Dans les coulisses de la grande collecte des Restos

Depuis vendredi, les camions arrivent chargés de palettes d’environ 500 kg en provenance des points de collecte du département. Ils sont accueillis sur la plateforme mise à disposition par la fondation du géant maritime, spécialement aménagée pour répondre aux besoins de stockage des associations caritatives. « On va traiter près de 300 palettes jusqu’à mercredi », estime Gérard, responsable du service approvisionnement des Restos, occupé à la pesée des arrivages, « parce qu’on doit des résultats aux enseignes ».

Dans les 5 000 m2 que se partagent le Secours catholique, le Secours populaire, Andes et les Restos du cœur qui en occupent la moitié, une équipe d’une vingtaine de bénévoles des Restos et de la CMA-CGM se relaient, de 8h à 16h, sur la chaîne de logistique bien rodée. Ils trient, vérifient et répartissent les denrées alimentaires et les produits d’hygiène destinés à la distribution de colis essentiels aux 51 000 personnes aidées par l’association.

Des produits frais en plus

Après la pesée, la palette est débarrassée de ses 32 cartons que la petite armée de bénévoles éventre et répartit en catégories bien précises. « Dans les magasins, il y a un premier tri, mais parfois quelques erreurs, explique Mariam, qui sépare les boîtes de conserve de bœuf et de porc. On apporte aussi une attention aux dates de péremption. » La jeune femme participe pour la deuxième fois à « un petit effort de solidarité bien normal au regard des besoins ». Elle a répondu à l’appel d’un ami associatif « parce que j’avais un jour de congé et que les gens sont sympas ». À ses côtés, « c’est une première en entrepôt », confie Julia, employée du groupe CMA-CGM et bénévole dans le cadre du mécénat d’entreprise, « curieuse de voir l’autre côté de la logistique ».

Les denrées sont reconditionnées dans leurs nouveaux cartons, étiquetées, passées au film et repositionnées sur le transpalette pour être embarquées en direction des huit allées de stockage bordées de rayonnages à quatre étages. « On a de l’espace, mais il faudrait toujours plus de moyens en bras et en achats de denrées pour mieux faire », lâche Alexandre, coordinateur de l’entrepôt solidaire, recruté spécialement depuis la mise en place du partenariat entre la Fondation et les associations en 2024. Le fruit de la collecte annuelle des Restos, « c’est trois semaines de distribution alimentaire », précise Alain Avezard, le président de l’association dans les Bouches-du-Rhône. « Nous approvisionnons entre 70 et 90 tonnes dans nos 47 centres par semaine et les besoins augmentent chaque année », regrette-t-il. Parfois des denrées manquent, « c’est conjoncturel, comme les œufs en ce moment », ou plus constant, « comme les produits d’hygiène pour femmes et enfants ». Le soutien du groupe logistique aux associations « a été renforcé par un don de 50 tonnes de produits d’hygiène infantile », se félicite Marion Dupuy, responsable de la Fondation.

Au fond de la plateforme, les salariés du sous-traitant Onet remplissent les ventres de deux réfrigérateurs et d’un congélateur de 300 m2. Un autre avantage apprécié par Alain Evezard, heureux d’avoir pu abandonner les anciens locaux des Restos, bien « trop vétustes pour que nos bénévoles y travaillent dans de bonnes conditions et que les produits y soient stockés en toute sécurité ». Cet équipement professionnel, loué aux associations et dont 50% des frais de fonctionnement sont pris en charge par la Fondation, permet « d’emmagasiner les dons de fruits et légumes des producteurs locaux ».

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