Tag: aéroport

  • Avec Edeis, l’aéroport de Vaucluse va connaître un nouveau pilote

    Avec Edeis, l’aéroport de Vaucluse va connaître un nouveau pilote

    Après plus de 50 ans passés aux commandes de l’aéroport d’Avignon, la chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse (CCI 84) s’apprête à passer le manche au groupe Edeis. Ainsi en a décidé la Région, propriétaire du site depuis 2007. Dans le huis clos de sa commission permanente vendredi dernier, la collectivité a confié pour 10 ans sa délégation de service public (DSP) à Edeis à compter du 1er juin 2027.

    Une issue loin d’être une surprise. À deux reprises en séance depuis un an, Renaud Muselier, alors président (Ren.) de la Région s’était agacé des difficultés internes de la CCI 84, placée deux fois sous tutelle en l’espace de six mois. « Il faut traiter les problèmes de gouvernance avant le problème de vision », martelait-il en avril, manifestant aussi sa volonté de se rapprocher d’Olivier Galzi. Si le maire (DVD) d’Avignon n’a aucun pouvoir décisionnaire quant au choix de la DSP, le contact avec le nouveau délégataire sera aisé, Olivier Galzi ayant été vice-président d’Edeis jusqu’à il y a un an et demi.

    Spécialisé dans l’ingénierie et le développement d’infrastructures aux côtés des collectivités, Edeis gère déjà 22 aéroports dont ceux de Nîmes et Aix-en-Provence. Le groupe, qui devra reprendre les 32 salariés, aura la délicate mission de dégager du profit avec l’aéroport qui, sur un budget annuel de 4,5 millions d’euros, bénéficie de subvention d’équilibre de la Région pour combler le déficit (encore 1,2 million d’euros cette année). Et ce malgré un chiffre d’affaires en hausse de 16% en 2025, et 64 133 mouvements enregistrés l’an dernier (année record sur la DSP), tout type d’aviation confondus.

    La délibération votée et ses quelque 370 pages d’annexes précisent l’intention d’Edeis pour parvenir à ses fins. Avec une note de 82,13/100, la commission de DSP de la Région a jugé l’offre de « bonne qualité » pour répondre notamment aux 3 orientations autour du développement de l’aviation d’affaires, du développement domanial [locations commerciales sur l’emprise de l’aéroport] et de préservation de l’environnement. Le futur gestionnaire mise sur son « partenariat avec ExecuJet, l’un des leaders mondiaux des services d’assistance en escale pour l’aviation d’affaires ».

    La Région ne veut plus combler le déficit

    Financièrement, la Région « assure qu’aucune compensation financière [de sa part] n’est prévue pour équilibrer le compte d’exploitation prévisionnel ». Elle espère même, sur la durée du contrat, percevoir 2,7 millions d’euros de redevances.

    Edeis n’était pas seul à concourir. Une offre, proche du délégataire actuel, a été déposée par Sealar. Un consortium de CCI spécialisé dans la gestion d’aéroports – principalement en Bretagne et Normandie – mais dont le dossier a été considéré comme « irrégulier » par la Région, ne respectant pas « les conditions et caractéristiques minimales indiquées dans les documents de la consultation ». Contactée, la CCI 84 renvoie pour l’heure vers Sealar. Sollicité, Jean-Luc Chauvin, président de Sealar et de la CCI Aix-Marseille, n’a pas donné suite. La société nous a succinctement répondu ne pas avoir encore « été notifiée officiellement par la Région, nous n’avons donc pas de commentaire à faire ». Quant à Edeis, une première communication est attendue dans les prochains jours.

  • [Parole de maire] Loïc Gachon (PS, Vitrolles) : « Nous adaptons la ville au siècle qui vient »

    [Parole de maire] Loïc Gachon (PS, Vitrolles) : « Nous adaptons la ville au siècle qui vient »

    Réélu avec 46,78% des voix en mars dernier à la tête d’une liste d’union de la gauche face à Fabien Bravi (RN), Loïc Gachon (PS) marque son 3e mandat par la proximité et l’adaptation au changement climatique.

    La Marseillaise : Le mouvement lycéen a été d’ampleur. Comment une Ville concourt à leur bien-être ?

    Loïc Gachon : Il est enthousiasmant et respectable que les lycéens se mobilisent pour leur qualité de vie et leur avenir face au même État qui met une pression colossale avec Parcoursup et ne donne pas les moyens de réussir. Que peut faire la ville ? On a l’habitude de s’adresser aux écoles, c’est plus compliqué avec les ados. La cité éducative a créé un partenariat avec les établissements du secondaire qui permette du suivi de parcours, c’est la priorité. On a aussi réussi l’implantation de la Maison des ados à côté du lycée Mendès France, un lieu de premier accueil universel pour n’importe qui ressentirait un problème social, de vie sexuelle, de harcèlement, de santé mentale… Ce premier accueil permet l’orientation par des pros vers des activités ou des spécialistes. La santé mentale étant un vrai enjeu, c’est un outil indispensable pour le lycéen et sa famille.

    Le vote d’extrême droite a progressé aux municipales. Comment creuser l’écart ?

    L.G. : Ce n’est pas ma manière de voir le sujet. Les élections ne sont pas un calcul, on ne gère pas une ville avec le résultat en tête. En revanche, comment on tient compte du résultat ? Des remarques ? Comment on fait évoluer les politiques municipales ? Il y a plusieurs niveaux de réponse. L’extrême droite a fait ses plus gros scores au bord de l’étang de Berre, ces quartiers qui se sentent laissés-pour-compte, isolés géographiquement du reste de la ville, un tissu urbain non anticipé contrairement au reste de la ville, pas d’équipement municipal, un réseau routier chargé… Il faut améliorer la qualité de vie. Ma première décision a été de nommer un adjoint de quartier – il n’y en a qu’un sur la ville – pour mieux le suivre et accompagner la montée en charge des services sur ce secteur. Plus globalement, les gens se sentent oubliés, laissés à côté des priorités. Cela nous a conduits à multiplier par 3 les rencontres de proximité, pour écouter, recenser les colères ou insatisfactions et donner une réponse, structurer les services dans leur réponse de proximité.

    Enfin, d’un point de vue plus macro, je note une grande porosité et une bascule de l’électorat de droite vers le RN. Franck Allisio comme Fabien Bravi incarnent cette volonté de standardisation du RN. Il ne faut pas reculer, affirmer plus clairement nos valeurs, et les amener à se positionner plus clairement. Jeudi en conseil de Métropole, le groupe RN s’est abstenu sur plein de délibérations sans s’expliquer, je n’admets pas ça. On fait de la politique, on n’est pas spectateurs. Pareil en mairie, il faut les amener à se positionner. Le RN est toujours un parti marqué par son histoire raciste et antisémite, favorable aux plus riches, qui vote systématiquement contre les collectivités et les plus fragiles. Ils ont beau mettre un vernis, mais quand on rentre dans les débats on peut les démasquer, cela aidera les gens à se positionner.

    Un collectif propose d’ouvrir la ligne Rognac-Aix aux voyageurs. Qu’en pensez-vous ?

    L.G. : Je crois énormément au ferroviaire, c’est un outil à privilégier pour notre Métropole. L’omnibus est la meilleure formule au vu de la discontinuité urbaine, sur le modèle du RER parisien. Je partage l’intérêt de Rognac-Aix aussi pour la perspective d’un direct Aix-Vitrolles-aéroport par le train, qui a du sens. Notre ville a été conçue comme hub des mobilités en 1970. C’est un territoire de 25 000 emplois dont 20 000 sont occupés par des extérieurs, tandis qu’une dizaine de milliers de Vitrollais vont travailler ailleurs. Il faut encore des progrès, avec à court terme la liaison câblée entre l’aéroport et la gare de Vitrolles, évitant les embouteillages de la D20 ou les parkings. En même temps se fait la liaison Zenibus jusqu’à la halte ferroviaire de Plan de campagne, connectée à la ligne des Alpes. Plus loin, la Métropole envisage d’aménager la D113 en boulevard urbain multimodal avec bus à haut niveau de service (BHNS) dans son plan local de déplacement. Je rêve qu’on puisse se passer du véhicule personnel, sans jamais vouloir l’interdire.

    Quelle est votre stratégie énergétique pour l’avenir ?

    L.G. : Notre horizon est que Vitrolles produise le plus possible l’énergie qu’elle consomme. On s’est lancé dans l’autoconsommation collective, et avons élargi ce principe aux particuliers et entreprises. Concrètement, « Notre énergie Vitrolles », la société porteuse, est en train de devenir un producteur d’électricité auquel on s’abonnera en plus du fournisseur classique. Pour le moment le gain financier n’est pas une priorité. Ça le sera dans l’avenir, car notre énergie est calée en dessous du tarif réglementé et n’évoluera pas au même rythme car découplée du marché. L’enjeu du pouvoir d’achat est plus fort et plus rapide avec notre réseau de chaleur car il a déjà rapporté aux abonnés.

    Nous serons fixés l’année prochaine sur le potentiel géothermie. Le permis de prospection 3D a été signé la semaine dernière pour identifier l’endroit idéal et simuler la température de l’eau. C’est l’étape où on dira stop ou encore. Si l’essai est concluant, un forage d’essai est prévu pour 2029, suivi d’un définitif en 2030 pour nous, Airbus et l’aéroport. Ce serait une énergie totalement décarbonée et renouvelable avec un gain sur la facture de 40% par rapport au tarif – actuel ! – du gaz. Si ce n’est pas concluant, les mécanismes de repli du délégataire Engie garantissent une solution biomasse et échange avec la station d’épuration pour la même performance écologique et tarifaire.

    Pourquoi relier Airbus ?

    L.G. : Car c’est un projet urbain et industriel pour le territoire d’aujourd’hui et sa mutation. Vitrolles restera un lieu de production d’hélicos pour le siècle qui vient et doit rester compatible avec la vie quotidienne des habitants. L’adaptation au changement climatique nécessite la décarbonation, le transport en commun, la production d’énergie, la végétalisation, le confort d’été et d’hiver chez soi… C’est le 2e socle de notre politique après la proximité, qui n’a de sens que si en même temps on adapte la ville au siècle qui vient. Nous sommes vigilants sur les pics de chaleur, à adapter le réseau pluvial avec la Métropole pour ne pas subir d’inondations. On a tous les jours l’occasion de faire l’aller-retour entre l’immédiat et les perspectives à 50 ans, pour lesquelles j’ai la même passion et engagement.

    Entretien réalisé par Antonin Maja

  • Un hangar à hélicoptères contesté devant la justice

    Un hangar à hélicoptères contesté devant la justice

    Cette fois, ce n’est pas un projet émanant directement de la direction de l’aéroport que l’Un-Adrac conteste. Mais cela reste en lien avec l’aérien. Ce mardi, l’association de défense des riverains de l’aéroport d’Avignon a convié la presse devant l’entrée du technopôle Pégase. Sur l’emprise de l’aéroport, le site accueille des entreprises du secteur aéronautique. Depuis 8 ans, RTE [réseau de transport électricité] a implanté une filiale, Airtelis, servant de base pour ses activités héliportées.

    Airtelis souhaite visiblement encore se développer. Elle a reçu l’aval, fin juillet, pour un permis de construire. Sur 15 000 m2 de terrain, un hangar de maintenance et de stationnement d’aéronefs doit être bâti. En théorie du moins. Car, saisi par l’Un-Adrac, le tribunal administratif de Nîmes doit étudier ce vendredi matin le recours en référé suspension du permis. « Pégase avait été présenté comme un technopôle de projets innovants avec une augmentation du trafic aérien de 3 000 mouvements par an, qualifiant de limitée l’augmentation des nuisances sonores », rappelle Yves Marie-Cardine, président de l’Un-Adrac. L’association estime aujourd’hui que ces hypothèses-là ne sont pas respectées et que Pégase a été dévoyé.

    L’impact du bruit

    mis en sourdine

    Sollicité, Racid Bouruiss, directeur général d’Airtelis, préfère, pour l’heure, rester silencieux avant l’audience de vendredi, afin de « n’interférer d’aucune manière dans ce dossier en cours de traitement par les instances compétentes ».

    Mais l’attaque contre le permis de construire est seulement une des pièces du puzzle que reconstitue l’Un-Adrac face à un global « manque de transparence » sur Airtelis et, plus largement, l’impact de l’aéroport sur son environnement direct. À l’instar du plan d’exposition au bruit, « datant de 1982 et dont la révision n’est pas achevée », pointe Frédérique Boyer, secrétaire de l’Un-Adrac. De même, des mesures acoustiques ont été réalisées l’an dernier et n’ont jamais été communiquées. L’Un-Adrac rappelle aussi que l’aéroport est à proximité immédiate du champ captant de la Saignonne, qui alimente en eau Avignon. « Quelles garanties précises accompagnent l’activité de maintenance sur ses hydrocarbures, huiles et produits techniques ? », questionne la secrétaire. Sans réclamer la fermeture de l’aéroport ni contester « l’utilité de RTE », Yves Marie-Cardine conclut que « l’utilité d’une activité ne dispense pas des règles environnementales ni du respect des populations ».

  • Un funiculaire pour la zone des Estroublans à Vitrolles

    Un funiculaire pour la zone des Estroublans à Vitrolles

    Et si les difficultés de circulation entre la gare TER Vitrolles Aéroport Marseille Provence (VAMP) et le plateau des Estroublans appartenaient désormais au passé en cette rentrée ? Depuis le 31 août, cela pourrait bien être le cas. Un ascenseur baptisé L’incliné, comportant deux cabines d’une capacité de 20 personnes chacune, permet désormais de franchir un dénivelé de 35 mètres en moins d’une minute. Il fonctionne 7 jours sur 7, de 5h30 à 22h30. Pour l’emprunter, il vous en coûtera le prix d’un ticket RTM.

    Pour les phobiques du vide peu séduits par les cabines vitrées, un double escalier en deux volets ainsi que des cheminements doux pour les piétons permettent également d’accéder au plateau et complètent l’offre de la Métropole. Une alternative gratuite, mais assurément plus longue.

    Confié à un groupement d’entreprises spécialisées par la SPLA Pays d’Aix Territoires, cet équipement entièrement automatisé a coûté 8,8 millions d’euros HT. Pensé comme un nœud de connexion d’envergure pour inciter les salariés à délaisser la voiture individuelle, le nouveau PEM Cap Horizon est exploité au quotidien par l’opérateur Transdev et la Métropole. Le site regroupe des équipements modernes et connectés avec une gare routière dotée de huit quais accueillant les bus à haut niveau de service (BHNS) vers Plan-de-Campagne et Marignane, ainsi que les cars interurbains à destination d’Aix-en-Provence.

    Le parking attenant propose 430 places sur trois niveaux avec 13 bornes de recharge pour véhicules électriques. L’aménagement Cap Horizon représente 80 hectares au Sud de Vitrolles. Il vise à moderniser la zone des Estroublans, où travaillent actuellement 31 000 salariés. Cet automne, une voie verte de 400 mètres sécurisera l’accès vers le site d’Airbus Helicopters.

  • Marseille s’envole à New York sans escale européenne

    Marseille s’envole à New York sans escale européenne

    Un jour historique pour notre aéroport qui accueille pour la première fois une compagnie américaine sur notre territoire. Cette nouvelle ligne va générer d’importantes retombées économiques, avec une augmentation attendue du nombre de visiteurs américains en Provence, en provenance non seulement de New York mais aussi de tous les États-Unis », s’est félicité Julien Coffinier, président du directoire.

    Après Paris et Nice, puis Toulouse qui ouvre une ligne saisonnière à l’été prochain, Marseille deviendra la 4e ville française à bénéficier d’une connexion aérienne directe avec les États-Unis, avec une durée de vol estimée à 9h15. United Airlines opérera la liaison entre Marseille-Provence et Newark Liberty (EWR), l’un des grands hubs de la région new-yorkaise, en A321XLR « Born to Explore », « un avion de dernière génération de 150 sièges dont 20 suites avec siège-lit et porte privative », précise la compagnie américaine. Les billets sont en vente depuis ce mardi.

    Dans les deux sens

    Cette nouvelle ligne est une ouverture stratégique motivée par la progression de la fréquentation des touristes américains. En 2025, les États-Unis constituaient le troisième bassin émetteur international de la destination marseillaise. Ils sont près de 800 000 à séjourner chaque année en Provence pour une durée moyenne de 8,4 jours « générant près d’un milliard d’euros de retombées économiques directes pour le territoire » indique la direction de la Région Sud. « Plus de 500 000 nuitées américaines ont été enregistrées en 2025 et la tendance se poursuit en 2026 avec une hausse de 22% au premier trimestre », précise la collectivité qui y voit « une nouvelle preuve de notre attractivité internationale ».

    « C’est la preuve que Marseille attire et séduit toujours plus en s’imposant désormais comme une porte d’entrée incontournable en France et en Méditerranée » a aussi salué Arnaud Drouot, le président de l’Office du tourisme, des Loisirs et des Congrès de Marseille. La ligne est aussi une nouvelle porte d’entrée aux États-Unis pour les Marseillais. « Elle favorisera les échanges touristiques » a-t-il précisé, la Ville voulant « poursuivre son travail de fond pour porter et encourager un tourisme équilibré, durable et bénéfique aux Marseillais ».

    Si les Américains semblent « apprécier l’authenticité marseillaise », il reste à souhaiter que cette nouvelle porte d’entrée sur la Méditerranée ne s’ouvre pas sur celles des Airbnb. Sur fond de crise du logement, quand près d’un appartement sur dix en centre-ville est dédié à des meublés touristiques, la ville a dû réagir en adoptant une série de mesures durcissant les règles pour encadrer leur location.

  • La croissance de l’aéroport de Montpellier ne fait pas l’unanimité

    La croissance de l’aéroport de Montpellier ne fait pas l’unanimité

    Ils ne se font aucune illusion. En rédigeant leur courrier à l’attention du directoire de l’aéroport de Montpellier et de ses partenaires (préfecture, collectivités), pour leur demander de renoncer à l’arrivée de Volotea en octobre, le collectif Atterrissons d’urgence n’espère pas les faire changer d’avis sur leur projet d’expansion.

    « C’est stratégique, on essaye d’en parler pour faire bouger l’opinion publique », résume Marie-Noël de Visscher, porte-parole d’Atterrissons d’urgence. Ce collectif n’en est pas à son coup d’essai. En avril, une plainte avait été déposée pour publicité mensongère relative aux trajets Montpellier-Paris. « On ne peut pas continuer à faire comme si de rien n’était. Il y a une indécente responsabilité à pousser les gens à prendre de plus en plus l’avion », moyen de transport le plus polluant.

    Dans son rapport annuel, le Haut Conseil pour le climat (HCC) publie une nouvelle recommandation qui vise l’expansion aéroportuaire. Le HCC demande que soit adopté « un moratoire sur l’augmentation des capacités des aéroports français afin de maîtriser la hausse du trafic aérien ».

    Efforts ou greenwashing ?

    Après Transavia en 2020, une base arrière de Volotea va s’installer à Montpellier à l’automne. Au-delà des destinations supplémentaires, « un avion basé à Montpellier, c’est un avion qui part plus tôt et qui rentre plus tard », prévient la militante écologiste qui assure que des riverains se plaignent déjà.

    De son côté, l’aéroport ne cache pas qu’il vise à terme les 3 millions de passagers annuels (1,8 million aujourd’hui) pour offrir à la 7e ville de France une infrastructure adaptée. Le président du directoire, Emmanuel Brehmer, fait régulièrement savoir qu’il cherche à réduire les impacts sur l’environnement. C’est la raison d’investissements pour l’installation de panneaux photovoltaïques sur les toits ou l’électrification des opérations au sol qui permettent d’économiser 1 000 tonnes de CO2 par an.

    Des opérations qui s’apparentent à du greenwashing selon le collectif. « C’est mieux que rien mais vu qu’à côté vous augmentez le nombre de vols, c’est comme si vous rouliez toute l’année en SUV en vous félicitant d’éclairer votre garage en LED », illustre la porte-parole du collectif. À l’avenir, le secteur mise sur l’avion vert. « C’est presque une chimère, l’avion électrique ne pourra concerner que de petits avions », regrette Marie-Noël de Visscher. Pour elle, la seule solution est de réduire le trafic. « C’est la seule industrie au monde qui s’exonère de ses obligations pour le climat ». Et enfin taxer le kérosène sur les vols internationaux au-delà de 10%. « L’avion n’a pas à être aussi peu cher ».

  • L’aéroport de Nîmes en zone de turbulences

    L’aéroport de Nîmes en zone de turbulences

    Record de fréquentation d’un côté, trou financier de l’autre : l’aéroport de Nîmes-Garons cultive un paradoxe qui commence à peser lourd. Avec 259 000 passagers en 2024, la plateforme avait retrouvé son meilleur niveau depuis vingt-cinq ans. Loin, pourtant, des 400 000 voyageurs promis pour 2028 par le délégataire Edeis lors de la signature de la délégation de service public (DSP) en 2022. Et en 2025, la fréquentation a même légèrement reculé, à 245 552 passagers.

    Sur le plan comptable, la note est salée. Le rapport annuel d’Edeis affiche un résultat net négatif de 1,17 million d’euros en 2024, contre un excédent de 349 000 euros l’année précédente. Une provision exceptionnelle de 872 000 euros, liée à un vieux contentieux sur des autorisations d’occupation temporaires, gonfle l’ardoise. Mais même sans elle, le trou atteint près de 300 000 euros. Six lignes sont aujourd’hui exploitées, presque toutes par Ryanair, quasi seul maître à bord depuis le fiasco de la compagnie Odyssey l’an dernier, qui a annulé l’ensemble de ses vols.

    Élu à la tête de Nîmes Métropole en avril, Vincent Bouget (PCF) a hérité d’un dossier explosif. Devant le conseil communautaire fin juin, l’édile n’a pas mâché ses mots : « Les ambitions affichées lors de la signature de la DSP et les objectifs fixés au délégataire sont aujourd’hui loin d’être atteints. » Un contentieux qui pourrait, selon le contrat, déclencher de premières pénalités financières dès cette année.

    Coopérer

    plutôt que rivaliser ?

    Reste que pour Vincent Bouget, le trafic commercial n’est pas l’essentiel. « Le cœur du réacteur, c’est la sécurité civile », a-t-il tranché début juillet, rappelant le rôle de la base aérienne où sont entretenus les Canadair, avec quatre nouveaux appareils attendus d’ici 2032. Un statut de hub européen de la sécurité civile que Nîmes ambitionne depuis 2017, mais que Chypre pourrait bien lui souffler : la Commission européenne y prépare une plateforme régionale de lutte contre les incendies, confirmée en juin par la commissaire Hadja Lahbib. « S’il faut aller à Bruxelles avec Carole Delga pour que le hub européen soit bien ici, nous irons », promet le président d’agglo.

    Sur le volet commercial, la question d’une coopération avec les aéroports voisins refait surface. En septembre 2025, alors dans l’opposition, Vincent Bouget plaidait déjà pour une autre voie que la rivalité : « Rien ne peut s’envisager sans coopération avec les aéroports voisins, dont Montpellier. » Une ligne bien différente de celle défendue quelques mois plus tôt par son prédécesseur Franck Proust, qui menaçait ouvertement de « se tourner vers Marseille » face à ce qu’il jugeait être le manque d’ouverture de Montpellier.

    Aujourd’hui, l’opposition LR, par la voix de Franck Proust, avance un autre scénario : une reprise temporaire de l’aéroport en régie publique si Edeis venait à se désengager. Une piste que la majorité de gauche n’a, à ce stade, ni confirmée ni écartée. Après deux rendez-vous décisifs fin juin, avec le préfet du Gard puis le délégataire, Vincent Bouget maintient la prudence : « On travaille pour trouver une solution et sortir par le haut. » Le cap devra être fixé avant l’échéance de la DSP, fin 2028. Au-delà des désaccords, une question politique demeure : combien d’argent public faut-il mobiliser pour préserver cette vitrine aérienne, et pour quel service rendu au territoire ? Le débat ne pourra se limiter à une guerre de clochers : l’avenir de 850 salariés et de 200 élèves-pilotes est aussi en jeu.

  • Un 4e vol Marseille-Shangaï par semaine annoncé

    Un 4e vol Marseille-Shangaï par semaine annoncé

    « Nihao China ». « Bonjour la Chine ! », en Français C’est le nom donné à l’événement de promotion touristique organisé par le consulat général de Chine à Marseille en présence du conseiller régional David Galtier (DVD) et du maire de Manosque Camille Galtier (DVD) mais aussi de Loïc Chovelon, directeur général du Comité régional de tourisme.

    À cette occasion, He Youlin, consul général de Chine à Marseille a rappelé que « l’année prochaine marquera le 40e anniversaire du jumelage entre Shanghai et Marseille. Je suis donc particulièrement heureux d’annoncer aujourd’hui que cette liaison passera officiellement de trois à quatre vols hebdomadaires », a-t-il ajouté.

    Exemption de visa

    Une annonce qui s’accompagne de la prolongation de la dispense de visa pour les Français se rendant en Chine pour une durée de moins de 30 jours.

    « Nous invitons chaleureusement davantage d’amis français à découvrir la Chine par eux-mêmes, afin de mieux connaître une Chine authentique, multidimensionnelle et ouverte », a lancé He Youlin en s’engageant « à travailler avec l’ensemble des acteurs de la circonscription consulaire afin d’approfondir continuellement la coopération bilatérale dans les domaines du tourisme, du commerce, de l’éducation, de la science, du transport aérien et du développement durable, dans un esprit de bénéfice mutuel et de réussite partagée. »

    La Région Sud est la première en France à avoir retrouvé son niveau de fréquentation par les touristes chinois d’avant la pandémie.

  • À Avignon, des baptêmes de l’air pour des enfants hospitalisés

    À Avignon, des baptêmes de l’air pour des enfants hospitalisés

    Une initiative rendue possible grâce au Lions Club Ponts d’Avignon-Villeneuve-Les Angles, mais aussi l’aéroport, qui ont affrété deux aéronefs. Souffrant de maladies chroniques, pour la plupart atteints de diabète, et fréquemment hospitalisés dans les services de pédiatrie du centre hospitalier d’Avignon, « tous les enfants sont revenus enchantés, des étoiles plein les yeux », se réjouit l’hôpital.

  • Un appel à réduire drastiquement le trafic aérien

    Un appel à réduire drastiquement le trafic aérien

    Plus de cent collectifs et associations de 25 pays du monde entier ont été coordonnés par le réseau « Stay Grounded » dans le but de s’opposer à la pollution liée à l’exploitation aérienne. Le collectif « atterrissons d’urgence Montpellier » est signataire de ce manifeste par le biais duquel les organisations réagissent à la crise du kérosène et prônent plusieurs mesures afin « d’enrayer l’effondrement climatique ».

    Supprimer le trafic

    entre Montpellier et Paris

    « Pour “Rester sur Terre”, la crise actuelle du kérosène – alimentée par les tensions géopolitiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la volatilité des marchés des combustibles fossiles – met en évidence la fragilité du secteur aérien », précise Atterrissons d’urgence Montpellier. « Alors que les compagnies aériennes sont confrontées à une hausse des coûts et à l’incertitude, cette situation souligne à quel point le transport aérien reste dépendant de combustibles fossiles dont les réserves sont limitées ».

    « Presque toutes les mesures impactent plus ou moins l’aéroport de Montpellier », affirme Stuart Page, porte-parole du collectif montpelliérain. De l’exigence d’une non-extension appliquée à tous les aéroports à celle réclamant l’arrêt des publicités et programmes de fidélité, ce manifeste n’expose pas seulement les problèmes liés au trafic aérien, son système inégalitaire et la pollution qu’il engendre, il envisage un tout nouveau modèle pour le secteur. « Remplacer les vols court-courriers par des liaisons ferroviaires ou maritimes, interdire les vols de nuit dans les aéroports, fermer les aéroports régionaux… », autant de suggestions qui permettraient de freiner les conséquences négatives du transport aérien.

    « Quand Transavia a ouvert sa base ici en 2020, le directeur commercial a dit qu’ils avaient fait le pari qu’en créant une offre, qu’ils allaient stimuler et créer la demande, ce n’est pas comme s’ils venaient combler une demande existante, ils souhaitent créer de la demande », insiste le porte-parole d’Atterrissons d’urgence Montpellier.

    Les campagnes publicitaires qui visent à concurrencer les voyages en train, comme la nouvelle publicité de l’aéroport de Montpellier dont le slogan  : « en deux heures il y sera » fait référence à la durée présumée d’un aller Montpellier – Paris, sont dans la ligne de mire du collectif. « On a porté plainte contre l’aéroport pour ce qu’on considère être une pratique commerciale trompeuse », assène-t-il. Par ces actions, le collectif espère la suppression de la liaison aérienne Montpellier-Paris, qui permettrait d’appuyer la promotion des voyages en train, en covoiturage, ou tout autre moyen de locomotion moins polluant.

    « Le transport aérien le montre clairement : c’est l’une des sources d’émissions qui connaît la croissance la plus rapide, et l’un des secteurs les plus vulnérables aux chocs mondiaux », déclare la porte-parole de Stay Grounded, Inês Teles. « La solution est simple : réduire le nombre de vols et investir dans des alternatives au transport aérien. » En 2026, l’installation d’une base Volotea est prévue localement, « cela représenterait environ 2 millions de passagers en plus ». Une perspective à laquelle le collectif Atterrissons d’urgence compte bien s’opposer.