Une « feuille de route » pour l’agriculture locale

Juillet dernier, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, passait deux jours en Paca. À l’issue d’échanges avec Georgia Lambertin, présidente de la Chambre régionale d’agriculture, il a été convenu « d’organiser les premières Assises de la souveraineté alimentaire, en Région Paca », indique Georgia Lambertin. L’initiative, qui découle de la loi d’orientation agricole du 25 mars 2025, a pour objectif d’identifier des solutions territoriales pour renforcer la souveraineté alimentaire sur le territoire. Alors, ce mardi 17 février, au siège du Crédit Agricole Paca, les représentants de diverses filières agricoles se sont réunis autour de la Chambre régionale et départementale de l’agriculture et de la Région, pour « une réunion d’information », amorce pour « écrire la feuille de route pour notre agriculture. Il y a urgence », rappelait Georgia Lambertin. Une série de rencontres sont prévues, et permettront de recueillir des données en vue, justement, des Conférences de la souveraineté alimentaire. Objectif : analyser les dispositifs agricoles qui apportent des résultats « positifs, pour mieux les faire connaître au sein de différentes filières » de l’agriculture locale, mais aussi les moins efficaces : une base de travail pour sécuriser une souveraineté alimentaire et favoriser l’installation de jeunes agriculteurs. Le mois de juin, au moment de la tenue du salon Agrimed, pourrait être l’occasion de fournir les premiers rendus nés de ces rencontres. « Il s’agit de définir des actions concrètes que nous mettrons en œuvre (…) pour renforcer nos filières dans l’amont, dans l’aval, en fournissant une alimentation locale, saine, durable et de qualité », ajoute Georgia Lambertin. Pour Bénédicte Martin, vice-présidente de la Région Paca en charge de l’agriculture « nous ne sommes pas condamnés à vivre dans une dépendance alimentaire ». Pour ce faire, l’un des enjeux majeurs pour conserver une production régionale indépendante : l’eau et l’irrigation. « On prend des engagements, assure Bénédicte Martin. Je plaide, et j’espère que l’état m’entend, pour que dans le contrat de plan, l’hydraulique soit un pilier. » Alors, après une longue caractérisation de l’agriculture régionale, qui fait l’état des lieux de huit comités filières mis en place, au tour des producteurs, de proposer : « Si on veut atteindre l’autonomie alimentaire, je pense qu’il faudra développer les entreprises qui font de la transformation et de la mise en marché, pointe ce producteur. Dans l’agriculture de notre région, on perd ces outils-là. Il faudra absolument mettre en marché, puisque tout le monde ne peut vendre à côté de chez lui, tout le monde ne peut pas entrer dans un magasin de production. On a une obligation de réussir une organisation de filière et travailler sur les entreprises qui vont mettre en marché ou transformer les produits pour aller vers l’export. » Pour cette maraichère de la Confédération paysanne, « il faut aller chercher les clients là où ils vont. [Le supermarché] quand il va au marché de gros, à l’intermédiaire, achète au même prix que ce que cela me rapporte dans un magasin de producteur. Le mythe que l’on a, celui qu’en vendant en supermarché on va perdre de l’argent et ne pas valoriser notre production est faux. Il faut retravailler cela. » « Oui, mais il faut aider les producteurs à produire, il n’y a pas d’autre issue (…) ce n’est pas à nous de subir les choix des consommateurs », lâche un autre dans la salle. Autrement dit, une série de remarques qui devraient nourrir une stratégie pérenne.

« Définir des actions que nous mettrons en œuvre »

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