Tag: championnat du monde

  • [Marseille-Cassis] Alessia Zarbo crée la surprise en dernière minute

    [Marseille-Cassis] Alessia Zarbo crée la surprise en dernière minute

    Elle n’était pas prévue au programme de cette 47e édition de Marseille-Cassis, mais Alessia Zarbo a bien fait de se déclarer la veille. La coureuse antiboise, licenciée au Nice Côte d’Azur Athlétisme, a été la première femme à avoir passé la ligne d’arrivée, dimanche matin, avec un chrono d’une heure, neuf minutes et quatre secondes. Soit quarante secondes de moins que la Montbéliarde Ophélie Serra-Boxberger, déjà deuxième en 2024, puis quatrième en 2025. « Je m’étais blessé le mois dernier au championnat du monde de marathon, avec une grosse déchirure à l’ischio, et je n’ai repris l’entraînement qu’il y a cinq jours », révèle Alessia Zarbo, celle qui a été en finale du 10 000 m aux Jeux Olympiques de Paris 2024. « Je me suis dit : pourquoi rester dans mon coin, alors qu’il y a une belle opportunité. Surtout que je suis une sudiste et fière de l’être », ajoute-t-elle.

    Prudence est mère de sûreté

    Sa participation a été annoncée tardivement, car elle devait prendre en compte un avis médical, suite à sa blessure. « Je me suis laissé l’option de m’arrêter si je sentais que ça allait craquer, parce que j’en ai assez bavé le mois dernier. C’est pour ça que j’ai été très prudente dans la descente [après la Gineste, Ndlr], ce qui m’a été bénéfique », explique Zarbo, persuadée que l’issue de la course n’aurait pas été la même pour elle si elle s’était laissée complètement aller d’un point de vue musculaire.

    La recordwoman française du semi-marathon, acquis (en 1h08’20’’), au Marathon de Valence en 2025, souhaitait tout de même réaliser un chrono d’une heure et dix minutes, vis-à-vis des performances réalisées l’année passée. Mission accomplie, avec près d’une minute d’avance sur son vœu. « Avoir été blessée, fait beaucoup de vélo et de renforcement, ça m’a finalement aidé », sourit Alessia Zarbo.

  • [Entretien] Didier Choupay : « Difficile de dire à des joueurs de se préparer sans les aligner »

    [Entretien] Didier Choupay : « Difficile de dire à des joueurs de se préparer sans les aligner »

    La Marseillaise : Vous avez pris vos fonctions de directeur sportif du collectif France senior masculin en janvier 2026. Quelles ont été vos intentions depuis ?

    Didier Choupay : Lorsque je suis arrivé, le collectif masculin comptait douze joueurs. J’ai souhaité réduire cet effectif à sept pour concentrer davantage les moyens sur un groupe restreint, favoriser les déplacements et permettre aux joueurs de participer ensemble à plusieurs compétitions. Lorsqu’on dispose d’un groupe aussi important, mais que seuls quatre joueurs sont finalement alignés en compétition, chacun avait peu d’occasions de se mesurer à la concurrence sur des compétitions majeures. Cela faisait peser une pression importante sur les athlètes, qui devaient être performants au bon moment sans véritable possibilité de se rattraper. Certains peuvent même être pénalisés dans leur club, où on leur reproche parfois d’avoir intégré l’équipe de France sans jouer. En les suivant sur plusieurs rendez-vous majeurs, je pouvais apprécier plus justement leur niveau et leur régularité. Cette première année devait donc me permettre de dresser un état des lieux précis avant d’envisager, pour la saison suivante, un collectif de huit à dix joueurs, en fonction des performances et des enseignements tirés.

    Comment analysez-vous ces prochains championnats du monde en Thaïlande du point de vue de l’équipe de France ?

    D.C. : On se doit d’être au rendez-vous, car les attentes sont toujours élevées. À l’époque où la France était la nation numéro un, elle n’avait pas de raison de craindre la concurrence. Depuis quelques années, nous rencontrons davantage de difficultés. Certaines nations émergent et d’autres nous ont dépassés sur certains aspects. Il ne faut pas avoir peur de le dire. Aujourd’hui, nous cherchons à comprendre les raisons de cette situation et à identifier les leviers de progression. Plusieurs facteurs sont à prendre en compte, notamment le renouvellement des joueurs, la qualité de notre préparation en amont et notre capacité à nous adapter à une concurrence qui évolue très rapidement.

    Vous avez sélectionné Mickaël Bonetto, Yohan Cousin, Ludovic Montoro et Christophe Sarrio. Qu’est-ce qui a motivé le choix
    de ces quatre joueurs
     ?

    D.C. : Les quatre joueurs sélectionnés ont évolué ensemble toute l’année et se sont montrés performants malgré le contexte. En juillet, lorsque l’affaire des paris sportifs a éclaté, la Fédération a décidé que les joueurs concernés [Dylan Rocher, Henri Lacroix, Ligan Doerr et Jean Feltain, ndlr] ne participeraient pas aux compétitions avec le maillot de l’équipe de France. Cette décision ne m’a donc pas permis de les faire jouer ensemble. Concrètement, je n’ai pas eu l’occasion de voir Dylan Rocher évoluer une seule fois avec l’équipe de France sur l’année, pas plus qu’Henri Lacroix. Dans ces conditions, il était difficile de demander à des joueurs de se préparer sans pouvoir les aligner, puis de devoir les remplacer au dernier moment. En plus, imaginez que des éléments venaient à démontrer leur culpabilité, ils pourraient se voir retirer leur titre de champions du monde. Cela risquerait de ternir encore davantage l’image de la France. À mes yeux, c’était un risque qu’il ne fallait pas prendre. Les quatre joueurs retenus se sont investis, ont pris des congés et sont restés disponibles. Puisqu’ils avaient joué ensemble toute l’année, leur sélection s’inscrivait dans une certaine logique. J’ai également estimé qu’ils avaient été performants. Je suis convaincu qu’un athlète doit pouvoir démontrer son niveau lorsqu’il est au sommet de sa forme. À l’inverse, ne pas donner sa chance à un joueur performant peut finir par entacher sa motivation et sa confiance. Il est donc essentiel de reconnaître les performances de chacun et de permettre aux athlètes de saisir leur chance au bon moment.

    Pourquoi ne pas avoir officialisé leur sélection plus tôt ?

    D.C. : Lorsque l’affaire des paris sportifs a éclaté en juillet, nous avons envisagé différentes possibilités. La fédération s’était portée partie civile pour avoir accès au dossier, mais nous ne l’avons reçu qu’en octobre, un mois avant le championnat du monde. Il était alors difficile de modifier la sélection, d’autant que les joueurs concernés n’avaient pas évolué ensemble durant l’année. Ce choix ne s’est pas fait par défaut. Je crois en cette équipe et je suis convaincu qu’elle peut viser la médaille d’or. Je regrette toutefois que la sélection définitive n’ait pas été maintenue au 5 août, comme prévu initialement. Mais la Fédération avait ses propres contraintes et responsabilités.

    Mais n’y a-t-il pas un problème de temporalité, selon vous, quand le président fédéral Michel Le Bot annonce, deux jours seulement avant l’annonce officielle de l’équipe, que Dylan Rocher, Henri Lacroix et Jean Feltain sont de nouveau sélectionnables ?

    D.C. : Sur le plan de la communication, il y a effectivement eu un problème de calendrier. La sélection aurait dû être annoncée début août et je m’y étais personnellement engagé. Pour moi, le respect des engagements que nous prenons est essentiel. En respectant la date du 5 août, les sélectionnés auraient pu jouer de manière plus tranquille et sereine sur les trois mois et demi suivants. Ça ne leur a laissé qu’un mois de sérénité finalement. Cette situation doit nous servir de leçon. Nous devons être plus transparents. Je ne pense pas que nous ayons menti, mais nous n’avons pas été suffisamment bons dans la gestion du calendrier.

    On a l’impression que Philippe Quintais, directeur sportif du collectif féminin, ne pouvait pas agir concrètement au sein de son groupe. Est-ce que vous ressentez cela chez les masculins ?

    D.C. : Concernant Philippe, je pense qu’il est difficile de prendre position sans connaître tous les tenants et les aboutissants, ni avoir participé aux discussions, ni quels engagements ont été pris. Pour ma part, la mission confiée par la Fédération, en tant que directeur sportif, était d’amener les joueurs à leur pic de forme pour les championnats du monde. J’ai eu la liberté de travailler comme je le souhaitais, sans qu’on me mette de bâtons dans les roues. Je considère que lorsqu’on confie une mission à quelqu’un, il faut lui faire confiance et lui laisser la possibilité d’aller au bout de son travail, quitte à faire le bilan en fin de saison. Si les résultats ne sont pas au rendez-vous, chacun doit pouvoir en assumer les conséquences. Cette première année a aussi été une période d’immersion. Il fallait que je découvre le fonctionnement de la Fédération et que je m’adapte à un nouveau collectif. L’année prochaine, je pourrai proposer une vision plus affirmée, avec des orientations à moyen terme, sur quatre ou cinq ans.

    Est-ce que vous serez sur la chaise de coach en Thaïlande ?

    D.C. : Lorsque j’ai accepté la mission de directeur sportif, il n’était pas prévu que j’y sois, même si nous savions que la question finirait par se poser. Jean-Claude Boiron [responsable du collectif France seniors masculin, ndlr] a toujours souhaité poursuivre son rôle. Il possède de réelles compétences en pétanque, même si son expérience du jeu provençal semble parfois prendre le dessus dans le regard des autres. Si on avait pu partager le banc ensemble, il serait sûrement plus légitime aux yeux des passionnés. Nous avions déjà demandé à être deux sur le banc lors des championnats d’Europe, mais la Confédération européenne de pétanque (CEP) avait refusé. Elle ne l’a accepté que pour le mixte, ce qui m’a permis d’échanger plus facilement sur le banc avec Ludovic Pereira. Nous avons donc renouvelé notre demande auprès de la Fédération internationale, mais la question doit être étudiée en commission de direction et j’espère qu’elle recevra une réponse favorable.

  • [Natation] Marignane vise les mondiaux

    [Natation] Marignane vise les mondiaux

    L’été dernier, à Barcelone, elles ont porté haut les couleurs de leur club. Les nageuses de la section « masters » du Marignane aquatic club sont allées chercher une magnifique médaille de bronze, lors des championnats d’Europe de leur catégorie dans la capitale catalane. Depuis des ambitions légitimes ont vu le jour chez les nageuses. Relayées par des dirigeants qui rêvent plus grand désormais.

    Car en étant devenue le numéro trois européen, l’équipe de natation artistique du MAC peut légitimement prétendre à participer aux prochains championnats du monde des masters. Le rendez-vous est fixé en juin 2027 à Budapest.

    Entre vies professionnelles, responsabilités familiales et entraînements intensifs, concilier tout cela n’est pas simple pour des compétitrices amateurs. Mais c’est précisément ce qui les rend fières.

    Pour relever le défi en Hongrie, les nageuses lancent un appel aux partenaires locaux en mettant en place une cagnotte participative afin de financer leur voyage. « Nous avons besoin de vous. Ce financement participatif nous permettra de couvrir les frais liés à cette aventure internationale ». Coût estimé, 10 000 euros.

  • [Roller] Carla Pasquinelli s’est placée sur le toit du monde

    [Roller] Carla Pasquinelli s’est placée sur le toit du monde

    En voilà un parcours rocambolesque avant d’obtenir un premier titre de championne du monde de street. Arrivée au Paraguay quelques jours avant sa compétition, Carla Pasquinelli a dans un premier temps connu quelques mésaventures. « Au 2e entraînement, je fais une grosse chute, je me fais très mal au dos, au point où je n’étais pas sûre de pouvoir participer. Je pars sur les qualifs en pleurs parce que j’avais mal, j’avais peur d’aggraver ce que j’avais déjà », décrit-elle, plusieurs jours plus tard.

    Qualifiée 11e, « avec un run très light, avec quasi rien dedans », la Marseillaise accède tout de même aux demi-finales. L’essentiel est assuré et une autre donnée entre en considération : la météo. 80% de pluie sont annoncés durant la finale, il faut donc tout donner durant la demie, en prévision d’une annulation. « C’était tout ou rien. C’était sur la première figure que j’avais un peu peur de me faire mal. La première figure passe, la deuxième aussi, tout passe. Quand j’ai tout plaqué, je ne regardais même pas le tableau des scores. La seule chose qui m’importait, c’était de ne pas m’avoir fait mal. »

    Le tableau des scores rend finalement son verdict, 83.87. Soit plus de deux points de mieux que n’importe quelle concurrente. Le jour de la finale arrive et les risques de pluie restent élevés. Les entraînements se déroulent, quelques gouttes débarquent et l’annulation de la compétition juniors est prononcée. Finalement, une tempête balaie Asuncion. Fin de la partie, Carla Pasquinelli est sacrée devant deux Brésiliennes : « Au début, j’avais un peu de mal à réaliser. Je commence seulement. Il m’aura fallu trois jours », raconte-t-elle en riant. Ses World Games ne sont pas terminés puisque l’épreuve de park se déroule ce week-end. Le voyage est déjà une réussite.

  • [Voile] Le tandem Radulic-Ferrat – Pratt dresse le bilan

    [Voile] Le tandem Radulic-Ferrat – Pratt dresse le bilan

    Pour Christopher Pratt et Maïlys Radulic-Ferrat, ce mondial était une première.

    Les deux Marseillais n’avaient jamais été associés en course. Et pour la seconde, habituée aux régates des classes olympiques, c’était la découverte d’une nouvelle façon de naviguer. Le tandem a donc dû apprendre à se connaître, avant de se lancer dans une coupe du Monde de course au large qui s’est disputée au large de Marseille.

    Ils avaient l’avantage de bien connaître le terrain. Mais les deux savaient que cela ne suffirait pas pour aller chercher la victoire. Néanmoins, lorsqu’ils se sont distingués lors de la première épreuve, qui leur a permis de se qualifier haut la main pour la finale, les espoirs d’aller chercher le titre se sont faits plus tangibles.

    Pépins initiaux

    Pour cette finale, les conditions leur ont été moins favorables. Le départ aura été agité pour le duo marseillais qui a connu quelques soucis techniques. Maïlys Radulic-Ferrat explique : « Nous avons été dans le jus dès le départ ponton, avec un changement de système de barre, puis le hale-bas qui lâche, puis l’impossibilité de prendre un ris dans la grand-voile. Nous sommes arrivés sur la ligne sans vraiment de plan et pas très calés au niveau du timing. Pour en fait faire ce que nous pouvions. »

    Christopher Pratt ajoute : « La configuration n’était pas idéale et le premier bord jusqu’à Cannes a été compliqué. Mais nous avons plutôt bien joué, en arrivant aux îles de Lérins au contact et en 5e position. Nous nous sommes d’ailleurs dit que c’était bien d’en être là à ce moment-là. »

    Le boss de Marsail raconte la suite : « Sur le retour vers Marseille, nous avons bataillé avec les Australiens et les Néerlandais et le dernier gros changement est intervenu au Cap Sicié, à Toulon. C’est là que les Australiens ont pu attraper une risée et s’envoler pendant que nous restions coincés. »

    Christopher et Maïlys n’ont rien lâché et ont continué à faire de leur mieux jusqu’à la ligne d’arrivée, où ils terminent 6e. « Nous n’avons pas le résultat espéré, mais avons appris énormément. Cette finale a été difficile, physiquement et mentalement, mais je suis quand même contente de ce que nous avons fait », explique Maïlys.

    Sont-ils prêts à repartir ensemble sur une prochaine course ? La réponse de Christopher Pratt laisse peu de doutes. « Maïlys a été top, on dirait qu’elle fait ça depuis longtemps. J’espère que ça lui a donné envie d’en faire d’autres. C’était un sacré championnat ! »

    De son côté, la jeune marseillaise abonde. « Au niveau de l’ambiance entre nous, il n’y a rien à dire. Je retiens quand même que c’était mes deux premières nuits consécutives au large, et que j’avais aussi ça à gérer. Et puis, pour devenir un grand champion il faut des réussites mais aussi des échecs, et c’est par ces derniers qu’on progresse le plus. » Et pour la suite de leur duo ? Christopher et Maïlys restent ouverts à toutes les opportunités pour faire évoluer leur duo, et continueront de naviguer ensemble.

    Route du Rhum, Nicolas Rouger est prêt

    C’est désormais officiel, Nicolas Rouger a pu faire l’acquisition de son Imoca.

    Le skipper marseillais, qui sera au départ de la prochaine Route du Rhum à Saint Malo, le 1er novembre, sera à la barre de l’ancien Freelance.com, un plan Farr de 2007 précédemment mené par Guirec Soudée et Alex Thomson. Déjà vainqueur de la Route du Rhum avec Roland Jourdain, cet Imoca, sous le nom de Demain c’est loin, accompagnera ainsi Nicolas Rouger dans sa deuxième participation au Rhum en novembre, avec le Vendée Globe 2028 en ligne de mire.

    Le bateau sera facile à reconnaître. Car sa voile a été décotée par Hervé Di Rosa et sera mise aux enchères après la course.

    M.Ga.

  • Lauriane Nolot surfe sur les vagues du succès

    Lauriane Nolot surfe sur les vagues du succès

    Un sans-faute pour Lauriane Nolot cette saison. La kitesurfeuse varoise de 27 ans a réalisé une année exceptionnelle, remportant toutes les compétitions internationales auxquelles elle a participé. « J’ai senti que j’ai réussi à monter en puissance au fur et à mesure de l’année », confie la lauréate des étapes de Coupe du monde à Palma, de la Semaine olympique française (SOF) et de Los Angeles, avant de triompher, en mai, aux championnats du monde au Portugal, puis en septembre aux championnats d’Europe en Turquie. « La concurrence aussi est montée en puissance, mais j’ai réussi à garder le contrôle sur ce qui se passait sur l’eau, avec notamment des formats de finales que j’arrive vraiment à maîtriser et à dominer », poursuit-elle.

    Mais comment expliquer une telle domination ? « Le secret, c’est de prendre du plaisir », répond Nolot. « Moi, le kitefoil, c’est vraiment ma passion, j’adore ça. Je ne compte pas le nombre d’heures que je passe sur l’eau et j’essaie d’en faire autant à la salle. Il y a énormément d’entraînement, forcément, et puis il y a cette envie de gagner. Mes concurrentes sont féroces, elles sont coriaces, donc j’ai toujours envie de finir devant. Et même quand c’est très serré, j’arrive à trouver ce petit truc, ce feu intérieur qui fait que je vais chercher encore un peu plus loin, que je m’arrache jusqu’au bout », ajoute la native de Toulon, désormais triple championne du monde dans sa discipline.

    Revanche olympique

    Impériale sur l’eau, Lauriane Nolot a toujours soif de victoires. Elle vise notamment les Jeux olympiques de Los Angeles 2028, seule échéance où elle n’a pas encore décroché l’or. Dans la rade marseillaise, lors des JO de Paris 2024, elle n’était « que » repartie avec l’argent. « Si j’étais aux Jeux, j’étais là pour la médaille d’or. J’étais vraiment très déçue », se souvient la Hyéroise, en larmes sur la plage après la finale.

    Heureusement, l’expérimentée Charline Picon a su trouver les mots pour lui faire prendre conscience du chemin parcouru. « Les Jeux, c’est vraiment une expérience à part entière. Ça t’apprend à rester connectée avec toi-même malgré les sollicitations des médias, de ton entourage et la pression des résultats. Une partie de ma déception, c’était aussi de me dire que tout le monde s’attendait à ce que je gagne et que j’avais déçu tout le monde », explique Nolot, actuellement en Sardaigne pour préparer les futurs championnats du monde au Brésil (15 au 23 janvier 2027), qualificatifs pour l’échéance olympique.

    La sergente, réserviste opérationnelle au sein de l’Armée de l’Air et de l’Espace (AAE) et du Bataillon de Joinville, poursuivra sa préparation à Fuerteventura, dans les Canaries, un spot venteux où elle a ses habitudes depuis plusieurs années, avant de rejoindre le Brésil vers le mois de décembre « pour essayer de passer un maximum de temps sur place ». De quoi continuer à surfer sur la vague du succès.

  • [Voile] Pratt et Radulic-Ferrat s’attaquent à leur finale

    [Voile] Pratt et Radulic-Ferrat s’attaquent à leur finale

    C’est le jour J pour le duo Christopher Pratt et Maïlys Radulic-Ferrat. La finale des championnats du monde de course au large démarre, ce mercredi, à Marseille. Mardi en fin de journée, les deux navigateurs ont pu découvrir leur bateau, tiré au sort, puisque toutes les embarcations sont des Class 30 identiques. Après un travail sur l’électronique et sur les voiles, ils sont revenus sur la qualification, qui a eu lieu la semaine dernière.

    « C’était une manche intense et pleine de rebondissements. On est partis avec du vent très léger et on a fait un premier bord qui a été difficile dans les choix stratégiques. Mais ensuite on a assez bien géré et ça nous a permis de reprendre la tête avant la dernière partie plus ventée et avec plus de mer », détaille précisément Maïlys Radulic-Ferrat.

    48 heures chrono

    Cette première place en qualification leur a permis de prendre du repos. Quatre jours bienvenus, alors que certains adversaires ont dû passer par des repêchages. « Les premiers sont arrivés vers 8h ou 9h, ce mardi matin, donc ils n’auront pas beaucoup de repos », souligne Maïlys. Le tandem marseillais explique que chacun des 11 bateaux en lice peut l’emporter, mais il ne laisse pas la place au stress ou aux calculs. « Le classement de la finale, c’est le classement du championnat du monde, donc il y a une envie de bien faire et de tout mettre en place pour réussir à naviguer devant. Après, ça reste une navigation comme une autre. Il faut faire ce qu’on sait faire et naviguer du mieux possible », note simplement Christopher Pratt.

    Pour gagner la finale, il faudra passer sous les 48 heures de course. Le drapeau bleu-blanc-rouge flotte sur le Class 30 frappé du numéro 12. Le calme avant la tempête.

  • [Roller] Carla Pasquinelli, un quotidien à corps gagnant sur tous les terrains

    [Roller] Carla Pasquinelli, un quotidien à corps gagnant sur tous les terrains

    Carla Pasquinelli va (plus ou moins) à 100 à l’heure, sur ses patins et dans la vie, avec légèreté et (plus ou moins) sans stress. Au point d’égarer son passeport avant son départ pour les championnats du monde de roller freestyle, qui se tiennent à partir de cette semaine, au Paraguay. « Je l’ai perdu il y a une semaine. J’ai un passeport temporaire d’urgence et j’ai vécu ça dans un calme absolu. Je n’ai pas stressé une seconde. C’est là que je me dis que je suis très à l’aise dans la désorganisation », dit-elle entre deux rires.

    Elle est comme ça Carla, organisée, désorganisée, un peu entre les deux, au milieu d’un planning riche qu’elle s’impose avec plaisir. Car ses deux métiers sont aussi ses passions. Il y a 20 ans, on lui a montré ce qu’était le roller et l’aventure s’est lancée. Une entrée fracassante, alors que la Marseillaise n’était qu’une écolière de maternelle. « Je ne faisais que ça comme sport. C’est surtout que ma mère m’avait inscrit à tous les clubs de roller de la ville. J’avais 15 heures de roller par semaine, il n’y avait pas vraiment la place pour autre chose. Je voyais ça plus comme une activité, je m’amusais, et je pense que c’est toujours le cas. »

    Tant d’amusement et de liberté que la freestyleuse de 25 ans ne se rendait pas vraiment compte qu’elle était en train de devenir athlète de haut niveau. « Franchement, ça m’est tombé dessus. Le roller, je ne le voyais toujours pas comme un sport et on m’a dit qu’il passait sur les listes ministérielles liées au sport de haut niveau. Mais ça n’a pas changé grand-chose, je faisais déjà du sport de manière assez sérieuse », détaille la jeune femme.

    L’ostéopathie,

    son autre voie

    Être sur des patins lui permet aussi de rouler sa bosse, de mûrir et d’être prête à affronter une multitude de situations. Quand on lui demande les aptitudes nécessaires pour pratiquer le roller, Carla Pasquinelli répond du tac au tac : la résilience. « Parce que c’est un sport où on tombe beaucoup. On a beau avoir répété une figure un milliard de fois, ce n’est jamais acquis. » Ensuite, elle ajoute directement la patience, mot tatoué sur son poignet gauche, parmi tant d’autres dessins gravés sur la peau de ses bras. Le mental occupe donc une part importante, mais cette adepte de la musculation et de l’escalade n’oublie pas le physique, le corps, son outil de travail.

    Ses six dernières années, la vice-championne du monde 2022 a vécu au rythme intense des compétitions et de ses études d’ostéopathie. « J’ai toujours été passionnée de thérapie manuelle. J’avais envie de me servir de mes mains et de faire du soin. J’étais aussi passionnée par l’humain, par le mouvement en général », justifie-t-elle avec un enthousiasme évident. Cet équilibre est un rouage important de sa vie. Elle ajoute : « Le roller, c’est ma passion. L’ostéopathie, c’est ma passion aussi. Je n’ai jamais vu de contrainte à ça. J’étais toujours très heureuse de me lever le matin, que ce soit pour aller en cours ou à mes entraînements. »

    Le double projet a été rondement mené avec, malgré tout, six années au lieu de cinq. Un redoublement qui a coïncidé avec une absence des skateparks dû à des blessures à répétition, chevilles et genoux en tête. « Je pense que le moral a pris un coup à ce moment-là et j’ai aussi été moins performante dans mes études. » Des études bouclées pour de bon au début de l’été. La rideuse phocéenne est entrée pleinement dans la vie active, mais jongle toujours entre ses nombreux voyages et ses premières consultations. Son cas est singulier, unique : la trouver dans un skatepark et sur Doctolib est pourtant d’une logique implacable.

    Sa vie se déroule souvent en dehors de Marseille, mais elle réussit à consacrer deux après-midi – « le mardi et le jeudi, car je rentre de voyage le lundi et je repars le vendredi » – à ses nouveaux patients au Centre méditerranéen du sport (12e). Un quotidien tumultueux, sorti des sentiers battus, mais qu’elle maîtrise. Comme sur des roulettes.

  • [Apnée] Défi relevé dans les Calanques pour Sven Narbonne

    [Apnée] Défi relevé dans les Calanques pour Sven Narbonne

    « À jamais le premier ! », s’exclame Sven Narbonne après avoir plongé à plus de 100 mètres de profondeur au cœur de l’eau glacée qui entoure Marseille, jeudi vers 10h45. Personne n’était allé aussi loin que le natif de Bandol dans ces eaux pouvant avoisiner les 10 degrés lorsqu’en surface, la température tourne autour de 25 degrés. Cette performance est le résultat d’une lourde préparation menée depuis plus d’un mois, en vue des championnats du monde d’apnée à Chypre, le 3 octobre.

    Plusieurs bateaux avaient été affrétés, dont un pour les proches de l’athlète du Yachting Club de la Pointe-Rouge et un autre à bord duquel Sven Narbonne était accompagné d’autres plongeurs chargés d’assurer sa sécurité : « Ce sont les copains et les copines qui deviennent plus que ça, des anges gardiens. Sans une sécurité mise en place aussi importante, c’est impossible de plonger sereinement. C’était super d’avoir tous ces gens de différents horizons. Sans cette énergie, que ces presque trente personnes ont fédérée, je n’aurais pas fait ça comme cela. »

    La plongée était millimétrée pour que Sven Narbonne évolue dans les meilleures conditions. Après trente minutes de repos sur le bateau, il a passé un peu plus de cinq minutes, chronométré par un jury, à la surface de l’eau à effectuer des exercices de respiration. Une préparation exigeante qui lui à permis d’atteindre les 100 mètres en un peu moins de 2 minutes et de remonter à la surface une minute et demie après, accueilli par tous ses amis dans l’eau, exultant de joie. Afin de valider sa performance, deux jurys internationaux, membres de son club, étaient à bord de son bateau, rempli d’émotion au moment où il remonta à la surface. Une performance qu’il n’est pas près d’oublier : « Très très fier d’avoir accompli ce cap des 100 mètres que j’avais en tête depuis que j’ai commencé ce sport. Quelque chose explose émotivement en moi, je suis remonté très vite par rapport à d’habitude, c’est super chouette. »

    Pour Julien, proche de Sven Narbonne, son ami peut viser encore plus haut : « On a l’impression que c’est facile pour lui notamment car il a un calme hors du commun. Il a de la marge, oui, il peut passer les 110 mètres l’an prochain ! ».

  • [Apnée] Le défi de Sven Narbonne pour entrer dans l’histoire de Marseille

    [Apnée] Le défi de Sven Narbonne pour entrer dans l’histoire de Marseille

    On pourrait croire qu’être à la fois sportif de haut niveau et acteur sur des tournées au théâtre serait impossible. Pourtant, Sven Narbonne, né le 16 octobre 1987, plongé dans l’univers aquatique depuis sa jeunesse, non loin d’ici à Bandol en chassant les poissons, nous prouve le contraire. La tentative qu’il va réaliser ce jeudi est le fruit d’un travail et d’une persévérance digne d’un scénario de cinéma.

    Une histoire qui a pris un tournant quand le sudiste était au plus bas : « Ma pratique a bouleversé ma vie. J’étais alcoolique, je faisais presque 100 kg, je ne prenais pas soin de moi puis le contact avec l’eau m’a permis de me rendre compte que c’était incohérent avec la volonté de performer ». Il raconte notamment les sacrifices qu’il a dû faire pour arriver au haut niveau : « J’ai toujours eu envie d’aller vers l’excellence. J’ai pris des décisions avec l’interdiction de manger du gluten, plus du tout de lactose aussi pour les sinus, j’ai perdu 20 kg en faisant régulièrement de la course à pied, du vélo et du yoga ».

    Au-delà de la performance, la plus grande motivation pour l’homme aux mille facettes reste sa famille. Avant chaque plongée, il s’assure d’avoir à son poignet les bracelets de son fils et de sa femme, qui l’a soutenue même quand Sven était en difficulté : « Je l’ai rencontrée au travail car elle est metteuse en scène, donc on se côtoyait souvent et elle voyait que j’avais un problème. Fumer, boire pour s’échapper de la réalité. Et un jour, on se réveille en ne se reconnaissant plus. Elle m’a énormément aidé, surtout avec la parole pour libérer mes problèmes. C’est courageux de dire à la personne qu’on aime “Je te reconnais pas“ ».

    « Des choses fantastiques et des idées noires »

    De par sa profondeur, la variation de l’environnement et ses nombreux risques, l’apnée est un sport dangereux, potentiellement mortel si les mesures de sécurité ne sont pas bien respectées. Par exemple, en Méditerranée, le delta entre la température de l’eau en surface et celle en profondeur est énorme, environ 10 à 15 degrés. Une donnée à prendre en compte pour que la plongée de Sven Narbonne se passe dans les meilleures conditions : « Il y a un choc thermique unique à cette mer, les plongées sont très exigeantes ici, c’est comme si on rentrait dans un frigo ! L’année dernière, en arrivant à 80 mètres sur une tentative de 83 mètres, je sentais des problèmes de compensation sur les oreilles, je n’avais pas fait le travail correctement et un tympan a explosé. Cette erreur m’a coûté quatre semaines d’arrêts ».

    Sélectionné en équipe de France cette année et cinquième mondial en mer en 2025, Sven Narbonne est devenu une référence dans ce sport qui est en essor depuis quelques années, avec plus de 25 000 licenciés et 750 moniteurs selon la FFESSM (Fédération française d’études et de sports sous-marins).

    En plus des casquettes d’athlète de haut niveau et d’acteur, le Bandolais est moniteur d’apnée au Yachting club Pointe Rouge, où il forme et accompagne les plus curieux au cœur du Parc des Calanques. Lui aussi est passé par la case apprentissage et a réussi à dompter ses peurs : « C’est un bien-être absolu d’être dans l’eau, il y a des choses fantastiques, mais aussi des idées noires, le mental est très important en apnée. Je pense souvent à la mort avant de plonger, ce sport m’a appris que chaque instant compte et que c’est un privilège d’être en vie. Je médite 30 minutes par jour et j’ai appris à écouter le corps pour le connaître car ça reste un endroit dangereux avec la gestion de la pression de l’eau sur le corps qui s’intensifie ».

    Un événement qui a donc pour but d’entrer dans l’histoire du monde de l’apnée en France, mais qui intervient principalement en vue des championnats du monde qui se dérouleront à Chypre le 3 octobre prochain avec, pour objectif, une médaille internationale pour l’athlète français.