Montpellier s’attaque au dernier sommet de sa saison. Un sommet vertigineux. Samedi 27 juin (21h), au Stade de France, il s’apprête à disputer la quatrième finale de son histoire face au Stade toulousain. Triple champion de France en titre qui n’a fait qu’une bouchée du Racing 92 en demi-finale (71-17). État des lieux avec le manager héraultais Joan Caudullo.
La Marseillaise : Est-il facile d’aborder cette finale d’une manière normale ?
Joan Caudullo : C’est dur, mais c’est mon rôle. Je fais en sorte de maîtriser la communication. On est à 23 victoires sur 26 matchs. On a essayé de rendre la semaine normale en travaillant ce qu’on a l’habitude de faire et qui nous a permis d’être seconds au classement.
Comment pouvez-vous mettre un grain de sable dans la machine toulousaine ?
J.C. : Quand on est allé à Bordeaux, il a mis sa grosse équipe, mais il avait un objectif prioritaire face à Bath en champions Cup la semaine d’après. On savait que si on mettait notre grosse équipe, et les ingrédients nécessaires, on pouvait le faire.
Notre championnat est dominé par Bordeaux et Toulouse. Quand ces équipes-là ne sont pas à 100%, on a la capacité de gagner contre elles. Comme on l’a fait devant Toulouse chez nous (44-14). Notre objectif est d’être à 100%, après on verra.
Quand on voit la démonstration de Toulouse en demi-finale face au Racing 92 (71-17), ne fait-il pas peur ?
J.C. : Elle ne me fait pas peur car je ne suis pas surpris. Certains ont trouvé qu’elle était malade pendant un ou deux mois, mais les grands joueurs sont là dans les grands moments. Ils ont été là devant le Racing et cela s’est vu. Ils seront là en finale.
C’est une source de motivation. On va se préparer à faire la guerre. On est déterminés pour ça, on a envie d’y arriver même si la tâche sera plus dure qu’en finale du Challenge face à l’Ulster. Je n’ai pas envie que l’on passe pour des cons. J’accepte qu’une équipe soit meilleure que nous, puisse gagner, mais je n’ai pas envie que l’on rende les armes. On doit être à 100%, on doit concrétiser nos actions. Ce qui n’a pas été le cas la semaine passée face au Stade français.
Parce qu’à la 60e, avec tout le respect que j’ai pour le Stade français, on doit être largement devant. Ça sera important contre Toulouse si on veut être dans le match jusqu’au bout.
L’image du club a été écornée par le passé.
Est-ce une aussi grande victoire de soigner cette image que d’être en finale du Top 14 ?
J.C. : Je n’ai pas encore bien réfléchi à tout ça, car on est dans une machine à laver. Quand on regardera cette saison, elle porte beaucoup sur notre ADN et l’image du club.
Quand le président m’a confié le poste de manager, c’était mon objectif prioritaire. Quoiqu’il arrive samedi, on l’a réalisé.
On parle en bien de nous, c’est positif. Quand un joueur fait une bêtise dans sa vie, je vois moins de gens dirent qu’il doit aller à Montpellier. Il y a de belles personnes dans ce groupe, à l’image de Yacouba Camara.
Quelle sera la clé de cette finale face à Toulouse ?
J.C. : Cela va se jouer sur des détails. J’entends beaucoup de choses sur la capacité de Toulouse à déplacer le ballon et nous faire péter.
En phase finale, c’est avant tout une équipe qui domine l’adversaire par ses avants et le jeu frontal. On a un gros combat à mener là-dessus, ne serait-ce que pour rester dans le match jusqu’au bout.
On sait à quoi s’attendre, on doit les dominer sur le plan physique si on veut exister. Sinon, ce sera trop compliqué. Si Toulouse est à 100% , c’est quasiment impossible.
Votre équipe ne ’est
pas affolée devant Paris
et dégage une certaine sérénité. Avez-vous des certitudes ?
J.C. : Si on commence à regarder jouer Toulouse, on va faire comme le Racing. Le Racing qui a joué face à Toulouse n’était pas le même que celui face à Pau. C’est l’erreur à ne pas faire. On veut se concentrer sur nous, reproduire ce que l’on fait de bien depuis le mois de décembre. Si on les regarde jouer, si on ne monte pas en défense, si on les laisse manipuler le ballon, on verra le jeu à la toulousaine. Ils n’auront pas besoin de nous cabosser devant.
Faut-il mettre en place un plan anti-Dupont ?
J.C. : Un plan anti-Dupont va laisser de la place aux autres. C’est un grand joueur. Le meilleur de notre championnat, voire plus. Cela va être difficile. On n’a pas souvent joué face à lui depuis cinq ans, à l’exception du dernier match.
N’est-ce pas la finale rêvée ?
J.C. : Quand on est coach, on veut gagner. Ce n’est donc pas une finale rêvée pour moi.
Le championnat est très dense. Sur les deux ultimes saisons, onze équipes ont été parmi les six premiers. Il faut profiter de jouer une finale de Top 14 car cela ne va pas arriver souvent.

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