En décidant de maintenir son activité dans les quartiers Nord de Marseille, au chemin de la Madrague-Ville (15e) l’entreprise de peinture aéronautique Satys hérite aussi du lourd passif du site. De l’ancienne activité de Protec Métaux Arenc reste en effet la lourde pollution au chrome VI, la forme la plus dangereuse du chrome, cancérigène. Un dossier suivi depuis longtemps, avec la mise en place d’un plan de gestion en février 2021. Mais si la rénovation du site et la poursuite de l’activité à permis de maintenir 120 emplois industriels, le chantier de dépollution doit désormais être adapté, alors que les objectifs fixés pour dépolluer les eaux souterraines n’ont toujours pas été atteints. Certes, des injections d’acide ascorbique ont été réalisées, à trois reprises en 2022, pour réduire la concentration en chrome VI. Mais tandis que le plan de gestion imposait une concentration de 0,1 mg/L dans les eaux de la fontaine installée dans la résidence voisine, ce sont des concentrations de 30 mg/L qui sont mesurées, « rejetées in fine dans le milieu naturel sans traitement préalable ». Avec des conséquences sur les installations voisines : « Les infiltrations d’eaux polluées dans le tunnel du Soulat en provenance du site sont susceptibles de compromettre sa remise en service à court terme, compte tenu des désordres potentiellement occasionnés sur l’ouvrage et des risques sanitaires éventuellement encourus par le personnel en charge de la maintenance », écrit la préfecture. Or, c’est ce tunnel qui permet de relier le terminal de Mourepiane, où ont été transférées les installations ferroviaires du Cannet. La préfecture demande donc à Satys de mettre à jour d’ici fin avril son plan de gestion, mais surtout de mettre en place avant ce lundi un pompage et un traitement des eaux polluées, « en vue d’épuiser le stock d’eau et de chrome mobilisable ».
À Marseille, le tunnel de Mourepiane menacé par la pollution

Leave a Reply