À deux mois du premier tour des municipales (15-22 mars), les ultimes accords et orientations s’achèvent avant de mener campagne. À gauche, deux blocs semblent se dessiner : l’un, conduit par David Fournier (PS), réunissant de nombreux partis de gauche qu’ils soient dans la majorité sortante de Cécile Helle ou non, et l’autre, mené par Mathilde Louvain (LFI). Cette dernière a également les faveurs du collectif Avignon citoyen, dans lequel sont parties prenantes Génération.s et le PCF.
Après une réunion vendredi soir, le collectif se réunissait encore, ce lundi soir, pour tenter de finaliser un accord avec LFI, dont une délégation était présente. Une réunion qui se tenait au sein de la fédération du Parti communiste. Pourtant, il se pourrait que le PCF revienne sur son choix initial de se tourner vers la liste insoumise, décidé le 3 janvier. « Depuis, des points de blocage sont apparus », confie Julien De Benito, secrétaire départemental et co-chef de file pour les municipales à Avignon. Les militants sont même conviés à un nouveau vote, mercredi soir. La possibilité cette fois de soutenir David Fournier semble crédible.
Qu’est-ce qui explique ce revirement ? Deux éléments principalement, liés au contexte national. Le 24 janvier, Mathilde Louvain doit lancer sa campagne par un meeting, en présence des députés LFI, Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, et Aly Diouara. La venue de ce dernier est un casus belli. Le député, qui n’a jamais caché son aversion à l’égard du PCF, est candidat aux municipales à La Courneuve, fief communiste depuis 1959, contre Nadia Chahboune investie par le PCF. « Au-delà des discussions de fond, ce choix pour lancer la campagne nous interroge », souligne Julien De Benito. Difficile en effet de demander aux militants communistes d’aller applaudir un tel soutien.
Réuni samedi, le conseil national du PCF a laissé aussi la situation avignonnaise en suspens. « Il y a eu des remontées qui font état de contradictions entre Avignon et ce qu’il se fait généralement par ailleurs », fait valoir Julien De Benito. Les cas des villes voisines d’Arles et Nîmes, où les têtes de liste d’union de la gauche [respectivement Nicolas Koukas et Vincent Bouget] sont communistes et soutenues par le PS, ont été évoqués. Que ce soit donc Mathilde Louvain ou David Fournier, « avec qui les échanges n’ont jamais été interrompus, dans tous les cas, les deux listes auront à se retrouver au second tour », projette Julien De Benito.
Du côté de Génération.s, présent dans Avignon collectif et dans la majorité sortante, 85% des militants ont acté un soutien à Mathilde Louvain. Mais, comme pour le PCF, « cette orientation reste suspendue à la décision de nos instances nationales », précise Éric Deshayes, référent G.s 84 et adjoint au maire.

Leave a Reply