Tag: parité

  • Des femmes oui, mais progressistes !

    Des femmes oui, mais progressistes !

    La loi qui a étendu le scrutin de liste paritaire aux communes de moins de 1 000 habitants a mécaniquement provoqué une progression notable du nombre de conseillères municipales. Mais il est toujours très difficile pour une femme d’accéder au fauteuil de maire. Le plafond de verre est loin d’avoir disparu et les femmes sont encore barrées pour les têtes de liste et restent cantonnées à certaines délégations que les vieilles idées reçues persistent à voir comme « féminines ».

    Si la parité est un vrai combat, il ne saurait être déconnecté de la bataille politique, ni coupé des autres faits marquants de cette élection. La grande tendance est celle de la progression à droite et de l’implantation de l’extrême droite. Tendance qui se retrouve dans les résultats de notre région.

    Double combat

    Les trop rares femmes élues sont souvent de droite ou d’extrême droite. Difficile de ne pas se réjouir qu’une Laure Lavalette n’ait pas accédé à la tête de la mairie de Toulon, fut-elle une femme. Comment ne pas avouer qu’à Aix-en-Provence, on aurait préféré voir la liste progressiste prendre les clés de la mairie, fut-ce par un homme, Marc Pena, et à une femme, Sophie Joissains ? Et personne ici n’oublie Mme Thatcher ou ne votera Marine Le Pen parce qu’elle est une femme.

    Si la gauche met davantage que les autres partis politiques des femmes tête de liste, c’est manifestement encore insuffisant. Les femmes progressistes sont donc confrontées à un double combat : faire progresser des idées de progrès social et prendre leur juste place dans cette bataille.

  • Parité, fin du panachage : des avancées non sans difficultés

    Parité, fin du panachage : des avancées non sans difficultés

    Pour les quelque 25 000 communes françaises de moins d’un millier habitants dont 175 (sur 341) dans l’Hérault et 208 (sur 351) dans le Gard, ces municipales auront le parfum de la nouveauté. Pour la première fois la parité sera obligatoire et le panachage, cette pratique qui permettait de rayer ou d’ajouter des noms sur les listes, interdit.

    Pour l’Association des maires de France, la réforme adoptée au printemps 2025 est positive. Avoir autant de femmes que d’hommes élus dans les mairies est bien entendu progressiste. Quant à la fin du panachage, le nouveau mode de scrutin permet de « voter pour une liste et un projet » plutôt que de se livrer à un « règlement de comptes », estime Frédéric Roig, président de l’AMF de l’Hérault.

    La fin du « tir au pigeon »

    « Le panachage, c’était un peu le tir au pigeon », explique Michel Crespy. « Les voisins mécontents réglaient leurs comptes au détriment des idées », illustre le politologue.

    Pour autant, ce changement drastique n’est pas sans conséquences. « On ne peut pas parler de bouleversement du scrutin mais la parité rend plus compliquée la constitution des listes. Plus la commune est petite, plus c’est difficile », résume Michel Crespy. Par ailleurs, les conseils municipaux des petites communes étant majoritairement constitués d’hommes, il va falloir apprendre laisser la place. « C’est très bien, cela va renouveler les conseils municipaux et mettre fin au male gaze [le regard masculin, Ndlr]. »

    En 2020, la réforme s’était déjà imposée aux communes de 1 000 à 3 500 habitants. La conséquence avait été une baisse des candidatures avec 48% des communes concernées avec une seule liste. Couplé à la fin du panachage, le risque pour l’électeur en l’absence de suspens est une perte d’intérêt au vote qui peut se traduire par une abstention en hausse. D’un autre côté, « s’il n’y a qu’une liste déclarée c’est que les citoyens ne sont pas si mécontents que cela de la municipalité en place », tempère Michel Crespy.

    Dernière conséquence et pas des moindres, une crise des vocations pourrait toucher certains villages. Actuellement plusieurs dizaines de communes françaises (contre seulement 17 en 2020) pourraient se retrouver sans aucune liste. Pour elles, le risque serait d’être placées sous administration provisoire de la préfecture voire d’être rattachées à une autre commune.

  • La parité c’est faire vivre l’égalité

    La parité c’est faire vivre l’égalité

    C’était une anomalie indigne d’une démocratie digne de ce nom : l’absence de parité entre les femmes et les hommes sur les listes dans les communes de moins de mille habitants. Le scrutin municipal de mars prochain verra donc cette injustice enfin réparée. Les conseils municipaux, partout sur le territoire, seront bien plus représentatifs de la population. Dommage qu’en la matière, seule la contrainte de la loi a permis aux femmes d’accéder à des mandats. Le chemin demeure semé d’embûches, la politique étant toujours dominée par le poids du patriarcat et une misogynie ambiante si néfaste à la démocratie.

    Le prix de la démocratie

    Cette parité femmes-hommes pour les fonctions électives dans les petites communes permettra un renouvellement nécessaire et participe aussi d’un combat fondamental : ramener aux urnes les abstentionnistes.

    La loi met également fin au « panachage », plus crûment dit à la possibilité de rayer des noms sur les listes. Là encore c’est une pratique d’un autre âge qui revenait, en fait, à régler des comptes.

    On ne peut pas revivifier la démocratie, surtout quand elle est affaiblie par les discours démagogiques et populistes, en continuant à flatter les bas instincts : exclure les femmes et raturer des noms.

    Alors, oui, c’est difficile, c’est plus long et fastidieux de bâtir des listes. Mais n’est-ce pas le prix de la démocratie ? Dans un pays où près de 70% des communes comptent moins de mille habitants, instaurer la parité femmes-hommes, c’est faire vivre la liberté, l’égalité, la fraternité… et la sororité.

  • Loi parité, avancée majeure et casse-tête local

    Loi parité, avancée majeure et casse-tête local

    La date limite pour déposer les listes de candidats pour le premier tour du scrutin municipal est fixé au 26 février. Dans certaines communes, la composition des équipes en lice peut tourner au casse-tête. De nouvelles règles sont en effet en vigueur pour cette campagne 2026. La proposition de loi « visant à harmoniser le mode de scrutin aux élections municipales afin de garantir la vitalité démocratique, la cohésion municipale et la parité » a été adoptée par l’Assemblée nationale après de vifs débats, le 7 avril 2025. Elle a été validée par le Sénat, un mois plus tard.

    Concrètement, ce texte prévoit de généraliser le scrutin de liste paritaire aux communes de moins de 1 000 habitants : les listes doivent respecter la parité, ce qui signifie être composées d’autant de femmes que d’hommes, avec une alternance stricte entre les genres.

    Fin du système de panachage

    Auparavant, dans ces petites communes, le scrutin majoritaire plurinominal en vigueur ne permettait pas d’imposer la parité. Un système de panachage donnait la possibilité aux votants de rayer certains noms. Un procédé qualifié de « tir aux pigeons », l’an passé, par les rapporteurs du texte au Sénat. Dorénavant, ces communes éliront leurs représentants à partir de listes paritaires, sans possibilité de panachage. Ces changements doivent « permettre la constitution d’équipes municipales cohérentes et moins fragiles », déclarait, en avril 2025, la ministre déléguée chargée de la Ruralité de l’époque, Françoise Gatel.

    Selon une étude publiée par la Caisse des dépôts en septembre dernier, la part des femmes dans l’ensemble des conseils municipaux élus en 2020 s’établit à 41,5%. Avec, toutefois, des écarts très marqués selon que l’on considère les maires (17,5%), les adjoints (36,4%) ou les conseillers municipaux (40,9% chez les conseillers indemnisés et 45,8% chez les conseillers non indemnisés). Sans surprise, la part des femmes est plus faible dans les conseils des communes de moins de 1 000 habitants, pour lesquelles aucune obligation de parité ne s’appliquait en 2020 : elle atteint 37,6% dans ces communes.

    L’objectif de la loi est donc de renforcer la présence des femmes parmi les candidates aux élections municipales. La France compte quelque 25 000 communes de moins de 1 000 habitants, soit environ 70% de l’ensemble des communes. Elles vont donc devoir s’adapter pour parvenir à la parité ou la maintenir. « Dans l’immense majorité des cas, ce sont des hommes qui vont devoir laisser leur place à des femmes élues », observait Julia Mouzon, présidente du réseau des Élues locales, dédié à la formation des femmes élues, sur France Inter en novembre dernier.

    Le dépôt de liste incomplète possible

    à ses yeux, il s’agit d’une « question de culture locale » à faire évoluer : « Il faut avoir en tête que même si l’application peut être difficile sur le moment, ce sont des lois qui réveillent notre vie politique, qui font entrer des personnes qui n’étaient pas dans la politique, qui obligent des têtes de listes à s’interroger pour savoir comment est-ce qu’elles vont inciter des personnes à venir participer à la vie de la cité. »

    Certains parlementaires ou élus locaux s’inquiètent de voir des communes de moins de 1 000 habitants dans l’impossibilité de constituer des listes dans le cadre de ces nouvelles dispositions. Plus de soixante sénateurs avaient ainsi saisi le Conseil constitutionnel pour contrer cette loi parité, en avril 2025, évoquant dans un communiqué « un risque de déstabilisation (…) et d’appauvrissement du nombre de candidats ». Les Sages n’avaient pas donné suite, le texte étant considéré en tout point conforme à la Constitution. La loi a donc été promulguée.

    Pour tenir compte des caractéristiques et faciliter la constitution des listes dans ces communes de moins de 1 000 habitants, la loi autorise cependant le dépôt de listes incomplètes, mais fixe un seuil minimum de candidats par liste : cinq dans les communes de moins de 100 habitants ; neuf dans les communes de 100 à 499 habitants ; treize dans les communes de 500 à 999 habitants.

    Reste à voir comment les communes relèveront ce défi pour faire vivre, concrètement, l’ambition de parité au cœur de la démocratie locale.

    En chiffres

    41,5%

    La part des femmes dans les conseils municipaux élus lors du scrutin de 2020, en France, selon la Caisse des dépôts.

    37,6%

    La part des femmes dans les conseils municipaux élus lors du scrutin de 2020, cette fois dans les communes de moins de 1 000 habitants. Par département : Bouches-du-Rhône entre 46 et 51%,

    Var entre 39 et 42%,

    Vaucluse entre 39 et 42%, Hautes-Alpes entre 34 et 39%, Alpes-de-Haute-Provence entre 34 et 39%.

    25 000

    Le nombre environ de communes de moins de 1 000 habitants comptabilisées en France et qui sont donc concernées par la généralisation de la loi sur le scrutin de liste paritaire.

  • Femmes de steel, un réseau pour féminiser l’industrie à Arcelor

    Femmes de steel, un réseau pour féminiser l’industrie à Arcelor

    Dans une petite salle en rez-de-chaussée du bâtiment DB27, sept collégiennes en cercle se font passer un cri. D’abord crispées, secouées de rires nerveux, elles finissent par se prendre au jeu, guidées par Christine Hinque. L’exercice peut avoir l’air loufoque, mais l’intervenante, spécialisée en théâtre d’improvisation, explique : « Ça donne l’autorisation aux filles de prendre le pouvoir en faisant tomber les barrières ».

    Et des barrières, dans l’orientation ou le monde du travail, il y en a pléthore. Qu’elles soient réelles ou intériorisées. C’est pour les faire tomber que la direction de la communication du site fosséen d’ArcelorMittal a créé, en 2015, le réseau Femmes de steel qui organise chaque année une journée de découverte des métiers industriels. Depuis son lancement, le collectif a touché 780 jeunes filles. Ce mardi 27 janvier, c’était au tour de 131 collégiennes et lycéennes de six établissements de Fos-sur-Mer, Istres, Martigues, Châteauneuf-les-Martigues et Arles de visiter les installations et d’expérimenter les postes de l’aciérie.

    Des représentations genrées

    Emy et Chloé, en 3e au collège des Amandeirets, n’avaient jamais vu de près les hauts-fourneaux. Fascinées par les EPI (équipements de protection individuelle), elles se font tirer le portrait devant une immense photo de la coulée continue. Les deux élèves apprécient l’événement, bien qu’elles sachent ce qu’elles veulent faire plus tard : « Criminologue et organisatrice d’événements, plus particulièrement de mariages ». « On n’a pas le cerveau pour faire des sciences techniques », justifient-elles.

    Un préjugé qui a la peau dure. La référente égalité du collège Alphonse Daudet, à Istres, témoigne : « J’ai réalisé l’an dernier à quel point les représentations sont genrées. Je suis hyper attentive en conseils de classe et je me rends compte que beaucoup de filles partent dans le social et l’esthétique, tandis que les garçons pensent plutôt à des filières techniques de niche ». Géraldine Dautheribes, professeure de technologie dans le même établissement, glisse : « Ce n’est pas vraiment un choix qu’elles font, puisque l’aide à la personne et l’esthétique ça n’a rien à voir. On ne leur propose que ça, alors que plein de choses existent, à nous de leur montrer ».

    Sa collègue reprend : « On a l’impression que les filles choisissent par dépit dans le petit univers qu’on leur donne. Il faut faire venir des représentations de femmes dans plein de métiers différents, pour qu’elles aient des modèles ».

    29% des embauches

    en 2025

    Pour Chloé Gros, responsable du service maintenance électro-mécanique du département logistique d’Arcelor, cette journée Femmes de steel permet aux élèves de se faire une image réelle de l’industrie, parfois fantasmée, et d’avoir « des points de contact dans l’usine avec un ancrage féminin ». « Les rencontres, ça change tout, ça peut susciter un intérêt et être une porte d’entrée dans le secteur », poursuit-elle. Fanny en sait quelque chose. Elle est venue découvrir l’aciérie il y a quelques années dans le cadre du réseau et travaille désormais dans la préparation de travaux en maintenance.

    Isabelle Cristini, directrice des ressources humaines du site, perçoit une dynamique positive dans la course à la parité. « Le comité de direction compte 50% de femmes, tout comme le conseil d’administration », affirme-t-elle. L’entreprise s’impose l’égalité pour ce qui relève des jobs d’été et des contrats GEIQ de réinsertion.

    Certaines disparités persistent néanmoins, notamment sur les postes techniques. À Fos, les femmes représentent 10% des effectifs dans l’usine, 30% des contrats de stage et 29% des embauches en 2025. Une part qui atteint les 40% concernant les recrutements de cadres. « On a ces chiffres car on a très peu de candidates », explique Isabelle Cristini.

    D’où l’intérêt du réseau Femmes de steel. Et cette journée porte ses fruits ! Selon une enquête menée par ArcelorMittal à la fin de chaque édition, 56% des participantes affirment que l’événement les a aidées à faire un choix dans leur orientation. 22% disent avoir envisagé un métier technique avant de mettre les pieds dans l’aciérie, un chiffre qui augmente de 8 points à la fin de la découverte, les secteurs de la digitalisation, de la chimie ou de l’ingienérie étant les plus cités.

  • Des ingénieures pour inspirer les lycéennes de Thiers

    Des ingénieures pour inspirer les lycéennes de Thiers

    Les élèves, venues nombreuses, sont ravies d’entendre de vives voix les témoignages de celles qui se sont lancées dans les études de sciences ou de l’ingénierie. Comme Céline Roubinowicz, consultante chez Airbus, qui leur conseille : « Restez vous-même ! Peu importe le domaine, vous n’avez pas besoin de vous travestir pour que ça fonctionne ! »

    Pour Shaïma, en classe préparatoire : « Ce qu’elles sont venues nous raconter, c’est rassurant. Je trouve ça génial, on a plein de conseils ! » de son côté, Angelica, abonde en ce sens et se dit « très contente de rencontrer des femmes qui s’épanouissent dans leur travail ».

    « Les garçons sont très avantagés »

    Pour Abdel Dahmani, professeur de science de l’ingénieur : « Dans ma matière, je remarque de grosses différences filles-garçons, surtout sur la concentration et l’implication. Les filles sont beaucoup plus investies. » Il poursuit : « Il y a toujours un moment de basculement dans notre matière, où on commence à travailler sur la mécanique et le manuel, et les garçons se retrouvent très avantagés, parce que les parents les éduquent à tout ça. »

    Isabelle Brunel, elle aussi professeure, exprime le manque de modèles pour les adolescentes : « D’où l’intérêt d’avoir des moments comme celui-ci. Certes, ces carrières peuvent faire peur, parce que les filles ont conscience qu’elles ont l’idée de devoir gérer le foyer, du coup ces domaines leur paraissent difficiles. Les intervenantes sont aussi là pour casser ces clichés et leur apporter des réponses. »

    Parité en berne

    Le constat est amer dans les filières scientifiques. Les jeunes filles sont très sous représentées dans ce secteur. En 2024, les écoles d’ingénieurs n’en comptaient que 30% dans leurs effectifs, selon le dernier baromètre égalité femmes-hommes, produit par la Conférence des grandes écoles (CGE). Au lycée Thiers, on ambitionne d’arrêter l’hémorragie en invitant l’association d’ingénieures, qui œuvre depuis 19 ans pour renforcer la mixité dans les secteurs scientifiques, technologiques et industriels. À la fin des échanges avec l’association, les ados commencent déjà à songer autrement à l’avenir, comme Célia, en seconde : « On est moins de filles dans les matières scientifiques, donc je pense que ça nous a toutes fait beaucoup réfléchir ! »