Tag: agriculteurs

  • La Région Paca mobilise son fonds climatique

    La Région Paca mobilise son fonds climatique

    Le président de la Région Sud, François de Canson (DVD), a annoncé vendredi la mobilisation du fonds régional d’adaptation au changement climatique, afin de soutenir les agriculteurs touchés par les intempéries. Ce fonds est doté chaque année de 5 millions d’euros pour répondre aux situations de crise. Une partie de cette enveloppe a déjà été mobilisée pour accompagner les collectivités et les agriculteurs sinistrés à la suite des mégafeux de l’été.

    Sollicitée, la Région indique que « le montant des besoins est actuellement en cours d’évaluation, en concertation étroite avec les collectivités concernées, les représentants du monde agricole et les services de l’État, afin d’apporter une réponse adaptée à l’ampleur des dommages constatés ». « Les critères d’éligibilité sont actuellement élaborés en lien avec les représentants du monde agricole », précise la collectivité, qui privilégie pour le moment une « logique d’aide forfaitaire, permettant d’accélérer le versement des soutiens  ».

    La demande se fera en ligne

    « Afin d’agir sans attendre, la Région va lancer, dans les prochains jours, un prérecensement des exploitations agricoles touchées par les inondations », pour identifier précisément les besoins, précise la Région.

    Le dispositif d’aide sera présenté lors de l’assemblée régionale plénière du 11 décembre. La Région indique qu’une fois adopté, les agriculteurs concernés pourront déposer leur demande directement sur la plateforme en ligne dédiées aux aides régionales. « La Région veillera à garantir une procédure simple et accessible afin que les exploitants puissent en bénéficier dans les meilleurs délais », conclut la collectivité.

  • Le Département débloque un million pour les agriculteurs

    Le Département débloque un million pour les agriculteurs

    L’eau s’est à peine retirée, lundi matin, qu’elle en a laissé des traces fraîches au Mas Compagnon de Raphèle-les-Arles. La boue sur le chemin torturé, la marque du niveau atteint sur la carrosserie d’une Jaguar et, plus problématique encore, le foin de Crau, dont l’odeur âcre a remplacé le parfum habituel des prairies. « Maintenant qu’il n’y a plus d’eau, il faut survivre », résume Manon Bonnet, exploitante au Groupement agricole d’exploitation en commun (Gaec) des Enganes.

    Cette éleveuse de brebis déplore la mort de 150 de ses agneaux, rentrés à l’abri pour être protégés de la pluie annoncée. Ils ont été pris au piège de l’eau, montée très vite mardi dernier, jusqu’à 90 centimètres.

    Il faut trouver du foin

    « On n’a jamais été inondés depuis dix ans que je suis ici, l’eau est montée de 30 centimètres en une heure », relate l’éleveuse. Mais pour les brebis et leurs petits rescapés, d’autres soucis s’annoncent. « Les agneaux sortis de l’eau ont changé d’odeur et les mères ne les reconnaissent plus », explique Manon Bonnet, alors qu’il reste « entre deux mois et deux mois et demi d’allaitement ». Dans cette situation, « l’alimentation est prioritaire », indique l’éleveuse, qui doit investir dans « des granulés à base de lait » pour les agneaux et trouver du foin en quantité suffisante pour compenser les stocks souillés par l’eau. « Nourrir les animaux trois mois de plus au foin aura un impact financier énorme sur l’hiver », détaille Mandy Graillon, 1ère adjointe (DVD) d’Arles.

    C’est pour cela que la présidente (DVD) du Département, Martine Vassal, a annoncé la création d’un fonds de secours exceptionnel d’un million d’euros pour les agriculteurs sinistrés, lors de sa visite au Mas Compagnon, lundi. « Nous intervenons en solidarité des agriculteurs face aux pertes de foin et de luzerne pour alimenter leurs bêtes », explique l’élue. « Nous allons établir les problématiques par catégorie et nous adapterons l’indemnisation aux filières », précise la présidente, rapportant aussi que « les riziculteurs ont perdu la moitié de leur production », soit 2 500 hectares.

    Lucien Limousin , vice-président du Département (DVD) délégué à l’agriculture, indique que l’indemnisation se fera « en lien avec la chambre d’agriculture, les groupements de défense sanitaire » et les associations d’éleveurs pour la prévention en santé animale. Pour l’heure, les élus ne sont pas en mesure d’avancer le nombre d’exploitations touchées, estimant qu’il est encore trop tôt pour dresser un bilan précis.

    L’après-crise occupe déjà les esprits. La présidente du Département indique mandater la chambre d’agriculture pour étudier l’état des nombreux canaux du territoire, pointés du doigt par plusieurs éleveurs pour leur mauvais entretien. « Les canaux à côté des routes n’ont jamais été curés sur la D83 bis », s’agace un agriculteur présent au rendez-vous. « On va vérifier. Si on ne le fait pas tous les 8 ans, on va voir pour le faire tous les 5 ans », conclut Martine Vassal.

  • [Intempéries] Les agriculteurs du Pays d’Arles en peine face aux pertes subies

    [Intempéries] Les agriculteurs du Pays d’Arles en peine face aux pertes subies

    Dans l’arrière-cour du Mas Castelet, en périphérie du hameau de Moulès à l’est d’Arles, la motopompe de la Ville tourne en continu pour tenter de résorber ce qui ressemble désormais à un étang au milieu des champs. Le canal de Craponne, qui délimite la propriété de celle située en face, en constitue l’exutoire. « Sur 2 ou 3 km c’est pareil », déplore la première adjointe (DVD) d’Arles, Mandy Graillon, en montrant l’étendue d’eau qui longe le canal de Craponne au ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.

    Si la majeure partie du territoire arlésien est revenue à la normale après les intempéries, certains secteurs, comme Moulès, Raphèle, Mas-Thibert ou encore le Vigueirat, restaient en difficulté vendredi.

    Mais les difficultés ne font que commencer pour le monde agricole. La première adjointe mentionne « 2 700 hectares de riz et luzerne perdus », alors que le foin manque déjà pour l’élevage. Un facteur de « colère » du secteur, déjà « en tension face à la ligne THT », selon l’élue. À cela, le ministre rappelle qu’il existe des dispositifs de solidarité qui seront mobilisés « rapidement et en diligence avec la chambre d’agriculture ». La rapidité est essentielle pour Antonia Allard, adjointe de quartier et éleveuse de toros conviée à la séquence. « Il faut nous entendre quand on dit qu’on n’y arrivera pas. »

    Le Département réunit

    les agriculteurs lundi

    Le ministre Mathieu Lefèvre indique avoir « conscience de la perte de rendement » et renvoie aux fonds de réarmement agricole, de la compétence des préfets. Là encore, le ministre insiste sur l’imminence de la reconnaissance de catastrophe naturelle, la semaine prochaine, qui permettra aux acteurs privés de déclencher leur demande d’indemnisation.

    De son côté, la présidente du Département, Martine Vassal (DVD), annonce réunir les agriculteurs, la semaine prochaine, au vu « des pertes sèches comme ici en Camargue, pour voir comment les aider ». Le Département précise, dans un communiqué, que de nouvelles mesures seront annoncées lundi matin en ce sens. « Nous devons agir avec la chambre d’agriculture, les organisations professionnelles et l’État. Le Département prendra sa part d’effort de solidarité », développe la présidente.

    De la même manière, la Région Paca a annoncé mobiliser un fonds régional d’urgence de 5 millions d’euros pour « rétablir les transports, aider les communes à remettre en état leurs équipements et permettre aux agriculteurs comme aux entreprises de se relever », selon le président de Région, François de Canson (DVD), de passage à Arles dans la journée de vendredi.

  • 13 millions d’euros dédiés à la ressource eau dans le Buëch

    13 millions d’euros dédiés à la ressource eau dans le Buëch

    Piloté par le Smigiba, le syndicat dédié à la prévention du risque inondation et à la préservation des milieux aquatiques du bassin-versant du Buëch et de la Méouge, le contrat de rivière Eau et climat du Buëch a été signé cette semaine par les différents partenaires : la Préfecture, le Département, la Région, l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, des élus des collectivités du Buëch et la Chambre d’agriculture des Hautes-Alpes. Un moment institutionnel, mais qui permettra des actions concrètes pour la gestion de la ressource en eau, la préservation des milieux naturels et l’anticipation des conséquences du changement climatique.

    « Le contrat de rivière, il a cette ambition d’essayer de trouver des compromis entre le monde agricole, les institutions, la réglementation, la DDT, la police de l’eau…, explique Cyril Ruhl, technicien de rivière au Smigiba. Il définit aussi ce que l’on a le droit de faire et de ne pas faire en termes de prélèvements. » 13 millions d’euros seront investis sur les trois premières années du contrat, soit jusqu’à 2029, et 77 opérations ont prévu d’être engagées.

    Une nécessité dans ce territoire où les enjeux liés à l’eau sont significatifs : « Entre la période automnale et printanière, on a des crues, et le reste du temps, des étiages importants : en gros, on manque d’eau, indique le technicien. Et de plus en plus, à cause du réchauffement climatique ». À l’inverse, les besoins en eau augmentent. « En termes de démographie, ça n’a pas spécialement bougé, mais dans toute la basse-vallée du Buëch, l’agriculture, particulièrement l’arboriculture, s’est largement développée. Il y a énormément de prélèvements dans les rivières. »

    Les actions prioritaires visent des objectifs divers : surveillance de la qualité des eaux, amélioration des réseaux d’assainissement, sécurisation de la ressource en eau potable, partage de l’eau ou encore restauration des cours d’eau ou des zones humides. Les financements serviront, entre autres, à engager des études pour mieux comprendre le fonctionnement des eaux souterraines du Petit-Buëch, à faire des travaux pour réparer les fuites dans les canalisations, à restaurer les berges pour préserver la biodiversité ou encore à poursuivre la sensibilisation à tous ces enjeux dans les écoles ou des ateliers pour adultes. Le contrat permettra aussi à la Chambre d’agriculture d’accompagner des agriculteurs dans l’adaptation de leurs pratiques au changement climatique.

    Agathe Di Lenardo

  • À Marseille, ces agriculteurs manifestent pour défendre le pluralisme syndical

    À Marseille, ces agriculteurs manifestent pour défendre le pluralisme syndical

    On nous coupe les vivres », a asséné Yoann Le Lay, éleveur dans les Alpes-de-Haute-Provence et secrétaire du réseau régional Ardear (Association régionale pour le développement de l’emploi agricole et rural). Mobilisé devant l’Hôtel de Région à l’occasion de l’assemblée plénière, vendredi matin, il a dénoncé : « Depuis 17 ans, la Région finance nos dossiers d’accompagnement pour renouveler les générations agricoles. Au mois d’août, elle a supprimé les 100 000 euros annuels pour le travail qu’on a démarré en janvier. »

    En avril, la Région justifiait alors à Ardear « avoir fait le choix de financer le réseau consulaire avec la Chambre régionale d’agriculture, l’heure n’étant pas à la dispersion, mais à l’optimisation des moyens ».

    « C’est inacceptable, les chambres consulaires ne font pas le même travail que nous », s’indigne le secrétaire de l’organisme, qui accompagne un tiers des porteurs de projets agricoles en région Paca. « On travaille dessus depuis vingt ans et on a des résultats, c’est incompréhensible », regrette-t-il.

    « La démocratie part en lambeaux », déplore Yannick Becker, porte-parole de la Confédération paysanne en région. Cet arboriculteur, maraîcher et éleveur dans les Alpes-de-Haute-Provence cible la modification de la clé de répartition de la subvention aux syndicats agricoles (lire notre article du 4 août) : « En basculant presque l’ensemble des financements sur la FNSEA-JA, la Région fragilise le pluralisme syndical et pénalise 26% des agriculteurs et agricultrices représentés par la Confédération paysanne. »

    En attente de réponses

    « C’est clairement une question de posture, insiste Yannick Becker en désignant la réorientation du budget. Ce n’est pas le moment de mettre une force représentative, qui amène un discours différent de celui de l’agriculture industrielle, de côté. » De son côté, l’Ardear reproche à la Région « une contradiction totale avec la dernière loi d’orientation agricole qui vise expressément les publics accompagnés par l’association ».

    L’Ardear indique avoir déposé un recours gracieux et la Confédération Paysanne un recours contentieux, ces dernières semaines.

    Contactée, la Région nous indique « vouloir engager le dialogue prochainement ».

  • Des drones et l’IA pour traquer les maladies de la vigne

    Des drones et l’IA pour traquer les maladies de la vigne

    La solution pour les vignes vauclusiennes contre les maladies dévastatrices telles que le mildiou, l’oïdium ou la flavescence dorée passera peut-être par les airs. L’entreprise vauclusienne Agritech Provence propose désormais de détecter, à l’aide de drones équipés de caméras, les imperfections problématiques, le tout aidé par l’intelligence artificielle (IA).

    Démonstration ce jeudi 22 octobre dans des vignes de la commune de Goult, perchée dans le Luberon vauclusien. « Grâce à leurs capteurs et à l’intelligence artificielle, nous repérons les foyers de maladie. Le drone ne remplace pas l’œil du viticulteur, il lui dit où regarder en premier. Les données collectées sont ensuite analysées avec l’IA et permettent à l’agriculteur d’agir rapidement et précisément », souligne Julie Demarigny, qui a cofondé Agritech Provence avec Ugo Bondil, ingénieur agricole et apiculteur.

    L’entreprise travaille actuellement avec sept viticulteurs et deux caves coopératives. Et chaque vol enrichit une base d’images mutualisée qui perfectionne les analyses. « Ces données nourrissent Marthe, la solution logicielle que l’entreprise conçoit avec les viticulteurs eux-mêmes, à partir de leurs besoins de terrain. Une seconde brique doit ensuite permettre à d’autres télépilotes de proposer ce service de détection aux agriculteurs », explique Agritech dans un communiqué. L’entreprise souhaite ensuite étendre ce modèle à « d’autres cultures ».

    Application en cours

    de développement

    Une méthode qui est, d’après la cofondatrice, « quatre fois plus rapide, deux fois moins chère parce que les exploitants utilisent moins de produits, n’écrase pas les sols et ne consomme pas de carburant ». Avant d’ajouter que « détecter les foyers avant l’apparition des symptômes visibles reste l’objectif de recherche à plus long terme ».

    En parallèle, une application est également en cours de développement afin d’aider « à la décision pour aider les agriculteurs à gérer et simplifier leur quotidien ». Ce qui comprend, par exemple, la gestion des traitements ou des coupes des végétaux. Mais aussi le développement d’un logiciel afin de démocratiser l’usage de la technologie à toute personne possédant un drone multispectral, c’est-à-dire qui capte des gammes de longueurs d’onde spécifiques du spectre électromagnétique, bien au-delà de ce que l’œil humain peut percevoir.

    Un projet plutôt récent, avec la création de l’entreprise en janvier 2026. « Après plus d’un an de travail préparatoire, étant immobilisée pour une fracture de la malléole, j’ai étudié les recherches mondiales en agritech et réalisé que les drones étaient largement exploités en Asie, en Amérique et en Afrique, mais très peu en Europe et en France », explique-t-elle. Ce qui l’a poussée à passer son brevet de télépilote de drones et à se lancer pleinement dans l’aventure. Tout en étant conseillée par Frédéric Cointoult, maître de conférences à l’Institut Agro Dijon et spécialiste de l’imagerie IA.

    Une idée déjà récompensée. En effet, Julie Demarigny a décroché le prix « 101 Femmes entrepreneures » avec ce projet. Et a été récompensée par un prêt d’honneur de 10 000 euros pour continuer à financer son lancement.

  • Plusieurs mesures d’aide aux agriculteurs pour renforcer le plan d’urgence agricole

    Plusieurs mesures d’aide aux agriculteurs pour renforcer le plan d’urgence agricole

    Pour venir en aide aux agriculteurs touchés par la canicule et les incendies cet été, le plan Climat – Adaptation – Sécheresse – Incendies (plan CASI), communément appelé « plan d’urgence agricole », a été mis en place par le gouvernement début septembre. 1,3 milliards d’euros ont ainsi été annoncés au niveau national, notamment via la mise en œuvre d’un plan de réarmement agricole, qui vise à soutenir les exploitations les plus durement touchées. 197,3 millions d’euros d’enveloppes régionales ont été engagées.

    Dans le Var, cela se traduit par 1,6 million affectés aux conséquences des incendies, et 1,07 million d’euros sur le volet sécheresse/canicule. 460 dossiers en cours d’instruction par la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) ont été déposés. Les plus urgents ont déjà été étudiés et peuvent donner droit à des aides allant jusqu’à 15 000 euros.

    Pour le volet sécheresse/canicule, une réunion d’échange avec les représentants du monde agricole s’est tenue lundi afin d’en définir les conditions d’intervention. Et en parallèle, d’autres mesures viennent désormais compléter le plan.

    Prêts à taux zéro

    Des prêts à taux zéro sont mis en place grâce à la prise en charge par l’État des intérêts des prêts « sécheresse » proposés par les banques, concernant des prêts allant jusqu’à 50 000 € sur deux ans. Un dispositif spécifique est aussi prévu pour les agriculteurs installés depuis moins de cinq ans : en cas de report d’une échéance de crédit, l’État pourra prendre en charge les intérêts et le surcoût liés à ce réaménagement.

    Réouverture du guichet GNR avril, mai, juin

    Les guichets d’aide au gazole non-routier (GNR) correspondant aux consommations des mois d’avril, mai et juin sont ouverts pendant deux mois, pour permettre aux exploitants qui n’avaient pas pu déposer leur demande dans les délais de bénéficier d’un remboursement de 15 centimes par litre. Dans le Var, 567 demandes GNR ont déjà été déposées et 74 096 € versés. Le guichet GNR est par ailleurs prolongé jusqu’à fin décembre 2026.

    Guichet prolongé et facilité pour l’engrais

    Le guichet exceptionnel d’aide à l’achat d’engrais azotés simples (50 à 70 euros par tonne), prolongé jusqu’au 31 décembre, est également assoupli. Les exploitants pourront désormais déposer un bon de commande afin d’enregistrer leur demande, avant de transmettre la facture acquittée nécessaire au paiement de l’aide.

    Des dégrèvements de taxe foncière

    Des dégrèvements de taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFNB) pourront être accordés aux exploitants les plus touchés par les pertes de récoltes. Il pourra être réalisé d’office par la Direction générale des finances publiques, sans démarche, en vertu des pertes constatées par la DDTM et la chambre d’agriculture du Var. La date de paiement de la taxe foncière est par ailleurs repoussée au 15 novembre.

    Note

  • À Aix, une mobilisation sans débordements, menée par la jeunesse

    À Aix, une mobilisation sans débordements, menée par la jeunesse

    Ils sont soignants, fonctionnaires agriculteurs, parents… La danse, pourtant, restait largement menée par les lycéens et les étudiants. Ils étaient d’ailleurs les premiers à se mobiliser samedi, sur Aix. Dès dix heures, une centaine d’étudiants se sont organisés pour une première déambulation dans le centre-ville, bloquant temporairement certains de ses axes.

    « Nos revendications sont toujours les mêmes : de meilleures conditions d’étude, une égalité des chances. Mais le gouvernement ne dit rien », estimaient Eva et Elissa, étudiantes. Ce silence est en partie ce qui a poussé Sihem, ambulancière, à rejoindre la journée de mobilisation. « On est portés par l’élan des jeunes, il faut qu’à un moment donné, on s’exprime. On travaille dur sans détour, sans possibilité de vivre », déroule Sihem, qui a choisi de rejoindre un point de rendez-vous donné à Chevalière, initié par les ambulanciers, avant de rejoindre la Rotonde.

    « Tellement gratifiant »

    Dans ce cortège, selon plusieurs organisations étudiantes et collectifs, ils étaient « près de 5 000 », au plus fort. « On va essayer de changer les choses, on est la nouvelle génération. Mais en ce moment, le futur m’effraie, je ne m’y visualise pas. D’année en année ça empire. Il faut qu’on s’exprime avant que ça s’aggrave », ajoutait à ses côtés sa fille, Myriam. à 23 ans, elle est en phase de devenir aide-soignante. « On est tous dans le même bateau, les revendications se rejoignent », résume Karim, ambulancier.

    Un flot de pancartes bourrées de références aux tendances suivies par les plus jeunes. La journée de mobilisation s’est déroulée sans débordements, est « passée par le quartier du Jas de Bouffan, une première depuis le début des mobilisations », pointait un manifestant. Un blocage temporaire de l’autoroute A8, aux abords de la sortie 30, est aussi à souligner. « Voir toute cette foule, soulignait Kellya, lycéenne, c’est tellement gratifiant pour nous. »

  • Les oliviers du plateau de Valensole subissent la sécheresse

    Les oliviers du plateau de Valensole subissent la sécheresse

    « Avec la sécheresse, on ne sait pas du tout où on va. On a eu un hiver pluvieux, avec des arbres en forme ; et là, on se retrouve avec des olives toutes petites, qui tournent et deviennent noires » : Paolo Chabot, agriculteur agroécologique au moulin familial de Bonaventure, sur le plateau de Valensole, a subi de plein fouet les aléas climatiques cet été. « Le climat change trop, on n’arrive plus à faire de bons rendements de bonne qualité », regrette-t-il. Face à cette situation instable, il essaye de se diversifier et de miser sur des cultures moins vulnérables et sensibles au changement climatique. « Depuis deux ans, on essaye les oléagineux, comme le tournesol ; ou encore la moutarde », avec son père et son frère qui les a rejoints récemment sur la petite exploitation de 30 hectares. « On est assez peu à avoir la double casquette agriculteur et moulinier : il y a 10 moulins dans le 04, et que trois agriculteurs mouliniers », précise le producteur, qui a environ 800 clients agriculteurs.

    Paolo Chabot « essaye de tout faire en agroécologie », ce que l’ingénieure agronome Brune de La Selle définit comme « produire avec plutôt que contre le vivant ». « Plutôt qu’éliminer les espèces qui nous dérangent, on essaye de comprendre comment elles peuvent nous être utiles », explique-t-elle. Cette approche se veut une alternative au système agro-industriel.

    « Montrer que le bio peut être rémunérateur »

    Pour s’assurer d’avoir un revenu stable, l’agriculteur vend une partie de son huile d’olive à la start-up française Revoliva, qui propose à ses acheteurs un système de parrainage d’arbres et d’abonnement annuel. « On veut montrer que le bio peut être attractif, valorisant et rémunérateur », avance Daniel Bodenheimer Morales, qui a cofondé la marque Revoliva avec son ami d’enfance Fémi Faure. « On accompagne des fermes bio en France, en Espagne et en Italie. On peut doubler la rémunération en faisant du parrainage d’oliviers. La vente directe permet de mieux rémunérer les producteurs », affirme-t-il. La start-up, dont les bureaux sont à Paris, travaille aussi bien avec des particuliers qu’avec des chefs. Une quarantaine de restaurateurs parisiens se fournissent en huile d’olive chez eux. « Tout part d’un partenariat fort avec Paolo, qui est très engagé. On s’est compris en termes de valeurs », relate Daniel. « Chaque région a un pionnier », et Paolo est celui des Alpes-de-Haute-Provence.

    Revoliva permet aux producteurs d’accéder au marché, ce qui est « extrêmement difficile » pour eux sans être accompagnés, avance le cofondateur. « Aujourd’hui, le producteur vend ses olives en vrac à bas prix, il est à la limite de la rentabilité. Les négociants qui achètent ont pour but d’augmenter leur marge, parce qu’après, ils revendent à un intermédiaire qui revend à un magasin. L’agriculteur, lui tout seul, ne peut pas organiser sa vente. Donc nous, l’utilité qu’on a pour l’agriculteur, c’est la commercialisation, la sécurisation de la vente », précise Daniel.

    La France ne produit que 3 à 5% de l’huile d’olive qu’elle consomme, alors que l’Espagne produit près de la moitié de l’huile d’olive dans le monde. L’huile d’olive Revoliva est revendue uniquement sur le marché français.

  • La FDSEA cherche des solutions face aux défis agricoles

    La FDSEA cherche des solutions face aux défis agricoles

    « Nous sommes dans un contexte agricole exigeant, a rappelé Christel Gagliardo, la présidente de la FDSEA des Hautes-Alpes ce jeudi lors de la rentrée syndicale. Enjeux climatiques, réglementations toujours plus complexes, situation financière dégradée… Tout se cumule ! Plus que jamais, nous avons besoin d’échanger ». Le préfet Philippe Bailbé, la députée Marie-José Allemand (PS) et des représentants du conseil départemental ont participé à la réunion, aux côtés de la dizaine de membres du syndicat libéral et de membres du syndicat Jeunes Agriculteurs.

    Deux membres du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) étaient aussi présents pour discuter du premier point à l’ordre du jour : la prévention du risque incendie. « Avec le changement climatique, notre métier change, a introduit Grégory Favier, chef de centre. Lors des feux de moissons, qui démarrent très rapidement, les premiers intervenants, c’est vous, les agriculteurs ! » Les pompiers ont proposé de « former » les exploitants aux bonnes pratiques : « Car des petits gestes, comme ajuster la trajectoire en fonction du vent ou de la pente, peuvent limiter les dégâts ». Le Sdis aimerait former un partenariat avec les agriculteurs en cas d’incendie, comme il le fait déjà avec les fédérations de chasseurs. « L’idée est d’avoir trois interlocuteurs en cas de feux, pour ainsi être organisés et assurer la sécurité de tous », a expliqué Pierre-Emmanuel Feit. Il propose aussi aux agriculteurs de recenser leur matériel susceptible d’aider lors des incendies, comme les tonnes à lisier qui peuvent acheminer de l’eau. « On sait que vous avez d’autres choses à faire, admet le préfet. Mais en cas de crise majeure, comme on en a eu cet été, on a besoin de toutes les bonnes volontés. »

    Le sujet des réserves multi-usage d’eau (aussi appelées mégabassines), dont le développement est fortement souhaité par le syndicat, est ensuite venu sur la table. « Le problème, c’est que c’est très long à mettre en place, explique la présidente. Les dispositifs existant ne représentent pas la réalité du terrain. » Tous les participants sont d’accord sur un point : pour pouvoir en financer, et au passage en assurer l’acceptabilité sociale, il faut partager ces projets avec d’autres acteurs économiques. Comme les collectivités, ou les stations de ski, « qui ont davantage de moyens ». « Si l’on veut garantir une alimentation en eau tout au long de l’année, on n’a pas le choix, estime le Philippe Bailbé. Ces retenues d’eau sont indispensables. » Toujours sur l’eau, la question de la priorisation des usages en cas de sécheresse a été abordée : « Il faudrait que celui qui arrose sa pelouse arrête un peu avant que nous soyons contraints de cesser d’irriguer notre maïs ! », a lancé Christel Gagliardo.

    Sur les enjeux de transmission des fermes, de plus en plus urgentes car de nombreux exploitants vont partir à la retraite dans les prochaines années, la présidente a présenté un dispositif régional qu’elle espère voir émerger dans le département, Terre Adonis. La structure accompagne financièrement un porteur de projet, et lui vend ensuite la ferme au bout de quinze ans maximum. « Contrairement à l’association Terre de liens, qui ne permet pas aux agriculteurs de devenir propriétaires et ne se destine qu’à la filière bio, a-t-elle précisé. Nous, on veut que l’agriculteur soit libre ! »

    Agathe Di Lenardo