Le théâtre de l’Œuvre et le Café Julien prêts à faire peau neuve

À l’hiver 2023, la coopérative de musiques Grand bonheur s’associait aux salles de concerts et spectacles du Makeda, à la Plaine, du Théâtre de l’Œuvre, à Belsunce, et de la Meson, aux Réformés, pour récupérer la gestion de l’Espace Julien, propriété de la Ville de Marseille. Le point de départ d’une « réflexion commune sur la mutualisation et la solidarité autour des musiques actuelles dans le centre-ville », réunie au sein d’une entité nommée « Responsabilité des rêves », rappelle Sarah Lepêtre, directrice de la Meson.

« Virevolte »

Près de deux ans et des centaines de concerts plus tard, l’emblème culturel du cours Julien se prépare à un grand bouleversement. « Il va y avoir une réfection totale du Café Julien [espace attenant à la salle principale qui a vu défiler des groupes comme IAM ou
la Fonky Family à leurs débuts, Ndlr] », annonce Maud Dissescou, chargée des relations publiques. Les travaux prévoient notamment « une rénovation de la façade qui ouvrira le café sur la rue, un accès pour les personnes à mobilité réduite, un nouveau bar, de nouveaux vestiaires et sanitaires, une augmentation de la jauge, ainsi qu’une nouvelle acoustique des lieux », ajoute-t-elle à propos de ce chantier qui doit occasionner « la fermeture du Café Julien et de l’Espace Julien entre décembre 2025 et février 2026 », avant « une réexploitation de transition de mars à juin », puis « une réouverture définitive en octobre 2026 ».

D’ici là, l’automne 2025 sera chargé à l’Espace Julien, avec de nombreux concerts prévus, dont celui du « prince de la soul » Curtis Harding ou encore de l’héritier de l’afrobeat, Femi Kuti, pointe entre autres Marie Ketele, co-directrice artistique de l’Espace Julien. Les bouleversements qui se profilent n’entament pour l’instant en rien la programmation du Théâtre de l’Œuvre, de l’Espace Julien, du Makeda et de la Meson, ces deux derniers connaissant eux aussi bientôt une rénovation acoustique. Les quatre salles ouvriront leur saison simultanément avec le festival Virevolte, entre les 10 et 13 septembre. « Une itinérance festive pour danser la fin de l’été », résume Marion Bayol, responsable de la communication et de la billetterie. Le « leitmotiv de la danse » chevillé au corps, c’est un « plateau 100% féminin et queer », assuré par Sororo club, qui lancera le bal au Café Julien mercredi 10 septembre pour une soirée gratuite placée sous le signe de l’électro. Le lendemain, direction la rue Ferrari, au Makeda, où se produira le quintette Sarab « qui mêle rock, jazz moderne et sonorités arabes », puis le trio électro-oriental Bakir. Vendredi 12, au tour de la Meson de faire virevolter le public avec Article 15 « qui crache son flow sur des rythmes afro-punks de Kinshasa à Paris », tandis que l’Espace Julien accueillera Dombrance et son « électro politique disco-pop » ou encore la Dj marseillaise Mystique, aux « sons afros et latinos ».

Cette première édition de Virevolte augurera définitivement l’automne, le 13 septembre au Théâtre de l’Œuvre, avec une « block party » assurée par les Dj’s avec Ammar 808 ainsi que Youthstar & Rumble du label Chinese Man records. Implanté depuis près d’un siècle rue Mission de France, ce théâtre à l’italienne du quartier Belsunce connaîtra bientôt sa « réhabilitation totale », expose son directeur, Dro Kilndjian. « La salle de spectacle permettra de faire du assis-debout pour le public, toujours dans cet esprit baroque. » 1 200 m² et quatre niveaux dédiés aux résidences d’artistes, à l’action culturelle, aux services généraux et bien évidemment aux spectacles. « Les travaux vont démarrer au printemps 2026. On rouvrira 14 mois après », espère cet homme à la tête d’un théâtre « de proximité » qui assurera « 43 levers de rideaux entre septembre et décembre », parmi lesquels ceux de Kepa, « à la croisée de la surf music et du cinéma » ou de « la voix de la nouvelle scène folk française » Claire Days.

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