Tag: Lyon

  • [EQDD] Métropole de Lyon : des arbres de pluie au secours de l’eau qui ruisselle

    [EQDD] Métropole de Lyon : des arbres de pluie au secours de l’eau qui ruisselle

    Ce dispositif consiste à aménager le pied des arbres avec une zone drainante remplie de cailloux, permettant de capter une partie de l’eau de ruissellement. Celle-ci s’infiltre alors dans le sol, profite à la végétation et limite la saturation du réseau d’assainissement, encore largement unitaire. Initiée en 2020, cette approche écologique réduit les rejets pollués dans le Rhône lors de fortes pluies. « Les effets se sont fait sentir au niveau des stations d’épuration, explique Pierre Athanaze, ancien vice-président de la Métropole de Lyon en charge de l’environnement. Et c’est vraiment gagnant-gagnant, les arbres grandissent mieux et ont un meilleur taux de survie ». Malgré des craintes sur la pollution, les analyses se sont révélées rassurantes pour les plantes. En plus d’améliorer la croissance des arbres, ces aménagements rafraîchissent la ville et favorisent la biodiversité, transformant des espaces urbains très minéraux.

    Par Émilie Charrel Le Progrès

  • JO 2030 : les épreuves s’éloignent aussi de Gap

    JO 2030 : les épreuves s’éloignent aussi de Gap

    Face à la polémique liée au coût jugé exorbitant pour installer les épreuves sur glace à l’Allianz Riviera de Nice, Roger Didier, maire (DVD) de Gap, avait, à plusieurs reprises, proposé sa ville comme alternative moins onéreuse. « Gap est un haut lieu des sports de glace en France, comme en témoignent les quatre titres de champion de France remportés par son équipe de hockey. […] De plus, l’accueil de certaines épreuves à l’Alp’Arena […], permettrait de remédier aux enjeux budgétaires que pose le projet d’une triple patinoire à Nice », argumentait l’élu dans un communiqué paru en novembre, proposant notamment l’accueil du curling à la patinoire gapençaise.

    L’Alp’Arena proposée

    « Nous avons expertisé tous les sites, répond Renaud Muselier, président de Région, ce lundi. Nous avons eu la confirmation qu’il n’y avait pas les équipements, qu’à Gap, c’était trop petit. » La ville de Gap n’a, à cette heure, pas réagi à l’annonce de dimanche. Mais, avec le ski alpin majoritairement en Savoie et les épreuves en patinoire déplacées à Lyon, cette décision risque de faire grincer des dents dans le département, où certains dénonçaient déjà un déséquilibre entre les Alpes du Sud et celles du Nord dans la répartition des compétitions majeures.

  • « Ne cédons pas au discours décliniste qui dit que les jeunes ne lisent plus »

    « Ne cédons pas au discours décliniste qui dit que les jeunes ne lisent plus »

    Brice Brossette : Nous manquons de données scientifiques. En France, nous pouvons regarder les sondages du Centre National du Livre (CNL). Les derniers (avril 2026) montrent que 84% des jeunes de 7 à 19 ans lisent pour l’école ou le travail. C’est stable par rapport à 2024 et en diminution de 6% par rapport à 2016. C’est une baisse, certes, mais pas dramatique pour l’instant. Il ne faut pas céder au discours décliniste qui répète que les jeunes ne lisent plus. Il y a aussi une mutation des pratiques : la lecture peut être plus fragmentée, moins sur papier, plus en ligne.

    Qu’en est-il de la compétition des écrans ?

    B.B. : Le temps d’écran chez les jeunes est important : en moyenne 3 heures par jour selon le CNL, contre 18 minutes de lecture quotidienne. Mais il est trop facile de dire que ce temps d’écran concurrence le temps de lecture. Si on supprimait les écrans, je ne suis pas sûr que les enfants se reporteraient totalement sur les livres. Quand on leur demande s’ils préfèrent faire autre chose, les écrans (jeux vidéos, films…) arrivent en tête, mais les activités sociales (voir des amis, faire du sport…) ne sont pas loin derrière.

    Finalement, pourquoi est-ce important de lire ?

    B.B. : C’est important pour le développement du langage, de la compréhension et la structuration de la pensée qui sont des capacités qui seront prédictives de l’insertion dans la société ou de la capacité à pouvoir suivre des études supérieures, par exemple.

  • Toulon corrigé et enfoncé à domicile par le Stade Français

    Toulon corrigé et enfoncé à domicile par le Stade Français

    On pouvait penser que le RC Toulon allait repartir de l’avant avec le match nul à Lyon, mais les Rouge et Noir ont replongé la tête la première dans les mauvaises habitudes, samedi après-midi à Mayol, lors de la réception du Stade Français. Cette 19e journée de Top 14 a largement tourné en la faveur des Franciliens, plus efficaces et réalistes en seconde période (27-46).

    « Il y a beaucoup de sentiments ce soir. C’est un match difficile », a souligné Pierre Mignoni, le manager du RCT. « J’ai l’impression que l’on domine cette équipe en première mi-temps. Mais malheureusement, un peu à l’image du match, on a donné beaucoup d’opportunité à Paris pour qu’ils reviennent au score. […] Dès qu’ils ont pris le large, on a paniqué. Les joueurs sont abattus. Mais comme je leur ai dit à chaud : il ne faut pas trop parler à chaud. C’est une défaite à domicile mais rien n’est perdu encore. Il nous reste sept matches. Il faut rester solidaire, rester ensemble », a-t-il insisté, conscient que le calendrier à venir s’annonce intense avec le 8e de finale de Champions Cup à domicile face aux Stormers, le vendredi 3 avril. Mais ses protégés en ont quand même gros sur le cœur.

    « Cette défaite fait beaucoup de mal à tout le monde. C’est dur. On ne mérite pas. C’est dur à avaler. On passe à côté du match, on est à côté de la plaque », a reconnu l’international français Charles Ollivon. « On ne travaille pas assez, on ne fait pas ce qu’il faut. Dans des moments comme ça, donner des explications c’est difficile. Dans des moments comme ça, il ne faut rien dire et accepter les critiques et c’est tout. Je suis là mais je n’ai rien à expliquer et rien à dire si ce n’est qu’on ne mérite pas de gagner ce match et qu’on est tombé contre meilleur que nous. Il n’y a pas d’excuse », a-t-il poursuivi, en tentant quand même de fournir quelques explications sur les manquements de leur défense. « On est moins connecté, on est moins tranchant, on est moins efficace. Mais donner la raison… Non, je ne l’ai pas. On travaille moins ensemble, on ouvre des portes, ils passent entre deux et on perd le momentum, puis on prend des essais », a analysé le deuxième ligne varois, touché moralement.

    Entre retard et blessures

    Mais pour le technicien du RC Toulon, il est encore bien trop tôt pour oublier le top 6 en championnat. Cette neuvième défaite de la saison a créé un écart de cinq points avec Bordeaux-Bègles, ce qui est donc encore largement rattrapable d’un point de vue comptable. « On a pris du retard sur le top 6, c’est évident, mais il reste sept matches. On fera les comptes à la fin. On va partir en stage mardi, ça va nous faire du bien. On va essayer de reconnecter tout le monde », ajoute Mignoni, qui va devoir composer avec deux nouveaux blessés majeurs dans son infirmerie : Teddy Baubigny et Baptiste Serin, sortis respectivement à la 6e et 47e minutes de jeu. « Teddy Baubigny souffre d’une commotion cérébrale. J’espère que ce n’est pas trop grave, mais c’est une commotion. Et pour Baptiste Serin, c’est l’épaule. Il va passer des examens médicaux », précise le manager toulonnais, qui n’a pas oublié que son demi de mêlée fétiche avait déjà subi une luxation de l’épaule droite lors de la saison 2023-2024. Ce qui lui avait valu plusieurs mois d’absence. Bis repetita ?

  • Les enjeux dans les villes cléspour la gauche, de Paris à Grenoble

    Les enjeux dans les villes cléspour la gauche, de Paris à Grenoble

    Quelle sera la physionomie du paysage politique français à l’issue du second tour du scrutin municipal ? Si au premier tour, le 15 mars, plus de neuf communes sur dix ont élu leur équipe municipale, le scrutin de dimanche concerne encore quelque 1 500 villes dont les plus grandes en nombre d’électeurs. Les stratégies d’union, notamment à gauche, seront-elles ou pas gagnantes ? Y aura-t-il un regain de participation alors que l’abstention a atteint un record de 57,2% ? Ce sont autant d’enjeux à moins d’un an de l’élection présidentielle. Selon le décompte de Maire info, le quotidien d’information des élus locaux, il y a dimanche 551 duels, 815 triangulaires, 166 quadrangulaires et 16 quinquangulaires. Tour d’horizon de villes clés. (Pour les enjeux à Marseille, lire nos informations pages 2 et 3 et sur lamarseillaise.fr).

    Paris

    La municipalité d’union de la gauche et des écologistes est menacée par la droite LR et affairiste de Rachida Dati au bénéfice de laquelle la candidate d’extrême droite de Reconquête !, Sarah Knafo (10,40% au premier tour), s’est retirée. Si le candidat de l’union de la gauche et des écologistes Emmanuel Grégoire est arrivé en tête au premier tour (37,98%) loin devant Rachida Dati (25,46%), la fusion de la liste de cette dernière avec celle de Pierre-Yves Bourbazel (Horizons, 11,34%) et le maintien de l’insoumise Sophia Chikirou (11, 72%) pourrait coûter la capitale aux progressistes au terme de cette triangulaire. Cette stratégie préfigure-t-elle la bataille à gauche en vue de la présidentielle de 2027 ? Le résultat parisien sera éclairant.

    Lyon

    Le maire écologiste de la cité des Gaules, Grégory Doucet, a déjoué les pronostics sondagiers. À la tête d’une union de la gauche il est arrivé en tête le 15 mars (37,36%) d’une courte tête devant le candidat divers droite Jean-Michel Aulas (36,78%). Le maire sortant a fusionné sa liste avec celle de la candidate LFI, Anaïs Belouassa-Cherifi (10,41%). Suffisant pour permettre aux progressistes de conserver la troisième ville de France ? Vendredi, Lyon Mag a publié un sondage donnant Aulas et Doucet à 50/50 avec une marge d’erreur de 4 points.

    Lille

    Grande ville de tradition socialiste, Lille va vivre une quadrangulaire. Arrivé en tête du premier tour, le socialiste Arnaud Deslandes (26,26%) a fusionné sa liste avec celle de l’écologiste Stéphane Baly (17,75%) au grand dam de la liste insoumise de Lahouaria Addouche (23,36%). C’est le véritable duel du second tour où les deux autres candidats, Violette Spillebout (Renaissance, 11,14%au premier tour) et la liste d’extrême droite RN de Matthieu Valet (10,92%) sont distancés.

    Bordeaux

    Les écologistes vont-ils conserver la cité de Montaigne ? Le maire Pierre Hurmic, à la tête d’une liste d’union de la gauche est arrivé en tête avec 27,68%mais il est talonné par la liste du socle commun de Thomas Cazenave (Renaissance) à 25,58%. Surtout le centriste Philippe Dessertine (20,20%) s’est retiré et offre une réserve de voix à Cazenave tandis que la liste de LFI de Nordine Raymond, non qualifiée, a réalisé 9,36%. Les électeurs vont-ils sanctionner l’ancien ministre macroniste Cazenave et renouveler leur confiance à la gauche ? C’est l’enjeu de ce second tour dans une ville qui fut un fief de droite historique.

    Grenoble

    L’ancien maire et repris de justice Alain Carignon, 77 ans, est arrivé en tête le 15 mars, avec 27,04%. L’homme de droite a devancé la candidate de la gauche unie, l’écologiste Laurence Ruffin (26,33%) qui est soutenu par le maire écologiste sortant Eric Piole. La liste insoumise d’Allan Brunon s’est retirée et lui a apporté son soutien. Ses 14,59% pèseront au second tour pour éviter le retour de la droite LR à la mairie.

  • Top 14 : Jiuta Wainiqolo, un danger bien connu pour le RC Toulon

    Top 14 : Jiuta Wainiqolo, un danger bien connu pour le RC Toulon

    Il a quitté Toulon le cœur lourd, l’été dernier, lui qui avait découvert l’Europe sur la Rade et était tombé amoureux de cette dernière. Un amour réciproque terminé prématurément par manque de garantie sur son temps de jeu et un statut de non-Jiff (Joueur issu des filières de formation) qui limitait ses perspectives, le club en ayant recruté deux autres (Mercer et Brex) cet été. Depuis, Jiuta Wainiqolo fait le bonheur du LOU, avec lequel il revendique le statut de meilleur marqueur du Top 14 (15 essais, dont 3 en 12 minutes lors du dernier match face à Montauban, triplé le plus rapide de l’histoire du championnat).

    De quoi laisser des regrets à de nombreux supporters toulonnais, mais aussi à ses ex-coéquipiers : « On a créé des liens assez forts, on n’était pas heureux de le voir partir. Mais ça fait partie du rugby et on s’adapte, et il a l’air heureux là-bas. On l’a remplacé par d’autres joueurs qu’on est content d’avoir. On sera content de le voir avant et après, mais il reste quand même ennemi du jour pendant le match », déroule Mathieu Smaïli.

    Au-delà de la joie des retrouvailles, les Varois savent qu’ils devront se méfier de l’ailier fidjien, auteur d’un essai lors de son retour à Mayol à l’aller : « Qu’il reste tranquille (rires) », s’amuse Esteban Abadie. « Il faudra qu’on arrive à le canaliser car on connaît ses qualités. Ça reste un facteur X de leur équipe. On va essayer de le limiter, qu’il n’ait pas des ballons simples avec un couloir de 20 mètres par exemple, et qu’il ait au moins deux joueurs sur lui à chaque fois », prévient Mathieu Smaïli.

  • Top 14 : Le RC Toulon se déplace à Lyon sans Pierre Mignoni

    Top 14 : Le RC Toulon se déplace à Lyon sans Pierre Mignoni

    Jeudi, la conférence de presse d’avant-match n’a ressemblé à aucune autre. À l’introduction, pas de Pierre Mignoni. L’ancien demi-de-mêlée était remplacé par un ex-pilier et un ex-3e ligne, Laurent Emmanuelli, directeur sportif du club, et Sergio Parisse, entraîneur adjoint, qui prendront place sur le banc, ce week-end, face au LOU. « Le président (Bernard Lemaître) et Pierre ont convenu que c’était le moment idéal, dans une phase où on ne joue pas tous les week-ends, de laisser un peu de repos à Pierre, afin de reprendre dans les meilleures conditions possibles », a justifié le premier, avant de prendre la défense du boss du RCT : « Il va bien. On l’a régulièrement, il communique avec les joueurs et le staff. Il n’a pas lâché, ce n’est pas vrai. Il se met tout simplement en repos car il en a besoin. »

    Son retour est annoncé après la trêve, pour préparer la réception du Stade Français, le 21 mars. Dans ce contexte assez chaotique, le tandem, qui sera assisté par Maxime Petitjean, entraîneur du jeu au pied, et Cédric Béal, directeur du centre de formation, assume : « Il faut que Pierre nous fasse confiance et il le fait. Ça a été naturel de sa part, on n’a même pas évoqué le sujet. Tout le monde doit savoir prendre ses responsabilités. La situation nous oblige. Chacun se met en ordre de marche et fait ce qu’il a à faire », poursuit Emmanuelli.

    Mais ce sont bien les joueurs qui figurent au premier rang des concernés, eux qui avaient pointé, à travers Teddy Baubigny, leurs défaillances et leur manque de solidarité après la défaite face à l’ASM : « On a été malmené. Sur ce match-là, les joueurs n’ont pas pris leurs responsabilités. Ce sont des professionnels et c’est à eux de monter le niveau d’exigence et de conscience », martèle le directeur sportif. Ces deux dernières semaines, le groupe a cherché à se recentrer. « On s’est coupés de tout ce qu’il se disait autour. On s’est concentré sur notre groupe. Évidemment, il y a des moments où on se retrouve entre nous pour créer du lien. On a connu des moments difficiles, maintenant il faut être capable de se relever », ambitionne Esteban Abadie.

    « Mettre les ingrédients »

    Et cela passe avant tout « par le terrain. On ne peut pas gagner en prenant 40 points tous les week-ends. On doit retrouver ce qui fait notre force depuis deux saisons, cette agressivité, ce liant en défense. Et avec ça, le don de soi, le sacrifice pour les copains ». « Faire les réunions c’est bien, mais il faut passer aux actes », abonde Sergio Parisse. « On a travaillé collectivement. Je pense que les joueurs ont pris conscience de la situation. On les a vus plus investis, avec l’envie de changer les choses. Mais la vérité, ça reste le week-end. » Et ce, même si « la saison ne se joue pas à Lyon. C’est un match hyper important, on a envie d’apporter des réponses. Le résultat, ce sera dans un second temps, mais il faut mettre les ingrédients et le comportement. C’est sur ça qu’on veut se retrouver », conclut Esteban Abadie.

    Repères

    Serin et Dréan dans le groupe

    Le RCT pourra compter sur les retours de Baptiste Serin et Gaël Dréan, qui ne font pas partie des joueurs protégés par Fabien Galthié pour préparer le prochain match des Bleus face à l’Écosse, samedi 7 mars, contrairement à Charles Ollivon et Jean-Baptiste Gros. Ce ne sera en revanche pas le cas, de Paolo Garbisi, Juan Ignacio Brex et Ben White.

    Priso de retour avec les Bleus

    Danny Priso a été rappelé par Fabien Galthié pour préparer le match face à l’Écosse, à l’instar de Baptiste Serin, Jean-Baptiste Gros, Charles Ollivon, Gabin Villière et Gaël Dréan.

    La feuille de match

    Lyon OU –RC Toulon

    18e journée de Top 14

    Samedi 28 février, 16h35 – Matmut Stadium, Lyon

    Arbitre : Pierre Brousset

    LOU : Rey, Marchand, Ainsley ; William, Roux ; Crétin, Simmonds (C.), Botha ; Cassang, Méliande ; Wainiqolo, Millet, Parisien, Dumortier ; Lorre.

    RCT : Priso, Baubigny, Sinckler ; Mézou, Ribbans (c.) ; Ludlam, Abadie, Sioshvili ; Serin, Albornoz ; Villière, Sinzelle, Smaïli, Dréan ; Domon.

  • « L’extrême droite veut plonger le pays dans la guerre civile »

    « L’extrême droite veut plonger le pays dans la guerre civile »

    La Marseillaise : Demandez-vous l’interdiction de la marche suite à la mort de Quentin Deranque qui se déroule ce samedi à Lyon ?

    Manuel Bompard : Évidemment que je demande son interdiction. La marche à Lyon n’a rien d’un hommage. Un hommage serait légitime mais il s’agit là de faire une démonstration de force de groupes fascistes, néonazis, violents, racistes et antisémites. La presse fait d’ailleurs état du fait que plus de 1 000 militants d’extrême droite venus de toute l’Europe y sont attendus. C’est un danger pour les habitants, ça serait irresponsable de laisser cette marche s’organiser dans le contexte que l’on connaît. Je constate aussi que même la famille [de Quentin Deranque, Ndlr.] dit qu’elle n’y participera pas et que, quelque part, ça n’a rien à voir avec elle. Qu’on rende hommage à une personne qui vient de mourir, c’est légitime. Mais qu’on en profite pour faire une démonstration de force de l’extrême droite, fasciste, c’est inacceptable. J’appelle le ministre de l’Intérieur à prendre les dispositions nécessaires pour que ça ne puisse pas avoir lieu.

    Il y a des mobilisations antifascistes prévues ce week-end, vous y participerez ? Craignez-vous des menaces contre des militants insoumis ?

    M.B. : Quand on a une quinzaine de permanences parlementaires et locaux de campagne attaqués, une attaque à la bombe, des militants menacés et poursuivis jusqu’à leur domicile personnel… J’appelle d’abord à faire preuve de la plus grande vigilance possible. Et évidemment à ne participer à aucune initiative qui pourrait donner lieu à des scènes de violences. S’il y a des protestations pacifiques, démocratiques, elles sont les bienvenues. Mais je vois bien comment une partie de la classe politique française, de l’extrême droite en particulier, a l’intention de plonger notre pays dans la guerre civile. Il faut faire preuve du plus grand sang froid et ne céder à aucune provocation. Je considère qu’on est dans un contexte qui n’est pas digne d’une démocratie qui fonctionne bien. Les pouvoirs publics, les autorités doivent garantir la capacité de chacun d’exprimer ses idées. Et cesser l’instrumentalisation honteuse et ignoble à laquelle ils participent depuis des jours. Il y a une responsabilité absolue du gouvernement qui a bazardé, en une semaine, tous les principes de l’État de droit : il n’y a plus de séparation des pouvoirs, d’indépendance de la justice, de secret de l’enquête, plus de secret de l’instruction… Il faut qu’ils se ressaisissent et qu’ils fassent en sorte que tout le monde puisse défendre ses idées, faire campagne, sans risquer de se faire agresser, intimider ou tabasser dans la rue.

    Quelles conséquences internes au sein du mouvement ? Raphaël Arnault est-il maintenu à LFI ? Sera-t-il présent sur une liste pour les municipales à Avignon ?

    M.B. : Il est actuellement menacé dans tous le pays et dans toute l’Europe. Il n’est absolument pas question qu’il soit démis de ses fonctions. Pour sa participation à une liste à Avignon, il faudra lui poser la question. Pour l’instant, une enquête est en cours, il faut attendre qu’elle aille à son terme et ne pas faire d’accusations hâtives. Un des deux collaborateurs qui avait soi-disant une responsabilité dans ce drame a été relâché et ne fait l’objet d’aucune poursuite. Et pour le deuxième, si j’en crois les propos du Procureur ce jeudi, il n’est pas accusé d’avoir une responsabilité directe dans la mort de cette personne. C’est à la justice de déterminer les circonstances des uns et des autres. Pas aux groupes d’extrême droite sur les réseaux sociaux, ni aux médias qui en relaient les accusations.

    Vous dénoncez une instrumentalisation, entendez-vous ceux qui demandent une clarification de LFI ?

    M.B. : Absolument pas. Mes propos sont très clairs depuis le début : je condamne absolument le fait qu’on frappe un homme à terre, je suis en désaccord avec ce qu’il s’est passé. De quelle clarification supplémentaire y a-t-il besoin ?

    Vous craignez que ça enterre de possibles unions avec les autres forces de gauche, au second tour des municipales ?

    M.B. : Ça dépend lesquelles. J’ai enregistré avec une grande satisfaction les déclarations du président du groupe communiste à l’Assemblée nationale, Stéphane Peu. J’ai vu les réactions de Sandrine Rousseau, d’Elsa Faucillon, celle de Marine Tondelier qui est d’une clarté totale. C’est un certain nombre, à mon avis minoritaire, des dirigeants politiques de gauche qui perdent leurs repères quand ils mettent sur le même plan le fascisme et l’antifascisme. Il y a une différence fondamentale qu’il faut rappeler : le jour où il n’y a plus de fascistes, il n’y a plus d’antifascistes mais le jour il n’y aura plus d’antifascistes, malheureusement il y aura encore des fascistes.

  • L’extrême droite veut faire de Quentin son « martyr »

    L’extrême droite veut faire de Quentin son « martyr »

    L’extrême droite mondiale a les yeux rivés sur Lyon, où Quentin Deranque, militant de ses rangs est mort le 14 février dernier. C’est ici, qu’entre 2 000 et 3 000 militants nationalistes, néofascistes et néonazis se réuniront dans l’après-midi. L’appel est notamment relayé par l’Action française Lyon, qui dit vouloir rendre hommage à son « camarade », qualifié de « martyr nationaliste lyonnais ». L’étudiant en mathématiques a fréquenté le mouvement royaliste historiquement antisémite, avant de rejoindre Allobroges Bourgoin, dont l’organisation nationaliste révolutionnaire a été inaugurée lors du défilé néofasciste du Comité du 9-Mai. « Audace Lyon », un groupuscule local descendant du Bastion Social, lui-même héritier du GUD, se joindra au cortège. Lui, qui imagine la ville comme la « capitale du nationalisme » propose des entraînements dits d’autodéfense « contre la violence des milices d’extrême gauche et des bandes ethniques », auxquels Quentin Deranque aurait participé selon leur porte-parole à l’AFP.

    Plus d’un millier de militants d’extrême droite venus de toute l’Europe sont attendus sur place. Malgré les appels à son interdiction, relayés par le maire de la ville Grégory Doucet (EELV), la préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes a autorisé la manifestation. « Pour l’instant, la liberté est plus importante que l’inquiétude », a déclaré le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez sur RTL ce vendredi matin. Les forces de l’ordre disent prévoir un large dispositif avec les renforts de CRS, de gendarmes mobiles et de policiers d’autres départements. Et puis, tant pis si des néonazis envahissent les rues.

    Dans un courrier, Jordan Bardella enjoint les cadres du Rassemblement national à ne pas rejoindre le défilé. Le parti à la flamme, qui entre dans l’ultime phase de sa banalisation, tente de se distancier de ce qu’il nomme « l’ultradroite ». Mais les faits sont têtus.

    Marche organisée

    par une ex-candidate RN

    L’organisatrice de cette marche Aliette Espieux, militante anti avortement notoire, a été, lors des élections municipales de 2020, candidate sur la liste RN du 5e arrondissement de Lyon. Son époux, un certain Eliot Bertin, membre d’Audace Lyon est l’ancien leader de Lyon Populaire, un groupuscule accusé de « faire apologie de la collaboration avec le nazisme et de provoquer à la haine, à la violence et à la discrimination envers les étrangers », dissout en avril dernier par Bruno Retailleau, alors ministre de l’Intérieur, en même temps qu’Urgence Palestine et la Jeune garde.

    L’organisation antifasciste cofondée par le député LFI Raphaël Arnault est mise en cause dans la mort de Quentin Deranque. Une occasion rêvée pour l’extrême droite de pointer du doigt et d’attaquer tous ceux qui luttent contre le fascisme. Une pétition du collectif féminin identitaire Némésis visant à « classer la mouvance antifa sur la liste des organisations terroristes », recueille plus de 14 300 signatures à l’heure où nous écrivons ces lignes. Le RN développe sa proposition, en conférence de presse, à l’Assemblée nationale. Ce même parti, fondé par des Waffen SS, des néonazis, des membres de l’OAS, veut s’inspirer des Américains qui considèrent les antifascistes comme des terroristes. Se joignent à lui, l’AfD allemande, dont la dirigeante, petite-fille de nazi, instrumentalise elle aussi la mort de Quentin Deranque, de même que la Première ministre italienne Giorgia Meloni, qui, dès ses débuts en politique louait le Duce.

    L’extrême droite veut faire des antifascistes les nouveaux « fascistes », rejoint par une partie de la presse de notre pays et des responsables politiques qui renvoient ce qu’ils nomment « les extrêmes » dos-à-dos. « La faute politique majeure » du centre-gauche et de la droite, dénoncée par l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, dans un long post sur X. « L’enjeu, c’est celui d’une prise de pouvoir sur les esprits (…). Nous approchons d’un point de non-retour. Quelque chose commence à nous échapper », alerte-t-il. En début de semaine, le siège de LFI a été vidé « suite à une menace à la bombe », des permanences ont été ciblées notamment à Belfort, Tours, Saint-Nazaire, des menaces de morts et de viols ont été proférées envers les élus. Ces mêmes attaques visent désormais des locaux du PCF, des militants du PS. L’atmosphère est insoutenable. Le bruit assourdissant des bottes résonne face au silence affligeant et complice des pantoufles.

  • L’extrême violence politique en accusation

    L’extrême violence politique en accusation

    Une conférence de presse expéditive pour une affaire hautement sensible. Le militant nationaliste Quentin Deranque a succombé à des coups portés par au moins six individus masqués et cagoulés, qui ne sont pas encore identifiés, a déclaré lundi le procureur de Lyon. Une enquête criminelle a été ouverte pour « homicide volontaire, violences aggravées et association de malfaiteurs en vue de commettre un délit ». Quand il a été pris en charge par les secours jeudi soir, le jeune homme « présentait essentiellement des lésions à la tête », « au-delà de toutes ressources thérapeutiques et mortelles à brève échéance », a indiqué Thierry Dran. Aucun coup de couteau n’a été porté à cet étudiant de 23 ans, sans casier judiciaire, a précisé le magistrat.

    Militant très actif dans les sphères d’extrême droite

    La police a entendu « plus d’une quinzaine de témoins » et analyse des vidéos de l’agression, mais « au moment où je vous parle, il n’y a pas eu d’interpellation », a appuyé Thierry Dran. « L’enquête cherche à identifier l’ensemble des auteurs directs des faits criminels. » Alors que le gouvernement a accusé le groupe antifasciste la Jeune Garde, le procureur a refusé d’en dire plus sur le profil des agresseurs. « Quand on aura interpellé les gens, on va vous en dire plus sur leur appartenance », a-t-il martelé, disant vouloir se baser « non pas sur des rumeurs, mais sur des éléments » d’investigation.

    Jeudi, vers 17h30, en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon, sept femmes militantes du collectif féminin d’extrême droite Némésis ont déployé une banderole pour dénoncer sa présence, selon le récit du magistrat. Elles avaient « demandé à un certain nombre de leurs amis de venir les aider en cas de violence. Néanmoins, ces derniers restaient à l’écart » quand elles ont été agressées par plusieurs individus, a-t-il rapporté. Deux d’entre elles disent avoir été étranglée pour l’une, jetée au sol pour l’autre, et ont des ITT de deux et cinq jours, selon lui. C’est un peu plus tard, vers 18h, que les jeunes hommes chargés d’aider Némésis « ont été pris à partie par un groupe d’une vingtaine d’individus masqués et cagoulés ». La plupart d’entre eux ont réussi à s’enfuir mais trois, dont Quentin Deranque, ont été isolés.

    Ils « étaient alors jetés au sol, puis frappés à de très nombreuses reprises par plusieurs individus, au moins six pour Quentin Deranque », a rapporté Thierry Dran. « Deux des victimes parvenaient tout de même à fuir, tandis que Quentin Deranque restait au sol. » Une fois leurs agresseurs partis, un de ses amis est revenu sur place et l’a trouvé conscient. Il a cherché à le ramener chez lui mais a constaté sur le chemin une dégradation de son état et a appelé les secours. Hospitalisé dans le coma, le jeune homme a été déclaré mort samedi. Il était inscrit depuis cette année en BUT Sciences des données à l’université Lumière Lyon II.

    Ancien membre du mouvement royaliste historiquement antisémite l’Action française à Vienne -qui lui a rendu hommage-, Quentin Deranque était « militant d’un groupe nationaliste-révolutionnaire local », a indiqué à l’AFP un porte-parole d’un autre groupe nationaliste lyonnais Audace. Ce groupuscule néofasciste se nomme Allobroges Bourgoin, fondé début mai 2025 et inauguré lors du défilé d’extrême droite du « Comité du 9 mai », auquel le jeune homme aurait participé selon Libération. Converti au catholicisme depuis peu, il fréquentait d’après les informations du Figaro, l’Academia Christiana, un institut de formation catholique traditionaliste et nationaliste, créé par l’un des cofondateurs de Génération identitaire en 2013.

    REACTIONS

    Fabien Roussel secrétaire national du PCF

    « Un drame. Une famille en deuil, des proches bouleversés… Il faut arrêter avec cette violence en politique qui mènera toujours à des tragédies. Que toute la lumière soit faite et que justice soit rendue. »

    Jean-Luc Mélenchon fondateur de la France insoumise

    « Notre service d’ordre s’est déployé pendant toute la durée de la présence de [Rima Hassan à l’IEP de Lyon]. Durant cette période, il ne s’est strictement rien passé : ni dans la salle, ni devant l’école, ni alentours. Tout a été arrangé pour faire croire à une sorte d’expédition de notre service d’ordre contre le jeune homme. Mensonges ! Nous n’avons rien à voir avec cette histoire. Tous ceux qui affirment le contraire sont des calomniateurs ! »

    Laurent Nunez ministre de l’Intérieur

    « Aucune cause ne pourra jamais justifier ce déchaînement de violence. Dans ce contexte, j’ai [appelé] les préfets au renforcement de la vigilance autour des rassemblements de nature politique, ainsi qu’autour des permanences de campagne. »

    Olivier Faure premier secrétaire du PS

    « Le niveau de violence atteint est inacceptable. Dans une démocratie personne ne devrait mourir pour ses idées. »

    Grégory Doucet maire (EELV)de Lyon

    « Je condamne avec la plus grande fermeté la rixe d’une extrême violence qui s’est déroulée à Lyon. Rien ne peut justifier de tels affrontements (…) La ville de Lyon est à la disposition de la justice pour faire toute la lumière sur ces évènements dramatiques. »