Après l’immense satisfaction d’avoir échappé à la prise de la ville par l’extrême droite, reste aujourd’hui à la gauche à continuer à peser dans les débats comme elle le fait depuis plus de quatre décennies dans les rangs de l’opposition du conseil municipal, tout en n’ayant plus la possibilité d’y siéger.
L’occasion de revenir sur ses combats et la manière dont elle est parvenue à vivifier le débat démocratique et à insuffler une gestion plus sociale de la ville.
C’est en 1983, après un règne sans partage de la droite depuis plus de 20 ans après la fin de la mandature Le Bellégou (SFIO) – grâce à la réforme électorale octroyant une partie des sièges à l’opposition –, que la gauche fait son retour dans le conseil municipal de Toulon. Forte alors de 10 élus (4 communistes et 6 socialistes) elle est accueillie avec beaucoup d’hostilité, voire de violence. Danielle De March (ancienne vice-présidente PCF du Parlement européen) se souvient alors d’« une première séance houleuse » où elle devait prendre la parole « sous les cris » d’une droite pas très républicaine et revancharde, ne supportant pas qu’on vienne mettre le nez dans les affaires de la cité. Le patron du Port du Levant, et du Var tout entier, Maurice Arreckx (UDF), qui finira sa carrière aux Baumettes, dirige alors la ville dans la plus grande opacité depuis son élection en 1959.
« C’était terrible, la haine dont on était la cible. On nous criait “Communistes à Moscou !”, je retrouvais mon courrier déchiré dans la boîte aux lettres », précise Madeleine Brun (ex-PCF).
Mais l’opposition parvient à s’imposer et même à déjouer quelques mauvais tours pour la ville en alertant la population, comme le projet de construction d’un aquarium géant sur les plages du Mourillon, ajoute-t-elle.
Et de poursuivre : « Et juste après la victoire d’Hubert Falco (DVD), sur notre proposition, a été votée la gratuité du parking de ces plages du Mourillon que le FN avait rendu payants. »
Robert Alfonsi (ex-PS) met en avant le poids qu’avait alors la gauche aux manettes à la Région, forte de plusieurs parlementaires varois et gérant les villes entourant Toulon comme La Seyne, La Garde et Le Pradet, alors qu’elle est aujourd’hui encerclée par l’extrême droite.
L’ancien élu d’opposition continue : « On est arrivés également pendant le premier mandat de Falco à faire comprendre que la problématique du logement social était importante. Et il avait accepté une de nos propositions, qui était pour chaque création de programme de construction, d’obliger à un nombre de logements sociaux… »
Pas question donc de laisser la seule place à l’extrême droite dans le débat concernant les affaires de la ville.
« Nous allons continuer à être présents aux séances du conseil municipal et travailler les dossiers », assure André De Ubeda (PCF), conseiller municipal sortant de Toulon en Commun. Une opposition constructive donc qui va être « très attentive à ce que va dire et faire Josée Massi ».
Et de conclure : « Elle peut reprendre des propositions en disant ou pas que ça vient de la gauche. Tout ce qui fera avancer le bien-être et la vie quotidienne de tout le monde, on saluera l’effort. »

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