La recherche en quête de moyens publics

Le ministre de gauche et grand scientifique Hubert Curien (1924-2005), fondateur en 1991 de la Fête de la science, serait sans nul doute heureux de voir son œuvre perdurer et se déployer depuis 35 ans. Cette édition 2026 ne déroge pas aux fondamentaux de cet événement : populariser la science et faire se rencontrer citoyens et chercheurs. L’éventail des animations proposées, gratuites, perpétue cette visée profondément progressiste. Merci à tous les bénévoles des associations et aux organismes publics de recherche qui déplient leurs savoirs pour tous les publics.

Résistance

La Fête de la science est aussi devenue un îlot de résistance face à l’ignorance, aux fausses informations et aux reculs des budgets publics. Elle révèle en revanche, chaque année, l’appétence du public pour la connaissance scientifique, notamment chez les plus jeunes.

Ce rendez-vous est d’autant plus crucial que la bataille est rude pour maintenir un haut niveau de recherche. Si le projet de budget de la nation prévoit 500 millions de plus pour la recherche et l’enseignement supérieur, il demeurera en deçà des besoins pour que la France rattrape son retard. En plein été, le 26 août, l’Observatoire des sciences et techniques a en effet révélé que la part mondiale de la France dans la production scientifique est passée de 4,1% à 1,9% entre 2011 et 2020. Et « l’excellence des publications françaises régresse de 22,7% ». Parmi les « causes profondes », l’OST évoque le « niveau » des financements et l’attractivité des carrières scientifiques. Sans « réaction », le décrochage va perdurer.

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