De Gaulle au cinéma : une figure longtemps restée dans l’ombre

À l’heure du 86e anniversaire de l’Appel du 18 juin, le réalisateur Antonin Baudry propose un diptyque historique consacré au long combat du général de Gaulle avec La Bataille de Gaulle. Sortie pour sa première partie le 3 juin, l’œuvre retrace, dans un film épique, le combat de Charles de Gaulle pour que la France reste du bon côté de l’histoire.

Un film porté par le jeu de l’acteur Simon Abkarian, qui incarne le général de Gaulle. Déjà habitué à jouer des personnages historiques, comme le résistant communiste Missak Manouchian dans le film L’Armée du crime (2009) de Robert Guédiguian, il incarne avec justesse cette figure de l’histoire de France.

Par ce rôle, il rejoint le cercle restreint des acteurs ayant endossé la carrure de ce personnage historique. Car si la plupart des villes de France ont une place ou une rue à son nom, le cinéma ne s’est pas autant emparé de cette figure historique.

Une ombre

Au sortir de la guerre, si quelques films commencent à être réalisés sur la Résistance, ils n’évoquent le général de Gaulle que comme un nom, une ombre ou un signe de ralliement, car il fait l’objet d’une forme de sacralisation. À partir de 1958 et de son arrivée au pouvoir, les films sur la Résistance commencent à abonder. Mais sa double figure, à la fois ancien chef de la France libre et homme politique en exercice, limite grandement sa représentation.

Il faut attendre 1978 pour que son personnage soit réellement incarné par Jacques Boudet dans le téléfilm diffusé sur Antenne 2, 12 jours pour entrer dans l’histoire, alors que le général est décédé depuis huit ans et que son ombre est moins prégnante dans la société française. Toutefois, son personnage reste souvent secondaire. Il faut attendre 2005 pour qu’il devienne le héros principal avec Le Grand Charles, qui retrace la reconstruction de la France dans l’après-guerre.

Puis, en 2020, le réalisateur Gabriel Le Bomin sort De Gaulle. C’est le premier biopic qui lui est dédié à sortir dans les salles obscures. Incarné par Lambert Wilson, le film reçoit des critiques mitigées dans la presse, saluant la prestation de l’acteur tout en regrettant l’aspect très conventionnel de l’œuvre.

L’œuvre d’Antonin Baudry s’inscrit donc dans cette présence progressive, dans le septième art, du personnage du général de Gaulle, désormais désacralisé, mais qui reste une figure emblématique de l’histoire de France.

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