Un pôle santé pour faire face à la désertification médicale à Lézan

À Lézan, la nouvelle plaque porte le nom du docteur Henri Deleuzon, médecin de campagne resté dans la mémoire du village. Un hommage qui sonne presque comme un rappel : dans les territoires ruraux, pouvoir consulter un généraliste près de chez soi n’a plus rien d’une évidence. Jeudi 10 septembre, plus de 200 habitants se sont réunis pour inaugurer le nouveau pôle de santé de la commune, ouvert depuis la fin de l’année 2025.

Installé en plein cœur du village, à quelques mètres de la pharmacie, l’équipement doit assurer une offre de soins pour près de dix communes, soit un bassin d’environ 8 000 habitants. Deux médecins y exercent déjà, au sein d’un réseau comprenant également pharmacien, infirmières, kinésithérapeute, dentiste, podologue ou ambulancier. Mais la municipalité ne cache pas son objectif : en attirer d’autres. Car avec ses 81 médecins pour 100 000 habitants, le Gard est, derrière la Lozère, le département d’Occitanie à la plus faible densité médicale.

Le droit d’être soigné

Pensé depuis plusieurs années, le pôle représente 734 000 euros HT, dont 344 000 financés par la commune et 123 700 par le Département, aux côtés de l’État et d’Alès Agglomération. Un effort qui illustre le poids pris par les collectivités face aux déserts médicaux.

« La santé ne peut pas être une variable d’ajustement », ont défendu les élus lors de l’inauguration. Une formule qui dépasse largement le cas lézanais. Si la santé demeure d’abord une compétence de l’État, intercommunalités, Département et Région multiplient les initiatives pour colmater les brèches. Le Département promet ainsi l’arrivée de 35 médecins juniors d’ici fin 2026 dans le cadre de son plan santé 2024-2027. Mais à Lézan, le défi reste entier : attirer durablement des praticiens pour que le droit à être soigné ne dépende pas de son adresse.

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