« Un festival pour promouvoir la culture de paix »

La Marseillaise : C’est la 3e édition du festival à Marseille, pourquoi un tel rendez-vous est important ?

Michel Dolot : Dans un pays militarisé comme le nôtre, c’est important de trouver un cadre qui sort de l’univers guerrier et qui offre un espace de réflexion pour pouvoir cultiver la paix. Malheureusement, l’événement ne s’adresse pour l’instant qu’à un public restreint, mais l’objectif est de faire participer diverses organisations qui ont la paix au cœur et qui veulent faire de la sensibilisation. La paix, à l’inverse de la guerre, c’est un outil d’émancipation et un moyen d’unir les gens. Toutes les luttes sont concernées. À partir du moment où l’on prend conscience des dynamiques de domination, on comprend pourquoi il est nécessaire de défendre la paix. Cette paix a besoin du collectif et on s’efforce d’en créer un et de le consolider.

L’art est-il un bon vecteur pour promouvoir la paix ?

M.D. : L’art permet d’interroger. Il réveille la créativité et l’imagination dans chacun de nous, parce qu’on est tous plus ou moins artistes. C’est un espace qui permet de parler surtout de droit et de solidarité afin de réfléchir aux problèmes futurs liés à la coexistence entre humains sur une terre qu’on a poussée au burn-out. C’est par le prisme de la créativité artistique que l’on réfléchit à des solutions. On veut construire une humanité créative qui tient à maintenir la paix.

L’événement a-t-il une résonance particulière sur le territoire ?

M.D. : Il faut savoir que la région est le territoire qui observe le plus d’activité militaire et donc de mobilisation pacifique. Il faut néanmoins distinguer pacifique et pacifiste. Le pacifique considère que s’il n’y a pas de guerre, alors il y a la paix, or c’est plus compliqué. Le pacifiste, lui, pense à construire la paix et en fait une priorité dans son programme politique. Cela reste donc un mouvement national qui s’inscrit dans une culture de paix promulguée par l’ONU. C’est crucial que des organismes offrent cet espace de promotion de la paix puisque c’est pas l’État qui va s’en charger au vu de son implication militaire. On va pas parler de paix alors qu’on promeut notre puissance nucléaire.

Festival « vivre ensemble pour la paix », du 11 au 16 mai, exposition visible dès ce mardi (vernissage mercredi 13 mai à 17h) à la maison des Associations, 93, Canebière, concert samedi 16 mai à 16 à la maison des associations.

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