La nouvelle était attendue depuis longtemps et n’a surpris personne. Mais la déclaration de candidature du maire (DVG) sortant Benoît Payan pour les prochaines municipales à Marseille n’en a pas moins suscité comme il se doit une salve de critiques des forces concurrentes. À commencer par la droite dont les divers représentants ont égrainé leur bilan du mandat, reprochant le retard du plan écoles, les budgets annulés par le tribunal administratif, le départ des Galeries Lafayette… « C’est une formalisation de ce qu’on sait depuis le mois de septembre », balaie Romain Simmarano, porte-parole de la candidate de la droite et du centre Martine Vassal. « Benoît Payan est très seul, observe-t-il, après la conférence de presse organisée par le maire sortant dans la matinée. En 2020, il y avait des images d’équipe, une vraie volonté de bousculer les équilibres par le collectif. » Lui demandant aussi « des excuses » pour son bilan dans lequel « il n’y a rien de positif à retirer ».
Un élément de langage que le RN lui a piqué dans la matinée, avant de s’indigner des attaques du maire sortant qui annonçait faire de l’extrême droite son adversaire. « Je somme le candidat Benoît Payan de ne pas dégueulasser ni cette campagne, ni les Marseillais », écrit même la tête de liste du RN Franck Allisio. Lequel jouait la normalisation en s’affichant « pro-business » dans La Provence, pendant que ses militants partagent des visuels injurieux, traitant des élus marseillais d’adjoint chargés « des relations avec les islamistes » ou de « la préférence algérienne ».
À gauche, les insoumis s’indignent surtout du refus affiché du maire sortant d’une alliance au second tour. « Tout le monde sait ce que je pense des socialistes et de leur bilan, ça ne m’empêche pas d’être clair sur le rassemblement face à l’extrême droite », attaque leur candidat, Sébastien Delogu. « C’est une entrée en campagne très droitière », dénonce son directeur de campagne, qui voit dans l’union des forces de gauche « un bloc plutôt centriste ». Craignant que le maire sortant n’aggrave la division avec ceux qui, à gauche, ne sont pas satisfaits de son bilan.
Quoi qu’il en soit, la campagne désormais va pouvoir définitivement s’installer. « Nous restons dans le calendrier que nous nous étions fixé », assure Romain Simmarano, avec un rendez-vous déjà prévu ce mercredi, devant une centaine de jeunes marseillais. Les insoumis de leur côté réclament des débats publics, et présenteront leur programme jeudi. Tandis que le Printemps marseillais doit inaugurer son local de campagne samedi.

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