À peine installés dans plusieurs mairies varoises, les élus d’extrême droite se sont déjà distingués et font déjà l’objet de vives critiques. Dans un document intitulé « L’extrême droite aux municipales dans le Var. Première chronique des dégâts collatéraux », la Coordination départementale contre l’extrême droite (Codex 83) recense les premiers effets politiques, sociaux et culturels de l’arrivée – ou du renforcement – du Rassemblement national et de ses alliés dans plusieurs communes du département.
Fidèle à sa ligne depuis sa création en 2014, le collectif continue de dénoncer « les impostures de l’extrême droite » et d’alerter sur les conséquences concrètes de sa gestion locale.
La Codex estime qu’environ 250 000 habitants du Var vivent désormais dans une commune dirigée par un maire RN, UDR ou apparenté. Le collectif inclut dans ce décompte les villes administrées par des élus qualifiés de « faux-nez » de l’extrême droite, comme Saint-Raphaël. Et revient longuement sur plusieurs incidents survenus pendant ou après la campagne municipale.
Pour ce qui est de la désinhibition de la pensée raciste et des passages à l’acte, à Toulon, la Codex évoque le cas de ce jeune militant de gauche qui a été suivi jusqu’à son domicile puis menacé par des individus cagoulés proférant des insultes homophobes et antisémites (La Marseillaise, du 19 mars 2026). Avec des stickers nazis apposés sur sa boîte aux lettres. L’un des agresseurs serait lié au groupe identitaire « Le Maquis ». Mais aussi, dans le même tonneau, les menaces de mort proférées à l’encontre du secrétaire général de l’Union locale CGT de Toulon. La Codex pointe également des situations qualifiées de « népotisme » ou de petits « arrangements familiaux ». Comme à Six-Fours où le maire a nommé sa fille treizième adjointe ce qui lui permettant également de siéger comme conseillère métropolitaine. « Au RN, on choisit d’abord sa famille », ironise Pascal Brun (Visa), l’un des militants politiques, syndicaux et associatifs qui composent ce collectif et s’emploient à tenir le rôle de vigies citoyennes.
L’occasion également de montrer comment les exécutifs municipaux ont augmenté fortement leurs indemnités dès leur installation. À La Valette, par exemple, le nouveau maire Julien Argento a ainsi fait voter une hausse maximale de 28% de ses indemnités, tandis qu’à Fréjus ou Saint-Raphaël, on s’est allègrement accordé des augmentations comprises entre 15 et 25%.
Pour ce qui est de la culture et la conception étriquée que ce rance courant de pensée en a, à Six-Fours, par exemple, la majorité municipale a annoncé la suppression du festival « La Vague classique » à partir de 2027, invoquant son coût et son caractère « élitiste ». Alors que les places les moins chères étaient proposées à 10 euros.
À La Seyne-sur-Mer, c’est le climat « d’autocensure » qui est dénoncé depuis l’élection du maire RN Dorian Munoz. Le centre social et culturel Nelson-Mandela ayant annulé plusieurs événements liés à la lutte contre le racisme ou l’homophobie « par prudence ».
Le collectif s’inquiète également de la place accordée à certaines structures jugées proches de la droite radicale, comme l’association « Passeport du civisme », soutenue financièrement par le milliardaire conservateur Pierre-Édouard Stérin, à Saint-Raphaël notamment.
Le document revient enfin sur plusieurs faits divers impliquant des élus ou colistiers de listes d’extrême droite. À Draguignan, une colistière du député RN Philippe Schreck condamnée dans une affaire de détournement de fonds en Ehpad figure parmi les exemples cités. À Salernes, un élu RN aurait été contraint de démissionner après sa mise en cause dans l’incendie volontaire d’un restaurant.
À Saint-Raphaël, plusieurs polémiques ont également émergé autour de publications racistes sur les réseaux sociaux attribuées à un élu Reconquête, ou encore de faits de refus d’obtempérer visant un colistier du maire sortant. Bref, des élus plus soucieux d’eux-mêmes que de l’intérêt général ou du sort des couches populaires. Comme à Solliès-Pont, où des élus RN se sont opposés à la construction de logements sociaux.

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