Vous laisserez-vous surprendre ? De parcs en places, de ruelles en artères, avec quelques échapées en mer, de manière inopinée ou sur réservation, physiquement ou sur la toile, durant dix jours, des artistes français, libanais, tunisiens, égyptiens, marocains ou espagnols vont investir l’espace urbain pour interroger « l’état du monde ». Avec quelques propositions collaboratives dans le cadre de la Saison Méditerranéenne.
Entre Vallier et Sébastopol, place du 4 septembre, aux Catalans ou au Prado, on croisera Jérôme Portier, bousier humain qui pousse une grosse boule dans laquelle s’est aggloméré tout le merdier de sa vie. À Pastré, c’est Tania El Khoury qui partage son perchoir installé à l’ombre des arbres du parc pour s’immerger, au « tweet » des oiseaux, dans un récit sur la violence politique. Il y a aussi Caroline Amoros, Alias Miss Rose et son chien Poster, qu’on apercevra en train de planter des salades sur le bitume, fêter un anniversaire, descendre de Notre Dame de la Garde, arpenter la corniche ou prendre le bateau pour le château d’If. On retrouve les formes totalement impromptues, à saisir au vol, qui ont tissé la trame de la première édition.
Et des formes plus calées sur les horaires. « L’idée du festival reste d’ouvrir la possibilité aux artistes d’intervenir dans le quotidien de la ville car il y a peu de programmation pour ça, mais les artistes qui créent ces formes ne sont pas si nombreux, explique Alexis Nys, directeur de Lieux Publics, on a laissé place à des rendez-vous plus classiques ». Au centre social Del Rio, à la Viste (15e), comme à la Plaine (5e) les quatre danseurs de la compagnie marocaine Chara embarquent le public dans une chorégraphie qui transforme les codes traditionnels en danse urbaine.
Voire des formes à réserver, à jauge limitée. Au Parc Longchamp, le duo hispano-argentin Marcos Krivocapich et Leon Siewert-Langhoff proposent une déambulation expérimentale au cours de laquelle, guidé par la voix du PDG, chacun fait des choix qui déterminent son destin. Le Théâtre de la Joliette, en partenariat avec le théâtre de Lenche et dans le cadre du festival Nous, la lune et les voisins, accueille le collectif libanais Kahraba pour une promenade poétique et sinueuse dans les ruelles du Panier.
Quatre artistes, en exil ou en résidence, investissent aussi l’espace numérique, « dernier refuge quand l’espace public est contraint » avec des vidéos réalisées à Marseille. « La création dans un contexte de guerre » donne lieu à un séminaire organisé par la FAI-AR à l’amphithéâtre de l’AMU à Saint-Charles. Pour la clôture, rendez-vous autour totem d’UV LAB au jardin du Pharo, avec un DJ set au soleil couchant.
Tout le programme sur www.performerlaville.com

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