Des traces de l’âge de Bronze découvertes à Rassuen

À Istres, les constructions fleurissent et les fouilles se multiplient. Intervenus sur le territoire ces dernières années, quatre archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) sont venus présenter leurs résultats. Séverine Scalisi, spécialiste de la préhistoire, explique : « Le cœur de notre métier est d’intervenir dans le cadre de projets d’aménagement avant que les constructions ne détruisent des vestiges archéologiques. »

À Rassuen, l’extension de la station d’épuration par Ouest-Provence a nécessité une évaluation du potentiel archéologique des parcelles. Un premier diagnostic réalisé en 2020 a mis au jour « un réseau de traces agraires modernes, un réseau plus ancien rattaché à l’Antiquité avec un puits de cette période, mais aussi un foyer de 3 mètres de diamètre dit à pierres chauffantes et un ensemble de fosses dans lesquelles on a retrouvé du matériel daté de l’âge du Bronze final 2B », soit 1300-1200 avant J.-C., poursuit Séverine Scalisi.

Une tombe et des objets domestiques

Le secteur de Rassuen était connu des archéologues pour avoir été occupé « depuis le paléolithique supérieur jusqu’à l’époque contemporaine », avec une représentation de quasi toutes les périodes, « ce qui montre son attractivité » qui s’explique par la proximité de l’étang, véritable « réservoir alimentaire » mais aussi par sa situation géographique « surélevée et protégée ».

Deux manques subsistaient : le début du néolithique et l’âge du Bronze. « Justement, la découverte du site vient combler ces manques », note l’archéologue. Une opportunité d’autant plus précieuse que « l’âge du Bronze final 2B est très mal connu et très peu représenté en Provence, donc d’avoir découvert ces structures-là était une occasion très importante de documenter ce hiatus ».

De nombreux vestiges en creux ont été retrouvés par les équipes de l’Inrap, à l’instar de foyers datant de 4936 à 4542 avant J.-C. selon la technique carbone 14 (soit le début du néolithique), réutilisés par la suite comme dépotoir pour objets domestiques ; ou d’une sépulture dans laquelle des os d’un jeune adulte ou d’un grand adolescent étaient conservés.

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