Tag: pollution

  • Des dossiers chauds sur le bureau du préfet

    Des dossiers chauds sur le bureau du préfet

    Mouvement lycéen, avenir de Fibre Excellence à Tarascon, ligne THT… Le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, a fait le point, ce mercredi 14 octobre, sur les grands sujets en cours et à venir sur le territoire.

    La doctrine inchangée sur le mouvement lycéen

    Fixée au niveau national, rappelle le préfet, la doctrine reste inchangée sur le déploiement des forces de police pour « accompagner le mouvement ». Et de s’adresser plus officiellement aux lycéens qui manifestent : « Faites attention, une manifestation peut susciter des tensions, de l’enthousiasme et des effets de foule, cela peut entraîner parfois des gens à faire des choses qu’ils n’auraient pas eu l’idée de faire. Ce qui met en danger beaucoup de monde. » Revenant sur la manifestation de la veille, mardi, qui s’est « bien passée », Jacques Witkowski alerte sur un contexte qui peut dégénérer : « Tout le monde arrive à un point de fatigue, on est sur le fil du rasoir des deux côtés. » Il se félicite également que des mobilisations aient été encadrées par des syndicats, « ce qui facilite » les choses avec « un parcours notamment ».

    Le préfet revient sur les derniers faits de violence, comme ce policier à Saint-Charles, mardi, qui s’est pris un coup de marteau sur la tête. Soit « 58 policiers ayant été blessés depuis le début du mouvement ». On compte aussi 900 interpellations sur la zone Sud, 336 dans le département « essentiellement des mineurs ». « Un jeune a été arrêté cette nuit à Martigues en possession de quatre bouteilles incendiaires », annonce-t-il. Quant à la journée du 17 octobre, « nous n’avons aucun renseignement et aucune déclaration de manifestation déposée », assure-t-il.

    Bientôt du neuf

    sur la ligne THT ?

    Le projet de ligne à très haute tension, 65 km à 400 000 volts, porté par RTE (Réseau de transport d’électricité) pour alimenter les bassins Ouest du Grand port maritime et qui suscite de nombreuses contestations sur son trajet, suit son cours. La logique voudrait qu’une enquête publique ne tarde pas à être déclarée pour que chacun donne son avis et que la question soit tranchée avec la présidentielle en 2027.

    Le risque « géré » à Fibre excellence Tarascon

    Sur la situation du site de Fibre excellence à Tarascon, la liquidation « se poursuit avec hélas un comportement incompréhensible du liquidateur », déplore Jacques Witkowski, « ce qui nous a amenés à faire des choses inédites ». Pour mémoire, le syndicat CGT a dénoncé la contamination des eaux du Rhône après l’arrêt de l’usine de pâte à papier et de sa station d’épuration. Faute d’avoir « réussi à convaincre », les services de l’État ont dû contraindre puis faire deux articles 40 avant de se substituer, rappelle le préfet. L’Ademe a pris la main pour piloter les opérations de sécurisation, et après un appel d’offres d’urgent, elles ont été sous-traitées à Suez. Le tout à la charge du liquidateur. « Le risque, on le gère, mais je n’en resterai pas là », prévient le préfet.

    Quant à la vente puis à la reprise du site, elles ne seront possibles que lorsque la pollution aura été clairement évaluée et validée par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). « On a des repreneurs avec des candidatures sérieuses », révèle-t-il en partie pour « des activités industrielles », mais visiblement pas de papetier.

    Un centre d’accueil

    pour les consommateurs de crack

    Sur la consommation de crack exponentielle dans certains quartiers, « un véritable problème sanitaire et social, on n’a pas mal progressé », estime le préfet. Un troisième Caarud (Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues) temporaire de 17 places va ouvrir ses portes, la semaine prochaine et jusqu’en janvier, sur un terrain de la SNCF, aux alentours de la gare Saint-Charles. De quoi compenser aussi la fermeture de l’autre Caruud, le Sleep In, le 26 mai, pour insalubrité, et dont les « travaux sont en bonne voie », en attendant de « trouver une solution plus pérenne ».

    Le procureur de la République a aussi mis en place un Groupe local de traitement de la délinquance, précise le préfet. Une première opération, le 29 septembre, a permis de mettre de jeunes femmes à l’abri avec injonctions thérapeutiques, « elles restent dans les structures qu’on a et s’engagent dans un accompagnement ». Tous les hommes étant eux repartis. « Je souhaiterais agrandir le périmètre de l’hébergement temporaire pour les plus fragiles, destiné aux consommateurs de stup’, sans impacter financièrement la mise à l’abri classique », ajoute Jacques Witkowski, espérant obtenir gain de cause auprès du gouvernement. Quant à la halte soins addiction pour laquelle plaident la Ville de Marseille et des associations, le préfet se met à disposition de qui lui trouvera un local, « et on essaiera de faire quelque chose ». Une position invariée depuis dix mois, assène-t-il.

    Un budget métropolitain compliqué

    Alors que la décision modificative du budget de la Métropole va être soumise au vote ce jeudi 15 octobre, le préfet ayant dû saisir la Chambre régionale des comptes en avril dernier, les élus de la collectivité refusant d’entériner la baisse des dotations de l’État, Jacques Witkowski se félicite qu’elle ait repris « sa ligne budgétaire ». Pour faire face à un « déséquilibre » de 144 millions d’euros, ce dernier avait proposé de tailler 53 millions dans les attributions de compensation faites aux communes, au grand dam des maires. La Métropole a depuis trouvé une « solution comptable » avec cette décision modificative, assure-t-elle dans un communiqué mardi. « J’espère que le budget 2026 trouvera un point final d’exécution, il est temps », souhaite-t-il, augurant d’un budget 2027 tout aussi compliqué, sur fond d’austérité.

  • Des kilos de plastique aux abords du lac de Serre-Ponçon

    Des kilos de plastique aux abords du lac de Serre-Ponçon

    « Avant, je ne me préoccupais pas du plastique que je voyais en me baladant », se souvient Jean-Paul Coulomb, bénévole à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Écrins-Embrunais. Mais il y a dix ans, alors qu’il venait observer les oiseaux dans la zone humide du Liou, lieu riche en biodiversité le long du lac de Serre-Ponçon, il trouve « un champ de déchets » et décide de les enlever. Depuis, le retraité organise régulièrement des ramassages, mobilisant parfois des dizaines de personnes. Avec à leur actif plus de 110 000 litres de déchets plastiques extraits du lac, depuis janvier 2017 : « De quoi ériger une colonne de 1 mètre carré de base et 110 mètres de haut, soit deux fois la hauteur de la cathédrale de Notre Dame de la Garde à Marseille, statue de la Bonne Mère comprise ! ».

    Depuis la zone du Liou, lieu de passage pour de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs, « on se prend le vent plein pot », explique le retraité. Le lac ramène donc régulièrement des déchets plastiques, accrochés sur les centaines de bouts de bois portés par le courant. « Les vents et les courants les concentrent pour l’essentiel en amont du pont de Savines-le-Lac mais aussi, plus loin en aval en rive droite, jusqu’à l’anse du Riou Bourdou, sans oublier l’arrivée de l’Ubaye », explique la LPO. Il suffit de marcher quelques mètres à peine sur la berge et de fouiller le sol du bout de la chaussure pour observer des dizaines de morceaux de plastique en tout genre. « La plupart ne proviennent pas d’incivilités », note le bénévole. Pour comprendre la provenance de ces déchets, il faut plutôt se tourner vers d’anciennes décharges communales, implantées à proximité immédiate des cours d’eau dans les vallées. Quand des orages violents éclatent, les torrents emportent ces déchets, dont certains ont plusieurs décennies. « Une fois, j’ai trouvé une bouteille de lait dont l’année de péremption était 1978 », lance Jean-Paul Coulomb. Avec les années, il a l’œil : un instant lui suffit pour reconnaître l’origine d’un bout de plastique. Ici, un briquet, là une capsule de bouteille de gaz. Plus curieux, des dizaines de petits cylindres transparents sont visibles. « Il s’agit de biomédias, utilisés pour ceux-là par la station d’épuration d’Abriès, à plusieurs kilomètres d’ici, qui a fuité en avril 2025 ».

    Macro et microplastiques

    Au-delà de la pollution visuelle, c’est surtout les risques pour la santé humaine qui inquiètent les bénévoles de la LPO. « Les impacts sur le paysage et le tourisme, on s’en fiche presque. Ces macroplastiques se dégradent en microplastiques, explique Jean-Paul Coulomb. On en retrouve partout dans l’organisme humain. » Face à cette « bombe à retardement », les bénévoles regrettent que la puissance publique ne s’implique pas d’avantage.

    Agathe Di Lenardo

  • [Entretien] Lucie Guermond : « On va être de plus en plus touchés par le manque d’eau »

    [Entretien] Lucie Guermond : « On va être de plus en plus touchés par le manque d’eau »

    La Marseillaise : Quels enseignements tirer de ce panorama ?

    Lucie Guermond : Regard Sur l’Eau est un travail partenarial qui veut synthétiser les enjeux de l’eau pour les collectivités. En 2025, on considérait 54% des masses d’eau de surfaces en bon état écologique, des contrastes marqués entre le secteur alpin et le littoral, et plus de dégradations dans les zones agricoles. Cette parution dresse un portrait de l’état de nos milieux aquatiques et identifie les différentes pressions qui s’y exercent. On en dénombre cinq : la surexploitation des ressources, l’artificialisation et l’altération physique des milieux, la pollution, les espèces exotiques envahissantes et, enfin, le changement climatique. Ce dernier point exacerbe tous les autres et impacte aussi bien la quantité que la qualité de la ressource en eau. On prévoit une baisse de 10 à 20% des débits moyens annuels d’ici 2050, qui ira jusqu’à 50% pour les débits estivaux d’ici la fin du siècle. Aussi, aujourd’hui, une grande partie de la gestion régionale de l’eau est tributaire de l’enneigement du massif alpin, qui pourrait réduire de moitié d’ici 2030.

    Quelle place tient la région Paca dans le constat par rapport
    au reste du territoire national
     ?

    L.G. : Au niveau national, cet été s’est remarqué par la multiplication des canicules et les modélisations scientifiques montrent qu’on se dirige vers des phénomènes extrêmes de plus en plus fréquents et puissants. L’été 2026 a également été le plus chaud jamais enregistré en région et des déficits en eaux souterraines persistent dans certains secteurs, notamment à l’est, dans le Var et en Provence verte. Il est important de rester vigilant et de prendre en compte que le changement climatique et les sécheresses seront plus marqués à l’avenir. C’est le message qu’on veut faire passer : on va être de plus en plus touchés, on l’est déjà et ça s’accentue.

    Ce rapport s’adresse-t-il aux élus ?

    L.G. : Comme le dit le proverbe : « On protège ce que l’on aime et on aime ce que l’on connaît. » L’objectif est de permettre aux élus de saisir les enjeux que présente la ressource en eau, pour que les collectivités puissent décliner des réponses d’adaptation et de restauration des milieux sur leurs territoires. On publie nos travaux aujourd’hui, mais le travail se fait tout au long de l’année, via différents outils : notre analyse des enjeux en région doit favoriser la prise en compte de l’eau et des milieux aquatiques dans les programmes des politiques et des pouvoirs publics.

  • [Fibre Excellence] Des sous-traitants inquiets et des fonctionnaires rapatriés

    [Fibre Excellence] Des sous-traitants inquiets et des fonctionnaires rapatriés

    « On parle de 5 000 emplois induits pour la filière bois, mais il y a aussi tous nos prestataires de services qui commencent à sérieusement sentir les conséquences de l’arrêt de la production », explique Romain Omont, qui travaille depuis 2004 sur le site.

    « Les sociétés Ortec, ou la SAS Phénix pour le nettoyage industriel, la société Someca pour la maintenance mécanique, Soprobois qui assure la récolte et le transport de bois en circuits courts en Paca et Occitanie… », commence à lister un autre ouvrier. Et lundi 21 septembre, deux d’entre elles se sont cassés le nez sur la barrière tenue fermée par les employés de Realtec. La représentante de Chimirec qui traite les produits stockés sur le site dans des conteneurs n’a pas pu accéder à son matériel et restait « dans l’expectative d’une réponse des liquidateurs. Car on ne sait pas sur quel pied danser ».

    Encore moins heureux en manœuvre, le chargé d’affaires de la société d’échafaudages Soprovise s’est également vu refuser l’entrée sur le site où il dispose d’un local cadenassé dans lequel est entreposé du matériel de son entreprise. Les salariés présents dans l’usine témoignent d’un portail fracturé et ils ont « photographié des salariés de Realtec en train d’embarquer des parties d’échafaudage dans un conteneur ». Jean-Michel Bulinge explique encore : « Il nous a dit qu’il devait déposer une plainte pour du matériel saccagé et utilisé. »

    Du côté casse sociale, les inquiétudes sont lourdes et les effets sont en passe de se produire à la chaîne.

    Un scandale d’État

    En conférence de presse à la Bourse du travail de Marseille, ce mercredi, François Canu, secrétaire de l’UD CGT 13 s’est aussi alarmé : « Ils liquident Fibre Excellence Tarascon en ce moment. Les Finances publiques ont déjà rapatrié à Marseille les 20 postes qui étaient implantées sur le territoire de Tarascon. Quand on dit qu’il y a la suppression de 270 d’emplois, ce n’est pas seulement 270 emplois mais 5 000 indirects et induits. » René Sale, pour l’UD FO 13, abonde : « C’est un scandale d’État qui a donné plus de 130 millions à un actionnaire voyou. Durant l’été, nous avons dit à de nombreuses reprises au Préfet que les seuls à même de sécuriser le site étaient les salariés du site. Aujourd’hui, l’État envoie l’Ademe après que des produits toxiques se sont déversés dans les eaux du Rhône. Le mandataire liquidateur est un croque-mort et corbeau qui spolie les salariés. » Une liquidation trop abrupte qui crée du chômage par ruissellement…

  • À La Ciotat, le voilier toujours tanqué

    À La Ciotat, le voilier toujours tanqué

    Quant à l’enlèvement du voilier qui gît aujourd’hui sur le flanc, le « dossier » est entre les mains des services de l’État et notamment de la DDTM
    « avec lesquels la ville est en lien régulier concernant la procédure engagée », précise la Mairie. Patience et longueur de temps…

  • Les liquidateurs de Fibre Excellence ont gardé les clés de l’usine

    Les liquidateurs de Fibre Excellence ont gardé les clés de l’usine

    « On s’attendait ce matin à voir Realtec et les mandataires judiciaires quitter le terrain pour laisser place à l’Ademe [Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie, ndlr], pour que soit enfin procédé à la mise en sécurité des installations », s’étonne Jean-Michel Bulinge. Le délégué syndical du site et trois autres ex-salariés restent en veille et s’inquiètent « de la lenteur de frappe du gouvernement alors qu’il y a urgence à agir et que des décisions ont été prises », par le ministre de la Transition écologique et le préfet des Bouches-du-Rhône.

    Depuis que la station d’épuration et les pompes qui alimentent le système incendie ont été remises en fonctionnement, le 17 septembre dernier par les anciens salariés, ils sont une poignée à se relayer « pour gérer le lessivage des eaux polluées », détaille Julien, technicien de maintenance. Dans l’usine, lundi matin, les salariés de Realtec, société « spécialisée dans la fermeture de site » missionnée par les administrateurs judiciaires, géraient toujours, quant à eux, les entrées et les sorties sur le site Seveso.

    Deux entreprises prestataires de Fibre Excellence s’y sont cassé le nez. La première, Chimirec, spécialisée dans le tri et traitement des produits chimiques, entendait récupérer ses conteneurs « toujours stockés dans l’usine et remplis », indiquait la salariée, un peu « inquiète d’être restée sans réponse des mandataires ». Le second prestataire, Soprovise échafaudages, venu récupérer son matériel dans le local où il l’entrepose s’est également vu refuser l’entrée. Jeudi, lors d’une visite du site, les ex-salariés, en présence de journalistes, avaient constaté que la grille du local de cette entreprise avait été forcée. « La situation est des plus préoccupantes, confirme l’UD CGT 13, les salariés présents assistent impuissants à des méthodes qui s’apparentent à du pillage de matériels, d’outillages et d’éléments divers dans l’usine. »

    Renaud Muselier « attentif »

    En fin de matinée, les agents de l’Ademe et de la Dreal Paca (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) sont entrés accompagnés d’un huissier et ont procédé à un tour du site. « On subit une vraie pression de la part des liquidateurs, témoigne Julien, alors qu’on s’évertue à éviter les catastrophes étant donné qu’ils ont tout stoppé n’importe comment ». Une nouvelle fuite serait survenue « depuis le retour de Realtec sur le site », précise l’UD CGT 13 qui demande « l’intervention de la préfecture, de la Dreal et des services compétents pour constater l’origine et l’étendue de la fuite, le prélèvement et l’analyse du réseau pluvial dans le Rhône, un inventaire des matériels présents » et « la suspension de tout démantèlement ».

    Car la CGT est convaincue qu’il y a un avenir pour la production de pâte à papier sur le site de Tarascon comme à Saint-Gaudens où la présidente (PS) de la Région Occitanie s’est engagée à la recherche d’un industriel et financièrement. Interpellé par le syndicat sur son niveau d’engagement en faveur de Fibre Excellence Provence dont 270 emplois directs et toute une filière dépendent, le président (Ren.) de la Région Sud, Renaud Muselier, « a bien reçu la demande d’audience de l’UD CGT 13 et le projet présenté par le syndicat fait actuellement l’objet d’une étude attentive ». Mais il y a urgence à agir.

    Licenciés et dans l’impasse

    Tous les contrats de travail ont été stoppé au 29 Août, selon le délégué syndical, « mais certains ont continué jusqu’au 1er septembre, voire jusqu’au 17 , et on a déjà un licencié dans ce cas que France Travail a prévenu que ce qui lui a été versé après le 29 août pourrait être un trop perçu car le mandataire est sensé le payer ». Un autre, qui a refusé le CSP et a créé son entreprise, est bloqué « parce qu’il n’obtient pas les documents administratifs nécessaires à son inscription à France Travail et il est en train de perdre ses futurs clients ».

  • Legré Mante : la consultation du public est lancée

    Legré Mante : la consultation du public est lancée

    La consultation du public sur le permis de construire au 195, avenue de Montredon (8e), sur les friches industrielles polluées Legré Mante, est ouverte depuis lundi et pour 30 jours.

    Les 25 premières expressions par voie électronique sont divisées. « Pourquoi faut-il construire 140 logements, générer de nouveaux déplacements et augmenter encore la pression sur un quartier déjà saturé pour rendre possible la réhabilitation d’un site dont la pollution est connue depuis des années ? », interroge une adhérente de Santé Littoral Sud. « Ce projet traîne depuis des années et il est vraiment temps qu’il puisse enfin voir le jour. Au-delà des logements, c’est tout un quartier qui va pouvoir être réaménagé », estime au contraire Sandrine.

    En juillet 2024, le tribunal administratif a annulé les deux permis délivrés en raison de l’information très lacunaire du dossier d’enquête publique, mais surtout pour non-respect de la loi Littoral : 300 logements représentaient une densification excessive en bord de mer. En juin 2013, les permis d’Océanis Promotion avaient connu le même sort judiciaire.

    Le nouveau projet propose 139 logements collectifs, dont 30% sociaux dans les bâtiments existants dépollués et réhabilités, une villa individuelle ainsi que 400 m² de surfaces commerciales. La société de construction-vente LGM Madrague (Constructa et Ginkgo) ambitionne « de faire renaître cette friche industrielle et permettre aux riverains de se la réapproprier » avec l’agence d’architecte Kern +associés et le paysagiste Marc Richier. « Ce site d’exception sera rendu aux habitants, à la nature, aux futures générations, avec la volonté de valoriser son architecture industrielle historique et de l’inscrire comme un témoignage précieux du passé marseillais. »

  • [Entretien] Sophie Binet : « Se mobiliser partout, se syndiquer »

    [Entretien] Sophie Binet : « Se mobiliser partout, se syndiquer »

    Stratégie industrielle, salaires, carburants, manifestation du 29 septembre… La rentrée impose de nombreux sujets.

    La Marseillaise : à Tarascon, vous êtes venue « constater » les dégâts environnementaux et sociaux et soutenir les salariés dans leur combat mais vous insistez aussi sur la « catastrophe industrielle » ?

    Sophie Binet : Cette usine produit 40% de la pâte à papier française. L’arrêter, c’est se mettre en situation de dépendance et augmenter encore nos importations. Il n’y a pas une personne qui habite dans notre pays qui n’utilise pas du papier au moins 50 fois par jour. Papier, carton, emballage, mouchoir, protection périodique, protection pour les personnes âgées, etc. On a besoin de pâte à papier en France et on sait qu’à l’avenir, on en aura besoin encore plus parce que l’objectif, c’est de mettre fin aux emballages plastiques et de les remplacer par des emballages recyclables comme le papier. C’est quand même grave qu’à chaque fois, on se retrouve avec un gouvernement et un patronat amnésiques. On ne laissera pas faire une catastrophe industrielle comme celle-là.

    Amnésiques ?

    S.B. : Le Covid, c’était il y a 5 ans. La France s’est réveillée avec la gueule de bois en se rendant compte que notre pays, ancienne grande nation industrielle, était incapable de fabriquer des masques. En fermant cette usine, est-ce qu’on veut se réveiller demain en se rendant compte que la France n’est même plus capable d’être autonome en matière de papier ? Le papier, c’est une ressource indispensable pour notre quotidien. Là, ce qu’on est en train d’organiser en France et en Europe, c’est une dépendance totale à l’Asie. Depuis 30 ans, la moitié des usines européennes de papier ont fermé. Ici, cette usine est en parfait état de marche. C’est un actif stratégique, précieux, indispensable pour notre souveraineté industrielle. Il faut agir.

    Que demandez-vous à l’état ?

    S.B. : Nous avons une demande simple à l’état et à la Région : mettre immédiatement le site sous protection. Pour permettre aux anciens salariés de stopper la pollution qui est en cours et de mettre en place toutes les procédures de sécurité pour qu’il n’y ait pas de danger environnemental et pour nous donner le temps de construire un projet industriel pour cette usine.

    Cela veut dire racheter les actifs immédiatement. ça tombe bien, ils vont être vendus par le liquidateur, un véritable charognard. Nous dénonçons depuis le début le fait que la fermeture du site coûte plus cher à l’état que s’il avait mis les moyens pour garantir la continuité du site. Pourquoi ? Parce que le liquidateur l’a déjà dit : sa stratégie est de ne rien faire pour forcer les services de l’état, l’Ademe, la Dreal, etc., à venir faire la mise en sécurité, parce qu’évidemment, ça ne va pas pouvoir rester longtemps comme ça. Le tout aux frais du contribuable.

    C’est toujours la même chose : on a des patrons rapaces qui polluent et qui partent comme ils sont venus, sans dépolluer les sites. Et derrière, c’est vous et nous, les contribuables, qui sommes appelés à la rescousse, parce que l’État n’a aucune stratégie industrielle. Ce qui était demandé par Matthieu Pigasse, pour solvabiliser le projet de reprise des deux usines de Tarascon et de Saint-Gaudens, c’était un effort de 10 à 15 millions d’euros par an. Là, avec toute la dépollution qu’il y a à faire, ce sont des centaines de millions d’euros qui sont en jeu. C’est donc un énorme gâchis d’argent public. Et je ne parle pas de l’impact social et du coût des licenciements pour l’assurance-chômage et pour la collectivité des suppressions d’emplois…

    Vous demandez aussi une réforme des tribunaux de commerce ?

    S.B. : Ce qui se passe à Tarascon démontre à quel point les tribunaux de commerce ne peuvent plus être laissés en l’état. On a affaire à un liquidateur qui se croit tout permis, qui se comporte comme un cow-boy, qui vient narguer les salariés en Porsche, à qui il explique qu’il va se permettre de ne plus leur payer leur salaire. Ce n’est plus possible de laisser les tribunaux de commerce, les liquidateurs judiciaires, faire la pluie et le beau temps et se comporter comme des vautours et des rapaces, en dépeçant notre outil industriel et en traitant les salariés de la sorte. Nous demandons une réforme des tribunaux de commerce pour que les salariés et les collectivités territoriales soient autour de la table, pour qu’on arrête d’envoyer nos usines à la casse et au ferrailleur, comme c’est le cas actuellement.

    Les prix des carburants sont au centre du mouvement des pêcheurs, mais aussi des préoccupations de nombreux salariés. Que faut-il faire ?

    S.B. : Les pêcheurs n’en peuvent plus de ces prix qui explosent et de ces salaires qui baissent. Il n’y a effectivement pas qu’eux qui ont des difficultés. C’est la rentrée du déclassement pour les travailleurs et les travailleuses, des millions de personnes pour qui la fin du mois, c’est aujourd’hui, c’est-à-dire à la mi-septembre, qui n’ont déjà plus d’argent sur leur compte en banque et qui sont obligés de choisir entre remplir leur frigo et faire leur plein.

    J’ai interpellé, mercredi, le Premier ministre en lui demandant d’organiser une table ronde immédiate. Il faut répondre à l’ensemble des travailleurs, il faut bloquer les prix des carburants immédiatement. C’est simple et ça ne coûte rien à l’État. Il faut bloquer les prix des matières premières et surtout des produits alimentaires pour que chacune et chacun puisse s’alimenter. Et, enfin, il faut augmenter les salaires en commençant par augmenter le Smic et indexer l’ensemble des salaires sur l’inflation.

    Les Gilets jaunes appellent à un rassemblement, samedi, à Marseille. Comment analysez-vous ce « retour » ?

    S.B. : Nous appelons les salariés à se mobiliser partout pour exiger des augmentations de salaire et un blocage des prix. Le 29 septembre prochain, c’est une grande journée de grève et de manifestation pour les salaires et les services publics. Nous appelons les fonctionnaires à être au rendez-vous, mais plus largement, cette question concerne l’ensemble des salariés.

    Il faut que cette journée soit la plus forte possible et tant qu’il n’y a pas de réponse à nos revendications, oui, il faut se mobiliser partout, se syndiquer, créer des syndicats dans toutes les entreprises.

  • [Maj] Sophie Binet et la CGT portent un projet pour Fibre Excellence

    [Maj] Sophie Binet et la CGT portent un projet pour Fibre Excellence

    Sophie Binet était « prête à revenir autant de fois qu’il le faudra » pour défendre la Bourse du travail à Arles, affirmait-elle en mars 2023. Aujourd’hui se joue le deuxième round. La secrétaire générale de la CGT se rend ce jeudi, à Tarascon puis à Arles, en soutien aux travailleurs en lutte de Fibre Excellence, mais aussi aux combats menés contre des maires d’extrême droite et de droite pour préserver les Bourses du travail et l’implantation de la CGT dans ces deux communes du pays d’Arles.

    Pour les 270 salariés licenciés et les nombreux emplois induits menacés, l’enjeu principal de cette visite est la présentation d’un projet alternatif de reprise industrielle du site de Fibre Excellence. Ce projet se fera « avec de faibles moyens pour faciliter l’investissement », annonce François Batista, de l’Union départementale CGT. Pour rappel, l’outil industriel est dimensionné pour « faire vivre des milliers d’emplois dans la filière bois », dans le département, selon le responsable syndical (notre édition du 15/09). À la bataille de l’emploi s’ajoute celle de la mise en sécurité du site. Depuis la liquidation judiciaire de l’entreprise de pâte à papier, prononcée fin juillet dernier, les situations à risque s’enchaînent sous la gestion du liquidateur Realtec.

    Coupures d’électricité, arrêt de la station d’épuration, risques de pollution du Rhône : autant de problèmes dénoncés par la CGT, qui font l’objet d’un bras de fer juridique entre l’État et le liquidateur. Mardi, ce dernier a d’ailleurs réagi aux inquiétudes concernant d’éventuels rejets d’eaux polluées en affirmant qu’« aucune analyse contradictoire (…) n’a été produite pour étayer l’affirmation d’un tel rejet polluant », contredisant ainsi les alertes lancées par la CGT du site.

    Soutien aux Bourses

    du travail

    L’autre grand dossier concerne le maintien de la CGT au sein de la Bourse du travail d’Arles, siège de l’union locale depuis 126 ans. Après trois années de bataille politique et judiciaire, et malgré deux propositions de médiation du tribunal refusées par le maire (Horizons) Patrick de Carolis, l’UL CGT, menacée d’expulsion manu militari, occupe la Bourse du travail depuis début septembre.

    Dans la même veine, le maire d’extrême droite de Tarascon, Alexandre Ducouret (RN), a décidé de chasser FO et la CGT de la maison des syndicats, où les deux organisations étaient installées depuis 2014. Une décision politique, alors que l’édile fustige la CGT qui « fait de la politique », indique La Provence du 23 juillet. La confédération a demandé un moratoire au ministère du Travail sur ces questions.

    « Les Unions locales, les Bourses du travail sont là pour faire en sorte que les travailleurs et travailleuses ne se retrouvent pas seuls, pour organiser la solidarité dans les luttes », affirmait Sophie Binet en mars 2025. La situation de Fibre Excellence n’en est-elle pas la meilleure démonstration ?

    *Depuis Tarascon à 12h30 et en fin d’après midi

  • Bonbonnes de protoxyde d’azote : une facture écologique qui explose

    Bonbonnes de protoxyde d’azote : une facture écologique qui explose

    Elles s’alignent au pied des poubelles, roulent dans les caniveaux ou s’échouent sur les parkings : les bonbonnes de protoxyde d’azote sont devenues un déchet ordinaire par leur présence, mais hors-norme par leur traitement. À Nîmes, 9 600 avaient déjà été ramassées depuis janvier à la mi-mai. « On en ramasse tous les jours », résume Jamel Meuchmache, du pôle propreté urbaine. Au centre de valorisation, quelque 20 000 bouteilles restaient stockées.

    Le problème tient d’abord à ce qu’elles contiennent encore. Sous pression, le gaz interdit leur traitement avec les déchets classiques. Jetées dans une poubelle, les bonbonnes peuvent finir dans un incinérateur et exploser sous l’effet de la chaleur. Au centre de valorisation énergétique de Nîmes, environ 500 explosions par an ont été recensées. En 2025, les réparations liées à ces incidents ont coûté près de 350 000 euros. Pour limiter les risques, un scanner à rayons X, facturé 300 000 euros, a été installé cet été.

    Qui doit payer ?

    Une fois récupérées, reste à les stocker, les transporter, les dégazer puis séparer leurs matériaux. À Nîmes, le traitement représente 215 000 euros par an, soit près d’un tiers du budget consacré aux déchets ramassés sur la voie publique. « Il faudrait que l’État nous aide », réclame François Séguy, adjoint à la propreté. À Béziers, l’Agglo dit payer environ 25 euros par bonbonne : une centaine ont été récupérées en deux mois au printemps.

    La facture est d’autant plus lourde que le protoxyde résiduel ne peut pas simplement être relâché : ce puissant gaz à effet de serre réchauffe l’atmosphère près de 300 fois plus que le CO2. Dans le Vaucluse, Suez teste depuis juillet un procédé qui l’extrait puis le décompose en diazote et oxygène, avant d’envoyer les matériaux vers les filières de recyclage. Une piste encore pilote, là où les collectivités réclament une réponse nationale.

    La loi du 18 août 2026 interdira la vente aux particuliers dès février 2027. Reste à savoir qui paiera le traitement des bonbonnes déjà en circulation. Plusieurs élus réclament leur intégration à une filière de responsabilité élargie du producteur. Autrement dit, faire remonter la facture vers ceux qui mettent ces contenants sur le marché, plutôt que de la laisser aux contribuables et aux agents qui les ramassent.