Arnaud Montebourg proche de regoûter à la victoire. Pas dans les urnes, mais dans les champs. Co-fondateur et président de la Compagnie des amandes, l’ex-ministre socialiste de l’Économie a le triomphe modeste, ce vendredi, au moment d’évoquer les actualités réjouissantes de sa société, chantre de la relocalisation et du made in France. La Compagnie des amandes organisait sa seconde récolte dans ses vergers de Sérignan-du-Comtat.
« Nos ventes s’envolent, le problème c’est que nos arbres ne poussent pas aussi vite que les clients qui veulent des amandes françaises, que ce soit la grande distribution, la pâtisserie artisanale ou industrielle ou la confiserie », constate Arnaud Montebourg. Pour situer, la France produit 1 200 tonnes par an d’amandes et en importe 49 000. Entre Sérignan et Aix, les amandiers commencent à arriver à leur plein rendement : la Compagnie exploite 230 hectares, soit 20 de plus que l’an passé, avec 8 agriculteurs. « On fait plus du double avec la cinquantaine d’agriculteurs indépendants à qui on achète la récolte », détaille le directeur François Moulias. Une production provenant en grande majorité de la Drôme et des Pyrénées-Orientales.
Résultat, la Compagnie des amandes table sur un chiffre d’affaires de 1,2 million d’euros cette année et 3,7 l’an prochain. En 2026, « on va atteindre la rentabilité, cela nous installe définitivement dans le paysage des relocalisations agricoles réussies », se félicite Arnaud Montebourg, aux côtés d’élus locaux. Dont la vice-présidente de la Région, Bénédicte Martin (DVD), qui se rappelle du lancement en 2018 : « Vous avez eu un projet visionnaire dans une démarche d’anticipation face au changement climatique, la relocalisation de la consommation et la diversification, alors qu’ici le territoire est trop monoculture en vignes de Côtes-du-Rhône », salue-t-elle.
Pour se développer, la Compagnie des amandes ne compte pas forcément développer à foison ses propres vergers, car trop lourd financièrement, mais s’appuyer « sur de grosses coopératives en Occitanie qui battent de l’aile parce qu’elles ont produit sans se soucier de la commercialisation », expose François Moulias. Autre levier tant attendu, la mise en route d’une casserie, pour traiter et valoriser directement l’amande, à Brignoles (Var). La Compagnie est en train d’aménager un entrepôt de 1 800 m² qui doit être opérationnel à la mi-octobre (2 millions d’euros d’investissement).
La renommée de la Compagnie des amandes pourrait inspirer d’autres cultures. « J’étais invité il y a peu par la ministre de l’Agriculture qui voulait faire renaître la production végétale sur le sol national, quel que soit le gouvernement je suis disponible pour populariser notre modèle », se targue Arnaud Montebourg, qui a déjà reçu des acteurs de la fraise, framboise, truffe et même de l’horticulture.

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