Dominique Santoni refait l’âpre match des municipales

Le parfum des municipales flottait, ce lundi matin, dans l’hémicycle départemental. Comme indiqué dans notre édition de lundi, seuls 7 conseillers départementaux sur 34 n’étaient pas concernés par le scrutin des 15 et 22 mars. La plupart avaient sûrement encore la tête à cette élection ayant plongé les élus dans la torpeur, tant la séance et ses 36 rapports techniques n’ont donné lieu à aucun débat, s’achevant en 50 minutes.

Sur les 151 maires vauclusiens, 9 d’entre eux siègent au Département, dont 4 nouveaux. Après les « félicitations » de rigueur adressées aux nouveaux élus, Dominique Santoni a tenu à refaire le match du scrutin dans un propos liminaire. Non sur un pur plan de recomposition politique, mais sur le climat de ces élections. La présidente, elle-même réélue à Apt et nommée adjointe, n’a pas du tout vécu une campagne sereine, le dénonçant avec force dans une vidéo la veille du premier tour. « Le débat local, jusqu’ici relativement épargné, devient un ring à ciel ouvert : la confrontation des idées a laissé place à des tensions, des attaques personnelles ou des formes de radicalisation », déplore-t-elle.

Ce serait ainsi la conséquence « du spectacle affligeant du débat national », où « tout se confond dans une confiscation du débat local » alors que ce qui doit primer est « la compétence du maire, ses projets pour sa commune ». Et de citer en exemple « des SMS qui arrivent sur les téléphones des électeurs, leur expliquant que la victoire à la présidentielle passe par la victoire de leur candidat aux municipales en 2026, conditionnant ainsi le choix de leur maire à des enjeux nationaux ou idéologiques ».

Sans l’évoquer nommément, Dominique Santoni considère l’alliance PS-LFI à Avignon au second tour comme une « schizophrénie électorale ». Interrogée post séance, Dominique Santoni parle d’un climat « totalement délétère, je n’avais jamais connu ça ». Un peu comme David Fournier, candidat PS, à Avignon battu par Olivier Galzi (DVD). « Il incarne un renouveau », salue-t-elle à propos de ce dernier, tout en se gardant bien de répondre si le nouveau maire a participé à cette lourde ambiance.

Les « actes » plutôt que « les cris » pour avancer

Depuis sa fragile élection à la présidence du Département en 2021, Dominique Santoni s’évertue à ne surtout pas polariser le débat au national, hormis pour dénoncer les affres de l’État, et mettre en avant les institutions locales comme des « pôles de stabilité ». « Avec mes collègues de la majorité départementale, nous assumons une ligne claire : rassembler plutôt que diviser, agir plutôt que commenter », martèle-t-elle. L’ex-maire d’Apt exhorte les élus locaux à désormais « avancer, apaiser, recréer du lien car à la fin, ce ne sont pas les cris qui font avancer un territoire…ce sont les actes », conclut-elle, sans que personne ne rebondisse dans l’assemblée. Au global, les municipales ont vu un maintien de la droite – parfois d’un cheveu à Apt et Cavaillon –, un effondrement de la gauche et une progression du RN. Y voit-elle des enseignements en vue des départementales de 2028 ? « Pas encore, mais nous allons nous y mettre », évacue-t-elle, alors que l’extrême droite, qui n’a encore jamais dirigé de département, rêve de Vaucluse.

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