L’horreur en face

Avec le procès Pelicot, on pensait avoir touché le pire de ce qu’un homme pouvait faire subir à sa femme. La première journée du procès de l’ex-compagnon de Laetitia R. fait vaciller cette conviction.

L’abjection des actes reprochés à l’accusé donne la nausée et en vient à faire douter de l’âme humaine.

Les deux affaires qui ont éclaté dans notre région, l’une en Vaucluse, l’autre dans les Alpes-de-Haute-Provence, sont-elles révélatrices d’une escalade de comportements effroyables ?

Probablement pas. En réalité elles nous mettent l’horreur en face.

Elles accompagnent le grand mouvement de libération de la parole initié par #MeToo et mettent en lumière un continent de violences et de traumatismes jusque-là immergé dans la honte des victimes et l’hypocrisie de la société.

Le patriarcat asservit les femmes et déshumanise les hommes

Là où la justice avance parce que des femmes comme Gisèle Pelicot ou Laetitia R. ont eu le courage d’affronter leurs agresseurs mais surtout le qu’en-dira-t-on, c’est l’impunité des auteurs de violences qui recule et la honte qui change de camp.

Ces affaires ne sont pas des faits isolés, elles révèlent l’ampleur d’un système de brutalité et de domination.

Elles doivent donner aux victimes de toutes les formes de violences sexistes et sexuelles, le courage de dénoncer les comportements hideux.

Le patriarcat asservit les femmes et déshumanise les hommes.

Aucun projet sérieux d’émancipation humaine ne peut faire l’économie de sa remise en cause.

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