« Un écart persistant subsiste entre, d’une part, les objectifs de parité affichés et, d’autre part, la féminisation des nominations. La proportion de femmes préfètes s’est réduite de 27% à 24% entre 2019 et 2024 », alerte la Cour des comptes dans un rapport consacré à la gestion des préfets, rendu public le 28 juillet.
Malgré les discours officiels, la fonction de préfet reste donc un bastion masculin où la part des femmes, loin de progresser, accuse un net recul depuis le début des années 2020. « La France ne compte plus désormais que 17,5% de préfètes de département ou de région. Pour 82,5% d’hommes », déplore l’Observatoire régional de la parité d’Occitanie, qui a décidé d’interpeller publiquement le président de la République à ce sujet. Avec 4 de ses 13 départements administrés par une femme (Chantal Mauchet dans l’Hérault, Fabienne Decottignies dans le Gard, Marilyne Poulain dans le Lot et Sibylle Samoyault dans Les Hautes-Pyrénées – nomination effective à partir du 24 août 2026 -), soit une proportion de près de 31% de femmes, l’Occitanie fait mentir les statistiques. Hélas elle est l’exception.
Créée par Napoléon, la fonction de préfet est très longtemps restée réservée aux hommes. Il a fallu attendre l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 pour qu’une première femme, Yvette Chassagne, soit nommée préfète. La part des femmes a ensuite progressé très lentement… « En 2012, la loi Sauvadet a imposé aux employeurs publics, donc à l’État, une part d’au moins 40% de femmes dans les premières nominations des emplois supérieurs, dont ceux de préfet », rappelle l’Observatoire régional de la parité d’Occitanie. De 6% en 2005, cette part avait fini par atteindre 27% en 2019… avant de refluer. Au sein de l’administration, peu de secteurs affichent désormais une domination aussi écrasante du genre masculin. « Ainsi, au vu du plafond de verre blindé qui s’ajoute celui du plancher collant pour 38% de sous-préfètes, dans son rapport, la Cour des comptes demande à “l’autorité de nomination” [le président de la République, Ndlr.] de veiller, “à la cohérence de ses décisions avec l’objectif de nomination fixé par la loi”. En foi de quoi l’Observatoire régional de la parité d’Occitanie lui demande à son tour d’user avec audace de son pouvoir exorbitant de choix des personnes pour traduire au sommet de la pyramide administrative ces nominations paritaires qui s’imposent et ne peuvent plus attendre. »

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