[Roller] Carla Pasquinelli, un quotidien à corps gagnant sur tous les terrains

Carla Pasquinelli va (plus ou moins) à 100 à l’heure, sur ses patins et dans la vie, avec légèreté et (plus ou moins) sans stress. Au point d’égarer son passeport avant son départ pour les championnats du monde de roller freestyle, qui se tiennent à partir de cette semaine, au Paraguay. « Je l’ai perdu il y a une semaine. J’ai un passeport temporaire d’urgence et j’ai vécu ça dans un calme absolu. Je n’ai pas stressé une seconde. C’est là que je me dis que je suis très à l’aise dans la désorganisation », dit-elle entre deux rires.

Elle est comme ça Carla, organisée, désorganisée, un peu entre les deux, au milieu d’un planning riche qu’elle s’impose avec plaisir. Car ses deux métiers sont aussi ses passions. Il y a 20 ans, on lui a montré ce qu’était le roller et l’aventure s’est lancée. Une entrée fracassante, alors que la Marseillaise n’était qu’une écolière de maternelle. « Je ne faisais que ça comme sport. C’est surtout que ma mère m’avait inscrit à tous les clubs de roller de la ville. J’avais 15 heures de roller par semaine, il n’y avait pas vraiment la place pour autre chose. Je voyais ça plus comme une activité, je m’amusais, et je pense que c’est toujours le cas. »

Tant d’amusement et de liberté que la freestyleuse de 25 ans ne se rendait pas vraiment compte qu’elle était en train de devenir athlète de haut niveau. « Franchement, ça m’est tombé dessus. Le roller, je ne le voyais toujours pas comme un sport et on m’a dit qu’il passait sur les listes ministérielles liées au sport de haut niveau. Mais ça n’a pas changé grand-chose, je faisais déjà du sport de manière assez sérieuse », détaille la jeune femme.

L’ostéopathie,

son autre voie

Être sur des patins lui permet aussi de rouler sa bosse, de mûrir et d’être prête à affronter une multitude de situations. Quand on lui demande les aptitudes nécessaires pour pratiquer le roller, Carla Pasquinelli répond du tac au tac : la résilience. « Parce que c’est un sport où on tombe beaucoup. On a beau avoir répété une figure un milliard de fois, ce n’est jamais acquis. » Ensuite, elle ajoute directement la patience, mot tatoué sur son poignet gauche, parmi tant d’autres dessins gravés sur la peau de ses bras. Le mental occupe donc une part importante, mais cette adepte de la musculation et de l’escalade n’oublie pas le physique, le corps, son outil de travail.

Ses six dernières années, la vice-championne du monde 2022 a vécu au rythme intense des compétitions et de ses études d’ostéopathie. « J’ai toujours été passionnée de thérapie manuelle. J’avais envie de me servir de mes mains et de faire du soin. J’étais aussi passionnée par l’humain, par le mouvement en général », justifie-t-elle avec un enthousiasme évident. Cet équilibre est un rouage important de sa vie. Elle ajoute : « Le roller, c’est ma passion. L’ostéopathie, c’est ma passion aussi. Je n’ai jamais vu de contrainte à ça. J’étais toujours très heureuse de me lever le matin, que ce soit pour aller en cours ou à mes entraînements. »

Le double projet a été rondement mené avec, malgré tout, six années au lieu de cinq. Un redoublement qui a coïncidé avec une absence des skateparks dû à des blessures à répétition, chevilles et genoux en tête. « Je pense que le moral a pris un coup à ce moment-là et j’ai aussi été moins performante dans mes études. » Des études bouclées pour de bon au début de l’été. La rideuse phocéenne est entrée pleinement dans la vie active, mais jongle toujours entre ses nombreux voyages et ses premières consultations. Son cas est singulier, unique : la trouver dans un skatepark et sur Doctolib est pourtant d’une logique implacable.

Sa vie se déroule souvent en dehors de Marseille, mais elle réussit à consacrer deux après-midi – « le mardi et le jeudi, car je rentre de voyage le lundi et je repars le vendredi » – à ses nouveaux patients au Centre méditerranéen du sport (12e). Un quotidien tumultueux, sorti des sentiers battus, mais qu’elle maîtrise. Comme sur des roulettes.

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