À Béziers, une amende salée pour une déjection canine

À Béziers, on ne rigole pas avec la lutte contre les déjections canines. Tout est bon pour ramener les deniers des Biterrois, quitte même à faire un tour de passe-passe avec le calendrier. C’est ce qui est arrivé Juliette*, néo-biterroise qui a emménagé à la cité de Riquet en août 2024.

Pour rappel, la municipalité dirigée par le maire d’extrême droite Robert Ménard a mis en place, en septembre 2023, un périmètre « ADN canin » dans le centre-ville afin de lutter contre la prolifération de déjections canines. Les toutous sont donc dans l’obligation d’avoir un passeport, établissant leur profil génétique. Si une crotte est laissée derrière eux et ramassée par les services de la Ville, le propriétaire du chien incriminé se retrouve avec une amende à payer de 130 euros (122 euros jusqu’en mai 2025). Et gare à ne pas oublier le fameux sésame, sous peine d’une contravention de 35 euros en cas de non-possession du passeport.

Un dispositif que Juliette a eu l’occasion de découvrir cet été. « Je n’étais pas au courant de cette identification. Quand je l’ai su, j’ai donc fait identifier mon chien en juin 2025 », se remémore-t-elle. Mais le 19 juillet, la néo-biterroise reçoit une amende de 122 euros des finances publiques pour une déjection qui aurait été oubliée en… octobre 2024, soit neuf mois plus tôt.

« Sentiment d’impunité »

Problème, au moment des faits, l’arrêté en question – pris par la mairie en mai 2023 – avait été annulé par le tribunal administratif de Montpellier le 6 mai 2025 avec effet rétroactif. « Après l’annulation de cet arrêté le 6 mai, Robert Ménard a repris le même arrêté le 13 mai 2025. Mais comme le premier arrêté a été annulé – car jugé ni proportionné ni nécessaire par le tribunal- l’amende que j’ai reçue il y a dix mois n’a pas lieu d’être », soupire Juliette qui a tenté, en vain, de contacter la Mairie.

Une décision de justice que ne respecte pas Robert Ménard. « Lorsque l’autorité administrative viole l’autorité de la chose jugée, c’est-à-dire lorsque l’autorité administrative reprend une décision identique à celle annulée, le tribunal administratif considère que ce n’est pas grave, qu’il n’y a pas d’urgence à indiquer à l’administration qu’elle se trompe et laisse pendant deux ans les décisions s’appliquer. Il en résulte un sentiment d’impunité de la part du maire d’extrême droite. Et donc une violation des droits fondamentaux de tous les citoyens », souligne Sophie Mazas, l’avocate qui a fait annuler le premier arrêté.

Si Juliette n’a pas envie de faire une montagne de cette histoire, la néo-biterroise « aimerai[t] que la mairie ne fasse pas de chose illégale et annule cette amende ».

*Le prénom a été modifié

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