Étienne Donnet aurait pu ne pas vivre cette journée parfaite. Vainqueur d’un ITF 25 en Tunisie, il est rentré sur le sol français plus tôt que prévu et toutes les étoiles se sont alignées. Croyant pouvoir rentrer dans les qualifications du Challenger de Cassis, il demande, au cas où, une invitation au grand tableau. Accordée par l’organisation, le joueur de 24 ans l’utilise à merveille en écartant le local Sascha Gueymard Wayenburg au premier tour, ce mardi (6-4, 6-4). « C’est la meilleure performance de ma carrière », rappelle-t-il à l’issue de la rencontre. « C’est un gros résultat mais cela ne m’étonne pas vu ce qu’il produit en ce moment », poursuit son coach Antoine Pastrana.
499e mondial cette semaine, le Lyonnais est assuré d’être 471e après le tournoi. Il n’a encore jamais fait mieux dans sa courte carrière. Pour cause, Donnet se trouve sur le circuit secondaire depuis seulement un an. Les cinq saisons précédentes, il les a passées aux États-Unis, dans deux universités. Un an et demi à Oklahoma State, trois autres saisons à Louisville. Un bachelor en administration du sport plus tard, le moment d’entrer dans le grand monde du tennis pro est arrivé.
« La décision de partir a été simple. Je n’étais pas prêt à jouer sur le circuit à 18 ans et l’alternative américaine était la bonne. Je tire que du positif. La vie est plutôt simple, je n’avais rien d’autre à faire à part jouer au tennis et aller en classe. »
Après l’expérience outre-Atlantique, le retour dans l’Hexagone se déroule très bien. Le jeune homme à la casquette entre à la All-In Academy, chez lui, dans la banlieue lyonnaise. Le lieu d’entraînement créé par Thierry Ascione et Jo-Wilfried Tsonga devient sa maison. C’est à ce moment qu’il retrouve Antoine Pastrana, croisé aux États-Unis. 850e mondial il y a 9 mois, Étienne Donnet ne fait que grimper les échelons et cette première victoire en Challenger est une nouvelle étape dans une saison qu’il espère conclure dans le top 400. Pour le moment, il ne se trouve pas sous l’eau financièrement grâce à des résultats corrects sur le circuit tertiaire mais pas seulement. « Je m’en sors aussi parce que je joue des tournois par équipes en Allemagne, en Italie et en France. » Sans doute une envie qu’il a rapportée du pays de l’oncle Sam, où la plupart des compétitions se jouent de cette manière.
Au deuxième tour, Étienne Donnet découvre durant l’interview qu’il jouera un qualifié. Une opportunité pour voir plus grand cette semaine, tout en se méfiant de tous ses potentiels adversaires. « Dans ce genre de tournois, tout le monde joue bien. Que tu sois 600e ou 150e, le niveau est élevé dans tous les cas. Je m’attends à un match difficile. » Ce joueur complet, « pas le plus grand gabarit mais j’arrive à tenir physiquement », possède les capacités pour gêner un bon nombre de joueurs avec ses qualités. Une première surprise à Cassis et un homme à suivre dans les prochains jours.

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