À Toulon, les assistants d’éducation réclament des moyens

« On est vraiment sous-cotés alors qu’on a un rôle essentiel, puisqu’on est en première ligne », s’insurge Jérôme, AED depuis quatre ans au collège Bosco, à La Valette, et obligé de cumuler deux boulots pour joindre les deux bouts. Et de poursuivre : « L’enfant qui se construit vit beaucoup d’injustices, de trahisons, de blessures, et les premières personnes à qui il vient s’adresser, c’est à nous, avec qui il peut avoir une parole beaucoup plus libérée. » « On a beaucoup de difficultés, une multitude de tâches et on n’est pas assez nombreux », renchérit, à ses côtés, Nora.

« Nous avons été reçus, ce (mardi) matin par l’inspecteur d’académie. Il a pu entendre nos revendications qui portent principalement sur la reconnaissance du métier d’AED, qui a un rôle central dans tous les établissements scolaires », explique Bruno Combette, du Snes-FSU.

Le syndicaliste déplore le très mauvais signal envoyé avec l’annonce de la suppression de 195 postes au niveau national. « On imagine que ces baisses vont concerner notre académie et notre département, alors qu’on est déjà dans la gestion de pénurie depuis plusieurs années », ajoute-t-il. Ce qui pourrait engendrer une situation qualifiée d’« extrêmement grave » dans de nombreux établissements, sachant que les AED jouent un rôle majeur sur le climat scolaire et dans l’accompagnement éducatif « des élèves qui, on l’a vu ces dernières années, sont en détresse ».

Un rôle crucial

Olivier Gérard, de la CGT éduc’action, a insisté sur l’obligation du respect du droit du travail pour ces personnels, notamment en ce qui concerne les reconductions des CDD et l’accès au CDI, « où depuis quatre ans au moins, on voit du grand n’importe quoi ». Avec parfois, insiste-t-il, « des chefs d’établissement irresponsables, inconséquents ». Des écarts reconnus par l’institution, qui s’est engagée de son côté à y mettre fin.

« C’est un vrai métier, crucial. Parce que ce sont eux qui sont au contact permanent des élèves et qui voient comment ils vont », insiste Bastien Doussot (Solidaires). Pourtant, dénonce le responsable syndical, « ils n’ont pas accès à la formation qu’ils devraient avoir pour prendre en charge cette parole ». Sans compter que ce sont eux qui, au portail, sont en première ligne en cas de violences. Et tout cela, parfois, pour un salaire de 600 à 900 euros par mois.

Philippe Biais, de l’Unsa, a expliqué sur quoi le directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) s’était engagé. « Son idée est d’être à l’écoute vis-à-vis des situations fines », précise-t-il. C’est-à-dire des situations étudiées au cas par cas et une intervention rapide lorsque la réglementation n’est pas respectée.

à ses côtés, un professeur venu en soutien enrage : « Les AED sont essentiels dans la vie des établissements et, ce qui est terrible, c’est que ces personnels ne sont pas considérés. On ne peut accepter de les laisser dans la précarité. Ce n’est pas possible. »

Mais changer cette réalité, c’est-à-dire accorder des moyens suffisants pour accomplir les missions de service public et traiter correctement les personnels, suppose tout autre chose qu’une gestion purement comptable : un peu plus d’ambition pour l’avenir.

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