation de nations européennes », détaille le dirigeant national. Face à cette concurrence, « dans ce qui est une étape clé de la saison » poursuit-il, « les nageurs Français ont une carte intéressante à jouer ».

    Plusieurs locaux sont

    à suivre

    Cette manche de la Coupe du monde fait suite à celle de Lignano. En Italie, l’Aixois Anthelme Robisson a récolté deux médailles d’or lors de la première manche. Tandis que la Ciotadenne Camille Julien est revenue avec une médaille d’argent dans sa catégorie.

    Ces deux Provençaux auront donc à cœur de poursuivre leur belle série. Et d’autres locaux seront à surveiller. À l’image de la championne d’Europe du 100 mètres en immersion Maïwenn Hamon. L’Aixoise sera dans son bassin fétiche et tentera de transformer l’essai. Elle sera en quelque sorte la locomotive de ses coéquipiers, Kallisté Fourton-Bellini et Colas Zugmeyer. À suivre également, la prestation du Ciotaden Antonin Lebeau.

    « Les Français auront l’étiquette de favoris, car les meilleurs sont au rendez-vous d’Aix-en-Provence », note Antoine Fauveau. La délégation tricolore qui compte utiliser cette manche de la Coupe du monde pour lancer la course aux qualifications des championnats du monde, en Corée du Sud.

    « Nos Français auront une belle opposition, car les meilleurs Allemands et Colombiens sont là. Ce sont deux nations phares de la nage avec palmes », insiste Antoine Fauveau. « Il y a aussi d’importantes délégations italienne et espagnole qui peuvent aussi créer la surprise. »

    Pour Frédéric di Meglio, président de la FFESSM. « Accueillir cette compétition répond à notre volonté de mise en avant de notre fédération, de sa diversité et sa capacité de contribuer au rayonnement de la France en organisant des événements d’envergure. Cette troisième édition organisée à Aix-en-Provence témoigne de cette volonté d’asseoir notre influence mondiale. »

    « Avec l’aide de toute l’équipe organisatrice fidèle et de la FFESSM nous espérons que cette manche de Coupe du monde sera encore plus belle que les précédentes et servira les objectifs de nos nageurs vers les échéances internationales », confie Colomba Fourton-Bellini, président du PAN.