[Mémoire ouvrière] Mobilisation ouvrière après-guerre

Dans un article du 3 juillet 1947, à la veille du congrès, j’annonçai que l’une des tâches importantes, pour faire échec aux minoritaires et à la réaction, était de mobiliser la classe ouvrière pour la bataille de la production. Les travailleurs comprenaient qu’il fallait produire pour la renaissance de la France. Les résultats obtenus dans notre département, grâce aux ouvriers, ingénieurs et cadres, méritaient un hommage.

À l’électricité, le directeur Blum, un technicien de grande valeur qui s’appuyait sur le syndicat de l’EDF et du Gaz de France, dirigé par notre ami Roux-Zola, avait réalisé des prouesses. À Saint-Marcel, un poste de transformation, premier d’Europe par sa conception et sa technique nouvelle, avait été inauguré par Marcel Paul, secrétaire général de la fédération et ministre de l’Équipement, dans un enthousiasme indescriptible. Nos équipes de choc de gaz n’étaient pas absentes, se dépassant pour réparer les compteurs et répondre aux nombreuses demandes de la population.

Renaissance industrielle

De même, nos camarades de la société Nord donnaient un magnifique exemple en remettant en service le Pont de Caronte à Port-de-Bouc, trois mois avant les délais prévus. Sur le port, plusieurs kilomètres de quai et de hangard détruits par les Allemands furent remis en état dans un temps record permettant à l’armée américaine de faire les opérations portuaires pour le matériel de guerre. 173 unités de navires étaient coulées dans le port et un délai de cing ans était prévu pour leur renflouement.

Deux ans après, il n’en restait plus que quatre grâce au travail des scaphandriers, des métallurgistes, des dockers travaillant en équipe et mettant en état les appareils de levage. Le tunnel de Mourepiane fut percé par des équipes de choc dans un temps record. Les comités d’entreprises ont joué un grand rôle en modernisant l’équipement ou en développant les primes de rendement.

Dans la métallurgie, aux établissements Terrin, la productivité avait augmenté de 80% à la chaudronnerie, résultat obtenu par la réorganisation du travail avec l’aide du CE et de la section syndicale. Les ouvriers de la SNCASE (Marignane) avaient travaille d’arrache-pieds pour donner à notre aviation française la place qui lui revenait. Alors que nous assistions à une forme de sabotage du gouvernement qui refusait les crédits nécessaires destinés à l’armée de l’air et qui mettait en danger l’industrie aéronautique, nous menions le combat comme le demandait le ministre Charles Tillon.

Ce dernier, lors de sa venue a Marignane, félicita les travailleurs en déclarant : « Défendre notre aviation est une garantie de notre indépendance économique ». à la SMCI, l’initiative d’un camarade modifiant la tête mobile d’une mortaiseuse avait permis de l’adapter sur une fraiseuse universelle : les boîtes à lingoteuses furent fabriquées en 123 heures au lieu de 153. Cette simple modification avait permis un gain de temps de 25%.

Mais nous n’étions pas seuls.

à suivre la semaine prochaine…

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