[Entretien] « Le Demi-Festival, c’est transmettre le flambeau »

La Marseillaise : Quelle saveur a cette édition anniversaire ?

Demi Portion : Que le temps passe vite. Tout a commencé en 2016, avec le groupe Scred Connexion, pour mon premier vrai concert dans ma ville natale : on avait invité des copains. L’histoire du Demi-Festival a démarré comme ça. Et aujourd’hui, on se retrouve déjà à fêter les dix ans.

En dix ans, le rap est passé d’une culture souvent marginalisée à la musique la plus écoutée en France. Dans ce contexte, quelle est aujourd’hui la mission du Demi-Festival ?

D.P. : La musique a évolué. Aujourd’hui, il n’est plus forcément nécessaire de très bien écrire pour faire un succès. Mais nous, on essaie de défendre cette culture qui repose sur l’écriture, la prise de parole et le fond. Même si ce n’est pas forcément le rap qui domine aujourd’hui, on continue de le faire vivre. Pour moi, le hip-hop, c’est revendiquer quelque chose, exprimer ce qu’on a au plus profond de soi. C’est aussi le respect, la bienveillance, l’union et le fait de rassembler les gens.

En ce sens vous mêlez des figures reconnues et d’autres moins. Si vous deviez nous présenter quelques noms à ne surtout pas manquer, lesquels choisiriez-vous ?

D.P. : Si je devais citer quelques noms, je commencerais par Le Rat Luciano, artiste incontournable pour le parcours, la longévité, pour ses écrits. Oxmo Puccino, qui reste un pilier qui nous a tous bercés. J’ai aussi envie de mettre en avant des artistes moins connus comme Hermano Salvatore, Tinaa ou Ossem. L’idée, c’est de leur donner de la force. On retrouvera aussi JoeyStarr, Hugo TSR et beaucoup d’autres. Ce qui compte, c’est de montrer qu’on peut tous être réunis sur une même scène. Et le public vient avant tout partager un moment, découvrir des artistes et soutenir les plus petits comme les plus grands.

Peut on parler d’une édition plus ambitieuse ?

D.P. : On passe à cinq jours de festival et on a aussi organisé un grand concert gratuit en centre-ville le mercredi. Il y a énormément d’artistes, mais aussi des conférences, des DJ sets et plein d’autres rendez-vous. On voulait proposer quelque chose de plus riche qu’une simple succession de concerts. Alors les soirées commencent dès 18h30 et peuvent se terminer très tard. L’objectif c’est vraiment que ce soit une grande fête.

Il y aura aussi des conférences avec des invités comme le journaliste Olivier Cachin. Pourquoi c’était important pour vous d’intégrer ce volet là au festival ?

D.P. : C’est important pour nous que le festival soit aussi un lieu d’échange et de réflexion autour de cette culture. J’aimerais transmettre. On partira avec rien, alors autant laisser une trace et passer le relais. Moi-même, j’ai appris grâce à des ateliers d’écriture et à des artistes qui m’ont transmis leur passion. Aujourd’hui, j’ai envie de faire la même chose avec la nouvelle génération. Le but, c’est de transmettre le flambeau. C’est à ça que sert ce festival.

Propos recueillis par amelia siapo

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