« Notre pain est frais, votre plan de sauvegarde de l’emploi est indigeste. » Voilà le message accroché aux grilles de l’usine Boulangerie viennoiserie française (BVF), à Tarascon, depuis vendredi dernier. En cause, l’annonce de la fermeture du site du Roubian par le groupe Invivo, propriétaire, à la fin septembre. Soit 54 travailleurs qui se retrouveraient ainsi privés d’emploi selon le syndicat FO de l’entreprise.
Le conflit social a donc éclaté. La grève a été enclenchée le vendredi 23 octobre et reprendra ce vendredi 30. « Après des décennies de travail et d’engagement, les salariés ont aujourd’hui le sentiment d’être abandonnés », indique le syndicat de l’usine, dans son communiqué. Ce sentiment est provoqué non seulement par l’annonce de fermeture, mais aussi par l’indemnité de licenciement supra-légale de 150 euros par année d’ancienneté, proposée par le groupe dans le cadre des négociations du PSE. FO considère ces propositions « profondément insuffisantes au regard de l’ancienneté des salariés, des difficultés de reclassement et des conséquences d’une perte d’emploi sur leur vie personnelle et familiale », affirme le syndicat, pointant le fait que « la majorité des salariés compte plus de quinze années d’ancienneté ».
la fermeture ? »
L’organisation demande au contraire la revalorisation « significative » des indemnités supra-légales, des mesures de reclassement « réellement adaptées aux situations individuelles », des « garanties concrètes pour les plus anciens », « des moyens renforcés pour la formation et la reconversion ».
Invivo a fait part à La Provence qu’« au-delà de la fermeture, c’est un projet de réorganisation industrielle (…) dans un marché du pain en mutation profonde, marqué par le recul de la consommation traditionnelle et une pression en augmentation de la part de la grande distribution et de la concurrence européenne » soit « près de 34 millions d’euros de perte sur les trois derniers exercices » de BVF.
Le syndicat pointe également le transfert de certaines productions dans d’autres usines du groupe Invivo, « notamment le site d’Aubignan » dans le Vaucluse, alors que « depuis près de quinze ans, FO dénonce le manque d’investissements structurants sur le site de Tarascon ». À cela, Invivo répond que « la réorganisation permet de réduire les coûts de production et de redevenir compétitifs ».
Sollicité à nouveau, Invivo ne nous a pas répondu avant la clôture de cette édition.

Leave a Reply