Tag: relocalisation

  • La cité phocéenne devient la capitale du Made In France

    La cité phocéenne devient la capitale du Made In France

    « Le 11 juin, Marseille sera la capitale du Made In France. » Olivier Robert, fondateur de Sacré Français qui organise depuis trois ans les rencontres du Made in France, se réjouit que l’événement prenne place à Marseille, à la Friche de la Belle de Mai (3e). De 9h à 17h le 11 juin, des conférences et un village de plus de 40 exposants permettront de mettre à l’honneur le fameux « made in France ».

    Après the Camp à Aix-en-Provence et le Couvent à Marseille, c’est à la friche de la belle de mai que s’installeront les ambassadeurs de la fabrication française. Un nouveau lieu plus grand, pour accueillir un nombre croissant de participants et lourd de sens, puisque c’est dans une ancienne cartoucherie que les intervenants aborderont les thèmes de la réindustrialisation et des relocalisations.

    « Avec ces rencontres, c’est les victoires du made in France que nous voulons mettre en avant, explique le fondateur des Sacrés Français. Car on peut encore fabriquer en France et on peut en être fier », insiste-t-il. L’objectif de cet événement est de montrer que fabriquer en France est encore possible. Un rendez-vous pour mettre la lumière sur les entreprises qui font ce choix, donner des clés à celles qui voudraient le faire et permettre aux partenaires de se rencontrer.

    Région Sud bien présente

    Si c’est la France entière qui se retrouvera le 11 juin, la Région Sud est tout de même bien représentée, avec notamment le label « Fabriqué à Marseille », lancé par la municipalité il y a 3 ans. Pour l’organisateur, c’était une évidence de venir à Marseille. « D’abord pour montrer qu’il n’y a pas que Paris, et aussi parce que Marseille c’est la 2e ville de France, et c’est un lieu où ça bouge pas mal. »

    Un événement très soutenu par la Ville de Marseille qui y voit un moyen de faire rayonner la ville et le territoire avec. « Cela permet de faire de la ville un catalyseur pour mettre en avant les richesses françaises et marseillaises », se félicite Julien Harounyan, adjoint (Madmars) au maire en charge de l’attractivité économique. Pour l’élu, c’est également un moyen : « De faire en sorte de construire une économie d’attractivité économique pour les Marseillais et pas seulement au service du territoire national. »

    Une initiative également soutenue par la chambre de commerce et de l’industrie d’Aix Marseille. « Notre but c’est de soutenir les entreprises locales, mais aussi de pousser le consommateur à consommer local », insiste Jocelyn Meire, membre de la CCI.

    Plus d’informations sur sacré-français.com

  • À Marseille, ils réclament un collège en plus dans le 13e

    À Marseille, ils réclament un collège en plus dans le 13e

    « Les collèges du 13e sont déjà au-dessus de leur capacité. Il y a un vrai besoin d’un collège en plus. » Dans la salle de l’union locale de la CGT à La Rose, ce mercredi, Maylis Merly, membre du collectif « un collège supplémentaire pour le 13e », explique pourquoi la relocalisation du collège Mallarmé, proposé ce mardi par le Département des Bouches-du-Rhône, ne les satisfait pas.

    Ce collectif, créé en mars 2024, réclame la construction d’un nouveau collège, constatant une augmentation démographique importante dans le 13e arrondissement. « Entre 2018 et 2024, il y a eu 600 collégiens en plus sur tout le 13e arrondissement, soit un collège complet », souligne Elena Izquierdo, membre du collectif.

    L’annonce, en juillet 2025, de la construction d’un collège à côté du lycée Simone-Veil aurait pu être une bonne nouvelle pour le collectif. « Mais, on a appris que ce n’est qu’une relocalisation du collège Mallarmé », se désole Maylis Merly. « Le collège devrait donc fermer d’ici 6 ans, lorsque l’autre établissement aura ouvert », précise Anaël Chauvet, professeur et membre du collectif. Le nouvel établissement devrait bénéficier de 200 places supplémentaires, ce qui, d’après le Département, « permettra d’accueillir le surplus d’élèves prévu sur cet arrondissement ». Selon le collectif, cela reste largement insuffisant.

    Moins de moyens

    Aux yeux des militants, le nombre de place limité n’est pas le seul point noir de cette relocalisation. « Leur argument pour fermer ce collège est le problème de sécurité lié au trafic. Mais retirer du service public dans ces lieux n’est pas une solution », affirme le professeur d’histoire-géographie. Le collectif craint également la perte de moyen. « Le collège Mallarmé est en REP+ (Réseau d’éducation prioritaire). Au vu de la nouvelle zone de construction et des coupes budgétaires, il y a peu de chances que le nouvel établissement conserve le même statut. Ce qui signifie moins de financement », estime Maylis Merly.

    Le collectif exige donc le maintien du collège de Mallarmé et la construction du nouveau collège. Le Département des Bouches-du-Rhône assure être « attentif à l’évolution de la démographie et savoir adapter sa stratégie de gestion des collèges si besoin ».

  • Fabien Roussel : « Nous ne voulons plus de leurs trafics »

    Fabien Roussel : « Nous ne voulons plus de leurs trafics »

    La Marseillaise : Vous arrivez ce week-end à Marseille dans un contexte particulier, une semaine après l’assassinat de Mehdi Kessaci. Quelle a été votre première réaction lorsque vous l’avez appris ?

    Fabien Roussel : À chaque fois que j’entends un drame lié aux narcotrafiquants qui provoque une mort ou un blessé grave, je suis profondément choqué que ces narcotrafiquants viennent pourrir nos vies. Mais quand j’ai appris que cette fois-ci il s’agissait d’un jeune homme tué parce qu’il est le frère d’un autre jeune homme qui se bat contre les narcotrafics, j’ai été sidéré de voir jusqu’où ces truands, ces bandits, étaient capables d’aller pour faire leur commerce de la mort. Ce crime odieux doit être pris à ce niveau. On a en face de nous des truands, des criminels totalement décomplexés, qui sont prêts à tout. En face, nous ne devons pas leur céder un pouce de terrain. Je trouve extrêmement courageux de la part d’Amine de rester digne, droit et déterminé à mener ce combat-là.

    Beaucoup de responsables parlent d’un nouveau cap franchi, avec un assassinat d’intimidation, qui vise un militant politique. Vous partagez ce constat ?

    F. R. : C’est difficile de le caractériser. Mais c’est un assassinat horrible, pour empêcher Amine de mener son combat contre les narcotrafiquants. J’ai du mal à mettre un qualificatif derrière. Un assassinat est un assassinat. Mais ce qu’ils ont fait en tuant Mehdi, c’est de franchir un pas plus grave. Cela montre que ces criminels sont extrêmement dangereux. Tout autant que le sont des terroristes qui tuent des civils innocents.

    Vous allez participer ce samedi à la marche blanche organisée à Marseille à l’appel de la famille, pourquoi avez-vous souhaité y aller ?

    F. R. : Parce qu’Amine entend continuer ce combat, et que ce combat est juste, nous devons tous être avec lui. Pas derrière, mais avec lui, pour faire front, pour garder la tête haute et pour dire que nous ne leur céderons pas un pouce de terrain. Nous ne les voulons plus dans nos quartiers, dans nos halls d’entrée, nous ne voulons plus de leurs menaces, de leurs balles perdues, de leurs trafics de drogue. Nous n’en voulons plus ! C’est important d’être à côté d’Amine mais aussi à côté de toutes ces associations, de tous ces élus, de toutes ces forces de police, de tous ces magistrats qui se battent contre les narcotrafiquants. Nous devons être unis. La population, le peuple doit faire bloc et envoyer un message extrêmement fort pour leur dire : vous ne nous faites pas peur, nous ne céderons pas.

    Sur la question du narcotrafic, on a l’impression que la droite, que l’extrême droite surtout qui veut imposer un état d’urgence à Marseille, sont plus audibles que les forces de gauche. Comment l’expliquez-vous ?

    F. R. : La droite comme l’extrême droite, depuis des années, ont des mots durs pour parler de sécurité. Mais de l’autre côté, ils déshabillent complètement l’État, les différents ministères concernés, les communes, les différentes associations, de tous moyens d’action. Ceux qui appellent tous les jours à réduire la dépense publique sont coupables de désarmer les services de l’État, la justice, la police, les services publics qui sont tous les jours en première ligne dans ces quartiers. Dimanche j’entends dénoncer cette hypocrisie de la part de ceux qui viennent verser des larmes de crocodile quand il y a ces drames, mais derrière quand il s’agit de voter des crédits pour embaucher des policiers, des douaniers, des magistrats, donner des moyens aux communes, aux associations, sont absents ou appellent à faire des économies. Quand il s’agit de lutter contre les trafiquants, il ne peut pas y avoir de double langage. Il faut être capable de hausser le ton mais aussi de donner des moyens à la République, à l’État, d’être forts, extrêmement forts pour résister à ces bandes qui elles ont des moyens illimités.

    Quelles propositions justement peut porter la gauche ?

    F. R. : Je dirai deux mots : des services publics. Et derrière les services publics, c’est la force de l’État. Derrière les services publics, je mets autant les services publics de l’ordre, telle que la police, mais aussi celui du contrôle de nos frontières, les douaniers. Nous avons perdu 15 000 douaniers dans nos ports, nos aéroports, à nos frontières ! Ce sont des services publics qui devraient avoir tous les moyens pour garantir la protection de notre jeunesse et des habitants. Les services publics, c’est ceux de la justice, et derrière la justice je pense à la PJJ, à la protection de la jeunesse, aux moyens de pouvoir juger rapidement, sévèrement et justement ceux qui sont pris. Enfin, les services publics, c’est tout ce qui agit en matière de prévention. Cela va des moyens que l’on donne aux communes à la vie dans nos quartiers, aux logements, au sport, à la culture. C’est essentiel pour vivre ensemble. Et cela contribue à faire reculer aussi l’individualisme, le chacun pour soi, le système D, et donc les trafics. C’est donc une politique d’ensemble qu’il faut avoir, et tenir les deux bouts : la répression, la protection, mais aussi la prévention.

    Vous aviez décidé avant cette actualité dramatique de venir à Marseille, tenir ce meeting national, loin de toute échéance nationale. Pourquoi ?

    F. R. : Dans la période tendue dans laquelle se trouve la France, avec un gouvernement qui entend continuer à mettre en place des politiques d’austérité, dures économiquement, avec un budget qui ne permet pas à la France de répondre à ses besoins dans tous les domaines – l’emploi, les services publics, la sécurité – je tenais à ce que le Parti communiste français ait une parole forte pour dire que les solutions existent. C’est possible ! C’est possible de répondre aux attentes des salariés, de la jeunesse, des familles, des quartiers, des retraités. Nous produisons des richesses, qui sont injustement réparties. Et nous pourrions produire plus de richesses pour répondre aux immenses besoins de ce pays. Je souhaite montrer dimanche que la question de la réindustrialisation, de développer les services publics, c’est la perspective de créer des centaines de milliers d’emplois qui demain permettront de créer des richesses, de payer des cotisations, de financer notre modèle social. C’est par la production de richesses, par la réindustrialisation de la France, par des services publics forts que nous sortirons par le haut. Ce n’est pas par des politiques d’économies, d’austérité. Toutes ces économies demandées conduisent à rabougrir la France, c’est la petite France que nous proposent la droite et ce gouvernement ! Nous, nous avons une grande ambition pour la France. Et c’est cette grande ambition que je souhaite porter dimanche lors de ce meeting.

    Vous avez évoqué les débats budgétaires, avec un texte qui pour la première fois fait l’unanimité contre lui… Quel regard vous portez sur ces débats, dans une Assemblée éclatée ?

    F. R. : Le fait qu’il n’y ait pas de 49-3 et que les différents groupes sont appelés à construire un budget permet de révéler ce qu’un groupe porte et défend. Pour nous, les parlementaires communistes, nous sommes clairs sur ce que nous ne voulons pas. Tout ce qui conduit à taxer davantage le pouvoir d’achat des Français, nous n’en voulons pas. Mais ça permet aussi de dire tout ce que nous voulons pour la France, pour les travailleurs. En matière de justice sociale : hausse des salaires, baisse de la CSG sur les salaires, baisse de la TVA sur l’énergie, des moyens plus importants pour nos communes, pour nos services publics. Tout cela nous le défendons. Et nous disons aussi que nous sommes prêts à faire des concessions, à construire, parce que nous avons bien conscience qu’il faut chacun faire un pas l’un envers l’autre. Malheureusement, en face de nous, la droite et l’extrême droite sont extrêmement fermées à toute contribution supplémentaire que les plus riches, les plus fortunés pourraient faire pour financer les besoins de notre pays.

    Nous avons vu aussi la gauche divisée à l’Assemblée…

    F. R. : Je ne suis pas là pour parler des divergences à gauche, ce n’est pas mon sujet. Je ne suis pas là pour commenter les mots des uns contre les autres, mais pour dire ce que le Parti communiste français porte comme ambition pour le pays. Après, chacun prend ses responsabilités au moment du vote. Et les Français jugeront. Je sais ce que nous, nous défendons, ce que nous voulons pour le monde du travail, pour nos services publics, pour notre industrie, pour la paix. Je parlerai beaucoup de cette question-là dimanche, parce que tout est fait en ce moment pour préparer la France à la guerre. Nous sommes clairs sur ce sujet : ce n’est pas une question de déni, c’est une question d’objectif, d’ambition pour la France. Nous voulons la paix ! Et la paix, ça se négocie, ça se travaille.

    Quelles propositions mettez-vous sur la table pour le budget ?

    F. R. : Les propositions que nous portons, justement, c’est un changement radical dans la conduite économique de notre pays ! Nous voulons créer des emplois pour répondre aux besoins de notre pays en matière de sécurité, mais aussi pour le climat, la petite enfance, les personnes âgées, pour l’enseignement, pour la santé… Il y a des gisements d’emplois considérables, embauchons dans les services publics, dans les collectivités pour répondre à ces immenses besoins ! Il y a besoin de réindustrialiser la France. Nous proposons un choc fiscal permettant d’investir des dizaines de milliards d’euros tous les ans, comme le font les Allemands d’ailleurs, pour inciter les entreprises à relocaliser en France, à créer des emplois en France, à payer des salaires en France plutôt qu’à l’étranger. Et produire en France plutôt qu’à l’étranger. Les 211 milliards d’euros d’aides publiques doivent être utilisés à cela, et exclusivement à cela : relocaliser l’industrie française en France. Nous redresserons l’économie de notre pays par la production de richesses, une richesse permettant aux salariés de vivre dignement, avec un bon salaire, de payer des impôts et de consommer des produits réalisés en France. Cette question de la production est centrale, c’est le message que je souhaite faire passer dimanche, avec des propositions concrètes… que je vous livrerai dimanche !

    Vous parliez des enjeux de la paix, vous avez vivement réagi sur les propos du chef d’état-major des armées qui parler d’« accepter de perdre des enfants »… Comment met-on un terme à ces discours guerriers ?

    F. R. : Cela fait plusieurs semaines que je tire la sonnette d’alarme pour alerter sur le fait que le président de la République, dans ses déplacements, multiplie des déclarations va-t-en guerre, guerrière. Malheureusement, ce n’est pas ça qui domine dans l’actualité. La déclaration du chef d’état-major des armées permet au moins de sortir de cette ambiguïté. Il a dit tout haut ce que le président de la République dit dans ses réunions à l’extérieur, à l’international. Nous ne voulons pas que la France rentre en guerre, contrairement à ce que le président de la République souhaite. Plusieurs chefs d’État en Europe aujourd’hui sont en train de préparer les esprits à un conflit avec la Russie. Nous devons tout faire pour empêcher la généralisation du conflit. La guerre en Ukraine a fait près d’un million de victimes, morts et blessés, il est temps aujourd’hui de tout faire pour négocier. Il y a deux ans, j’avais présenté des propositions qui pouvaient être discutées. Toutes ces propositions avaient été balayées en disant que ce ne sera jamais d’actualité. Or aujourd’hui, elles sont au cœur des négociations. Nous appelons à ce que des négociations pour une paix juste et durable puissent s’accélérer et que tout soit mis en œuvre pour éviter la guerre. Et nous préférons que la France prenne la tête d’un combat pour la sécurité collective des peuples européens de l’Atlantique à l’Oural plutôt que la tête d’une armée européenne contre Moscou.

    Donald Trump tente aujourd’hui d’imposer sa paix en Ukraine. Est-ce qu’elle serait viable ?

    F. R. : Ne laissons pas les États-Unis imposer les conditions de la paix en Europe. C’est à nous Européens de construire les chemins d’une paix juste et durable parce que ce sont nous qui vivons ici. Pas les Américains ! Ce sont les Américains qui ont tout fait pour attiser les tensions avec la Russie sous les précédents mandats. Ce sont les Américains qui ont multiplié les bases de l’Otan à la frontière russe. Ce sont les Américains qui ont incité l’Ukraine à adhérer à l’Union européenne et à l’Otan. Il est temps maintenant que les Américains arrêtent de jeter de l’huile sur le feu dans notre continent. Qu’ils s’occupent de leurs affaires et qu’ils laissent les Européens travailler à la paix.

    À Gaza aussi Donald Trump a imposé son plan de paix, qui n’empêche pas que les bombardements se poursuivent encore ces derniers jours… Comment obtenir une paix définitive ?

    F. R. : En prenant nous-même notre bâton de pèlerin pour la paix, et en arrêtant d’être suivistes des États-Unis. À chaque fois que la France attend que Donald Trump donne le la, nous sommes soumis à ses décisions. Ne laissons pas Donald Trump dicter ses conditions. Il faut que la France, qui est un grand pays, puisse avec d’autres pays être en capacité de négocier et d’imposer des conditions de paix plutôt que de laisser Trump le faire. Concernant la Palestine, la France et d’autres pays de l’Union européenne ont un poids suffisamment important pour imposer à Israël des sanctions fortes pour permettre aux Palestiniens de vivre en paix dans leur propre État. Malheureusement, ce n’est pas le choix qu’ont fait les nations européennes. Et pourtant nous en avons les moyens économiques. Nous avons su prendre des sanctions fortes contre la Russie, il n’y en a eu aucune prise contre Israël. Zéro sanction ! C’est un deux poids, deux mesures inacceptable.

  • La Compagnie des amandes sur la voie de la rentabilité

    La Compagnie des amandes sur la voie de la rentabilité

    Arnaud Montebourg proche de regoûter à la victoire. Pas dans les urnes, mais dans les champs. Co-fondateur et président de la Compagnie des amandes, l’ex-ministre socialiste de l’Économie a le triomphe modeste, ce vendredi, au moment d’évoquer les actualités réjouissantes de sa société, chantre de la relocalisation et du made in France. La Compagnie des amandes organisait sa seconde récolte dans ses vergers de Sérignan-du-Comtat.

    « Nos ventes s’envolent, le problème c’est que nos arbres ne poussent pas aussi vite que les clients qui veulent des amandes françaises, que ce soit la grande distribution, la pâtisserie artisanale ou industrielle ou la confiserie », constate Arnaud Montebourg. Pour situer, la France produit 1 200 tonnes par an d’amandes et en importe 49 000. Entre Sérignan et Aix, les amandiers commencent à arriver à leur plein rendement : la Compagnie exploite 230 hectares, soit 20 de plus que l’an passé, avec 8 agriculteurs. « On fait plus du double avec la cinquantaine d’agriculteurs indépendants à qui on achète la récolte », détaille le directeur François Moulias. Une production provenant en grande majorité de la Drôme et des Pyrénées-Orientales.

    La casserie opérationnelle à la mi-octobre

    Résultat, la Compagnie des amandes table sur un chiffre d’affaires de 1,2 million d’euros cette année et 3,7 l’an prochain. En 2026, « on va atteindre la rentabilité, cela nous installe définitivement dans le paysage des relocalisations agricoles réussies », se félicite Arnaud Montebourg, aux côtés d’élus locaux. Dont la vice-présidente de la Région, Bénédicte Martin (DVD), qui se rappelle du lancement en 2018 : « Vous avez eu un projet visionnaire dans une démarche d’anticipation face au changement climatique, la relocalisation de la consommation et la diversification, alors qu’ici le territoire est trop monoculture en vignes de Côtes-du-Rhône », salue-t-elle.

    Pour se développer, la Compagnie des amandes ne compte pas forcément développer à foison ses propres vergers, car trop lourd financièrement, mais s’appuyer « sur de grosses coopératives en Occitanie qui battent de l’aile parce qu’elles ont produit sans se soucier de la commercialisation », expose François Moulias. Autre levier tant attendu, la mise en route d’une casserie, pour traiter et valoriser directement l’amande, à Brignoles (Var). La Compagnie est en train d’aménager un entrepôt de 1 800 m² qui doit être opérationnel à la mi-octobre (2 millions d’euros d’investissement).

    La renommée de la Compagnie des amandes pourrait inspirer d’autres cultures. « J’étais invité il y a peu par la ministre de l’Agriculture qui voulait faire renaître la production végétale sur le sol national, quel que soit le gouvernement je suis disponible pour populariser notre modèle », se targue Arnaud Montebourg, qui a déjà reçu des acteurs de la fraise, framboise, truffe et même de l’horticulture.