Ce devait être une simple parenthèse de quelques mois. Mais pour certains étaliers des Halles de Nîmes, la parenthèse s’est muée en véritable cauchemar. Depuis le printemps, deux commerces, la charcuterie Bruguier et la boucherie Assenat, restent rideau baissé, empêchés d’ouvrir pour raisons sanitaires et techniques. « Nous nous sentons pris en otage », résume le fromager Sylvain Crégut, solidaire de ses collègues. À l’origine, l’installation de deux escalators destinés aux futures Galeries Lafayette. Des travaux lourds, qui ont entraîné poussière, dégâts matériels et absence d’autorisations de conformité. Chez David Bruguier, par exemple, un tuyau de frigo bouché par de l’eau empêche toute reprise d’activité. « L’étal m’a été rendu dans un état déplorable », peste-t-il par la voix de son avocat.
Au-delà des malfaçons, c’est aussi l’indemnisation qui crispe. Les protocoles signés prévoyaient des compensations rapides, majorées en cas de retard. Mais plusieurs étaliers affirment n’avoir rien perçu. « Sur le papier, tout devait être réglé en quelques jours. Dans les faits, certains n’ont pas vu la couleur de ces indemnités », assure Sylvain Crégut. Résultat : des trésoreries à bout de souffle après plus de sept mois sans recettes. La mairie, elle, tempère. Christophe Pio, adjoint chargé des Halles, rappelle que la plupart des commerçants ont pu rouvrir : « Nous avons respecté nos engagements. Les documents de sécurité réclamés doivent être fournis par la Socri, pas par la Ville. » L’entreprise exploitante, contactée, reste silencieuse. Une nouvelle réunion est prévue début septembre entre étaliers, municipalité et Socri. Tous espèrent un accord rapide pour mettre fin à ce bras de fer qui ternit l’image du chantier, qui devrait être livré à l’automne avec un goût amer.

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