« Nous sommes dans un moment grave, chacun doit prendre ses responsabilités », commence mardi matin, devant la presse, la maire sortante sans étiquette, Josée Massi. Elle veut s’adresser aux Toulonnais avec « clarté » et « sérénité ».
La candidate rappelle le désastre de 1995 lorsque Toulon s’est livrée au Front national. Le Port du Levant a en effet déjà cédé aux sirènes de l’extrême droite et s’y est retrouvé écrasé sous un déluge de corruptions et malversations. Un poison que la ville a mis deux décennies à évacuer, tant le naufrage moral et économique avait été gigantesque, avec un centre-ville dévasté.
Un passif que la candidate porte-parole du RN, Laure Lavalette, refuse d’endosser prétendant même mal connaître cet épisode. À cela, Josée Massi lui conseille de s’adresser à l’un de ses propres colistiers, Franck Giletti, qui faisait déjà partie de l’équipe du maire frontiste Jean‑Marie Le Chevallier, le fossoyeur de la ville. Et de poursuivre : « C’est grâce au travail de la majorité municipale durant ces 25 ans que nous avons redressé la barre collectivement. Nous avons redonné la fierté à la ville, sa prospérité économique, je vous rappelle qu’on est une des villes les mieux gérées. »
Mais tout cela peut s’arrêter dimanche, prévient Josée Massi, si la digue, en conscience cette fois, venait encore à céder, et une majorité de Toulonnais se laisser abuser par des « promesses intenables ». Ou tout simplement refusant de mener le combat. Prêts à un nouveau sabordage aux effets démultipliés.
Pour l’éviter, un véritable sursaut sera nécessaire. La première magistrate invite donc les citoyens à regarder précisément les programmes de chacun et à venir la rencontrer, elle et son équipe, pour en discuter et en débattre.Et d’ajouter : « Toutes les préoccupations des Toulonnais m’intéressent. Je veux le dire avec force : mon cap, c’est Toulon et l’intérêt général. »
La candidate veut donc continuer, comme elle le fait depuis le début de la campagne, à convaincre en s’appuyant sur un projet et la droiture de sa personne. Sans coups bas ni mises en scène, contrairement à la diva des plateaux qui cache la vacuité de son programme par une ironie agressive.
Mais, attention, la correction ne signifie pas se laisser faire. Elle envoie donc : « Je vis à Toulon, j’ai grandi à Toulon, c’est une ville où j’habite encore. Je ne crois pas que ce soit le cas de mon adversaire qui prétend connaître une ville qu’elle a décidé de quitter. » Élue au conseil municipal en 2020, la candidate du parti à la flamme a en effet choisi de démissionner pour partir à la Région.
Josée Massi rappelle qu’il ne s’agit ni d’une élection nationale ni d’un concours de notoriété, mais bien de « choisir pour Toulon une équipe capable de gouverner, de décider et de protéger sans idéologie, ni en opposant l’économie au social, ou le centre-ville aux quartiers, et encore moins la sécurité à la liberté ».
L’urgence aujourd’hui est donc, dit-elle, de « se rassembler pour ne pas laisser les Toulonnais se laisser abuser par des récits simplistes, les provocations permanentes et les postures de Laure Lavalette », en appelant à toutes les bonnes volontés, quelles que soient leurs sensibilités.
L’occasion de rappeler que Toulon, en agissant de la sorte, a sauvé l’honneur du département en 2024 aux élections législatives en envoyant à l’Assemblée nationale le seul député varois n’appartenant pas à l’extrême droite. Pour être plus précis, c’est le peuple de gauche qui a fait le job. Et il le fera à nouveau, dimanche, toujours viscéralement du côté de la résistance.

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