L’extrême droite prend possession de Carpentras

C’est bien confirmé, sans surprise : Hervé de Lépinau (RN) a bien été élu maire de Carpentras ce vendredi 27 mars lors du conseil municipal d’installation à l’hôtel de ville et succède à Serge Andrieu (DVG), désormais dans l’opposition après avoir terminé à la troisième place ce dimanche.

Il a été élu avec le vote des 30 élus de sa majorité, contre 5 votes blancs et 4 votes nuls, ceux de la nouvelle opposition. Un conseil expédié en moins d’une heure, à l’issue duquel il a rappelé son triptyque de priorités pour la capitale du Comtat Venaissin, reprenant, bien qu’il s’en défende, les discours du parti à la flamme au niveau national, à sécurité, propreté et attractivité. Un mandat de 7 ans qui « sera pleinement dédié à ces objectifs », insiste-t-il, avant de pointer qu’il ne pourra pas le faire « sans le bloc intercommunal ». Il cible ainsi directement la direction de la Communauté d’Agglomération Ventoux Comtat Venaissin (CoVe), qui a fixé le conseil communautaire d’installation à ce mardi 31 mars, alors qu’il était possible de le fixer jusqu’à quatre semaines après la fin des élections. « L’exécutif sortant nous prive d’un temps d’échange indispensable à la co-construction. Cette accélération ne fait que marginaliser Carpentras », glisse-t-il, sentant sans doute la présidence de la communauté de communes, un autre de ses objectifs, filer entre les doigts de l’extrême droite. Un message adressé directement à Jacqueline Bouyac, désormais élue d’opposition et présidente sortante de la CoVe. « Je serais bien restée quatre semaines de plus. J’avais le droit, d’après la loi, d’organiser ce conseil dès ce samedi et je fais juste ce que la loi m’autorise à faire. Ils avaient largement le temps de discuter avant. S’ils doivent se voir, ils ont huit jours », rétorque-t-elle.

Correspondre aux valeurs

La nouvelle opposition, constituée de 9 élus en deux groupes distincts, n’aura pas tardé à se faire entendre. Dès la fin du vote du nouveau maire, Francis Adolphe (DVG), maire de 2008 à 2018, qui a dû démissionner suite à une affaire de violences conjugales et qui a terminé à la deuxième place de la triangulaire dimanche, donne le ton en regrettant la possibilité, « dans l’éventail démocratique », de voter contre l’élection du maire, ses bulletins avec l’inscription « contre » étant finalement classés comme nuls. « Personne n’a le patronyme Contre ici », répond le nouveau premier édile, se permettant d’ajouter que l’élu d’opposition « aille à l’Élysée s’il veut changer les règles ». Plus tard, Francis Adolphe a notamment affirmé son soutien au monde associatif « qui se pose beaucoup de questions et que nous défendrons ». Du côté du camp de Serge Andrieu, c’est Jacqueline Bouyac qui a assuré qu’elle et les élus issus de la liste du maire sortant ont « à cœur de défendre tous les Carpentrassiens sans distinction » et qu’ils exprimeront leurs « désaccords » lorsque « certaines orientations ne correspondent pas aux valeurs que nous portons ».

Les adjoints

1ère adjointe, Pascale Demuru, enseignante et ex-conseillère municipale déléguée au commerce de Serge Andrieu qui a démissionnée en 2023. 2e adjoint, Jean-Marc Issartier, consultant international et ingénieur des Transports. 3e adjointe, Laurence Bigotte, retraitée, ancienne directrice générale des services territoriaux. 4e adjoint, Pierre Bourdelles. 5e adjointe, Nathalie Tournier. 6e adjoint, Bertrand de la Chesnais, ancien général de corps d’armée et ancien directeur de campagne d’Éric Zemmour aux élections présidentielles de 2022. 7e adjointe, Isabelle Evrard. 8e adjoint, Thierry D’Aigremont, référent du Rassemblement national en Vaucluse. 9e adjointe, Laetitia Colomb. 10e adjoint, Jihad Meroueh.

Les délégations seront attribuées lors du prochain conseil municipal le vendredi 3 avril à 19h à l’hôtel de ville de Carpentras.

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