Après plus de 50 ans passés aux commandes de l’aéroport d’Avignon, la chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse (CCI 84) s’apprête à passer le manche au groupe Edeis. Ainsi en a décidé la Région, propriétaire du site depuis 2007. Dans le huis clos de sa commission permanente vendredi dernier, la collectivité a confié pour 10 ans sa délégation de service public (DSP) à Edeis à compter du 1er juin 2027.
Une issue loin d’être une surprise. À deux reprises en séance depuis un an, Renaud Muselier, alors président (Ren.) de la Région s’était agacé des difficultés internes de la CCI 84, placée deux fois sous tutelle en l’espace de six mois. « Il faut traiter les problèmes de gouvernance avant le problème de vision », martelait-il en avril, manifestant aussi sa volonté de se rapprocher d’Olivier Galzi. Si le maire (DVD) d’Avignon n’a aucun pouvoir décisionnaire quant au choix de la DSP, le contact avec le nouveau délégataire sera aisé, Olivier Galzi ayant été vice-président d’Edeis jusqu’à il y a un an et demi.
Spécialisé dans l’ingénierie et le développement d’infrastructures aux côtés des collectivités, Edeis gère déjà 22 aéroports dont ceux de Nîmes et Aix-en-Provence. Le groupe, qui devra reprendre les 32 salariés, aura la délicate mission de dégager du profit avec l’aéroport qui, sur un budget annuel de 4,5 millions d’euros, bénéficie de subvention d’équilibre de la Région pour combler le déficit (encore 1,2 million d’euros cette année). Et ce malgré un chiffre d’affaires en hausse de 16% en 2025, et 64 133 mouvements enregistrés l’an dernier (année record sur la DSP), tout type d’aviation confondus.
La délibération votée et ses quelque 370 pages d’annexes précisent l’intention d’Edeis pour parvenir à ses fins. Avec une note de 82,13/100, la commission de DSP de la Région a jugé l’offre de « bonne qualité » pour répondre notamment aux 3 orientations autour du développement de l’aviation d’affaires, du développement domanial [locations commerciales sur l’emprise de l’aéroport] et de préservation de l’environnement. Le futur gestionnaire mise sur son « partenariat avec ExecuJet, l’un des leaders mondiaux des services d’assistance en escale pour l’aviation d’affaires ».
Financièrement, la Région « assure qu’aucune compensation financière [de sa part] n’est prévue pour équilibrer le compte d’exploitation prévisionnel ». Elle espère même, sur la durée du contrat, percevoir 2,7 millions d’euros de redevances.
Edeis n’était pas seul à concourir. Une offre, proche du délégataire actuel, a été déposée par Sealar. Un consortium de CCI spécialisé dans la gestion d’aéroports – principalement en Bretagne et Normandie – mais dont le dossier a été considéré comme « irrégulier » par la Région, ne respectant pas « les conditions et caractéristiques minimales indiquées dans les documents de la consultation ». Contactée, la CCI 84 renvoie pour l’heure vers Sealar. Sollicité, Jean-Luc Chauvin, président de Sealar et de la CCI Aix-Marseille, n’a pas donné suite. La société nous a succinctement répondu ne pas avoir encore « été notifiée officiellement par la Région, nous n’avons donc pas de commentaire à faire ». Quant à Edeis, une première communication est attendue dans les prochains jours.

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