La vie est un éternel combat pour Moulai

Rares sont les gymnastes qui finissent par enfiler les gants pour monter sur un ring. C’est pourtant l’histoire de Romane Moulai (26 ans), ancienne championne de France de gymnastique et actuelle championne du monde de boxe « IBO » catégorie mi-mouche. « J’ai commencé à boxer à l’âge de 16 ans parce que je voulais trouver un moyen de me défouler », raconte celle qui a grandi dans le 14e arrondissement de Marseille, où elle a fait la connaissance de Louis Lavaly, grand entraîneur marseillais qui a notamment été dans le coin de Myriam Lamare, douze fois championne du monde et qui a aussi été conseillère régionale (PS) de la région Paca.

« La première fois que je suis arrivée dans la salle, il m’a dit : “Tu vas faire quoi toi ? T’es une fille, tu ne vas pas faire de la boxe”. Au final, comme il a vu que j’appliquais ses conseils, il a finalement accepté de me suivre », poursuit Romane, qui a arrêté ses études pour se consacrer pleinement au noble art. Une décision qui s’est avérée payante, puisqu’elle a remporté ses 22 combats dès sa première année chez les amateurs. Ce qui lui a valu, depuis, sa place en équipe de France. Sur sa lancée, la jeune Marseillaise se fixe l’objectif de disputer les JO de Paris 2024, mais elle n’a pas réussi à passer l’étape des qualifications. Une déception qui l’a remise en question.

Drancy sur un coup de tête

« J’avais besoin de passer à autre chose », note-t-elle, sans savoir que le destin allait rapidement la conduire vers Kassa Baradji, ex-entraîneur de l’équipe de France de boxe anglaise à l’Insep. « J’avais un combat à Paris, mais Louis ne pouvait être présent. L’organisateur de la soirée, Kassa, s’est alors proposé d’être dans mon coin et ça a grave matché », ajoute celle qui a emménagé sur un coup de tête à Drancy, en région parisienne, en septembre 2024. « Je n’avais pas d’appartement, pas de travail, donc pas de salaire. Je vivais sur mes économies », lance Romane, persuadée qu’elle a toujours su ce qu’elle voulait. Après avoir remporté ses six premiers combats professionnels, elle a reçu une proposition pour la ceinture IBO. Et c’est ainsi, qu’au mois de juin, à Annecy, Moulai est pour la première fois montée sur le toit du monde. « Ce titre, c’était l’aboutissement de tous les sacrifices que j’ai réalisés ces dernières années », martèle la boxeuse toujours invaincue pour le moment. Elle se prépare à défendre pour la première fois son titre, le 7 février prochain à la Villa M, face à la Philippine Althea Pore.

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