[Unis contre le racisme] À Aix, un hommage et un appel au sursaut

à partir de quand sera-t-il acceptable de nommer le problème ? », lance d’une voix cassée Médina, au nom du Collectif SAP (collectif aixois de soutien à la Palestine) et d’Umma Marseille (United Muslims Association). Face à elle, plusieurs centaines de personnes sont réunies sur le parvis de la Rotonde.

Militants, élus de gauche, travailleurs, étudiants et retraités se sont retrouvés pour rendre hommage aux victimes de l’attentat raciste qui a frappé Trappes ce week-end.

Le silence règne. Dans les mains des participants, des bougies sont déposées une à une sur un banc de la place. Pour Médina, comme pour d’autres intervenants, « les politiques racistes et islamophobes successives depuis 20 ans ont permis l’acte de barbarie commis par Kevin ».

Au fil des prises de parole, l’indignation et « la colère » résonnent. « Ce n’était pas l’acte d’un terroriste isolé, il a été armé idéologiquement. Cet homme avait d’ailleurs des tracts du parti de la haine dans sa voiture : le RN devra s’expliquer, a souligné Paul Maille, pour le parti Génération.s et Jeunes Génération.s. Les responsabilités de ce drame sont collectives. Nous devons établir un cordon sanitaire contre les idées nauséabondes de l’extrême droite. » Le parquet démentait toutefois lundi soir que des « tracts » politiques aient été retrouvés « dans le véhicule » du suspect.

C’est bien cette idéologie et sa « banalisation » qui sont pointées du doigt, alimenté par « certains chroniqueurs » et médias, aux yeux des participants.

En témoigne l’actualité

à Aix-en-Provence, l’implantation de l’extrême droite se traduit, pour plusieurs des personnes rassemblées, par des faits d’actualités locales, plus ou moins récentes. « à Marseille en 1995, Ibrahim Ali avait 17 ans : des colleurs d’affiches du RN l’ont tué d’une balle dans le dos, rappelle une étudiante, pour le Comité de lutte Aix-Marseille Université. à Aix, le 10 octobre, après la manifestation antifasciste, trois camardes ont été victimes d’une agression raciste. Certains ont fini à l’hôpital. Avant, il y a eu Bilel, tabassé, en 2020. Puis un rassemblement de la jeunesse attaqué à la Rotonde en 2023, des mosquées taguées… »

L’appel est lancé : « Justice pour Pengo (Bossio Wangi, tué à Trappes), justice pour toutes les victimes du racisme. »

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