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  • [EQDD] Le temps de l’adaptation

    [EQDD] Le temps de l’adaptation

    Si la réduction des émissions de gaz à effet de serre demeure une priorité absolue dans la lutte contre le changement climatique, elle ne suffira pas à contenir l’inévitable : des phénomènes extrêmes plus intenses et plus fréquents. Inondations, cyclones, vagues de chaleur, fonte des glaciers, montée du niveau des mers, sécheresses… autant d’effets face auxquels il nous faut réduire notre vulnérabilité. Autrement dit, l’atténuation du changement climatique – qui consiste à agir sur ses causes – doit s’accompagner d’une démarche d’adaptation pour nous protéger de ses conséquences.

    Avec sa géographie contrastée, entre territoires métropolitains et ultramarins, la France est exposée à l’ensemble des risques climatiques. Des risques auxquels nous sommes, d’ores et déjà, toutes et tous vulnérables. Cet hiver encore, des crues exceptionnelles ont déclenché des alertes sur une vaste portion du territoire, tandis que le bilan climatique de 2025 classait l’année parmi les plus chaudes jamais enregistrées. Et cet été, le retour attendu d’El Niño – phénomène périodique qui affecte les précipitations et les températures à l’échelle mondiale – fait craindre un nouvel épisode de chaleur.

    À l’heure où l’État se prépare à une hausse de +4°C sur le territoire par rapport à l’ère préindustrielle – synonyme de sécheresses en série, de températures pouvant atteindre 50 degrés, de dix fois plus de jours de vagues de chaleur ou encore d’un risque de feux de forêts généralisés – il n’a jamais été aussi important de montrer comment nos territoires s’adaptent, concrètement, à un climat qui change. Comment ils se protègent – déjà – face aux impacts. Comment nous transformons nos manières d’habiter, de produire et de travailler. Et, plus largement, comment nous apprenons à vivre avec ces bouleversements, en développant une nouvelle culture du risque.

    C’est précisément cette réalité que ce supplément propose d’explorer. À l’initiative de Sparknews, 55 titres de la presse quotidienne régionale se rassemblent pour donner à voir les initiatives de citoyens, d’associations, d’entreprises et de collectivités qui, partout en France, inventent déjà de nouvelles façons de s’adapter à cette nouvelle réalité climatique.

  • Une mer souveraine

    Une mer souveraine

    Chaque année, villes, collectivités, services de secours lancent l’alerte face au nombre croissant de noyades sur le littoral. Le constat est une nouvelle fois accablant en ce début d’été : six décès en une semaine. Dont quatre décès sur les seules plages Girondines, la semaine dernière, avec l’arrivée des beaux jours et d’une chaleur estivale. La région sud n’est hélas pas en reste. Elle détient le triste record des noyades en France l’an dernier. Des plages souvent submergées par l’affluence, des services de secours qui peinent souvent à recruter, des villes qui tirent la langue pour financer les différents dispositifs de surveillance et de prévention à hauteur des besoins.

    Apprendre
    à nager

    La Méditerranée, comme l’Atlantique, n’est pas un thème de carte postale. Et « savoir nager » sans présumer de ses forces, n’est pas une simple option. La prévention des risques s’entend dès le plus jeune âge, en permettant à chaque garçon et fille de pouvoir appréhender l’élément marin. À ce titre, la politique volontariste de la Ville de Marseille et ses partenaires et associations qui s’emploient à la réouverture des piscines laissées à l’abandon pendant des années, et à développer une éducation à la nage pour tous, est non seulement louable mais salvateur. C’est l’occasion de considérer l’eau, la mer, certes comme un loisir, mais de façon lucide, sans en mésestimer les dangers. Il en est pour les baigneurs comme pour les plaisanciers et les autres usagers du littoral, même par beau temps, même en plein été, la mer reste souveraine.

  • La mère des batailles

    La mère des batailles

    Depuis six ans, La Marseillaise progresse. Davantage de ventes, d’abonnés, de rayonnement, de résultats commerciaux, d’événements…

    C’est à vous qu’elle le doit. Vous qui la lisez aujourd’hui et qui l’avez défendue hier lorsque la crise Covid l’avait poussée dans le précipice.

    Elle a redressé la tête, rénové son site internet et son siège historique, lancé une appli mobile, créé de nouveaux événements, battu le record de participation au Mondial La Marseillaise à pétanque. Elle a pris la décision de s’associer avec le journal culturel Zébuline mais aussi de revenir dans le Vaucluse en 2022. Plus récemment, elle s’est lancée à la conquête des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes en février dernier. Elle a ouvert de nouveaux locaux à Montpellier, siège de son hebdomadaire d’Occitanie.

    Extrême fragilité

    Ce dynamisme porté par les efforts des salariés de notre journal et le dévouement sans borne des Amis de La Marseillaise est une grande fierté.

    Il démontre le formidable potentiel d’un journal porteur des valeurs du Conseil national de la Résistance, indépendant des puissances d’argent mais ne règle en rien notre extrême fragilité.

    Alors que l’extrême droite et son projet haineux menacent plus que jamais, et dans la bataille culturelle qui s’engage, un journal comme le nôtre est indispensable.

    Sans vous, sans votre mobilisation, il peut disparaître brutalement. Abonnez-vous, diffusez La Marseillaise, donnez-lui les moyens de ses ambitions pour peser dans la mère des batailles, celle de l’information alors que les fake news et le projet de guerre de tous contre tous porté par l’extrême droite sature l’espace médiatique.

    En avant La Marseillaise !

  • À l’ordre du jour

    À l’ordre du jour

    Quatre-vingt-trois ans après l’horreur, les descendants de déportés marseillais, raflés le 24 janvier 1943 dans le quartier Saint-Jean, font un voyage essentiel en Allemagne, au camp de Sachsenhausen où ce dimanche une plaque commémorative sera dévoilée. Des mots gravés, en français et en allemand pour révéler ce qui fut la plus grande rafle jamais perpétrée par les nazis main dans la main avec l’État français collaborationniste, quelques mois seulement après la rafle du Vélodrome d’Hiver à Paris. Sur les 250 Marseillais déportés, une centaine ne reviendra pas.

    Ce crime contre l’humanité perpétrée à Marseille fut longtemps occulté. Le travail de mémoire et historique est désormais à l’œuvre. Ce voyage des descendants, en est une étape majeure.

    Mise en lumière

    Cette mise en lumière de l’inimaginable – la rafle de 20 000 habitants – et la destruction de tout un quartier, dynamité par l’armée allemande, est nécessaire car en 2026, l’extrême droite progresse et mise sur l’amnésie. Or ceux qui ont perpétré ces crimes n’étaient pas des fous : leur idéologie, raciste et antisémite, comportait le goût du pouvoir et de la prédation. Les nazis se sont joués des conservateurs dans les années 1930. Le patronat allemand, comme le révèle l’écrivain Édouard Vuillard dans son texte aussi fulgurant que fondamental, L’ordre du jour, a choisi Hitler y voyant une source de profits y compris en utilisant les déportés comme esclaves, jusqu’à la mort. Cette collusion droite-extrême droite-patronat n’est pas derrière nous. Pour prévenir le pire, sachons lire notre Histoire, les yeux grands ouverts.

  • Entre voile d’élite et mer pour tous

    Entre voile d’élite et mer pour tous

    Chaque printemps, la Semaine nautique internationale de la Méditerranée (Snim) rappelle combien Marseille demeure l’une des grandes scènes mondiales de la voile. Pour sa 60e édition, la régate s’annonce plus vibrante que jamais : jeunes talents et figures confirmées y croiseront leurs étraves dans une rade qui n’a rien perdu de sa magie.

    Depuis les JO 2024, qui ont projeté la baie phocéenne sous les projecteurs planétaires, la ville confirme son statut de capitale nautique. Cet événement, qui attire le meilleur de la course au large comme à proximité du rivage, célèbre une tradition profondément ancrée dans son identité maritime.

    émanciper

    Mais derrière les voiles, un autre enjeu se joue : celui de la démocratisation des pratiques liées à la mer dans une ville populaire. Le stade nautique Florence-Arthaud incarne cette ambition. Repensé et réaménagé, héritage des Jeux, cet équipement public de proximité se veut aujourd’hui ouvert à un large public.

    En accueillant par exemple le dispositif Sport Handi Nautique Marseille, il prouve qu’un accès large et inclusif à la mer n’est pas un slogan, mais une réalité. Ici, enfants en situation de handicap, scolaires des quartiers, rameurs débutants ou confirmés partagent le même plan d’eau. On y découvre que kayak, aviron ou voile sont « adaptés et adaptables à tout le monde », comme le rappellent les bénévoles.

    En rendant la mer accessible, le stade nautique perpétue un héritage : celui d’une ville où l’on apprend tôt que l’horizon appartient à chacun. Marseille ne se contente pas d’accueillir les grands noms de la régate : elle forme et émancipe.

  • Top départ

    Top départ

    Alors que l’essentiel des conseils municipaux élus dimanche dernier aura choisi leur maire au terme de ce week-end, l’heure des premières mesures a sonné.

    L’impulsion politique d’un nouveau mandat est un message envoyé aux électeurs dès les premiers jours par les nouveaux maires. Certains ont été réélus et donneront ainsi une coloration nouvelle à ce mandat, d’autres arrivent en responsabilité et souhaitent montrer aux habitants un changement significatif.

    Tous ont à relever un défi d’une grande importance : redonner crédit à l’action publique après un scrutin marqué par l’abstention et la progression de l’extrême droite qui prospère sur le « tous pareils, tous pourris ».

    Capacité d’action abîmée

    Pendant longtemps, les maires ont représenté pour les Français, des points de repère, des élus « à portée d’engueulade », des gens de confiance. Force est de constater que la crise politique en cours dans une Ve République à bout de souffle contamine l’échelon local et abîme la relation des habitants avec leurs représentants. La baisse des dotations de l’État et la généralisation d’intercommunalités souvent imposées, a entamé la capacité d’action des maires et donc leur crédibilité dans la population.

    Ils sont pourtant les acteurs indispensables de la démocratie de proximité.

    Les attaques que l’État leur inflige pour masquer ses propres turpitudes budgétaires doivent cesser. L’échelon communal doit redevenir le lieu prioritaire de réponse aux besoins de la population. Beaucoup d’idées et d’envies s’expriment en ce lendemain d’élection. Tant mieux.

    Top départ !

  • Des femmes oui, mais progressistes !

    Des femmes oui, mais progressistes !

    La loi qui a étendu le scrutin de liste paritaire aux communes de moins de 1 000 habitants a mécaniquement provoqué une progression notable du nombre de conseillères municipales. Mais il est toujours très difficile pour une femme d’accéder au fauteuil de maire. Le plafond de verre est loin d’avoir disparu et les femmes sont encore barrées pour les têtes de liste et restent cantonnées à certaines délégations que les vieilles idées reçues persistent à voir comme « féminines ».

    Si la parité est un vrai combat, il ne saurait être déconnecté de la bataille politique, ni coupé des autres faits marquants de cette élection. La grande tendance est celle de la progression à droite et de l’implantation de l’extrême droite. Tendance qui se retrouve dans les résultats de notre région.

    Double combat

    Les trop rares femmes élues sont souvent de droite ou d’extrême droite. Difficile de ne pas se réjouir qu’une Laure Lavalette n’ait pas accédé à la tête de la mairie de Toulon, fut-elle une femme. Comment ne pas avouer qu’à Aix-en-Provence, on aurait préféré voir la liste progressiste prendre les clés de la mairie, fut-ce par un homme, Marc Pena, et à une femme, Sophie Joissains ? Et personne ici n’oublie Mme Thatcher ou ne votera Marine Le Pen parce qu’elle est une femme.

    Si la gauche met davantage que les autres partis politiques des femmes tête de liste, c’est manifestement encore insuffisant. Les femmes progressistes sont donc confrontées à un double combat : faire progresser des idées de progrès social et prendre leur juste place dans cette bataille.

  • Faire face aux mairies d’extrême droite

    Faire face aux mairies d’extrême droite

    Souvenons-nous. En mars 2024, un conseiller municipal d’extrême droite RN de Toulon justifiait le refus de son parti de voter pour la construction de logements sociaux, en ces termes : « Nous voterons contre cette délibération, non pas que nous soyons contre la construction de logements sociaux, mais contre les gens qu’on y met dedans. » Fort heureusement, deux ans plus tard, la candidate d’extrême droite à la mairie a été sèchement battue, dimanche, par la maire de Toulon Josée Massi. Mais le RN s’est emparé de nombreuses communes, petites ou moyennes, notamment dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse. Le parti à la flamme entend y mettre en œuvre sa politique de « préférence nationale », cette euphémisation de la ségrégation et du racisme. Comment y faire face ? En premier lieu en ne laissant pas tomber les habitants et en mettant à jour l’impasse que représentent les politiques d’extrême droite. Cette résistance doit aussi prendre le contre-pied du discours de division propre au RN.

    Ne pas banaliser

    Il est en effet essentiel de ne pas banaliser l’arrivée de l’extrême droite à la tête de mairies, au prétexte que le suffrage universel a parlé. Les taux d’abstention, hélas désormais structurels, démontrent que c’est l’électorat le plus motivé qui se mobilise et que la démocratie et l’exercice de la citoyenneté doivent être approfondis.

    Le dégagisme est un poison qui entretient le ressentiment. Ainsi, la seule ambition du nouveau maire RN de Carpentras, dans le Vaucluse, était de dégager la gauche (dont la faute a été de se diviser). La veille citoyenne est nécessaire face aux mairies RN.

  • Chaque voix va compter

    Chaque voix va compter

    Dans de nombreuses communes de notre région les résultats du premier tour des élections municipales témoignent de situations très ouvertes.

    Les trois blocs qui ont émergé des législatives anticipées par la dissolution voulue par Emmanuel Macron en 2024, sont encore là : gauche, bloc central et extrême droite. Selon les communes, le tiercé n’est pas arrivé dans le même ordre et les réserves de voix des uns et des autres ne sont pas identiques mais les rapports de force demeurent incertains.

    Partout l’extrême droite doit être battue

    L’extrême droite, plus conquérante que jamais, veut transformer l’essai de la vague brune qui a déferlé sur notre région en 2024 en faisant élire le maximum de maires RN. Objectif : enraciner sa présence dans la proximité et renforcer sa crédibilité en constituant un réseau d’élus sur lequel s’appuyer pour tenter de conquérir l’Élysée.

    Dans de nombreuses communes de notre région, elle croit en ses chances : Marseille, Carpentras, Toulon, Avignon, La Seyne, Aubagne, Martigues, Draguignan…

    Partout son idéologie haineuse doit être battue par des listes d’union des progressistes et lorsque la configuration du second tour l’impose, par des listes de démocrates et de républicains sincères.

    Selon les résultats de dimanche notre région, notre pays, auront un visage très différent.

    Rarement une élection municipale n’aura revêtu un sens politique si fort.

    Rien n’est écrit d’avance et la participation sera l’une des clés du scrutin.

    Chaque voix va compter.

  • À la croisée des chemins

    À la croisée des chemins

    La deuxième de France connaîtra son prochain maire dans moins de 48 heures. C’est sans doute, l’enjeu le plus important au plan national au regard de la configuration du second tour.

    C’est la ville la plus peuplée sur laquelle le RN a mis une cible. Dans sa stratégie de conquête du pouvoir, tout entière tournée vers la présidentielle, le parti d’extrême droite espère faire de Marseille le plus beau de ses trophées.

    Marine Le Pen, aux prises avec la justice, et Jordan Bardella, sa doublure en cas de condamnation pour la course à l’Élysée, ont décidé d’investir Franck Allisio comme un symbole de leur volonté de « normalisation ».

    Langue de bois, communication lisse, cravate ajustée, expression hésitante, il a été choisi pour trancher avec Stéphane Ravier et incarner une extrême droite « présentable ».

    Grimace

    Le pari était presque réussi lorsqu’au soir du premier tour, le candidat s’est félicité d’avoir mis à son plus bas niveau la droite républicaine, espérant transformer l’essai ce dimanche.

    Son sourire s’est transformé en grimace lorsque le candidat insoumis a pris la responsabilité de se désister et que la candidate de droite dont il espérait vampiriser définitivement l’électorat s’est quant à elle maintenue.

    Il a laissé échapper des mots laissant transparaître son projet politique : division, mépris, rejet.

    Pour autant rien n’est joué. Progressistes, démocrates, républicains sincères, abstentionnistes du premier tour doivent se mobiliser pour faire échec à l’extrême droite, elle représente le pire de notre histoire. Évitons à Marseille de connaître le pire de son avenir.

    La deuxième ville de France est à la croisée des chemins.