Un titre donnerait une tout autre dimension à cette saison. Écartés de la course à la Ligue des champions dès la deuxième phase de groupes, les joueurs du Cercle des nageurs de Marseille ont désormais l’occasion de sauver leur exercice. Ce samedi (18h), ils disputeront la manche aller de la finale de l’Euro Cup face aux Croates du Jadran Split. « Les fins de saison comme ça, c’est magique », savoure Ugo Crousillat.
Le capitaine marseillais, vainqueur de la Ligue des champions avec le club hongrois de Szolnok en 2017, rêve cette fois d’un sacre européen avec son club de cœur. Pour rappel, l’international français ne faisait pas partie de l’effectif phocéen lors du titre en Euro Cup décroché en 2019. « J’ai eu la chance, dans ma carrière, de gagner beaucoup de trophées. Mais remporter une Coupe d’Europe avec son club, ça aurait une saveur différente sur le plan émotionnel », confie l’ailier tricolore, vice-champion du monde en 2013. Pour transformer ce rêve en réalité, le capitaine marseillais et ses coéquipiers devront venir à bout d’une équipe face à laquelle le CNM est invaincu depuis leur première confrontation. « C’est une formation très compétitive, qui aime jouer ce genre de rendez-vous », souligne l’entraîneur Milos Scepanovic, six fois victorieux face à Jadran Split, comme gardien puis comme coach depuis 2017.
« Ils ont quatre ou cinq joueurs capables de faire basculer un match, qui ont brillé ces dernières années avec la sélection croate. C’est surtout une équipe très expérimentée. Il faudra réussir à imposer notre rythme, car nous avons aussi des arguments à faire valoir. Mais, dans ce type de rencontre, beaucoup de choses se jouent sur les duels individuels », poursuit le technicien monténégrin, qui gardait déjà les cages marseillaises lors du sacre européen de 2019. « Pour moi, c’est le meilleur moment de ma carrière », insiste le double demi-finaliste olympique, conscient que le CNM n’évoluait pas dans la même dimension à l’époque.
« Aujourd’hui, tout le monde s’attend à ce qu’on gagne. Les gens sont très excités à l’idée de disputer cette finale et de pouvoir ramener le trophée. Mais chaque équipe qui arrive à ce stade n’est pas là par hasard. La gestion des émotions fera souvent la différence », ajoute Scepanovic. Avec un effectif jugé supérieur sur le papier et un historique des confrontations favorable, les poloïstes marseillais abordent logiquement cette finale avec le statut de favoris. Une lecture que les principaux intéressés refusent toutefois d’endosser.
« C’est une finale, il n’y a plus d’histoire. Et encore une fois, c’est Split. C’est une équipe de niveau Ligue des champions qui n’a pas gagné de Coupe d’Europe depuis longtemps. Ils seront eux aussi très motivés », prévient Crousillat, convaincu que les Croates auront déjà la tête à une grande fête pour le match retour, prévu le 6 juin.
Les Marseillais espèrent en tout cas s’appuyer sur l’élan du public, déjà déterminant lors de la demi-finale retour face à Radnicki Kragujevac. « Quand il y a un but, un bloc défensif ou un arrêt du gardien, le public pousse. Franchement, tu sens cette vague de bruit derrière toi », raconte le joueur de 37 ans.
Il reste fidèle à son image : spontané et authentique. « Je suis à la fois confiant, parce qu’on a de vraies forces, et très prudent, parce que dès qu’on nous explique qu’on a fait le plus dur en éliminant la meilleure équipe de la compétition, je balaie immédiatement ce discours », martèle l’enfant du Cercle.
Une première réponse sera apportée, ce samedi au bassin Pierre-Garsau, théâtre qui leur a jusqu’ici particulièrement réussi.

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