Et si, le temps d’une soirée, les tribunaux devenaient des lieux de spectacle où l’on se rend plein de curiosité, sans l’appréhension qu’ils suscitent d’ordinaire ? C’est ce que propose la Nuit du droit, dont Montpellier s’empare pour une 5e édition organisée le 5 octobre, de 17h à 22h30. Objectif : ouvrir les portes des lieux de justice pour familiariser le grand public avec cette institution souvent intimidante, faire mieux connaître le droit, qui constitue le socle de notre vie en société. « Le but est de rendre accessible les lieux de justice. Tout citoyen a le droit de venir rencontrer des avocats, des magistrats, des greffiers, des notaires… », explique la vice bâtonnière Marie-Pierre Vedel-Salles.
Lancée en 2017 à l’initiative de Laurent Fabius, alors président du Conseil constitutionnel, la manifestation célèbre le droit autour de l’anniversaire de la Constitution du 4 octobre 1958. « Au fil des années, tout le monde s’est pris au jeu », se félicite Éric Mathais, nouveau procureur général près de la cour d’appel de Montpellier. L’ensemble des professions juridiques (magistrats administratifs, judiciaires et financiers, avocats, notaires, étudiants en droit…) s’associe en effet pour faire vivre cette soirée, dont la déclinaison montpelliéraine se distingue par sa diversité : « Ce qui est fait à Montpellier est assez exemplaire. Ce n’est pas dans toutes les villes qu’il y a un programme aussi dense. »
Comme désormais chaque année, la manifestation débutera dans la matinée par un forum des métiers du droit proposé dans l’enceinte du lycée Jean-Monnet, à destination des élèves de première et terminale. Puis, à partir de 17h, le public pourra investir le tribunal administratif, où des étudiants en droit et des élèves de l’école d’avocats (Edacs) s’affronteront lors de joutes oratoires.
À la cour d’appel, deux procès reconstitués permettront de questionner la justice à travers deux affaires emblématiques. Le procès des sœurs Papin replongera dans l’affaire qui bouleversa la France en 1933. Christine et Léa Papin, employées comme domestiques, avaient assassiné leur patronne et sa fille. Au-delà de la violence des faits, le procès avait posé la question de la responsabilité pénale et de la maladie mentale, les experts psychiatres s’opposant sur leur état de conscience. Il avait aussi nourri les réflexions sur les rapports de classe. Des thèmes qui, selon l’avocate chargée de la reconstitution, « se posent encore actuellement ». Une vingtaine de professionnels du droit feront revivre l’audience à partir d’une documentation d’époque.
Le second procès, tourné vers les libertés publiques, sera consacré à l’affaire Gonzalez-Gomez, dite de la PMA post-mortem. En 2016, le Conseil d’État avait autorisé l’exportation vers l’Espagne des gamètes d’un homme décédé, son épouse souhaitant y poursuivre une procédure interdite en France. Le juge administratif devait alors mettre en balance la protection des règles françaises de bioéthique et les libertés individuelles, notamment le droit au respect de la vie privée et familiale.
Enfin, la Chambre régionale des comptes (CRC) Occitanie proposera, à la bibliothèque des avocats, un escape game pour découvrir le travail des magistrats financiers. « Il permettra au public de plonger dans les arcanes du fonctionnement de la CRC, de travailler à une instruction, de prêter serment comme un véritable magistrat et de délibérer », résume la présidente de la CRC, Valérie Renet.
Toutes les animations sont gratuites, sur inscription obligatoire*. Un succès qui ne se dément pas : selon Marie-Pierre Vedel-Salles, les places sont chaque année « prises d’assaut » !
* – Procès historique et procès administratif : my.weezevent.com/nuit-du-droit-courdappel- 2026
– Joutes oratoires : my.weezevent.com/joutes-oratoires-nuit-du-droit-2026
– Escape game : my.weezevent.com/escape-game-nuit-du-droit-2026

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